Archive pour le mois : 11/2019

Ah l’allaitement… Qui n’a pas galéré pour son premier bébé (voire aussi pour les suivants…) ? Non, ce n’est pas si « simple » d’allaiter. Et le corps médical, en France, n’est pas réputé pour être le plus expert sur le sujet. 

Nombreuses sont les mères qui ont reçu des conseils souvent contradictoires à la maternité et se sont senties vulnérables. Elles ont pour beaucoup été amenées à arrêter cet allaitement plus tôt qu’elles ne l’auraient souhaité, ou à continuer dans la douleur. 

J’ai voulu interroger Carole Hervé, super consultante en lactation IBCLC, qui accompagne en moyenne quelques 700 mères privilégiées chaque année depuis 2011. Elle a permis à beaucoup (beaucoup !) de mamans de mieux vivre leur allaitement, alors que cela était parfois « mal parti ». Une réussite parfois inespérée.

S’il y a quelques bases à connaître, l’allaitement est très différent d’une mère à une autre et même d’un bébé à l’autre. Voici quelques découvertes que j’ai faites grâce à Carole et qui, je l’espère, vous seront utiles pour votre allaitement actuel ou futur. 

La première chose à savoir, c’est que l’allaitement ne doit pas être douloureux !

Si on vous a déjà dit “les 3 premières semaines cela fait super mal, après cela ira” ou encore “c’est normal, il faut serrer les dents au début !”, vous pouvez OUBLIER !

Pour Carole, les 5 premiers jours, on peut tolérer un “inconfort”. Elle souligne que cela ne doit pas se traduire par des douleurs insupportables. Parfois, le bébé peut pincer un peu. Mais « un peu ». On n’a pas dit “subir des douleurs terribles qui nous font redouter chaque tétée”. Si c’est douloureux, il peut y avoir plusieurs raisons :

La plus courante, c’est la position du bébé et de la maman !

  •       Pour Carole, le coussin d’allaitement peut servir d’accoudoir. Elle le réutilise même souvent pour permettre à la jeune maman de s’asseoir dessus en cas de douleurs du périnée. 
  •       Ensuite, on choisit un fauteuil ou canapé confortable dans lequel on cherchera à s’installer le dos appuyé contre le dossier. Le fauteuil accueille le corps de la maman qui accueille son bébé à son tour et chacun est naturellement soutenu. La gravité fait le reste. La position « madone », qui est la plus couramment montrée et que vous voyez sur la photo, n’est en fait pas la position recommandée si le démarrage est compliqué. Physiologiquement, elle éloigne la tête du bébé du sein de la maman, plus qu’elle ne l’y conduit. L’approche Biological Nurturing (BN) permet quant à elle, au bébé d’épouser le corps de sa maman (en oblique ou en longitudinal), de bien se caler, dès lors que la maman le place “à la bonne adresse” soit la tête à hauteur du sein. Cette posture a aussi l’avantage de faciliter la prise du sein par le bébé qui ouvre plus facilement la bouche. Si le bébé prend une “grande bouchée de sein”, il est davantage susceptible de téter sans causer de douleurs. De plus, la maman a une meilleure capacité d’accorder sa position à celle de son nouveau-né ; elle le guide par son regard, elle s’adapte à l’expression de ses réflexes archaïques, elle peut plus facilement le caresser, le guider et la précieuse hormone ocytocine aide le lait à couler plus facilement tout en réduisant les douleurs résiduelles.

Autre point important : contrairement à ce que l’on pourrait croire, la douleur lors des tétées n’est pas liée à la durée des tétées ! Si le bébé est bien positionné, l’allaitement peut durer des heures, sans que cela ne fasse mal !

Et la position est très souvent un facteur sous-estimé pour prévenir les douleurs. D’ailleurs, si à la maternité, on plaque votre bébé au sein « en lui appuyant sur la tête » pour le « faire téter », cela part d’un bon sentiment mais finalement, ça induit davantage de difficultés et de tensions. La mise au sein ne doit pas être « musclée ». En changeant de position, les choses se font en douceur… Faites-vous confiance, c’est vous et vous seule qui devriez mettre votre bébé au sein.

Si après avoir essayé plusieurs postures, vous avez encore mal : n’attendez pas ! Faites appel à un consultant en lactation ou à une sage-femme qui a un DIULHAM (Diplôme Inter-Universitaire en Lactation Humaine)

L’origine de la douleur peut aussi être liée à des spécificités chez bébé

  •  Le nourrisson peut avoir du mal à ouvrir la bouche du fait d’une tension crânienne (par exemple suite à une sortie avec une ventouse ou encore une mauvaise position in utero) ;
  • la forme de son palais, la position de sa mâchoire, de son menton ;
  • la position de sa langue (retenue par exemple par un frein de langue trop serré) ;
  • une position où bébé bloque la circulation sanguine dans le mamelon en serrant fort les gencives (réflexe de morsure entraînant ce qu’on appelle un vasospasme)

Il peut aussi parfois arriver que la tétée soit confortable d’un côté et douloureuse de l’autre : c’est souvent dû au fait que bébé tourne moins aisément la tête d’un côté que de l’autre (on appelle cela une « préférence de rotation cervicale »), et sa mauvaise position provoque des douleurs.

En cas de doute, n’hésitez pas à demander l’avis de professionnels spécialisés : un ostéopathe ou un chiropracteur spécialisé en pédiatrie, par exemple. 

Bien d’autres raisons, encore, peuvent expliquer la douleur : un ou plusieurs canaux bouchés, une infection bactérienne, une mycose, etc. Donc, si cela fait mal, retenez que ce n’est pas “normal”. Il faut consulter sans tarder ! Surtout qu’en plus de la souffrance, cela génère du stress chez la maman (normal !)…  Notre cerveau croit même que nous sommes en plein baby blues ! 😥  Bien évidemment, on appréhende les prochaines tétées qui deviennent chacune plus douloureuses. Notre corps produit moins d’ocytocine (l’hormone de l’amour), l’éjection du lait est moins facile et le bébé en prélève moins. Bref la lactation est malmenée et le bébé prend trop peu de poids. C’est la panique ! On est alors assaillie de sentiments négatifs avec l’impression à tort que l’on n’est pas capable de nourrir notre bébé. Combien de femmes se disent qu’elles n’ont “pas assez de lait ”, alors qu’elles sont juste tombées dans un cercle vicieux ! 😞

Autre astuce pour atténuer la douleur : si la peau du mamelon se gerce, Carole suggère d’utiliser un corps gras comme de l’huile de coco vierge bio désodorisée, souvent plus économique et plus efficace que la traditionnelle lanoline purifiée.

Les écrans en silicone sont de sortie ? Prudence !

