Archive pour le mois : 11/2017

jeu enfant - jouer avec son enfant

jeu enfant - jouer avec son enfant

“Il faut jouer avec son enfant” nous dit-on… Mais vous, honnêtement, vous aimez vraiment ça ? Personnellement, me mettre à quatre pattes pour jouer aux petites voitures avec Léon, je m’y colle de temps en temps, mais franchement, ce n’est pas ma tasse de thé…

Du coup, je sens que cela ne me convient pas à 100%. Car en ne prenant pas vraiment de plaisir dans ces moments, je peux avoir l’impression de “faire un effort”. Et si Léon me pousse un peu à bout, je risque de me dire “Oh la la ! J’ai joué avec toi, tu pourrais être sympa maintenant !”. Mais le jeu ne doit pas être une monnaie d’échange…

C’est la base de ce blog, j’en rappelle le titre : Cool Parents Make Happy Kids → Pour que mon enfant soit heureux, il faut que je sois bien moi-même. Plus j’ai le sentiment de me “sacrifier” pour lui, plus la relation avec mon enfant va en pâtir. Donc jouer parce que je m’y sens obligée… bof bof !

Est-il vraiment si important de jouer avec son enfant ?

Pour notre enfant, une chose est certaine : jouer est VITAL. ll est câblé pour apprendre en jouant, et il n’a pas besoin de nous pour exercer sa mission. Lui-même se trouve généralement de superbes activités, comme sortir tous les mouchoirs un à un de la boîte, taper sur la table, transvaser des cailloux, arracher les fleurs, etc. Et si parfois ses jeux s’apparentent à des bêtises, ils sont pourtant bien sa manière à lui d’apprendre.

Et nous, dans tout cela, pourquoi devrions-nous participer à ses jeux ?

Car nous aurons beau répéter toute la journée à un enfant qu’on l’aime, la meilleure façon de le prouver, c’est de jouer avec lui !

On aura beau lui offrir les plus belles vacances possibles, ou tous les jouets de la terre, ce que notre enfant retiendra, c’est le château de sable construit avec maman, et la bataille de polochon faite avec papa…

Jouer et rire ensemble, c’est ça qui crée véritablement du lien. On peut avoir l’impression d’avoir passé toute la journée à s’occuper d’eux, leur préparer les repas, les habiller, leur mettre de la crème, leur faire prendre leur bain, les emmener à droite à gauche… eux n’auront pas forcément cette impression ! Ils pourront finir leur journée frustrés, “en manque de papa et de maman”, et nous paradoxalement sur les rotules à s’être beaucoup trop occupés d’eux.

Le meilleur moyen de combler leur besoin d’attention, leur besoin d’amour, la meilleure façon de nouer avec eux une relation de complicité, de leur faire plaisir, est de jouer et de rire ensemble, que l’on aime cela ou non, nous les parents ! Pas de chance si vous n’êtes pas un parent joueur…

Et c’était mon cas ! Si, sur le papier, je n’aime pas trop jouer, je prends en revanche beaucoup de plaisir à rire avec mes enfants. Et je me suis rendue compte que si je peux vite me lasser d’une partie de Jacques-a-dit ou de petites voitures, j’adore les faire rire ! Exagérer, être parfois théâtrale, jouer à la victime, prendre plein de voix différentes… Nous sommes nombreux à faire ce genre de choses, et finalement, c’est aussi ça, jouer !

Prendre conscience des bienfaits de ces moments de rire avec les enfants m’a vite donné envie de persévérer dans le domaine.

Le premier avantage (qui va vous plaire), c’est que je me suis rendue compte que c’était le meilleur moyen de les faire coopérer.

Pendant les vacances, nous étions rentrés tard, et il fallait que je leur fasse prendre une douche rapide. Nous avions le jour-même lavé la voiture au lavage automatique et cela me donna une idée, je lançais en mode haut parleur, avec mes mains en porte-voix :

“- Opération lavage de voiture ! Voiture n°1 est appelée au lavage automatique ultra-sonique. C’est qui la voiture n°1 ?

