confiance-en-soi-enfant-cpmhkSi on veut donner confiance en soi à son enfant, nous le savons bien mieux vaut éviter la critique et choisir plutôt des alternatives (voir l’article : l’alternative positive à la critique) puisque la critique a plutôt tendance à décourager nos enfants (comme nous d’ailleurs). Mais est-ce qu’à l’inverse envoyer du compliment, va donner davantage confiance en soi à notre enfant ?  Pensez-vous que des phrases comme « Oh, il est très beau ton dessin », « Bravo tu fais du vélo comme une grande ! », « Tu as eu un 18/20, je suis fière de toi ! », « Bravo, tu as fini ton assiette ! », « Tu danses admirablement bien ! », est le meilleur moyen pour donner envie à notre enfant de mieux faire ? Est-ce que cela n’aurait pas tendance à trop gonfler leur ego ?

C’est la question que je me posais quand j’entendis notre fille dire à sa grand-mère : « Eh bien moi, je danse très bien ! » et un jour plus tard à sa maîtresse : « Moi, je sais très bien faire du vélo ! »… Avec un petit air de vantardise, qui ne nous plaît pas beaucoup…

Le chemin parcouru

Et si au lieu de féliciter notre enfant pour le résultat (« Bravo, tu sais très bien faire du vélo ! »), nous mettions davantage en avant le chemin qu’il a parcouru pour arriver à ce résultat ? Car dans l’absolu ce n’est pas le fait de savoir faire du vélo qui est incroyable, mais plutôt : les efforts et la persévérance qui l’ont conduit à cet apprentissage : « Au début tu avais du mal à faire du vélo, et puis tu t’es entraînée, tu as essayé encore et encore, et maintenant tu y arrives, cela s’appelle progresser ! ».

Non seulement on évite ainsi le fait qu’il se croie le roi du vélo, mais surtout on lui démontre qu’il a su progresser, et c’est ça qui va lui donner la force et l’envie de franchir la prochaine étape !

D’ailleurs, si on le félicite pour le résultat atteint, l’enfant n’aura-t- il pas tendance à choisir des challenges faciles pour être sûr d’obtenir l’approbation de ses parents ? Alors qu’en valorisant l’effort, on l’incitera à choisir des challenges qui lui demanderont plus de travail, de concentration, de persévérance.

Sans compter que le compliment fait à un enfant devant ses frères et sœurs a souvent le don de rendre les autres jaloux. N’avez-vous jamais entendu l’aîné rétorquer : « Tu as vu moi aussi je sais très bien escalader le mur ! » ; « Oui, mais toi c’est normal, tu es grande… » ?

Alors qu’en abordant les choses ainsi, ce n’est plus le fait qu’il ait atteint son but que l’on félicite, mais le fait qu’il ait fait un effort pour y parvenir et qu’il ait progressé !

Stockons dans un coin de notre tête toutes ces petites réussites de notre enfant.

Car le jour où il sera découragé (« Maman de tout façon je suis nulle en maths », « Papa, j’ai touché que 4 balles au tennis, je suis nul.. »), notre soutien (« Mais si je suis sûr que tu vas y arriver ! ») ne sera pas toujours suffisant pour lui redonner confiance.

A contrario, si on met en avant sa capacité à progresser, en s’appuyant sur des exemples concrets, on a bien plus de chance de le convaincre  ! « Il me semble que tu n’avais touché que 2 balles la fois d’avant, et maintenant 4. Tu vois tu as progressé, et si tu continues comme ça demain tu en toucheras 8, puis 10 puis 1 000 ! Cela demande du temps de progresser. Mais souviens de toi de l’autre jour où tu n’arrivais pas à faire du vélo ? Tu as continué d’essayer, tu t’es entraîné et après tu y es arrivé ! ». (À nous aussi de lui présenter un exercice qui lui permette une petite réussite, qui lui donne la force de s’attaquer ensuite à plus difficile). Les petites réussites concrètes d’un enfant le motivent souvent davantage que le discours bateau des parents (« Mais si tu vas y arriver »). C’est en lui donnant l’opportunité de relever des défis, même petits (voir l’article : Pourquoi je n’aide pas mon enfant), et en lui rappelant ses succès passés que l’on renforce la confiance de l’enfant en ses capacités.

