Archive pour le mois : 06/2020

sommeil enfant

sommeil enfant

Ah, le sommeil de nos enfants…. Dans de très (trop) nombreuses familles, le coucher est synonyme de lutte, les nuits sont hachées ou trop courtes, et cela s’en ressent sur l’humeur, l’énergie, la santé, bref le bien-être de tout le monde ! Beaucoup de parents ont aussi l’impression d’avoir « tout essayé » (douceur, bienveillance, ou à l’inverse fermeté, punitions…) et donneraient n’importe quoi pour avoir des soirées tranquilles et des nuits complètes… Alors, que faire ? Rassurons-nous d’emblée, ces difficultés n’ont rien d’une fatalité ! 

Caroline, maman d’Arthur 5,5 ans et de Tristan 3,5 ans, et coach sommeil pour CPMHK, partage ici son expérience.

Lorsque j’ai eu mon premier enfant, je me suis souvent demandée pourquoi tant de parents galéraient pour coucher leurs petits, et pourquoi leurs nuits avaient l’air si compliquées. Mon Arthur, dès l’âge de 3-4 mois, était un bon dormeur qu’il suffisait de poser dans son berceau après un gros câlin pour qu’il s’endorme aussitôt, et ce d’une traite jusqu’au lendemain 8 heures… Le rêve, donc 🙂 Et puis… Tristan, son petit frère, est arrivé, et durant les 3 années qui ont suivi, son père et moi n’avons plus dormi (ou si peu :-)) ! Non seulement il fallait que l’un de nous reste à côté de son lit le soir pour « l’endormir », mais il nous rejoignait, toutes les nuits, dans le nôtre. Ce qui moi m’empêchait de dormir, car il bougeait trop…! Nous avons tenté diverses méthodes, suivi les conseils de psys, et puis nous avions fini par abandonner. Jusqu’au jour où nous avons enfin eu les clés pour retrouver les bras de Morphée…

  • Sommeil de mon enfant : pourquoi c’est si important ?

Une chose est sûre, pour bien grandir, notre enfant a besoin de dormir… Le sommeil est indispensable entre autres à son développement cérébral, à sa mémoire, à son système immunitaire et à la production d’hormones (hormones de croissance, de l’appétit, mais aussi insuline, cortisol…).

Ainsi, pour être en bonne santé, un enfant doit dormir en moyenne* (sur 24 heures, siestes incluses) :

  • de 4 à 12 mois : 12 à 16 heures
  • de 1 à 3 ans : 11 à 14 heures
  • de 3 à 5 ans : 10 à 13 heures
  • de 6 à 12 ans : 9 à 12 heures

(*Recommandations de l’académie américaine de médecine, 2016).

Un enfant qui dort mal, ou pas suffisamment, risque notamment :

  • d’être plus fréquemment malade, 
  • peut avoir plus de difficultés de concentration, d’apprentissage, 
  • peut aussi être plus irritable et avoir du mal à gérer ses émotions

Et bien sûr, pour nous, adultes, c’est pareil ! Le manque de sommeil a des répercussions tant sur notre santé (attention, mémoire, vision, tension artérielle, risques de diabète, d’obésité….) que sur notre humeur : difficile d’être serein, joyeux et bienveillant quand on est épuisé ! Cela peut donc avoir des conséquences sur notre vie de famille, notre vie sociale, notre couple…

D’où l’importance, quand ce n’est pas le cas, d’adopter –dès que possible- de bonnes habitudes 🙂

  • Sommeil de mon enfant : les points clés pour l’aider à dormir

Précisons d’abord que l’on ne parle dans cet article que des cas où l’enfant est en bonne santé et pour qui il n’existe pas de problème physiologique ou médical pouvant altérer la qualité de son sommeil (reflux, otites, coliques, poussée dentaire…), de trouble psychologique ou encore de pathologie nécessitant l’aide d’un spécialiste (apnée du sommeil, somnambulisme…)

Si vous avez un doute, consultez votre médecin.

Mais pour les enfants qui ne présentent pas de trouble avéré, certaines habitude, ou conditions facilite un coucher serein et à des nuits complètes : 

  • Horaire
  • Routine
  • L’organisation de la chambre
  • Écran
  • Et surtout l’état d’esprit du parent : s’il croit ou non en les capacités de son enfant à s’endormir seul. Moins le parents est convaincu, moins l’enfant va réussir à s’endormir sereinement

Voici quelques articles, dans lesquels nous avions développé ces clés: https://www.coolparentsmakehappykids.com/sommeil-bebe-enfant-habitudes-rythme/. https://www.coolparentsmakehappykids.com/difficultes-coucher-enfants/

Et si ça ne marche pas, que faire ?