Souvent, on dégaine les écrans en silicone, les fameux « bouts de sein » en arguant qu’ils vont atténuer la douleur ou permettre à bébé de mieux s’accrocher. Pourtant, la douleur est, Carole le répète, plus généralement due à une mauvaise position. L’inconvénient majeur est que le bébé prélève 20 % à 50 % de lait en moins que s’il tétait sans artifice. Du coup, il prend moins de poids et en parallèle, les seins de la maman s’engorgent, et produisent chaque jour un peu moins… Un autre cercle vicieux s’installe qui peut amener à un allaitement bien moins long que souhaité !

Il peut arriver que ces prothèses soient préconisées dans certains cas pour les grands « préma », ou si les mamelons sont réellement ombiliqués, c’est-à-dire qu’ils ressortent aussi peu que notre nombril ; le mamelon n’est pas seulement “plat”. 

Donc, si vous optez pour des bouts de sein, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert jusqu’à ce qu’on vous aide à vous en débarrasser et éviter d’enchaîner les difficultés par la suite…

Des bonnes bases, la clé de l’allaitement

Pour un allaitement qui “dure”, il est fondamental d’avoir posé les bonnes bases dès le début 🙂
Car une maison avec des fondations fragiles, cela tient un peu, mais pas longtemps… 

Alors, c’est quoi des bonnes bases ? 

  • Au début, il faut installer la lactation : on veut de l’abondance ! Et le moyen le plus intuitif pour y arriver est de faire du maternage proximal. En gros, une des hormones qui favorise la lactation, c’est l’ocytocine (l’hormone de l’amour). Plus celle-ci est sécrétée, plus on produit. Un câlin, un moment en peau à peau, des échanges de regards… Et c’est parti ! Et ça, c’est parfaitement intuitif. Cela implique d’avoir son bébé “à la bonne adresse” pendant un certain temps.
  • Si on veut que le “robinet coule à flots”, le corps doit enregistrer qu’il a besoin de produire une quantité adéquate de lait. Pour cela, l’idéal, au début, est de mettre le bébé très souvent au sein. Plus l’enfant tète souvent, plus le sein va produire. Il ne faut pas hésiter à le nourrir, même s’il n’y a pas des signes ostentatoires de faim. D’ailleurs, Carole conseille de ne pas attendre que le bébé ait les yeux grands ouverts pour l’allaiter. L’enfant prend aussi très bien dans un état de sommeil indéterminé. Vous savez, ces phases de somnolence au cours desquels le bébé lève une paupière comme un chat.
  • Au début, les tétées peuvent durer un certain temps, parfois 45 voire 60 minutes. Mais ensuite, le corps de la maman aura enregistré ce qu’il a besoin de produire. Le débit va se modifier, et les tétées deviendront plus courtes car plus efficaces. On s’attend alors à un rythme d’une succion – une déglutition.

Le conseil de Carole : comme l’allaitement est très exigeant au début, en particulier à la maternité, il est bon de limiter les visites à 20-30 minutes chacune pour garder du temps d’intimité. On vous recommande la formule magique « Le médecin a dit… » 😉
De retour à la maison, pensez aussi à vous préserver en déléguant au maximum les tâches du quotidien (lancer une machine à laver, l’étendre, faire le repas, les courses…). 

Certaines mères peuvent-elles ne pas avoir un lait assez nourrissant ?

Les études montrent que la qualité du lait maternel est toujours au top, sauf pour les mamans vegan qui oublieraient de se supplémenter en vitamine B12. Si bébé ne prend pas de poids, c’est tout bonnement qu’il n’en reçoit pas assez. Si on vous dit que c’est à cause de la qualité de votre lait, c’est que vous n’avez pas en face de vous un expert en allaitement . 😉

Mieux encore, si l’enfant est malade, le lait de la maman va s’adapter pour lui apporter les anticorps dont il a besoin à ce moment-là. Il a même été démontré que le lait de la mère varie selon qu’elle accouche d’une fille ou d’un garçon ! 

D’autres études ont été jusqu’à comparer le lait d’une maman de Namibie au régime alimentaire relativement pauvre à celui de mères suédoises au régime riche. La variante est ténue : le lait de la maman namibienne va présenter un taux plus élevé en lactoferrine que celui de sa consœur suédoise, et apporter ainsi au nourrisson de quoi favoriser un système immunitaire encore plus solide. Pas mal non ? Nulle raison de s’inquiéter alors de la qualité de votre lait 🙂

Y a-t-il des mamans qui n’ont pas assez de lait ?

En règle générale, les mamans ont la capacité de produire suffisamment de lait dès lors qu’elles ont opté pour des tétées précoces, efficaces et très fréquentes les premiers temps et que leur bébé parvient à boire efficacement. On ne peut déterminer à l’avance si une mère doit offrir un ou deux seins par tétée. Dans le doute, on peut décider de proposer les deux à chaque fois et observer les couches. Des couches bien pleines sont synonymes d’un allaitement qui se passe bien.
Il peut toutefois arriver qu’une mère « n’ait pas assez de lait », et c’est la plupart du temps parce que l’allaitement n’est pas parti sur des bases solides.

Certaines situations en revanche conduisent à un allaitement mixte : par exemple, si les seins ont été lésés suite à certaines chirurgies du sein, quand la maman elle-même est née prématurée ou quand sa glande mammaire ne s’est pratiquement pas développée. On parle d’hypoplasie de la glande mammaire.

Précisons qu’en-dehors de cette particularité rare, la taille du sein n’a absolument rien de déterminant 🙂 ! Je peux allaiter avec mon bonnet A pour peu que mes seins prennent un peu de volume pendant la grossesse et que je démarre un allaitement optimal.

Et petit conseil de certaines mamans qui nous suivent, la tisane d’allaitement au fenouil, semble – pour certaines mères – donner un coup de pouce et favoriser une lactation plus abondante, à condition bien sûr que les fondations de l’allaitement soient solides. Notre petite tisane préférée Les Deux Marmottes (100 % plantes, 0 arôme 😉 ). Elle ne remplacera pas des tétées nombreuses et efficaces, garantes d’un drainage optimal des seins.

Tétine, biberon et allaitement, cela fonctionne ?

Au début, le bébé passe par une phase d’apprentissage. Il tète, se loupe, il a besoin d’être soutenu (par un geste de compression mammaire par exemple), il recommence, il intègre que c’est agréable, il répète. Il apprend notamment comment mobiliser sa langue pour téter efficacement. Pour certains bébés, c’est déjà difficile. 

À l’inverse, la tétine ou le biberon l’amènent à pincer. Il faut alors que l’enfant comprenne qu’il doit téter « bouche grande ouverte » le sein, et « bouche pincée » le biberon/tétine. Cela complexifie sa tâche.

