peur enfant

Peurs des enfants, peur du noir, peur du loup, peur de l’eau, peur des chiens, peur du dentiste… la plupart des enfants sont un jour ou l’autre confrontés à quelque chose qui les terrifie.  Or, qu’elles nous paraissent fondées ou non, rationnelles ou irrationnelles, nous sommes souvent inquiets ou désarmés devant ces peurs de nos enfants. Faut-il les inciter à les affronter à tout prix ? Ou faut-il au contraire les en protéger ?  Comment, surtout, les aider à les dépasser ?

Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur, 4 ans, et de Tristan, 2 ans.

Cris, pleurs, crispation, hurlements… chaque fois c’est la même chose : dès lors que nous sommes dans un lieu public et qu’il faut l’emmener aux toilettes, mon Arthur (4 ans) se braque et se met dans tous ses états. Le fautif ? Le grand méchant sèche-mains automatique qui crache de l’air comme un dragon crache du feu, en faisant un boucan d’enfer ! Depuis toujours, cet engin terrorise mon petit garçon, parfois au point de préférer se retenir de faire pipi plusieurs heures plutôt que prendre le risque de s’en approcher. Nous avons beau lui avoir expliqué en long en large et en travers le fonctionnement de la bête et lui promettre à chaque fois que l’on n’y touchera pas, rien à faire.

C’était d’ailleurs jusqu’à récemment le même combat avec le sèche-cheveux (qui nous a valu quelques séances épiques chez le coiffeur !), un chien à piles offert par son parrain à Noël, et la super voiture télécommandée qui dort dans un placard depuis des mois. Tout cela le paralyse.

Face à ces craintes, nous avons choisi de ne pas forcer Arthur et d’attendre qu’elles disparaissent avec le temps. Avons-nous bien fait ?

Peurs des enfants : les accueillir sans juger

Personnellement, la vue d’une araignée (et d’un tas d’autres petites bêtes :-)) me donne la chair de poule. Je suis également mal à l’aise devant les gros chiens que je ne connais pas et très sujette au vertige. Faudrait-il que je me force à toucher une tarentule, caresser le bouledogue du voisin ou à faire du saut à l’élastique ? Je ne crois pas. Ces peurs paraissent peut-être infondées ou irrationnelles pour certains mais pour moi elles sont réelles et à vrai dire, je vis plutôt bien avec.

Je ne vois donc aucune raison de forcer mon petit garçon à s’approcher d’un sèche-mains (le papier toilette fait aussi bien l’affaire !) ou à jouer avec des objets qu’il n’aime pas (il a bien d’autres jouets, qu’on se rassure :-)).

Quelle que soit la peur, il me semble qu’obliger son enfant à l’affronter directement sans qu’il l’ait décidé de lui-même serait inutile, voire contre-productif. Et il serait pire encore de le ridiculiser (« quel trouillard ! »), ou encore de le culpabiliser (« pourquoi tu ne veux pas te baigner ? Nous sommes venus à la piscine pour te faire plaisir ! »). Il existe, il me semble, d’autres moyens pour permettre à notre enfant de surmonter sa peur en douceur… à commencer par accepter cette peur et réconforter notre enfant terrifié.


Peurs des enfants : les aider à les apprivoiser

Bien sûr, je ne croise pas des araignées et des bouledogues tous les jours, ce n’est donc pas très « handicapant » pour moi. Mais certaines peurs des enfants peuvent tout de même, à terme, compliquer leur quotidien, comme la peur de l’eau, du noir, du bruit ou encore celle du docteur. De plus, certaines peurs mal gérées peuvent également devenir de véritables phobies, mieux vaut alors s’en occuper à temps … mais en prenant son temps !

Comment, dès lors, amener nos petits à se défaire de ces peurs ? Voici quelques astuces qui ne marcheront pas à tous les coups, ou pas forcément du premier coup, mais qui peuvent nous guider :