  • Sommeil de mon enfant : et si moi, je me faisais accompagner ?

Si ça ne marche pas, c’est sans doute que quelque chose coince encore. Et il n’est pas toujours facile, quand on est seul face à son problème, et de surcroît épuisé, d’avoir assez de recul pour comprendre où le bât blesse.

On vous parlait ici : https://www.coolparentsmakehappykids.com/jai-appel-a-specialiste-sommeil-bebe-retour-dexperience/ de l’intérêt de se faire accompagner par un coach ou psychologue expert dans ce domaine. Je dis bien “expert en sommeil” c’est toute la différence 🙂

J’en suis la preuve. Tristan avait presque 3 ans lorsque nous avons eu recours au coaching “Il dort enfin.. (et nous aussi !)” , qui s’adresse aux parents d’enfants de 6 mois à 6 ans), et propose un accompagnement individualisé par des coachs ou psychologues formés en la matière. Il nous a fallu moins d’une semaine pour retrouver des soirées agréables et des nuits  paisibles, chacun dans son lit 🙂 Sans doute parce qu’un regard extérieur nous a aidé à prendre conscience de ce qui bloquait.

Depuis, chez nous, le coucher est redevenu un plaisir et les nuits, réparatrices. Il n’y a aucun doute, dormir, ça change la vie 🙂

Si le sujet du coucher vous intéresse, je vous propose de recevoir (gratuitement) dans votre boîte mail un dossier complet sur le sommeil, rassemblant toutes les astuces et les conseils sur ce domaine. Pour obtenir votre  « PACK SUPER DODO : Conseils éveillés pour le sommeil et le coucher », il vous suffit d’inscrire votre mail ci-dessous : 

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Et si vous souhaitez dès à présent être accompagné pour aider votre enfant à dormir, et retrouver vous aussi des soirées tranquilles et des nuits sereines, n’attendez pas pour vous faire accompagner : Coaching “Il dort enfin… (et nous aussi) !”

*Sources : réseau Morphée, Amelie.fr

 

 

Discipline Positive

Discipline Positive

Crier, répéter, s’époumoner… L’éducation des enfants n’est pas toujours facile. Parfois, on s’arque boute pour ne pas se laisser faire. D’autres fois, on lâche l’affaire pour s’offrir un peu de tranquillité… pas facile de trouver le juste-milieu ! C’est pourquoi la Discipline Positive propose une méthode éducative entre bienveillance et fermeté qui vise à créer une relation mutuellement respectueuse. 

L’objectif de cette méthode est de développer l’autodiscipline, l’autonomie, la responsabilité, l’envie d’apprendre et l’attention aux autres… Une méthode miracle ? Non. Simplement des principes pleins de bons sens appuyés sur de solides études. Le plus difficile restera de les appliquer 😉  

Voici 4 clés et 6 outils pour appliquer la Discipline positive à la Maison. 

Qu’est-ce que la Discipline Positive ? Définition 

La Discipline Positive est née aux Etats-Unis dans les années 70 sous l’impulsion de Jane Nelsen(1) et Lynn Lott. Alors mère de 5 enfants (7 aujourd’hui ! 😅) et étudiante en psychologie de l’enfant, Jane Nelsen était frustrée de ne pas trouver d’outils lui permettant d’élever ses enfants dans le respect et la joie. En s’appuyant sur les travaux des deux psychiatres autrichiens Alfred Adler (1870-1937) et Rudolf Dreikurs (1897-1972), elle a mis au point une méthode éducative offrant une alternative aux pédagogies autoritaires ou laxistes : la Discipline Positive. 

Introduite en France par Béatrice Sabaté, psychologue clinicienne et maître formatrice qualifiée en Discipline Positive, la méthode vise à développer les compétences sociales de l’enfant au travers d’une relation respectueuse. Ni permissive, ni punitive, elle respecte à la fois les besoins de l’enfant et de l’adulte.