Donc quand, pour une raison ou un autre, en début d’allaitement, la maman a besoin d’apporter à son tout petit un complément, il est préférable de le lui donner au petit doigt avec un mini tuyau “scotché” au sein de façon à ce qu’il continue d’apprendre à téter . Le tuyau trempera dans le flacon contenant le lait.

Bien sûr, là encore, tout dépend des bébés. Certains arrivent dès la naissance à prendre en alternance sein, biberon et tétine. Il n’y a pas de généralités.
En Scandinavie, de nombreuses mères utilisent la tétine et pour autant, les allaitements se poursuivent souvent au-delà d’un an.

Pour le biberon, l’enfant est davantage « passif », car le lait coule plus facilement. Bébé peut alors développer une préférence pour le débit du lait au biberon et donc refuser ensuite le sein. Comme d’habitude, ce qui est “généralement vrai” ne s’applique peut-être pas dans votre situation qui est, elle, spécifique. En cas de doute, demandez conseil à un spécialiste.

La santé de notre bébé, notre préoccupation majeure !

Élément principal à ne pas perdre de vue : son poids, sa croissance harmonieuse ! Il est indispensable de peser régulièrement bébé, et de tracer sa courbe de poids dans le carnet de santé. Il est né dans un “couloir” de courbe, et il doit y rester (Voir  les courbes de l’OMS). Pour Carole, un enfant allaité prend d’ailleurs plus de poids les premiers mois qu’un enfant nourri au lait industriel (!). Et surtout, le truc à s’assurer : que le bébé ait bien repris son poids de naissance dans les 5 à 10 jours qui suivent sa naissance. Sinon, on consulte immédiatement une consultante en lactation 😉 

Et du coup, on fait quoi si on a besoin de conseils ?

Vous pouvez aller voir une consultante en lactation IBCLC, qui est l’experte reconnue dans le domaine et a suivi plusieurs années d’études sur le sujet. De nombreuses associations de soutien telles que La Leche League, Solidarilait, les marraines de lait etc. sont aussi souvent d’excellents soutiens.

Mais, comme partout, il n’y a pas que “des bons conseils”. Donc, allez-y avec votre (bon) sens critique. 

  • Le site Vanilla Milk référence tous les professionnels et bénévoles d’associations de soutien, allez-y ! 
  • Carole Hervé, notre consultante en lactation préférée, consulte à distance, ou dans son cabinet à Paris. Vous pouvez prendre rendez-vous sur son site www.questionallaitement.com
  • SOS Allaitement 75  : 0800 400 412
  • Le lactarium de votre région 
  • Et une application magique : Pacify ! Vous pouvez à toute heure du jour et de la nuit avoir accès par téléphone à des consultantes en lactation. C’est une application US (il faut donc parler anglais) à télécharger, vous payez ensuite un abonnement mensuel.

Sinon pour aller plus loin, et gérer les premières années avec bébé avec plus de sérénité , je vous propose de recevoir (gratuitement) le « PACK spécial bébé » : avec tous nos conseils pour gérer les premières séparations, colères, interdits, etc. ! Quelques pleurs et stress en moins, cela fait du bien 🙂

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Avoir un petit « zèbre », cela n’est pas de tout repos ! Car « précocité » ou « Haut Potentiel » rime souvent avec hypersensibilité, fort sens de la justice, ou ennui Loin du cliché du « petit génie » à qui tout réussit, beaucoup d’enfants précoces souffrent de leur différence et peuvent rencontrer des difficultés à l’école, le système scolaire n’étant pas toujours adapté à leur fonctionnement.
Heureusement, ce n’est pas toujours le cas ! Détectés tôt et bien accompagnés, les petits zèbres ont avant tout une immense richesse, un beau potentiel à exploiter ! Pour mieux les comprendre, pour donner aux parents des clés pour aider au mieux leurs petits zèbres à faire de leur différence une force, nous avons interrogé Anne Widehem, coach, elle-même précoce, maman de deux enfants précoces, et auteur du livre « Je ne suis pas un âne, je suis un zèbre !» (ed Kiwi).

Les caractéristiques d’un enfant précoce

Pour pouvoir accompagner un enfant précoce, encore faut-il le comprendre. Mais alors au fait, c’est quoi un « zèbre » ?

  • Une intelligence « hors normes »

Pour que la précocité soit avérée, il faut d’abord que l’enfant ait passé un test de QI dans des conditions standardisées chez un psychologue clinicien. Ce sont les fameux tests statistiques de Wechsler, effectués selon l’âge de l’enfant : WPPSI-R (2 ans et 11 mois à 7 ans et 3 mois), WISC V (6 à 16 ans et 9 mois) et WAIS III (à partir de 16 ans).

On parle de surdouement quand le quotient intellectuel est égal ou supérieur à 130.

Mais ce qu’il faut surtout comprendre, c’est qu’un enfant précoce ne raisonne pas de la même manière qu’un autre enfant. Il a un raisonnement global, intuitif, et une pensée en arborescence, qui analyse toutes les possibilités en même temps, non pas une pensée linéaire. « Imaginez un meuble à tiroirs, explique Anne Widehem, un enfant précoce va voir tous les sous tiroirs, les sous-sous tiroirs, les sous-sous-sous tiroirs, etc … ».

Cela explique aussi que « si vous posez une question toute simple à un zèbre, il va peut être répondre complètement à côté, car il va chercher la subtilité là où il y en a pas ! »

  • Des apprentissages précoces

Un petit zèbre apprend et comprend très vite, et a une mémoire d’éléphant !

Bien souvent, ce sont des enfants qui font tout plus tôt que la moyenne : marcher, s’habiller, lire … Et concernant le langage, s’ils ne parlent pas nécessairement plus tôt que les autres, dès qu’ils commencent à parler leur langage est très vite élaboré, avec un vocabulaire riche : ils ne passent pas par l’étape « parler-bébé ».

Souvent, ils apprennent aussi à lire avant l’âge « normal » (6 ans) et dès qu’ils savent lire, ils dévorent des livres !

  • Une curiosité insatiable

Et oui, les zèbres sont curieux de tout et ont une immense soif d’apprendre, qui a besoin d’être nourrie. Très tôt ils s’intéressent à des sujets qui ne sont pas forcément de leur âge : la préhistoire (ah, les dinosaures !), l’espace, la mort… Ce sont des enfants « touche à tout », qui passent vite d’un sujet à l’autre, qui demandent sans cesse « pourquoi ? » et ne satisfont pas du « parce que c’est comme ça » 🙂 Et beaucoup d’entre eux ne supportent pas l’ennui.