– Moi !!!

– Es-tu prêt pour un lavage automatique au rouleau ? N’oubliez pas d’attendre le voyant vert pour rentrer dans la douche ! Robot déshabilleur, vous me recevez ?

  • Oui 5/5” (toujours moi avec une autre voix)
  • Etes-vous prêt pour un déshabillage express de la voiture n°1?
  • Oui ouiiiiiiii !
  • Lumière verte – Vous pouvez entrer dans la douche ! Rouleau nettoyeur en marche Zuit Zuit…

Les enfants étaient aux anges, j’ai bien rigolé aussi, et en bonus j’ai réussi à leur faire prendre une douche en 5 minutes, et sans heurts.
Deux jours après, comme nous sortions, une baby-sitter est venue les garder. Elle devait aussi leur faire prendre une douche. La première chose qu’ils lui ont dite : “On pourra faire le lavage automatique de la voiture ??”

Bref, un super moyen de les enthousiasmer sur une activité qui parfois est une corvée…

L’autre bienfait du jeu, c’est que ça permet de vivre un vrai moment de convivialité, notamment les soirs où j’ai l’impression de ne pas avoir assez profité d’eux, de ne pas avoir eu de vrai moment d’échange. Dans ce cas, je sais que jouer va nous apporter notre dose de partage. Mais un jeu dans lequel tout le monde y trouve son compte ! Où tout le monde rigole, où l’on surjoue, où l’on se trompe, où l’on essaye de gagner, où l’on tombe dans leurs pièges, où l’on essaye de les attraper mais qu’on trébuche… Bref, quand on fait le clown ! On pense à la bataille de polochons bien sûr (quand elle ne se termine pas en drame…), ou chat perché mais en rigolant vraiment. Par exemple, Léon me court après, je fais semblant de trébucher et de tomber, il m’attrape, je pleure pour de faux et tout le monde finit par rire aux éclats.

On joue tous au lion féroce ou au monstre avec nos enfants. Et quand c’est lui le monstre : “Non ne me mange pas !! Ah ! Trop tard, je suis mort ! Arrghhh !”. Crise de rire assurée. Mais on ressuscite en mode encore plus féroce et là !

Ou bien au docteur : “Ouille ouille ouille ! J’ai mal ! Aaaahhhh !”. Tout est bon pour les faire rigoler !

Toutes ces situations comiques où c’est l’enfant qui a le dessus et nous qui jouons la peur ou les pleurs, trébuchons pour de faux, nous faisons prendre au piège sont de super moments de partage et de rire en famille. Et entendre rire son enfant, franchement, n’est-ce pas l’une des meilleures choses au monde ?!

Avec des sessions de jeu comme celles-ci, non seulement on remplit à ras-bord leur réservoir d’amour, mais en plus on les aide à relâcher les tensions accumulées pendant la journée. Ces situations où ils ont le dessus leur permettent aussi de booster leur confiance en eux et peuvent libérer bien des frustrations.

C’est vrai qu’on n’est pas toujours disposé à jouer. Mais quand on a un peu d’énergie, ça vaut le coup de s’y mettre, au moins un petit peu. On n’y pense pas toujours au début et puis quand on a goûté à ces 5-10 minutes de folie quotidienne, on se rend compte que ça fait du bien à tout le monde, à eux comme à nous !

Allez-y, essayez ! Laissez-vous aller, surjouez et faites rigoler votre enfant. Ça peut véritablement changer le cours d’une journée qui se serait mal passée, ou encore faire passer une corvée pour une partie de rigolade.

Attention, addiction garantie… pour vous aussi ! Car quel bonheur de voir que l’on a le pouvoir de faire rire son enfant à gorge déployée !

Si vous voulez aller plus loin, je vous conseille la formation à la parentalité ludique de Cécile. J’en profite pour la remercier chaleureusement de m’avoir fait découvrir cet aspect de la parentalité, j’adore !!!