Les 5 critères fondamentaux de la Discipline Positive

Voici les 5 critères que Jane Nelsen pose comme fil rouge de sa méthode :

  • Adopter une discipline ferme et bienveillante, encourageante et respectueuse.
  • Aider les enfants à développer le sentiment d’appartenance et d’importance.
  • Permettre à l’enfant d’acquérir des compétence de vies essentielles en lui permettant de développer sa personnalité en agissant avec respect, intérêt pour les autres, responsabilité et coopération.
  • Inviter l’enfant à avoir confiance en soi et à croire en son potentiel.
  • La Discipline Positive est efficace sur le long terme. (Mais rassurez-vous, on sent rapidement les effets à court terme aussi 😉)

4 clés pour appliquer la Discipline Positive à la Maison

Clé n°1 : L’appartenance à un groupe, un besoin fondamental

Pour se sentir bien, tout humain a fondamentalement besoin d’appartenir à un groupe. Théorisé par Alfred Adler au début du XXe siècle, il a été développé par Jane Nelsen dans le cadre familiale. 

 

L’enfant a besoin de se sentir désiré, d’avoir une place, qu’il s’agisse de la famille, de l’école ou plus largement de la société. Permettre à l’enfant de se sentir utile, dans la mesure de ses capacités, est une clé de son bien-être et de son envie de participer. Au passage, celui lui permettra de développer ses habiletés et d’être fier de lui. Alors, mettre la table, éplucher les carottes ou débarrasser le lave-vaisselle : laissons-les faire s’ils en ont envie ! 

Clé n°2 : Des échanges basés sur le respect de chacun  

Dans la Discipline Positive, le respect mutuel est la clé. Adultes et enfant sont sur un pied d’égalité. Les besoins de chacun sont pris en compte et on essaie de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. 

Une éducation autoritaire ou coercitive ne prendra en compte que les besoins de l’adulte et l’on cherchera à contraindre l’enfant à faire ce que l’on attend de lui. L’adulte ordonne, l’enfant obéit. On cherchera donc plus la soumission, qui engendrera la frustration et la perte de repères.

À l’inverse, une éducation permissive ou laxiste ne sera qu’à l’écoute des besoins de l’enfant, l’adulte se pliant aux exigences. Là aussi, la frustration sera au rendez-vous et la relation en déséquilibre.

À mi-chemin entre les deux, la Discipline Positive va chercher à développer une relation harmonieuse qui répondra aux besoins de chacun. 

Il est donc primordial que chacun soit conscient de ses besoins (mmh mmh, ça me rappelle quelque chose… La CNV par exemple ?) et puisse les exprimer posément pour trouver ensemble une solution

Outil Discipline Positive :
S’installer en famille autour d’une table et décider ensemble des règles à tenir est un des outils phare de la méthode : cela permet de développer le sentiment d’appartenance (j’ai une place dans la famille et je suis écouté), le sens de la responsabilité (on compte sur moi) et l’envie de coopérer.

Clé n°3 : La punition, une vision à court terme

La balance : Récompense / Punition. Le problème de ces principes un peu “old school”, c’est qu’il place la référence en dehors de nous. C’est-à-dire que je fais les choses pour être récompensé ou pour ne pas être puni. Pas nécessairement pour moi ou parce que je juge que c’est bien. Sur le long terme, Jane Nelsen résume les résultats de la punition avec les “4 R” : 

  • Rancœur : sentiment d’injustice et de ne pouvoir faire confiance
  • Revanche : je me renforce et la prochaine fois, je gagnerai !
  • Rébellion : puisque c’est ainsi, je vais faire l’inverse de ce qu’on me demande !
  • Retrait : je dissimule pour ne plus me faire prendre.  

Clé n°4 : Tout comportement a une raison d’être

Derrière chaque “mauvais” comportement, il y a un message. Ces actions que nous jugeons comme inadaptées ont une raison d’être, souvent inconsciente pour les enfants… et pas si facile à appréhender en tant qu’adulte. L’enfant peut ainsi chercher à :

  • Attirer, voire accaparer, l’attention : “je n’ai pas de valeur si tout ne tourne pas autour de moi”.
  • Prendre le pouvoir.
  • Prendre une revanche (faire souffrir) : “ils gagnent cette fois-ci, mais la prochaine fois, c’est moi qui gagnerais !” Cette attitude peut découler d’une frustration qui a pu naître à l’occasion d’une précédente punition. Le sentiment n’a pas été écouté et la rancœur s’est installée.
  • Confirmer une croyance d’incapacité (se désengager) : “puisque tout le monde croit que je ne suis pas capable, je leur prouve qu’ils ont raison et on me fiche la paix”.