Souligner précisément ses forces  voilà un bon moyen de donner confiance en soi à son enfant

Cependant, certains situations se prêtent mois à ce genre d’encouragement. Alors comment formuler mon compliment « Tu danses très bien », pour éviter que ma fille, persuadée de ses talents de danseuse, voit son estime dégringoler, le soir où nos invités ne s’intéressent pas le moins du monde à son spectacle ?

Car en réalité ce n’est pas sa façon de danser qui est remarquable dans l’absolu, ni son dessin qui est objectivement magnifique, mais c’est moi qui apprécie sa danse ou son dessin pour des raisons qui me sont particulières, que d’autres n’apprécieront peut-être pas autant.

J’aurais plutôt dû dire « Je prends beaucoup de plaisir à te voir danser ». Avec « Je » plutôt que « Tu », je lui fais part de MON point de vue et évite déjà qu’elle le prenne pour un avis universel.

Mais est-ce que ce compliment « J’aime beaucoup ta façon de danser » l’encourage vraiment à donner le meilleur d’elle-même ? Je n’en suis finalement pas certaine…

Imaginons que l’on soit témoin à un mariage (oui, c’est du vécu !); après notre discours, les gens viennent nous voir et nous disent « Top ton discours », « Bravo ! », « Félicitations ! », évidemment on ne va pas cracher dans la soupe, ça fait plaisir !! Mais au moment de préparer le discours du mois d’après (parce que oui, on est témoin à DEUX mariages ;-), il se pourrait que l’on ait comme une petite pression, car à vrai dire, on ne sait pas vraiment pourquoi notre discours a tant plu, ni comment on a réussi cette fois à faire mieux que d’habitude…

Pourtant, si chacun venait nous dire précisément ce qu’il a aimé dans notre discours, « J’ai adoré ton autodérision », «Tes mimiques de visages m’ont tellement fait rire » (alors qu’on ne s’en est peut-être même pas rendu compte !), « Tu vivais ton personnage à 100%, on y croyait tellement, que je n’ai même pas réalisé que c’était toi au début ! », et bien là nous serions gonflé à bloc, car ils nous auraient fait prendre conscience de nos forces, et nous pourrions nous appuyer dessus pour persévérer !

Souvent, on n’a pas conscience de nos forces, alors que c’est en les connaissant que l’on gagne véritablement en estime de soi. Il ne s’agit plus d’un compliment qui nous fait plaisir, mais d’un encouragement qui nous donne la force nous dépasser.

Et pour ma fille c’est pareil : « Ok maman tu aimes bien ma façon de danser mais pourquoi ? Qu’est- ce qu’elle a de particulier ma façon de danser ? ». « Ta façon de danser me remplit de joie, car tu te laisses complètement porter par la musique sans restriction. C’est à chaque fois différent, mais toujours très joyeux ! ».

En détaillant mon compliment, non seulement je lui fais prendre conscience de ses forces, mais je renforce au passage l’estime qu’elle a d’elle-même, sans pour autant la laisser penser qu’elle est au-dessus des autres. Cette précision lui fait aussi comprendre davantage que c’est mon point de vue, et que peut-être que d’autres n’apprécient pas les mêmes choses que moi dans la danse, dans SA danse.

Oui, c’est vrai qu’être précis dans ce que l’on aime chez quelqu’un demande un effort d’observation, mais c’est aussi cela qui donnera la sensation à mon enfant que je m’intéresse véritablement à lui, et qu’il se sentira encore plus aimé…

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