A vous de laisser plus de place au rire dans votre quotidien, prenez soin de vous !

Cadeau_noel

Cadeau_noel

 

C’est parti pour notre sélection de cadeaux de Noël ! On démarre très fort aujourd’hui avec un cadeau imparable, celui avec lequel vous ferez sensation à tous les coups. Très efficace pour obtenir un “WAOUUHHH GÉNIAL !” ou autre « Il est troooop bien le cadeau apporté par le Père Noël”, il est à la fois éducatif, créatif, et fait marcher l’imagination à fond. Indices : du carton… et le pied marin !

Les enfants vont tellement être accaparés par ce nouveau jeu, qui va les occuper durant les vacances entre cousins ou avec les copains, que vous pourrez probablement – et contre toute attente – trouver un moment pour vous affaler tranquillement sur la canapé pour lire le livre Cool Parents Make Happy Kids. Elle est pas belle la vie ?

Ce bateau géant proposé par Wiplii, qui va bien entendu lancer l’imagination de vos enfants à fond les manettes à babord comme à tribord, peut même avoir un petit côté éducatif : si vous avez le temps, et que vos enfants ont la patience d’attendre un peu avant de jouer, vous pouvez les impliquer dans le montage. On déchiffre le mode d’emploi ensemble, et on les laisse deviner quelles pièces prendre et comment les assembler : « Comment t’as réussi à trouver que c’était comme ça qu’il fallait les assembler ? » – « Bah, comme ça, tout seul ! » – « Heureusement que tu es là ! J’aurais peut-être pas trouvé ! »


Bref,
l’astuce classique qui assure un petit boost de confiance en soi, à Noël, ça fait toujours plaisir 😉 Une fois le bateau monté, nouveau kiff pour les petits matelots : « Maman, est-ce que l’on peut le peindre ? » « Bien sûr les enfants » « LÉOOOOON ON PEUT PEINDRE LE BATEAUUUUU !!! » Atelier créatif en bonus, et pour un bon moment, en plus. Après, ils se lancent à l’aventure et inventent un tas d’histoires…

Maison, bateau, château ou tipi (de 19€ à 49€), à chacun son bonheur ! Rendez-vous sur le site du fabricant en cliquant ici.

Petit conseil si vous prenez le bateau (c’est le seul que j’ai testé) : faites le vous livrer sur place… Peut-être à la campagne, et/ou chez les grands parents, car si vous habitez en ville, je ne vous cache pas qu’il faut de la place ! Mais heureusement, les autres modèles en prennent nettement moins. Et au pire, ce sera le gros plaisir de la semaine de vacances, et ça, c’est déjà énorme !

 

Joyeux Noël ! Et pour ne pas manquer nos prochaines idées de cadeaux pas comme les autres, inscrivez-vous à la newsletter

Un indice concernant le prochain ? Il pourrait bien, celui-ci, faire naître des vocations d’écrivains ou de scénaristes chez vos enfants… 🙂

NDLR : Cet article n’est pas sponsorisé, le partenaire couvre simplement les frais associés (en clair, il participe à payer tous ceux qui travaillent dessus, moi exceptée – je ne touche pas un centime, cet article vient du cœur !)

 

Tablette-enfants-éducatives-450x450-300x300Les tablettes peuvent-elles réellement être éducatives pour nos enfants ? Est-ce que ces jeux « éducatifs » le sont vraiment ou est-ce du « marketing » ?

Pour les pédagogues, psychologues, le temps passé par les enfants devant un écran (tablettes, smartphones…) est une préoccupation majeure. Je vous propose d’en parler !

Apprendre sur tablette, est-ce vraiment efficace pour un enfant ?

Je me suis procuré ma première tablette, l’année dernière, pour tester des applications d’éditeurs qui m’avaient contactée via le blog (on ne peut pas dire que je sois vraiment à la pointe de la technologie, comme vous le voyez…).