Il appartient à l’adulte de chercher à comprendre les besoins insatisfaits et les émotions associées liés à ces comportements. Permettre à l’enfant d’en prendre conscience et de les exprimer va souvent apaiser la situation.

6 outils pour appliquer la Discipline Positive en famille

Outil n°1 : Connecter avant de corriger : de l’amour et du lien

D’abord, un message d’amour. D’abord et toujours

Pour Jane Nelsen, toute l’éducation passe d’abord et avant tout par la connexion, le sentiment d’appartenance. Si nous ne sommes pas en lien, la relation est biaisée et la juste solution ne peut émerger. À nous de retrouver cette connexion, prendre un moment pour s’intéresser, être à deux (seulement deux !), écouter réellement de façon active, partager nos sentiments de manière appropriée… On pourra ensuite essayer de trouver une solution AVEC l’enfant (pas discrètement tenter de leur faire croire que notre solution vient d’eux 😉)…

Outil n°2 : L’erreur comme moyen d’apprendre et de s’améliorer

« Tu t’es trompé ? C’est merveilleux ! » disait Jane Nelsen. 

Changement de paradigme. L’erreur est une chance et non une faiblesse. Et si nous en faisions un formidable moyen de s’arrêter et de réfléchir à ce qui s’est passé qui a provoqué cet “échec”. Personne n’est parfait alors prenons le temps de décortiquer les causes et essayer de mettre en place les 3R :
1- Reconnaître sa Responsabilité.
2- Se Réconcilier.
3- Résoudre : trouver une solution, seul ou ensemble.

Outil n°3 : Prendre un temps de pause et de reconnexion à soi

Lorsqu’une situation conflictuelle, une crise apparaît, la meilleure méthode peut être… de sortir de la pièce. Je me rappelle un jour où mon fils était très en colère après moi. J’ai tourné les talons et suis sortie avant que la colère ne monte pour moi-aussi. Ensuite, une fois les émotions apaisées pour nous deux, j’ai pris le temps de poser des mots : “Je comprends que tu sois en colère. Je respecte ce sentiment, mais pas la façon dont tu t’es adressé à moi. Je te propose que l’on chercher une solution ensemble ?”

Bien sûr, c’est un changement de mode de communication, pour lui comme pour moi. Au début, il était un peu incrédule, voire méfiant. Avec le temps, chacun retrouve de nouvelles marques et de nouveaux réflexes. Imaginez que votre boss autoritaire change de technique du jour au lendemain… On resterait sur nos gardes non ?

Outil n°4 : Poser des questions de curiosité 

Pour aider nos enfants, on peut aussi essayer de leur poser des “questions de curiosité” : 

  • Que s’est-il passé ? 
  • Qu’est-ce que tu proposes comme solution ?
  • Comment penses-tu résoudre ce problème ?
  • Qu’as-tu appris qui puisse t’aider pour la prochaine fois ?

Là encore, si nous avons déjà (ou que nous croyons avoir) la réponse, la discussion sera biaisée… Et, là aussi, cela demandera un temps d’adaptation pour que l’enfant soit capable de formuler des réponses. Normal, il n’a pas appris ! Et ce n’est pas si facile pour nous non plus !

Outil n°5 : Le cercle de parole familiale 

Quel meilleur moyen de faire partie d’un groupe que de participer à ses décisions ? À quelle heure se coucher ? Comment gérer le temps d’écran (à lire aussi, notre article) ? Quelle routine le matin pour être à l’heure ?

Toutes les règles peuvent être discutées, ce qui ne veut pas dire que les enfants décident. C’est l’occasion d’expliquer nos positions et pour les enfants de comprendre et s’engager. Plutôt que de les protéger à leur insu, il peut être plus efficace de partager nos craintes. Quelle plus belle façon que de se faire confiance mutuellement ?

Et dans le couple, si l’un est plus permissif et l’autre plus autoritaire, se concentrer sur la solution permettra de se soutenir mutuellement tout en aidant les enfants. 

Outil n°6 : Se faire confiance et prendre le temps de s’adapter nous-aussi

Changer de manière d’éduquer n’est pas toujours facile. On n’est pas né avec le mode d’emploi alors, on cherche. On essaie. On tâtonne. Ça tombe bien, cela nous donne l’occasion de dire à nos enfants que la solution toute faite n’existe pas et qu’on peut se tromper aussi. 