  • La maturité du raisonnement

« Les enfants précoces ont une maturité de raisonnement en avance sur leur âge, avec une grande capacité de déduction », explique Anne Widehem. Ce qui explique pourquoi ils apprécient tant la compagnie des adultes qui eux, ne comprennent pas toujours cet intérêt…

  • Un humour très développé

Assez tôt, les petits zèbres font preuve d’humour et utilisent –à bon escient- le second degré… ce qui passe parfois pour de l’insolence alors que c’est simplement une manière de distancier la réalité.

  •  Une grande créativité

Non, les enfants à haut potentiel ne sont pas simplement des petits intellos passionnés par les chiffres :-), ils sont aussi très créatifs et souvent doués pour les arts plastiques ou encore la musique… de vrais artistes !

Si ce tableau semble au premier abord idyllique, il y a cependant le revers de la médaille.

Car toutes ces facultés peuvent rendre les zèbres vulnérables. Leur très grande lucidité, leur sentiment de décalage par rapport aux autres, leur mode de fonctionnement si particulier engendre souvent de l’anxiété et parfois un manque de confiance en eux.  

De plus, comme l’explique Anne, « chez les enfants précoces, tout est exacerbé : ils ressentent et vivent tout fois mille ! ». Et ça, ça ce n’est pas toujours facile. Du coup les difficultés auxquelles l’ensemble des enfants sont confrontés, peuvent être d’autant plus prononcées chez les enfants précoces.cool coaching

Les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants précoces

Parmi les points communs que l’on rencontre chez eux il y a :

  • L’hypersensibilité

« Plus encore que les autres enfants, les zèbres vivent de véritables tempêtes émotionnelles » souligne Anne. Ils ont du mal à gérer leurs propres émotions mais sont aussi très sensibles à celles des autres, ce sont de véritables éponges.

Ils ont aussi fréquemment une hyperesthésie, c’est-à-dire un (ou plusieurs) sens très développés (toucher, ouïe, odorat…). Ils peuvent alors surréagir à certains bruits, certaines odeurs, ou tout simplement à un pull qui gratte !

  • La dyssynchronie

Un autre point commun à beaucoup de zèbres est le décalage entre, d’un côté, leur développement intellectuel précoce, et de l’autre leur développement psychomoteur, affectif ou relationnel, normal. Ils peuvent donc être maladroits dans certains domaines, ce qu’ils vivent difficilement et peut les conduire à baisser les bras.

De plus, on a souvent tendance à les traiter comme des enfants plus grands qu’ils ne le sont.

  • Un sens de la justice

« C’est pas juste ! » : les zèbres prononcent cette phrase très souvent ! Car ils ont un sens de l’équité extrêmement fort (plutôt il remarque encore plus que les autres, les situations qui ne sont pas équitables…) , que ce soit pour eux même ou pour les autres, et ne supportent pas l’injustice ni les règles incomprises.

  • Le perfectionnisme

« Les enfants précoces sont parfois d’une telle exigence avec eux-mêmes qu’ils se trouvent souvent nuls et n’ont pas du tout conscience de leur potentiel ! » affirme Anne. Un sentiment de ne pas être à la hauteur qui peut engendrer de la procrastination : ils préfèrent abandonner que de se trouver face à une difficulté qu’ils n’arrivent pas à résoudre rapidement.

  • La distraction

S’il est capable d’une grande concentration quand un sujet l’intéresse, dès qu’il s’ennuie un zèbre s’évade par la pensée (Comme tous les enfants finalement, mais en plus prononcé). On peut avoir l’impression qu’il écoute alors qu’en fait il est ailleurs ! Cela peut être mal perçu ou fatigant pour son entourage, explique Anne.

  • La solitude et le manque de confiance en soi

Parce qu’ils sont « différents », parce que leurs comportements surprennent ou agacent, certains enfants précoces peuvent avoir du mal à tisser des liens et à s’intégrer dans un groupe d’enfants de leur âge, dont ils se sentent alors rejetés.

Heureusement, tout cela n’est pas une fatalité ! Car, bien accompagné, un petit zèbre est avant tout un grand trésor !

Des pistes pour accompagner son enfant précoce

En tant que parents, que peut-on faire au quotidien pour aider son enfant précoce à s’épanouir et à développer son immense potentiel en étant heureux ? Finalement la même chose qu’avec tous les enfants… 🙂  Voici quelques pistes (non exhaustives !).

  • L’écoute et la compassion

Pour Anne Widehem, ce sont les deux principales clés : « Un enfant précoce a avant tout besoin de se sentir soutenu et compris par ses parents. Il ne s’agit donc pas seulement de l’écouter d’une oreille distraite, mais de montrer que l’on est attentif à ce qu’il vit, et l’aider à chercher des solutions concrètes pour se sentir mieux. Si l’on fait cela, on fait 90% du chemin ! ».

Au besoin, les parents peuvent se faire aider, et notamment par d’autres personnes Haut Potentiel, recommande Anne.

  • Accueillir ses émotions et l’aider à développer sa confiance en lui

C’est tout l’objet du livre d’Anne. Chaque chapitre traite une émotion (la joie, la tristesse, l’impuissance…) pour aider les petits zèbres à formuler ce qu’ils ressentent, et apprendre à gérer cette émotion de façon ludique et bienveillante pour, au final, retrouver confiance en lui et estime de soi. Après une description de l’émotion et une courte histoire (inspirée de l’histoire personnelle de Anne), l’enfant est invité à faire de petits exercices comme écrire ou dessiner les raisons de sa tristesse et les attacher à un ballon qu’il laissera s’envoler dans les airs, découper dans des magazines ce qui lui fait envie et s’imaginer réaliser ses rêves, ou encore crier face à un miroir « je suis fantastique et je le reconnais » !

  • Encourager la créativité

La créativité est l’une des grandes forces de beaucoup d’enfants (et souvent encore plus présente chez les enfants précoces), elle permet d’exprimer leur talent mais aussi, bien souvent, elle sert d’exutoire à leurs émotions. Il ne faut donc pas hésiter à l’encourager, et cela peut prendre des formes très diverses : arts plastiques, musique, cuisine, jardinage, jeux divers… les petits zèbres adorent s’amuser !

 « Je ne suis pas un âne, je suis un zèbre !»