J’ai donc testé quelques applis avec Joy et Léon, notamment une permettant d’apprendre l’anglais. Certes, l’interactivité était sympa, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’une appli ne sera jamais aussi efficace qu’une conversation avec une “vraie” personne. Une discussion vraiment individualisée mobilise beaucoup plus qu’un programme écrit à l’avance. Les interactions avec l’enseignant, qu’il s’agisse d’un regard ou d’un geste, sont autant de marques d’encouragement et invitent l’enfant à participer et à se désinhiber. Quand un interlocuteur demande à ma fille quel est son sport préféré, elle a beaucoup plus envie de participer à la conversation, que lorsque Dora lui demande de quelle couleur est le train…

Bref, d’après moi pour un enfant, une tablette n’égale pas la présence d’un interlocuteur “physique”. Digitaliser les écoles en offrant des tablettes, pourquoi pas ? Mais cela ne doit pas être considéré comme un substitut à l’humain.

De l’importance de l’expérience et de la manipulation

Je ne dis pas, cependant, que tout est à jeter. Certains éditeurs font du bon travail, il faut juste réussir à faire le tri tant l’offre est pléthorique. D’ailleurs, n’hésitez pas à partager les applis que vous aimez dans les commentaires ou sur Facebook.

Toutefois, je reste convaincue que même avec les meilleurs applis, certaines choses ne se découvrent que “sur le terrain”, par l’expérience. Pourquoi une appli sur le jardinage par exemple, alors qu’il suffit de planter des lentilles dans un pot de yaourt pour observer chaque jour la croissance d’une plante à l’aide de l’eau et du soleil ? Une appli pour “apprendre à bien manger” ? Pourquoi pas mais il est plus efficace de montrer l’exemple à la maison avec des menus équilibrés. Pense-t-on vraiment que notre enfant puisse être sensibilisé à l’art avec une tablette, plutôt qu’en allant ‘ressentir’ et ‘contempler’ des oeuvres d’art en vrai ?

On observe aussi l’arrivée de jouets d’un nouveau genre, dits “connectés”. Il s’agit de jouets “physiques” qui interagissent avec votre tablette. Ils ont l’avantage de faire manipuler à l’enfant des objets physiques, pour l’expérience sensorielle, et la présence de la tablette permet l’autocorrection et la progression au rythme de l’enfant. C’est un concept qui me parle plus, car là la tablette est un outil pour aller plus loin dans le jeu.

Si on ne peut pas toujours passer une heure à vérifier le contenu que nous proposons à nos enfants, je dirais juste, au moins, de faire attention aux applis de marques (dans l’agroalimentaire notamment), qui ne sont que des pubs masquées.

La tablette, comme baby-sitter ?

Cela dit soyons honnêtes, une fois qu’on a une tablette, difficile de résister à la dimension “baby-sitter” de l’objet. On a parfois envie de les laisser dessus pour avoir quelques minutes de répit. Et si cela nous permet de souffler, tant mieux !

Mais n’oublions pas que lorsqu’ils jouent sur la tablette à des jeux, aussi éducatifs soient-ils, c’est autant de temps qu’ils ne passent pas à faire autre chose… À la maison, malgré l’arrivée des enfants, nous n’avons pas voulu renoncer à notre sacro-sainte grasse matinée du dimanche. Nous aurions pu opter pour la tablette afin de les “canaliser” pendant que nous dormions. Mais à la place, nous les laissons jouer ensemble, même si ça se termine parfois en beau bazar ! Au moins je me dis que tous les dimanches matin, leur imagination est à l’oeuvre : recouvrir la table de pâte à modeler, découper des milliers de petits morceaux de papier, préparer des tartines et les manger à la pince à cornichons… Pour certains, ce sont des “bêtises”, pour moi, c’est juste ce pour quoi les enfants sont faits : EX-PÉ-RI-MEN-TER ! Expérimenter pour quoi ? Pour apprendre ! Imagination, motricité fine, équilibre… tous ces jeux ne sont qu’apprentissage. Et les enfants sont naturellement attirés par ce genre d’activités. Alors, quelquefois je me demande pourquoi leur mettre une tablette entre les mains à la place ?