Parfois, un petit coup de main est le bienvenu. Ça tombe bien, Charlotte nous a préparé un petit pack, drôle et pratique pour sauter à pieds joints dans l’Éducation Positive. Suivez la guide !

Mettre le lien vers le pack

Caroline, maman de Sidney, 15 ans, Noé, 8 ans et Isïa, 5 ans

Sources :

(1)Jane Nelsen est docteur en éducation et thérapeute familiale renommée et a écrit de nombreux ouvrages.

“La Discipline Positive, en famille à l’école, comment éduquer nos enfants avec fermeté et bienveillance”, de Jane Nelsen et Béatrice Sabaté. 

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mauvais comportement

mauvais comportement

Le week-end dernier, je lisais le livre d’un psychologue clinicien (“1,2,3 magique !” de Thomas Phelan) qui critique durement « l’éducation moderne », cette éducation où, face à un mauvais comportement de nos enfants, la seule réaction est de leur expliquer pourquoi ils ont tort d’agir ainsi… Il prend cet exemple :

«Un soir où vous rentrez à 18h12 et que votre fils de 8 ans taquine sa jeune sœur de 5 ans pour la 18ème fois depuis qu’ils sont rentrés (…) vous lui expliquez pourquoi il ne devrait pas taquiner sa petite sœur. (…) Imaginez alors que votre fils vous dise : « C’est fou, je n’avais jamais vu la situation sous cet angle ! » (…) Ce serait formidable, mais tout parent sait que ce genre de choses n’arrive pas. Les enfants ne sont pas des petits adultes. ».

L’auteur explique ensuite en quoi la méthode du “1, 2, 3” chère à Super Nanny est bien plus appropriée selon lui.

Je ne suis pas sûre de partager son avis et me permets de répondre par un autre exemple. Imaginez que vous vous disputez pour la dixième fois avec votre conjoint et que, tout à coup, un copain arrive et vous explique pourquoi ce n’est pas bien de se bagarrer. Comme vous êtes des adultes, la partie rationnelle de votre cerveau vous permet de « vous maîtriser » et de cesser cette dispute. Mais est-ce que le problème de fond est réglé pour autant ? Bien sûr que non et il y a même des chances que ça ne soit que partie remise.  De la même manière, s’en tenir à expliquer à son enfant en quoi il a un « mauvais comportement »  n’est pas efficace car cela ne règle le problème qu’en surface.

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L’éducation dite “moderne” est bien plus subtile.

C’est pourquoi je réfute complètement cette théorie selon laquelle  “l’éducation d’aujourd’hui, c’est de tout expliquer aux enfants !”. 

Quant à la méthode “1,2,3” j’attends de finir ce fameux livre pour en parler davantage.  A priori, je lui reproche la même chose qu’à la phrase : « Arrêtez de vous bagarrer parce que c’est pas bien de se disputer.  Ca blesse l’autre, etc. » : elle peut faire cesser le conflit, mais elle ne règle pas le problème en profondeur.

Menacer un enfant de le renvoyer dans sa chambre “au bout de 3” s’il continue son mauvais comportement, comme taper son frère par exemple. Est-ce de l’éducation ? Est-ce vraiment transmettre des valeurs ? Si l’explication ne permet pas à l’enfant d’arrêter sa colère et que le fameux “1, 2, 3” le permet, c’est bien que c’est efficace, au moins pour réduire le niveau sonore de la maison ! Mais de là à dire que c’est une méthode éducative…

Ravaler sa colère n’est jamais bon. Elle stagne dans un coin de notre tête et s’exprime alors d’autres façons ou à travers d’autres symptômes tout aussi négatifs. Raison pour laquelle le principal job des psys est justement d’exhumer ce que leurs patients ont enfoui au fond d’eux parce qu’au moment où ils l’ont ressentie ils ne se sont pas autorisés à l’exprimer.

Alors quelles solutions avons-nous face aux mauvais comportements de nos enfants ?

Raisonner notre enfant en plein pic d’émotion, tout comme raisonner un adulte en colère, est souvent peine perdue. Le premier objectif éducatif est d’aider notre enfant à exprimer ses émotions par d’autres moyens que la dispute ou la colère.