« Ce livre, je l’ai conçu comme un outil thérapeutique à l’usage des enfants précoces mais aussi de leurs parents, qui sont souvent démunis, pour favoriser la confiance en soi et l’estime de soi. Je voulais transmettre ce que j’ai appris à un maximum de gens pour rendre un maximum de gens heureux ! ». Simple à utiliser, facile d’accès, il rappelle que pour être heureux, il faut avant tout se connaitre et s’aimer tel que l’on est 🙂

 

Vous voulez aider votre enfant à avoir confiance en lui ? Je vous propose de vous envoyer tous les conseils de CPMHK dans le PACK « CONFIANCE EN SOI »

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Avant de prendre le sujet à bras le corps, décortiquons d’abord ces trois mots juxtaposés : Violence Educative Ordinaire (nommée VEO). La violence éducative ordinaire regroupe toutes les formes de violences qu’elles soient physiques (claque, fessée, tape…), psychologiques (amour conditionnel, humiliation, chantage…) ou verbales  (insultes) utilisées envers les enfants dans un but éducatif communément admises et tolérées par la société (ordinaire). Des phrases toutes “bêtes”, mais si on y pense, assez blessantes “Continue comme ça et personne ne voudra de toi” “Tu ne peux pas faire comme ta soeur ?” “T’es insupportable ! ” (= On ne peut pas te S U P P O R T E R), “T’es bête ou quoi ?”, “Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?”…

Pour bon nombre d’entre nous, la violence éducative ordinaire reste un sujet vague et peu connu alors qu’il fait souvent partie de notre quotidien et ce depuis notre propre enfance.   

Je laisse la parole à Clémentine, maman de Romain 4 ans et Vincent 19 mois pour vous en dire un peu plus sur le sujet.

En France, les VEO font débat dans les plus hautes sphères de l’Etat. La France avance à petits pas. Ce 3 juillet, une nouvelle loi a été votée précisant que « l’autorité parentale doit s’exercer sans violence physique, ni psychologique ». Alors que de nombreux pays voisins ont voté des lois interdisant toutes formes de VEO, nous voyons bien que la France reste timide et relativement vague sur le sujet. Cette rédaction du texte législatif laisse toujours planer l’idée que dans notre pays le droit de correction est admis : c’est-à-dire que l’on tolère une forme de violence et/ou de pression psychologique dès lors que les vertus sont dites « éducatives ».

Pourquoi a-t-on recours aux VEO ?

Le sujet des VEO est houleux, les avis divergent souvent et soulèvent parfois des discussions animées. Qui n’a jamais entendu dire : « j’ai reçu des fessées quand j’étais petit et cela ne m’a pas traumatisé, regardez aujourd’hui je ne m’en sors pas trop mal ». Evidemment, c’est la première raison pour laquelle nous avons recours aux VEO : nous répétons ce que nous avons vécu. Pour la plupart d’entre nous, sans en avoir conscience, les VEO faisaient partie de notre quotidien. Nous avons grandi avec cette éducation que l’on peut qualifier de « traditionnelle ». Nous ne la remettons pas nécessairement en question, étant persuadés inconsciemment que ces violences étaient méritées puisqu’elles avaient pour but de nous éduquer. 

Dans la vision classique de la famille, et de la société en général, l’adulte a une position de dominant. L’enfant est perçu comme un petit être en proie à des émotions ingérables qu’il faut éduquer à tout prix. Ce rapport de force entre adulte (parents ou professionnels de l’enfance) et enfant est inscrit dans notre histoire

De plus, il persiste dans les esprits qu’un enfant peut manipuler un adulte. Cette idée est souvent relayée par des professionnels de la petite enfance (enseignant, nourrice, médecin…). Pour ma part, je me suis déjà entendue dire : « il faut être plus ferme », « ne te laisse pas faire, ce sont les parents qui décident »… Alors que dans certaines situations, je ne voyais pas réellement de problème. Malgré tout, ce genre de remarques ne laisse pas indifférent. J’ai remarqué que mon comportement vis-à-vis des enfants avait tendance à changer. Par peur de cette idée d’avoir un « enfant roi » ou un « enfant tyran » ou par peur d’être perçue comme « laxiste ». J’avais tendance à affirmer plus fermement mes positions. Catherine GUEGUEN dans son livre « pour une enfance heureuse » démontre à quel point cette fausse image et ces fausses étiquettes, que l’on attribue aux enfants, alimentent ce rapport de force entre parent et enfant. cool coaching

L’impact des VEO sur les enfants

Ce qu’il faut comprendre, c’est que bien souvent nous agissons par méconnaissance. Nous ne voyons pas réellement les impacts de ces violences, physiques ou psychologiques, sur nos enfants. Ce que l’on sait c’est que l’enfant porte beaucoup d’importance aux critiques des adultes. Eh oui, nos petits bambins se construisent aussi un peu à travers nos yeux. Ils n’ont pas encore les capacités de prendre du recul sur nos paroles. Ainsi, les VEO impactent souvent la confiance en soi et l’estime que l’enfant aura en lui-même. 

Evidemment rien n’est figé, chaque enfant réagit différemment et fera son chemin. Cependant, il est difficile d’imaginer qu’un enfant qui entend à longueur de journée (de la part de ses parents ou de la nourrice ou de l’enseignant) des paroles parfois très anodines telles que : « t’es bête ou quoi ? », « tu me fatigues », « j’en peux plus de toi », « tu n’arrives à rien » … puisse se construire de manière solide avec une belle image de lui. Son parent, la personne qui dit l’aimer par-dessus tout, la nourrice qui doit le materner ou l’enseignant qui doit lui apprendre, lui renvoie une vision très négative. L’enfant prend souvent cela pour argent comptant et se construit autour de l’image que l’adulte lui renvoie. Ainsi, plus notre regard et nos paroles seront bienveillants sur l’enfant, plus son estime de lui sera renforcée. Cependant, n’oublions pas qu’une fois grand, l’enfant aura toujours la possibilité de gagner confiance en lui, et de se débarrasser de l’image qu’il avait de lui enfant.

L’autre point que l’on peut souligner, c’est que notre enfant apprend par imitation donc si nous cherchons à obtenir des choses par la force, la violence, le chantage ou la menace, il y a de fortes chances pour qu’il utilise le même type de fonctionnement avec les autres. De même si l’on réprime chez lui les comportements qui ne nous plaisent pas en le mettant à l’écart ou en le rabaissant, il y a de fortes chances pour qu’il ait du mal à être tolérant avec ceux qui ne se comportent pas de la “bonne façon”. Pourquoi agirait-il autrement puisque c’est ainsi que l’on agit avec lui ?

La dernière conséquence, que ces VEO peuvent avoir sur les enfants, est que bien souvent elles les coupent de leurs émotions. Dans l’éducation traditionnelle, les émotions comme la colère, la tristesse, la peur sont considérées comme “négatives” et n’ont pas lieu de s’exprimer : “c’est ridicule de pleurer pour ça”, “tu n’as pas mal” (alors qu’il vient de tomber), “tu arrêtes tout de suite ta colère”, etc. Difficile alors d’apprendre à s’écouter ou d’exprimer son mal être quand cela a été montré du doigt quand nous étions enfants et que nous devions “ravaler” nos émotions. Il sera aussi d’autant plus compliqué d’accueillir les émotions des autres et de voir leur détresse et d’être empathique envers eux.