Et après la séance de jeu, rien n’empêche d’organiser un temps de rangement, de jouer à passer l’aspirateur ou la balayette : là encore, autant de jeux qui régalent les enfants !

Conclusion

Je ne veux pas “dénoncer” les tablettes, car elles font aussi partie de notre quotidien. Nos enfants y seront confrontés, tôt ou tard, alors autant leur montrer de quoi il s’agit plutôt que de les planquer à tout prix. Et il existe des contenus de qualité, si on sait les sélectionner.

En tant que parent, je veux juste être capable de bien “doser”. Éviter que le temps d’écran n’empiète trop sur tout le reste et ne vienne tarir la source de créativité et d’apprentissage que notre enfant a naturellement en lui, et qui s’exprime tout simplement par le jeu.

Et chez vous, comment ça se passe entre vos enfants et les écrans ?

histoire

histoireRedécouvrons l’imagination débordante de notre enfant, et révélons l’écrivain qui est en nous !

Ce soir, on se garde un peu de temps avant d’aller se coucher. Car on ne va pas lire une histoire, on va lire « notre » histoire. Armez-vous de feuilles blanches, d’un bon canapé, et révélez les écrivains qui sont en vous. Prenez cela très au sérieux afin que votre enfant aussi. « Il était une fois… quoi ? » « Un petit bonhomme » « Qu’est-ce qu’il faisait ? » « Cacaboudin ».

Bon c’est sûr en fonction de l’âge l’histoire sera plus ou moins passionnante..!

Mais, en le guidant un peu, vous allez peut-être découvrir l’imagination débordante de votre enfant, ses centres d’intérêts, et peut-être même ses préoccupations. Car ce « petit bonhomme », c’est un peu lui finalement.

Et pour ceux qui ont le temps, en-dessous de chaque paragraphe, on laisse une grande place pour l’illustrer. Il n’y a plus qu’à agrafer, et la mettre à notre chevet…

Cool Parents Make Happy Kids

Participez au défi « 10 minutes de joie », en vous inscrivant (gratuitement) ci-dessous, et recevez chaque jour pendant 10 jours une activité à faire avec votre enfant, sans aucun matériel nécessaire !


# balance ton porc

# balance ton porc

Le tsunami sociétal “#balance ton porc” ne vous a sûrement pas échappé. Et pour cause. Ce hashtag et ce qui en découle mettent au jour un fait implacable : combien de femmes ont déjà été humiliées et blessées par des des violences verbales ou physiques ? En tant que parents, nous le vivons particulièrement intensément. Comment faire en sorte que nos filles (ou nos fils* !) ne vivent jamais cela ? Et hop, sortons une fois de plus notre arme favorite : l’éducation. Positive, cela va de soi.

*Par souci de simplicité, je parlerai ici essentiellement des femmes – mais cela peut aussi concerner des hommes.

 

À propos des “porcs” : pourquoi ce besoin de domination ?

 

Commençons par le commencement. Comme je vous l’ai souvent dit, je ne crois pas au gène de la méchanceté. Les mauvais comportements, aussi inacceptables soient-ils, puisent leur source dans des blessures. Cela n’excuse rien, car chacun est libre de dépasser ces blessures – ou d’en subir les travers.  Mais cela explique beaucoup : souvent, les personnes qui cherchent à dominer les autres sont des personnes qui, justement, ô surprise ! , se paient un sérieux complexe d’infériorité, et ont été dominées, humiliées, par le passé. C’est d’ailleurs pour dépasser ce complexe qu’elles cherchent à leur tour à dominer les autres. Je suis donc convaincue que plus nos enfants auront confiance en eux et en leur égalité par rapport aux autres, plus il se sentiront respectés, et plus il respecteront les autres. Et, du coup, n’auront aucun besoin de les dominer pour se sentir mieux. Le défi (pas des moindres, il est vrai !) serait donc, peut-être, de donner suffisamment confiance en eux à nos enfants, et de les respecter au maximum, pour en faire des adultes bien dans leurs baskets.