  • On peut, je crois, commencer par questionner l’enfant pour comprendre d’où vient sa peur et lui montrer qu’on la prend au sérieux : « est-ce que tu as peur que ce chien te morde ? », «  est-ce le bruit de ce sèche-cheveux qui t’inquiète, ou sa forme ? », « pendant l’orage, tu crains que la foudre ne tombe sur la maison ? ».
  • Je pense qu’il ne faut pas hésiter à parler à nos enfants de nos propres peurs, pour leur montrer que c’est une émotion normale que l’on peut apprivoiser, et leur expliquer comment nous, on s’y prend : « Moi, j’ai peur des lézards. Quand j’en vois un, je l’imagine avec un gros nez rouge et un chapeau sur la tête, ça me donne envie de rigoler ». Et bien sûr on peut lui raconter comment on a réussi à vaincre complètement une peur : “ Avant, j’avais la trouille de sauter du grand plongeoir de la piscine. Au début je demandais à mon papa de sauter avec moi. Et puis un jour j’ai réussi à le faire toute seule, et j’étais très fière de moi ! Maintenant j’adore ça.” On lui demandera alors comment lui, il pourrait faire pour avoir moins peur, et ainsi lui prouver qu’il a en lui les ressources nécessaires.
  • Une autre astuce qui marche bien contre la peur des monstres, des sorcières, loups etc,
    c’est de lui proposer une super épée magique ou tout autre objet ayant un effet répulsif infaillible contre les méchants ! Cela lui donnera le sentiment d’avoir le contrôle de la situation, ce qui est beaucoup plus efficace que “les monstres, ça n’existe pas !”.
  • Ensuite, nous en avions déjà parlé ici
    l’important est de susciter l’envie, de faire en sorte que l’enfant dépasse de lui-même sa crainte. Par exemple, pour un enfant qui aurait peur de monter sur un grand toboggan, rester avec lui non loin à observer les autres enfants s’éclater a de bonnes chances de lui donner envie de les rejoindre…On laisse alors faire la magie du temps… et le pouvoir de l’imitation ! Chez nous, cela a eu un effet radical : un jour que je me séchais les cheveux, Tristan est venu dans la salle de bain, a réclamé que je dirige le sèche-cheveux vers lui et s’est mis à rire aux éclats. En entendant son petit frère, Arthur a pointé son nez, et a voulu faire pareil… Et hop, la peur du sèche-cheveux a disparu !
  • Donner des informations sur l’objet de sa peur peut aussi être assez efficace. Il a peur des abeilles ? Offrons-lui un joli livre sur la vie de ces petites bêtes, leur anatomie, et la façon dont elles produisent le miel ! Il se sentira peut être bientôt une âme d’apiculteur 🙂 De même, un livre dont le héros est un gentil loup ou un adorable monstre permettra sans doute d’apaiser certaines craintes 🙂
  • Ne pas chercher à tout prix à éloigner l’enfant de l’objet de sa peur… avec le recul, c’est peut-être là l’erreur que nous avons faite avec Arthur : en rangeant la voiture télécommandée au placard ou en faisant en sorte qu’il ne voie pas les sèche-mains des toilettes publiques, nous avons sans doute renforcé cette idée de « danger », alors qu’en l’y confrontant (sans forcer) peut-être aurait-il fini par apprivoiser ces objets ?
  • Enfin, et surtout, il me paraît nécessaire de valoriser ses victoires, même les plus petites, et d’insister sur le courage dont il a fait preuve dans telle ou telle situation : « tu as réussi à monter sur la 3e marche de l’échelle, bravo, bientôt tu seras capable de monter tout en haut ! ». On peut même faire un “tableau des victoires” : sur une feuille que l’on prendra soin de décorer avec ses héros préférés, mais aussi d’images relatives à sa peur (sèche-cheveux, araignées, serpents, loup…), on trace des cases (6 par exemple) et on lui propose de coller une gommette dans une case à chaque fois qu’il aura réussi à affronter sa peur. Lorsque les cases sont toutes remplies, direction la crêperie pour fêter ça !

Peurs des enfants : non, mon enfant n’est pas une poule mouillée !

Il faut le reconnaître, bien souvent, les peurs de nos enfants nous inquiètent non pas pour ce qu’elles sont (est-ce bien grave si mon enfant ne veut pas jouer avec cet horrible poupée de chiffon ?) mais pour l’image qu’elles nous renvoient (pourquoi le petit copain s’éclate dans l’eau alors que mon fils ne veut pas y plonger un doigt de pied ?) ou parce qu’elles nous privent tout simplement d’un moment réjouissant avec eux (et moi qui rêvais d’emmener mon fils sur ce manège !).

Il me paraît utile, si l’on se sent « dérangé » par une peur de notre enfant, de se demander ce qui nous gêne vraiment et dans la mesure du possible, de nous en détacher. Et surtout de ne pas l’enfermer dans ce rôle du « peureux »… cela ne ferait que lui faire perdre confiance en lui, et donc renforcer ses craintes.

Peurs des enfants : et si nous arrêtions d’avoir peur pour eux ?

Nous ne sommes bien sûr pas responsables de toutes les émotions de nos enfants, mais il peut aussi être bon de s’interroger sur les messages contradictoires que nous véhiculons parfois…  Nous voudrions avoir un enfant courageux, voire téméraire, pourtant nous l’arrêtons dès qu’il prend le moindre petit risque ? Nous ne voulons pas qu’il ait peur des piqûres, pourtant nous frôlons la syncope à la vue de l’aiguille qui s’approche de ses fesses ?… Et oui, si nos enfants ont peur de certaines situations, n’est-ce pas aussi parce que nous, parents, les craignons ? La question mérite sans doute d’être posée 🙂

Inscrivez vous à la newsletter qui rend la vie (un peu) plus cool et recevez votre dossier !

 

Commentaires

Commentaires

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.