Le but n’est pas de nous culpabiliser, (on n’est pas tous égaux et on est très influencé par la façon dont nos propres parents se sont comportés avec nous) mais simplement de prendre conscience de ces petites phrases « anodines ». Plus on en prendra conscience, plus cela sera plus simple pour nous de les éviter. 

Comment ne plus avoir recours au VEO ?

Il faut bien l’avouer, ce n’est pas facile de trouver les ressources et les clés pour sortir de l’éducation « traditionnelle » que nous avons reçue. Agir différemment n’est pas simple. Toute notre bonne volonté et nos bons principes sont parfois mis à rude épreuve soit de l’extérieur par des remarques amères et piquantes, soit par les agissements quelquefois incompréhensibles de nos enfants (et oui le traducteur google pour colères et crises n’a pas encore été breveté !).

Nous sommes parfois démunis, fatigués et à bout de solutions.

En lisant cet article, vous avez déjà fait un premier pas. Pour commencer, nous pouvons déjà identifier les VEO auxquelles nous avons peut être recours. Souvent, nos tournures de phrases jouent beaucoup. Remplacer les « tu » accusateurs et moralisateurs par le « je», peut être une première étape. Par exemple : « que vous êtes fatiguant (dit en criant) ! » peut être expliqué différemment : « je suis fatiguée, j’ai eu une dure journée, le bruit est vraiment difficile à supporter pour moi, peut-on faire autrement ? Comment pourrait-on faire, vous avez une idée ? ». Pour aller plus loin sur le sujet vous pouvez lire l’article sur comment utiliser la communication non-violente.

Alors oui parfois, me direz-vous, nous agissons un peu par réaction instinctive. Je me souviens avoir repoussé assez violemment Romain quand il m’avait mordu à pleine dent la cuisse (la douleur n’aidant pas !). Ce n’est pas toujours facile de trouver l’énergie d’expliquer, de bien tourner ses phrases… L’objectif n’est pas d’être un parent parfait (ce serait idéaliste, personne ne l’est) mais de faire en sorte de respecter nos enfants comme nous souhaiterions qu’ils le fassent.

À vrai dire une bonne façon de voir si la façon dont on parle à notre enfant est respectable, c’est tout simplement de se demander “si mon enfant me disait cela ou disait cela à un copain, alors qu’est-ce que j’en penserais ?” ou “est-ce que je dirais cette phrase à ma collègue ou mon patron ?”. Si on trouve que c’est irrespectueux, eh bien on peut tout simplement chercher à s’exprimer différemment 🙂 Est-ce que nous aimerions que notre enfant nous dise “T’es méchant”, “Arrête de pleurer c’est ridicule” ; ou dirions-nous à notre collègue : “Tu ne comprends rien, t’es bête ou quoi ? “ Tu n’avais qu’à écouter, je te l’avais dit !”, “C’est comme ça un point final, on ne discute pas !” 

Essayons de nous mettre à leur niveau, par notre attitude et notre intonation. En favorisant le dialogue, nous mettons les chances de notre côté pour qu’ils coopèrent. 

Mais tout cela ne se fait pas en un jour, c’est un long cheminement  ! Être parent se construit petit pas après petit pas. Pour vous aider à aller plus loin inscrivez votre adresse mail ci-après, nous vous envoyons gratuitement le pack « OUI PAPA, OUI MAMAN ». Vous y trouverez les premières clefs pour faire coopérer vos enfants dans la bonne humeur plutôt que par la force :

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Ah les fameux stéréotypes ! Ces étiquettes qu’on a vite fait de nous coller sur le dos : “Tu es nul” – “ Tu es égoïste”- “Tu es colérique” – “Tu ne sais pas chanter” – “Tu es peureux” – “Tu es timide” – “ Ce n’est pas fait pour toi” – etc…

Il en faut parfois peu pour qu’un enfant se persuade qu’il est trop “comme ci” ou pas assez “comme ça”. Et le pire est que plus il va s’en convaincre, plus il va se conformer à cette image, se conforter dans cette vision de lui-même. Un vrai cercle vicieux ! Mais d’où cela vient-il ?

Premièrement, ces stéréotypes, ces étiquettes qu’on nous colle, nous poussent à mal interpréter les choses et à les exagérer.

Si, par exemple, à force qu’on m’ait qualifié de nulle en français, je me vois comme telle. Dès qu’on va me faire une petite réflexion à ce sujet, je vais le prendre à cœur (alors que quelqu’un d’autre n’y aurait pas spécialement prêté attention). Je vais focaliser mon attention là-dessus et me dire qu’en effet, je suis vraiment nulle en français !

Deuxièmement, ces stéréotypes nous enfoncent dans de fausses croyances, ce qui diminue notre énergie pour nous battre et parvenir à “décoller” ces étiquettes.

Pour une bonne partie des gens, être convaincu d’être nul en français, ne va pas les motiver à travailler cette matière. On se dit : “C’est un fait, je suis nul, c’est comme ça”. Du coup, nous ne gaspillons pas notre énergie à essayer de nous améliorer.

De même, si de l’avis général, je suis colérique, et que je me persuade que cette image est vraie, j’aurais beaucoup de mal à ne plus l’être. Relever un défi que l’on pense déjà perdu au fond de soi est très compliqué. Comment trouver l’énergie pour se battre si l’on pense avoir perdu d’avance ? On a alors tendance à se résigner et à accepter d’endosser cette étiquette de “colérique”, même si ça nous rend malheureux.

Cela s’applique même à des critères physiques ! Si je suis persuadée que je peux plaire, que je peux être belle et séduire, je n’aurais pas du tout la même posture qu’une personne qui se voit et se croit moche. La façon dont je vais m’habiller, me comporter, l’assurance que je pourrais avoir, va véritablement influencer sur l’image que je renvoie aux autres. Convaincue d’être belle, je vais le devenir aux yeux de mon entourage.

Plus les gens sont persuadés qu’ils sont quelque chose, plus ils ont de chances de le devenir vraiment.

Par exemple, dans le cadre du travail, pour deux collègues de même niveau, la vision et le comportement du patron va énormément influer sur leur évolution et leur progression.

Si, dans le premier cas, le manager ne relève que les erreurs et est convaincu que son subordonné n’est pas fait pour ce métier, alors celui-ci sera démotivé, manquer de confiance en lui, et la qualité de son travail s’en ressentira.

Au contraire, si le manager est persuadé que son collaborateur est excellent, s’il met en valeur ses réussites et croit en ses capacités à progresser, alors cela sera être un véritable booster pour lui !

Pour résister à cela, il faudrait pouvoir développer une vraie force de caractère qui nous permette d’être imperméable au jugement des autres et de croire en nous quoi qu’il arrive (ce sera l’objet d’un prochain article, abonnez-vous à la newsletter pour ne pas le manquer !).