Proposons-leur des alternatives ! La semaine dernière, Léon, qui voulait rentrer en communication avec le fils de nos copains, s’est mis à lui taper sur la tête. Allez savoir pourquoi… Même s’il n’y avait pas de « méchanceté » dans son geste, ça n’a pas plu au petit copain. Plutôt que de lui dire d’arrêter, de lui expliquer que « Taper ce n’est pas bien ». J’ai opté pour lui dire « Regarde, le petit garçon n’a pas l’air d’aimer ça du tout. Tu peux lui faire des guilis si tu veux t’amuser avec lui, c’est beaucoup plus drôle » (d’ailleurs, j’avais un peu utilisé la même méthode lorsqu’il avait mordu Joy !). Bonne pioche ! Cette phrase a suffi à ce que Léon arrête de taper et fasse des guilis à la place. (Ça n’a pas beaucoup plu au petit copain non plus, mais au moins, ce n’était pas douloureux).

L’autre problème d’expliquer à un enfant ce qui est “bien” ou “mal” est que cela est souvent bien trop subjectif.

cool coaching

Pas plus tard qu’hier, Joy s’est mise à taper sur la tête de Léon avec la housse de sa guitare. Je m’apprêtais à lui dire d’arrêter, quand j’ai vu Léon éclater de rire. Et alors ? Si cela les fait rire tous les deux, où est le problème finalement ? Par précaution, j’ai tout de même lancé un simple  « Joy, j’ai peur que tu lui fasses mal ». Joy m’a répondu : « Mais non t’inquiète pas, c’est tout mou ! » et ils ont continué ainsi sans drame.

Si la semaine dernière, j’avais dit à Léon « on ne tape pas ». Il est fort probable que face au coup de housse de guitare de sa sœur hier, il n’aurait pas pris le parti de rigoler. Pourquoi lui se ferait-il gronder quand il tape et pas sa sœur ? Il serait probablement venu se plaindre à moi, pour trouver justice.

De plus, que penser des guilis de Léon sur son petit copain ? Est-ce bien ou mal de faire des guilis ?

Peu de choses, au final, sont   « bien » ou « mal » dans l’absolu. L’important, me semble-t-il, c’est ce que l’autre ressent par rapport à la situation. (Voler aux riches pour donner aux pauvres, c’est bien ou mal ? C’est subjectif ☺ ). Il n’y a pas de vérité absolue, tout dépend des circonstances. Et c’est ça que nous devons enseigner à nos enfants. Etre capable d’évaluer si ce qu’il fait est agréable ou non pour son entourage. «Regarde le petit garçon : est-ce que tu penses qu’il trouve drôle que tu l’asperges d’eau, ou plutôt qu’il n’aime pas ? » C’est beaucoup plus utile que de lui apprendre, que de lui enseigner qu’une bataille d’eau, c’est “mal”. D’autant que dans certaines circonstances, une bataille d’eau c’est tellement amusant !

Être capable d’appréhender et de comprendre l’émotion de l’autre est une qualité précieuse. C’est évidemment très difficile de pratiquer cette empathie lorsqu’on est en pleine crise, submergé par ses propres émotions. Dans ce cas… Aidons d’abord notre enfant à retrouver son calme et parlons un peu plus tard, à tête reposée et cœur apaisé, de ce qu’a vécu l’autre.

 

Comprendre, pour évoluer

Bien sûr, tout cela ne suffit pas à éradiquer tout mauvais comportement chez nos enfants. Il faut déjà comprendre les vraies raisons de ce que je préfère appeler une attitude négative, comme je l’ai expliqué dans l’article Caprice » d’enfant : la meilleure façon de les gérer (pardonnez-moi d’avance le terme “caprice”, utilisé ici pour parler au plus grand nombre ???? ).

De plus, pour l’exemple de la dispute donné dans le livre de Thomas Phelan, je crois fermement qu’il est bien plus utile d’apprendre à nos enfants à gérer eux-mêmes leurs conflits plutôt que d’intervenir avec la méthode “1,2,3” (voir l’article Comment bien gérer les disputes d’enfants?)

Enfin, pour encourager un changement de comportement, rien de tel que de montrer à votre enfant que vous êtes convaincus qu’il est capable de le faire. (Voir Comportement de mon enfant : comment nos paroles peuvent l’améliorer )

L’éducation est malheureusement beaucoup plus complexe qu’une simple explication ou qu’une simple menace 1,2,3… 

 

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