 

Autre explication possible : l’exemple à la maison. Je le dis souvent aussi, nos enfants apprennent avant tout par imitation. Si son exemple parental est une mère soumise à son mari autoritaire (ou à la vie !), un petit garçon aura plus de chance de reproduire la position dominante de son père – et une petite fille, la position soumise de sa mère. Encore une fois, cela n’excuse rien, et nous avons en chacun de nous le pouvoir de subir notre tendance comportementale, ou de la dépasser. Même si c’est loin d’être facile, bien entendu. En tous les cas, l’exemple à la maison joue beaucoup – et hop, encore une louche de responsabilité sur nos pauvres épaules parentales qui font ce qu’elles peuvent… !

 

Comment élever nos filles pour leur apprendre à faire face ?

 

J’ai toujours eu envie de croire que même si nous ne sommes pas responsables d’une rencontre avec un pervers, nous avons le pouvoir de dépasser la situation – soit en l’évitant, soit en la dépassant, soit en ne la laissant pas se reproduire. Je ne dis pas que c’est simple, loin de là, mais ne pas croire en cela voudrait dire que les événements extérieurs ont tout pouvoir sur nous – et ceci n’est pas ma philosophie.

Pour mieux savoir comment aider nos filles, regardons quelques phrases des victimes piochées dans la presse : Gestes déplacés et propos sexistes font partie du quotidien. Pourtant, elle n’ose rien dire.” “Ces hommes se permettent tout ça parce qu’ils ont du pouvoir. » “Les victimes ont toujours beaucoup à perdre. » “Je me sens toujours coupable de ne pas avoir résisté.” # balance ton porc

Le point commun de ces témoignages ? L’impossibilité (apparente) de dire non. Pourquoi certaines ont-elles tant de mal à repousser l’agresseur ? D’abord parce qu’elles “n’osent” pas répondre, ni coller une bonne claque à celui qui leur met une main aux fesses. Ensuite parce que l’agresseur s’est habilement mis dans une situation dans laquelle la victime à quelque chose à perdre si elle se défend (son emploi, une opportunité, un contrat, etc). Alors, que faire pour éviter ces situations à nos filles ? Études de cas.

 

CAS N°1 : L’AGRESSEUR QU’ON NE CONNAÎT PAS « # balance ton porc

Pourquoi certaines femmes osent-elles frapper, crier, répondre, lutter, et d’autres pas ? Une part de la réponse est dans ce témoignage : « Aujourd’hui, avec l’expérience, je répondrais ! Mais à cette époque, j’étais beaucoup trop timide.” Timide, ou peu confiante…?

 

Une question de confiance en soi

Plus on a confiance en soi, plus on est en mesure de répondre du tac au tac à une réflexion déplacée, voire de regarder avec déception et mépris celui qui a eu ce “moment d’égarement” (le regard “déçu” et supérieur ayant bien plus d’effet que la colère sur ce genre d’individu…). Donner confiance en soi à son enfant, c’est donc lui façonner une excellente arme pour l’avenir. Et vous l’avez compris, plus on rabaissera notre enfant, plus on l’humiliera (notamment par les punitions, selon comment elles sont perçues), plus on abîmera l’estime qu’il a de lui-même. À l’inverse, plus on donnera de valeur et de sens à ses actes et à ses pensées, plus on aura une belle image de lui, et plus on nourrira sa confiance en lui. Avec les conséquences positives qui en découlent. Un parent ne peut évidemment pas tout déterminer du caractère futur de son enfant, mais la manière dont il essaie de se comporter avec lui peut influencer les choses. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à jeter un oeil à l’article que j’avais écrit sur le sujet.

 

L’épineux problème du “pas taper”

Un autre frein classique empêchant de se défendre ? Le rapport à la violence. Plus on va être contre la violence, se dire que la violence “c’est mal”, plus cela va être compliqué de se défendre. Or, quel parent n’a pas gentiment enseigné à son enfant : “Il ne faut pas taper… même si on t’a tapé !” Ne pas tendre l’autre joue ? Une bien belle philosophie sur le papier, c’est certain, mais peut-être un problème dans la vraie vie.