Pour notre enfant, c’est la même chose ! Certes, on n’est pas son manager, mais il est aussi un être humain, et on fonctionne sensiblement pareil.  Plus on le persuade qu’il est égoïste, timide, colérique, maladroit, peureux…, plus il va se conformer à ce stéréotype et endosser ce rôle qu’on lui a attribué. Et moins il aura d’énergie pour parvenir à être différent.

“Arrête de faire encore ton timide !”, “T’es un vilain petit garçon”, “Tu ne peux pas faire attention de temps en temps ? À chaque fois, tu renverses ton verre !”, “Et tu arrêtes de faire toujours ton petit chef !”, “Qu’est-ce que tu es agaçante !”, “Tu ne peux pas prêter tes affaires pour une fois ?”

Ces petites phrases ne sont pas anodines.

Non, notre enfant N’EST PAS timide/colérique/insupportable/etc. Mais dans un cas précis, il est possible que NOUS le trouvions timide/colérique/etc (un autre parent, dans la même situation, ne porterait peut-être pas le même jugement). Et si nous avons tendance à réagir avec ce type de remarques pour qu’il cesse son comportement, cela peut marcher dans l’immédiat, mais cela aura plutôt tendance à empirer le trait dans le futur !

Si, en revanche, on focalise l’attention de notre enfant sur les fois où il n’est PAS timide/colérique/etc., on va pouvoir le persuader qu’il est en capacité d’être confiant/serein/généreux/attentionné, etc. et le persuader lui même qu’il peut y arriver.

Alors, comment éviter de coller des étiquettes sur le dos de nos enfants ? Quatre exercices pour y arriver.

Exercice 1 / On peut commencer par essayer de changer notre façon de parler.

Se focaliser sur le cas présent, plutôt que sur des généralités.

Par exemple, on peut remplacer au maximum le “Tu” par le “Je”. Ainsi, “Tu es lent ! C’est pas sympa de ne pas avoir mis tes chaussures quand je te l’ai demandé ! Je suis en retard au bureau” devient “J’aurais aimé que tu mettes tes chaussures quand je te l’ai demandé pour qu’on ne soit pas en retard ce matin”. Ou “Tu es égoïste” devient “C’est dommage, ça m’aurait fait plaisir que tu partages ta glace avec moi”.

Exercice 2  / L’essentiel est surtout de changer le REGARD que l’on porte sur notre enfant.  

Même si on fait l’effort de tourner nos phrases correctement, mais si au fond de nous, on est persuadé que notre enfant est un égoïste, alors notre comportement finira toujours par trahir nos pensées (on ne pourra s’empêcher de s’énerver ou de rouler des yeux la prochaine fois que qu’il refusera de prêter un jouet à son copain).

Si un trait de caractère de votre enfant vous agace, le meilleur moyen de lui permettre d’évoluer, c’est de le persuader qu’il est en capacité d’être le contraire de ce défaut : généreux/à l’aise/serein/brillant/agile/rapide etc. afin de lui donner la force de le devenir. Mais pour cela il faut d’abord VOUS en convaincre !
Mais comment me convaincre que mon enfant n’est pas égoïste quand il l’est vraiment ?! Abandonner les étiquettes et les stéréotypes passe d’abord par changer l’image que l’on se fait de notre propre enfant. Et bonne nouvelle : nous avons tous le pouvoir de changer cette perception.

Voici donc le troisième exercice. Attention, cela demande un véritable effort (si c’était facile, tout le monde le ferait ;-))

Exercice 3  / Identifions les comportements positifs de notre enfant.

D’abord, notons ce que l’on n’aime pas chez notre enfant, ces moments particuliers où il nous agace. Cela nous permettra d’identifier les étiquettes qu’on a tendance à lui coller.

Ensuite, dans la journée, focalisons notre attention sur des moments où le comportement de notre enfant va à l’encontre de ces étiquettes (ex : je le trouve égoïste, mais au parc, je l’ai vu partager son goûter). Je note tous ces petits moments (par exemple dans l’appli “Notes” de mon téléphone).

Vous n’arrivez pas à identifier ces comportements positifs ? Allez, un petit effort ! Remémorez-vous tous les moments passés ensemble à la fin de la journée. Et le matin, rappelez-vous bien de faire ce petit travail. Je suis sûre que vous allez trouver ! Car il est tout bonnement IMPOSSIBLE qu’un enfant n’écoute absolument JAMAIS, gesticule TOUT LE TEMPS, etc.

Plus on exercera notre esprit à voir notre enfant d’une nouvelle façon, plus on croira en ses capacités à contredire ces fameuses étiquettes, et on arrivera à se focaliser sur ce qui nous embête dans une situation précise, au lieu de sortir des généralités (cf. exercice 1).

Exercice 4 / Un autre moyen de changer notre vision est de voir le côté positif des “défauts” de notre enfant, et ainsi mieux les accepter.

Difficile pour vous de voir le côté positif des « défauts » de votre enfant (ex : “Il n’écoute pas”, “Il est violent”) ? Je ferai un article prochainement sur le sujet pour vous y aider (inscrivez vous à la newsletter pour ne pas le manquer ), car vous avez déjà fort à faire avec ces trois premiers exercices 🙂

Enfin, je vous enverrai aussi un troisième article avec un moyen très puissant pour aider votre enfant à changer sa perception de lui-même ! C’est un moyen extrêmement efficace pour le faire évoluer et progresser, vous verrez.

Avoir une belle image de nos enfants, ça fait du bien !

Je vous invite à faire ces petits exercices avant tout pour vous : vous vivrez tellement mieux le quotidien avec vos enfants si vous avez une image positive d’eux ! Cela contribuera grandement à embellir votre relation.

Et si un “Tu n’es pas gentil !” continue de sortir de temps en temps, ne vous fouettez pas. Si vous vous en rendez compte, c’est déjà un énorme pas. Comme je vous le disais, faire évoluer son regard demande un véritable effort et ça ne se fait pas en un clin d’oeil. Il faut du temps pour acquérir les bons réflexes, chaque petit pas compte, et montre que vous êtes sur la bonne voie.

 

Vous souhaitez aller plus loin, découvrez le PACK « CONFIANCE EN TOI » – Tout pour que nos petits croient fort en eux. S’il vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire en inscrivant simplement votre email ci-dessous, et je vous l’enverrai gratuitement.

