Lit Montessori dans une chambre d'enfant

Le lit Montessori : un lit posé au sol

 

Selon Maria Montessori, nous ne devrions pas obliger un enfant à dormir. Il serait naturellement capable de s’endormir quand il se sent fatigué. Et s’il ne l’est pas, il devrait être libre de vivre et d’explorer son environnement. Ce point de vue, même s’il se défend, reste à nuancer : car nous aussi, parents, avons besoin de nous reposer ! Pour notre équilibre, il est important que notre petit aille au lit et nous laisse un petit moment à nous, notamment en fin de journée. Et c’est en cela qu’une chambre avec un lit Montessori est très intéressante, car elle respecte la liberté de chacun : l’enfant n’est pas obligé de dormir (il peut lire ou jouer, tant qu’il reste dans sa chambre), mais ne dérange pas ses parents, qui veulent profiter d’un moment entre adultes.

 

Le principe phare du lit Montessori est de laisser à l’enfant la possibilité de se mouvoir dans la chambre, donc de prévoir un lit qui lui permette d’aller se coucher et de sortir de son lit tout seul. Et comme il faut qu’il soit sécurisant pour le petit, qu’il ne risque pas de se faire mal en tombant, on privilégie un matelas posé au sol, tout simplement !

 

Pour un lit Montessori, le matelas au sol a l’autre avantage qu’il laisse à l’enfant une vue globale de sa chambre, sa vision n’est pas restreinte par des barreaux ou un tour de lit.

 

Malgré cela, le lit Montessori présente l’inconvénient d’être totalement ouvert : un bébé peut facilement rouler au-delà des limites du matelas. L’idéal est donc de poser le lit Montessori dans un angle de la chambre, et de disposer des coussins plats sur le côté (attention, pas d’oreiller pour les risques d’étouffement !). De plus, mieux vaut choisir un matelas un peu plus grand que les matelas traditionnels pour bébé, histoire de laisser à l’enfant la place de se retourner et de bouger à son aise, sans se retrouver par terre à chaque fois.

 

À la maison, nous avons opté pour le tiroir d’un lit gigogne car il a deux gros avantages : avoir un sommier (on évite donc les problèmes d’aération) et avoir un petit bord de sécurité pour lui éviter de rouler, tout en étant suffisamment bas pour entrer et sortir du lit facilement.

 

Pour couvrir bébé, on évite les draps à cause des risques d’étouffement et on préfère la turbulette.

Et pour plus de confort, on place un tapis entre le matelas et le parquet (à moins que vous n’ayez de la moquette).

 

Si vous souhaitez éviter à votre bébé de s’ennuyer seul dans sa chambre, mettez-lui un mobile au-dessus de son lit, ou collez des feuilles avec des gros dessins noirs et blancs sur le mur de son lit, car le bébé aime observer, et s’il n’a qu’un mur blanc à regarder il risque de s’ennuyer ! Vous pouvez aussi lui mettre un miroir pour qu’il se découvre (bien fixé évidemment).

 

Une fois que l’enfant est capable de sortir de sa chambre, le lit sans barreaux est-il source de contrainte ou de liberté pour les parents ?

 

C’est à double tranchant.

Pour certains parents c’est la délivrance. L’enfant ne crie plus le matin ou à la fin de sa sieste pour que l’on vienne le chercher, il débarque tout seul dans le salon ou la chambre des parents. De même s’il se réveille la nuit, plutôt que d’appeler ses parents il peut venir tout seul les voir (un avantage qui, pour d’autres, sera un inconvénient).  D’autres adorent aussi que leur enfant puisse aller se coucher de lui-même s’il est fatigué, et qu’il puisse rester dans sa chambre le matin à jouer s’il est réveillé.  Certains parents apprécient de pouvoir le coucher calmement, en lisant des livres allongés à côté de lui, de même que lorsqu’il se réveille au milieu de la nuit. S’il n’est pas très fatigué, il peut jouer ou lire au calme dans sa chambre.

 

Cependant, le lit Montessori peut parfois compliquer le temps du coucher. Il y a souvent une période d’apprentissage si l’on ne veut pas le voir tous les soirs débarquer dans le salon. Car l’avantage des barreaux, il faut quand même le reconnaître, c’est que la limite est physique : il n’a pas l’idée de sortir de son lit, puisqu’il y a des barreaux. Sauf si quelque chose ne va pas bien sûr, et dans ce cas il peut appeler ses parents. La limite physique est plus facile à faire respecter que la règle imposée par les parents “C’est le moment où les parents aimeraient se retrouver, tu restes dans ta chambre”. Il y a souvent une phase d’adaptation à passer. Cependant, si l’enfant n’arrive vraiment pas à faire la différence entre le temps pour jouer et le temps pour dormir, on peut le remettre dans son lit à barreaux et attendre un peu avant de lui reproposer. Encore une fois, l’objectif est que cette configuration apporte du bien-être aux parents comme à l’enfant, et non de tout chambouler.

Si d’ailleurs vous rencontrez aujourd’hui des difficultés avec le coucher de votre enfant, que vous passez des heures à le bercer, s’il pleure dès que vous quittez la chambre, ou s’il se réveille plusieurs fois par nuit, ne manquez surtout pas la conférence en ligne de dimanche prochain à 20H45 (gratuite), durant laquelle on parlera d’une méthode bienveillante pour coucher son enfant rapidement et dans le calme. Vous pourrez poser toutes les questions que vous souhaitez. CLIQUEZ ICI POUR VOUS INSCRIRE.

Il faut savoir aussi que certains enfants trouvent le lit à barreaux plus sécurisant. Dans ce cas, il n’est pas nécessaire d’insister pour qu’il dorme à tout prix sur un matelas à même le sol, car l’objectif est avant tout qu’il se sente bien, pas d’avoir absolument une chambre Montessori.

 

D’ailleurs, une alternative que nous avions retenue avec notre petit dernier qui était plus à l’aise dans son lit à barreaux, était tout simplement de mettre des livres dans son lit le soir pour qu’il puisse lire. Le matin, dès qu’il se réveillait on le sortait de son lit et on le laissait jouer dans sa chambre, et nous repartions nous coucher. Chez nous, cela fonctionnait aussi très bien.
Que l’on opte ou non pour un lit Montessori, l’important est de respecter les besoins de l’enfant (ne pas le forcer à dormir s’il n’est pas fatigué), tout en respectant le besoin d’un peu de tranquillité des parents : car le bien-être des parents influe, bien entendu, sur celui des enfants, qui apprécieront d’avoir des parents reposés et épanouis, plutôt que frustrés et fatigués :-). À chaque famille de trouver son propre équilibre !

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