Je m’explique : un jour, la maîtresse m’a informée que Léon avait mordu une camarade de classe (et pas qu’un peu). Vous imaginez comme j’étais à l’aise… Léon m’explique : ‘“Mais maman, elle avait son bras autour de mon cou”. Je lui réponds doctement : “Si quelqu’un t’embête, tu t’en vas.” Mon fils ne se démonte pas : “J’ai essayé, mais j’arrivais pas à me défaire !” Soit. Réfléchissons un peu. Si demain, au bureau, quelqu’un vous attrape par le cou et vous empêche de bouger, que vous essayez de vous dépêtrer, de lui crier d’arrêter, et qu’il continue encore et encore, vous faites quoi…? Voilà. Vous m’avez comprise. Parfois, la violence en retour est l’unique solution. Même si ça fait mal de le dire !

 

Il se trouve que ma fille aussi, au même âge, n’hésitait pas à se défendre quand on l’embêtait. Est-ce bien, est-ce mal ? Je n’en sais rien. Mais ce dont je suis sûre, c’est qu’ils ont confiance en eux. Et que quand ils se chamaillent, je ne leur reproche pas de se défendre. Je leur propose évidemment des alternatives pour se défendre autrement qu’en “violence”, mais je ne les guide pas vers les solutions de “se laisser faire” ou “d’appeler un adulte”. Je ne veux pas les priver d’apprendre à se défendre seuls.

Tout cela pour dire, que plus on a la croyance intérieure “QU’IL NE FAUT PAS TAPER”,  moins on s’autorise à se défendre, moins notre cerveau va réagir rapidement au moment où l’on en a besoin. À méditer…

 

CAS N°2 : L’AGRESSEUR QU’ON CONNAÎT (VOIRE RESPECTE)

 

“Pour moi, la figure de l’homme, la figure paternelle, c’était quelqu’un à qui on ne disait pas non.” # balance ton porc Propos de victime au sujet du père, qui vaut aussi pour le prof, l’oncle, l’homme politique ou le curé du coin. La façon dont on se positionne par rapport à l’agresseur tient un grand rôle dans notre capacité à nous défendre. Plus on considère des personnes comme “supérieures” à nous, plus on a du mal à dire non. Or, selon moi, un enfant n’a pas à se sentir “inférieur” à un adulte.  S’il n’a pas les même droits, devoirs et responsabilités qu’un adulte, il n’en demeure pas moins qu’il est égal aux adultes en terme de respect dû. Et oui ! Ce respect qu’on lui doit (et qu’il nous doit en retour, bien sûr) est une grande force, une force qui lui permet de s’affirmer, de ne pas s’oublier, et d’oser dire non, quelle que soit la personne en face. Cette force, je la souhaite à mes enfants pour leur vie d’adulte, mais aussi dès maintenant. Car je ne serai pas toujours là pour les protéger.

Or, si on apprend à notre enfant à obéir quoiqu’il arrive à ceux qui ont l’autorité, comment attendre de lui qu’il ose défier plus tard celui qui représente l’autorité ? Au hasard, l’homme politique ou le patron.

Enfin, un dernier paramètre de problème et pas des moindre : “Les victimes ont toujours beaucoup à perdre. » Il existe néanmoins une philosophie, un état d’esprit qui va nous donner beaucoup plus de chance de dépasser ce piège plutôt ardu. Pas simple à acquérir, mais très efficace, je vous en parle dans un prochain article ! Celui-ci est déjà bien assez long 🙂 En attendant, gardons cela en tête : c’est en étant dominé que l’on a envie de dominer les autres, la confiance en soi a son importance, il faut accepter que la violence n’est pas toujours ‘mauvaise’, et surtout se considérer l’égal des autres, quel que soit leur statut et leur âge ! Vaste programme…

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