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NB : Et qu’en est-il des étiquettes “positives” ? N’ont-elles pas aussi quelques inconvénients ? On en parle dans un prochain article ! (vous pouvez vous inscrire à la newsletter pour le recevoir).

cauchemar enfant

cauchemar enfant

Quel parent ne s’est jamais fait réveiller en pleine nuit par un cauchemar d’enfant ? Réveil en sueur, cris angoissés : ”Mamaaaan, un loup !!!!”. Monstres, sorcières et autres créatures menaçantes peuvent venir perturber le sommeil de notre enfant et se transformer en peur du coucher. Comment faire face à ses cauchemars ? Comment les désamorcer? Comment l’aider à s’endormir sereinement sans qu’il se relève 20 fois par peur de faire un cauchemar?

Je laisse la parole à Camille, maman d’Arthur 3,5 ans et April 16 mois.

Arthur, à la veille de ses 3 ans, faisait des cauchemars. Il avait peur du loup. On avait beau le raisonner, rien à faire ! Les couchers étaient compliqués. Notre petit garçon rampait comme un lézard de son lit jusqu’au salon avec des prétextes toujours plus créatifs pour ne pas dormir.

J’avais l’impression d’être passée à côté de quelque chose ! Il fallait trouver une solution, je commençais à perdre patience…

  • Trouver la source du cauchemar de l’enfant

Les cauchemars font partie du développement psychique normal de l’enfant. Ils lui permettent de digérer certaines émotions fortes de la journée. Parfois, l’émotion vécue dans le cauchemar est tellement intense qu’il se réveille en panique au milieu de la nuit.
On peut se demander de quoi parlent les cauchemars de notre enfant ? D’où viennent-ils ? Quelle information reçue la journée est traitée la nuit par son cerveau ?

Pour ma part, j’ai réalisé que ça venait des histoires que je racontais à Arthur. J’ai pensé notamment à ce livre du Petit Chaperon Rouge où il y avait une image effrayante du loup sur le point de dévorer la grand mère.

Quand j’ai abordé le sujet avec Arthur en lui demandant s’il avait peur des loups, il m’a expliqué que ”Oui et les loups ont le code de la maison, ils peuvent venir chez nous” (!!??)

Ah oui effectivement, ça devait lui faire très peur de penser à un loup qui débarque dans sa chambre ! Je lui ai dit que c’était normal de ressentir de la peur dans ce cas, que moi aussi petite j’avais peur des loups et qu’on allait arrêter de lui lire des histoires de loups méchants.

Je me suis débarrassée du Petit Chaperon Rouge et j’ai commandé un autre livre avec un loup super sympa. Et un album documentaire avec des photos de VRAIS loups dans leur terrier au fin fond de la montagne.

Même si la limite entre fiction et réalité est un peu floue à cet âge là, peu de temps après, on a eu une conversation sur le fait que ”dans les histoires, on peut raconter ce qu’on veut : des loups qui se déguisent, des cochons qui parlent etc… bref n’importe quoi ! Alors qu’en fait le loup c’est comme un chien, il ne peut pas s’habiller ! Ni manger les grands mères ! Pareil pour les cochons (cf Peppa Pig ) etc…”

En parallèle, j’ai aussi briefé son grand-père qui avait tendance à lui raconter des histoires qui faisaient un peu trop peur et on a évité les spectacles de Guignol avec des loups.

Petit à petit, les cauchemars ont disparu. Sa peur s’est effacée. Les couchers ont été plus simples.

Ce qu’on peut retenir pour gérer au mieux les cauchemars de notre enfant, c’est :

    • De l’écouter, de le laisser exprimer ce qu’il ressent jusqu’au bout ;
    • De mettre des mots sur ce qui lui fait peur sans le raisonner, ni se moquer car sa peur est bien réelle ;
    • De ressentir une vraie empathie pour qu’il se sente compris: ”c’est dur, tu as peur…” ;
    • De l’aider à faire la différence entre le réel et l’imaginaire. Ne pas se lancer dans des ”pschitts anti-monstres” ou autres amulettes anti-fantômes pour ne pas accentuer le bien fondé de sa peur.
  • Très important : couper le robinet qui alimente sa peur

Les sources peuvent être multiples : les livres, les dessins animés, les discussions d’adultes… bref tout ce à quoi il est exposé.
Quand les cauchemars de l’enfant sont liés à des évènements difficiles (déménagement, passage à l’hôpital, naissance, deuil, entrée à l’école…), on peut pratiquer également cette ”écoute active pour le rassurer et l’aider à comprendre ce qu’il vit.

Bien sûr, si les cauchemars sont récurrents, sur une période longue, on peut consulter un spécialiste. Et quelquefois, l’enfant peut aussi avoir des terreurs nocturnes, un sujet dont on a parlé ici.

 

  • Des idées magiques anti-cauchemars

En pleine nuit, quand l’enfant se réveille en pleurs à cause d’un cauchemar, on le console, on le rassure sur le fait qu’il est en sécurité, que ça va passer. On peut lui dire qu’on est là pour lui tant qu’il en a besoin. On peut allumer une petite lumière, rester à côté de lui jusqu’à ce qu’il se rendorme.

Le lendemain, voici un jeu à lui proposer pour résoudre son cauchemar. Testé et approuvé !

La règle est la suivante : il est l’enfant éveillé et il va rentrer dans le cauchemar de l’enfant endormi pour l’aider. On lui dit qu’il a des pouvoirs de super héros et qu’il peut tout faire. Par exemple, il peut d’un coup de baguette transformer le loup qui fait peur en loup très gentil et partager une glace à la fraise avec lui. Et on termine avec l’enfant le rêve éveillé jusqu’à ce qu’il soit résolu.

Cet exercice est très efficace car l’enfant domine son cauchemar et prend la main dessus.

Et on peut aussi profiter du rituel du soir dont on a déjà parlé ici pour guider les pensées de l’enfant vers des choses agréables. On raconte une histoire douce et joyeuse en respirant profondément ensemble. On peut imaginer une balade dans un jardin extraordinaire avec un magicien qui fabrique de la poudre ”spécial beaux-rêves”. Ou un voyage en avion entre des nuages de toutes les couleurs qui sont des boucliers anti-cauchemars.

Faîtes de beaux rêves ! Vous et vos enfants aussi 😉

Si cet article vous parle, et que vous aussi, vous avez besoin d’autres clés et conseils pour gérer ce genre de situations recevez (gratuitement) mon PACK ANTI-COLÈRES : Le dossier ultime pour gérer « caprices » et autres crises ! Bourré de conseils et idées bienvenues, il aide à mieux vivre ces moments difficiles. Pour le recevoir (gratuitement, bien sûr), rien de plus simple : renseignez votre email ci-dessous et je vous l’envoie directement dans votre boite.

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PS:  Sachez que, si vous le souhaitez, vous pouvez aller plus loin. Le coaching « SOS colères » s’adresse à tout le monde (des gens comme vous et moi), à n’importe quel adulte qui se met en colère, et aimerait ne plus s’énerver pour un rien. Pour consulter le programme cliquez ici.

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