la fessée en France

La fessée en France est un vaste sujet… La France a été épinglée en 2015 par le Conseil de l’Europe pour ne pas avoir encore interdit clairement toutes les formes de châtiments corporels sur les enfants (comme la fessée ou la gifle), contrairement à une majorité de ses voisins. C’est la troisième fois que la France se fait rappeler à l’ordre sur le sujet.

70 % des français  sont contre cette loi contre les châtiments corporels.

Voyons ci-dessous les 6 raisons pour lesquelles elle est si controversée, puis les 6 raisons pour lesquelles elle ne devrait pas l’être.

« La fessée est éducative »

En France, le droit coutumier tolère un « droit de correction » au sein de la famille, à condition que cette correction soit légère et qu’elle ait un but éducatif.

Mais alors, si taper quelqu’un pour l’éduquer est si efficace, pourquoi ne tapons-nous pas par exemple les adultes qui volent un sac ? Ou qui injurient un policier ? Pourquoi, si cette méthode est si efficace, les instituteurs n’auraient-ils pas aussi le droit de taper ? Et les managers, pourquoi ne taperaient-ils pas un collaborateur qui s’est mal comporté à l’égard d’un autre ? …

Pour mieux comprendre pourquoi la fessée dissuade mais n’éduque pas, je vous invite à lire l’article « La punition / la fessée dissuade, mais n’éduque pas. »

« Parce que l’enfant ‘appartient’ à ses parents, ceux-ci ont donc les pleins pouvoirs »

Selon ce principe, parce que je suis son parent, je peux tout faire avec mon enfant. Je peux l’humilier, lui donner une fessée déculottée sur la place publique, je peux l’enfermer deux heures dans sa chambre, je peux le priver de voir ses amis pendant une semaine ? Le simple fait d’être parent nous donnerait-il le droit de faire toutes ces « petits choses » que personne d’autre n’aurait le droit de faire sur quiconque, au risque de se faire condamner pour séquestration, humiliation ou entrave à la liberté ?

« L’Etat ne doit pas s’immiscer dans la vie privée des gens »

Vraiment ? Peut-on laisser des femmes être manipulées psychologiquement par leurs maris (et inversement), et des enfants par leurs parents ? Un adulte qui subit un harcèlement moral en entreprise peut sombrer dans la dépression. Un enfant qui subit une pression psychologique de ses parents, peut aussi sombrer dans la dépression, l’anorexie, la drogue, etc.

Car, quand un enfant subit fréquemment fessées, phrases humiliantes ou punitions, on est aussi dans le harcèlement, l’humiliation, la pression psychologique et la privation des libertés.

Pourquoi aurions-nous plus le droit de faire du mal à quelqu’un dans un cercle privé que dans un cercle public ?

« On a de bonnes raisons de lui donner une fessée »

Généralement, on lui donne une fessée pour lui « faire comprendre » qu’il va trop loin, ou que ce qu’il a fait est mal  Il y a toujours une ‘bonne’ raison de donner une fessée à  loin.

Mais quand un motard donne une gifle à un inconnu (qui l’a peut-être provoqué), c’est de l’agression. Quand un homme donne une gifle à sa femme (qui l’a peut-être provoqué) c’est de la violence. Quand on lève la main ou que l’on humilie un collègue, c’est du harcèlement. Alors quand on en met une fessée à un enfant (qui a peut-être provoqué son parent), est-ce vraiment de l’éducation ?

« Un enfant fait des bêtises qu’un adulte ne ferait pas »

Pensez-vous vraiment que nos enfants sont des êtres plus « mauvais » que les adultes ? On ne naît pas mauvais, ni méchant. On naît inconscient, libre. On peut mal se comporter car on se sent mal, ou parce que l’on se sent agressé, privé de nos libertés par exemple. En revanche, on devient souvent dur parce que les autres ont été durs avec nous-mêmes (voir l’article fond-forme).

« La fessée en France n’a jamais fait de mal à personne »

Certains diront avoir reçu 3 fessées dans leur vie, et ne pas en garder un mauvais souvenir. Je peux le comprendre, mais ils n’en ont reçu QUE 3…. D’autres ne s’en souviennent pas : les mauvais souvenirs souvent s’oublient en s’enfouissant dans notre mémoire.

Quoi qu’il en soit, la loi ne va pas dénombrer le nombre de fessées, ni leur puissance. A raison, la loi va considérer que « l’on ne tape pas » sans faire de distinction. Tout comme elle ne donne pas plus le droit de voler un œuf, que de voler un bœuf. Et c’est bien normal, car ‘taper’ que ce soit un bébé, un petit enfant, un adolescent, un adulte, un employé, « CE N’EST PAS BIEN ».

L’avantage de la fessée ?

Alors on aura beau critiquer la fessée, il faut bien le dire, elle a le mérite de ‘marquer le coup’. A condition bien sûr qu’elle soit utilisée 2 ou 3 fois dans la vie de l’enfant. Mais cet avantage est bien faible si on le compare aux impacts négatifs de la fessée. A ce propos, je vous invite à lire l’article suivant : « Le rapport de force engendré par les punitions et fessées ». Rendez-vous dans un prochain article: « La punition / la fessée dissuade, mais n’éduque pas. »

Cette loi présente l’énorme avantage de faire commencer à rentrer dans les mœurs qu’être parents ne donne pas le droit de rabaisser ou d’humilier sa progéniture. Elle permet de faire un pas de plus vers le respect de l’enfant, et de clamer que les rapports de forces en famille sont tout aussi néfastes qu’entre un manager et ses collaborateurs. On espère cependant que les parents ne remplaceront pas la fessée par un surplus de punitions et de paroles humiliantes, tout aussi néfastes.

Plus que d’une loi, les parents ont sans doute davantage besoin de soutien et de conseils pour trouver des alternatives à la fessée. A mon échelle, c’est ce que je tente de faire via ce blog (voir les autres articles). Un petit pas  vers une société de paix…

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