obéir CPMHKNous sommes nombreux à vouloir que nos enfants sachent obéir. Pour cela, nous leur parlons et nous réagissons comme nous ne le ferions pas avec quelqu’un d’autre « Tu ne discutes pas, c’est comme ça et ce n’est pas autrement. » « Tu fais ce que je te dis un point c’est tout » « Je n’ai pas à me justifier, tu obéis aux adultes » ; Nous nous plaçons dans une relation dominant/dominé. Et l’on attache finalement plus d’importance au fait que notre enfant « exécute » ce qu’on lui demande (en quelque sorte par soumission), qu’au sens même de ce qu’on lui demande.

En un mot, on souhaite qu’Anatole nous obéisse quand on lui demande de ranger sa chambre, plus qu’on ne souhaite qu’Anatole range sa chambre. Vous voyez la nuance ? L’obéissance devient une fin en soi.

Pourtant, vous le savez bien, c’est lorsque l’on se met dans ce rapport de force que notre petit se rebelle, et que l’on se retrouve au milieu d’un énième conflit.

Mais posons-nous la question : l’obéissance doit-elle être une Valeur éducative à part entière ? Doit-on lui apprendre à faire les choses par obéissance (j’entends là par soumission), ou par soucis de ne pas mettre en difficulté les autres (dont ses parents), par plaisir de les aider, par confiance dans le fait qu’ils cherchent à le protéger des dangers, etc ?  Ne faut-il pas accorder davantage d’importance à l’objet de notre demande, plutôt qu’au fait même qu’il nous obéisse ?

Et surtout, apprendre à un enfant à obéir pour qu’il devienne un adulte, un citoyen ou un employé obéissant, va-t-il contribuer à son bonheur ?

Nous avons vu dans un précédent article, les conséquences de l’obéissance en entreprise, voyons ici les impacts de l’obéissance en société

Et en société, l’obéissance est-elle une Valeur essentielle ?

« C’est vrai, il faut obéir aux lois. Si tout le monde se rebellait, on ne pourrait plus vivre en société ! »

Sauf que quand on obéit à des lois démocratiques, on n’est pas vraiment dans la ‘soumission’, contrairement à quand on obéit à une personne qui a le pouvoir. Dans une démocratie, les lois n’ont pas été décidées par UN homme à qui l’on se soumet, mais indirectement par le peuple. Chaque citoyen est impliqué dans l’établissement des règles et a le droit de les discuter, voir même de les contester (en faisant la grève par exemple).

De ce fait, les lois établies reflètent globalement les Valeurs de la majorité.

Ce qui explique pourquoi, ne connaissant pas les 10 5000 lois régissant notre société, nous parvenons tout de même, dans l’ensemble, à les respecter. Au quotidien, nous n’avons pas l’impression de devoir nous soumettre à des lois contraires à nos Valeurs : nous partageons les Valeurs de la société à laquelle nous appartenons, nous respectons donc naturellement ses lois.

Finalement, l’essentiel est donc de transmettre des Valeurs à nos enfants. En les intégrant, ils respecteront naturellement des règles qui leur paraîtront évidentes.

Mais qu’en est-il si une règle de la société vient à l’encontre de nos Valeurs ? Faut-il obéir ?

Dans les pays démocratiques, quand on n’est pas d’accord avec la loi, on a droit de le faire savoir. Et si la majorité est du même avis, on a même des chances de la faire changer.

Mais que se passe-t-il quand ça n’est pas le cas, et que mes Valeurs sont en contradiction avec l’avis de la majorité ?

Petit rappel d’Histoire (ça ne fait de mal à personne) : en 1933, dans un climat d’intimidation, les pleins pouvoirs  sont accordés à Adolf Hitler, à 444 voix contre 94. Quand nous sommes parmi les 94, pour qui la loi votée est contre nos Valeurs (Là on ne parle pas des ‘petites lois’ et de nos ‘principes’, on se trouve à un niveau moral plus important) devons-nous obéir parce qu’on nous a appris : « Tu ne discutes pas, c’est comme ça et ce n’est pas autrement. », ou devons-nous lutter ?

Lutter évidement, parce que TOUTES nos Valeurs sont PLUS importantes que l’obéissance.

Mais pour Rudolf Hoss, homme fort respectueux de l’ordre,  issu d’une famille profondément catholique et assez aisée, la réponse est : nous devons obéir. Il fut  Commandant d’Auschwitz, et par là un personnage de premier plan dans le génocide des Juifs d’Europe. Dans son autobiographie, il expliqua ces gestes ainsi : «L’éducation que j’avais reçue de mes parents m’imposait une attitude respectueuse à l’égard de tous les adultes et surtout des personnes âgées, indépendamment du milieu dont ils sortaient. Je considérais comme mon premier devoir de porter secours en cas de besoin et de me soumettre à tous les ordres, à tous les désirs, de mes parents, de mes instituteurs, de monsieur le curé, de tous les adultes et même des domestiques. A mes yeux, ils avaient toujours raison, quoi qu’ils eussent dit. Ces principes de mon éducation ont pénétré tout mon être ».

Gloups… De quoi donner des frissons !

Evidemment, ça n’est pas qu’une question d’éducation, mais aussi d’histoire personnelle, de caractère, de psychologie… Et de façon plus réaliste, ce n’est pas parce que l’on apprend à un enfant à obéir sur des petites choses, qu’il va obéir quand les ordres iront à l’encontre de ses Valeurs…

Néanmoins, il est important que l’obéissance ne soit pas un pilier de notre éducation, car cette Valeur ne doit pas dominer toutes les autres.

Dans notre communication, lorsque l’on veut que notre enfant ‘obéisse’, nous lui apprendrions davantage de choses en insistant, sur le sens de notre interdiction/obligation, plutôt qu’en insistant sur le fait qu’il doive se soumettre à nos ordres : « Tu obéis quand JE te demande quelque chose ». Ce qui, au passage, permettra de lui donner plus d’assurance pour s’opposer à des adultes mal intentionnés.

Apprenons leurs à agir au nom de leurs Valeurs, et non au nom de l’obéissance.

NB : Vous trouverez un exemple de scènes du quotidien avec nos enfants, qui explique la différence entre se concentrer sur le fait qu’il obéisse et se focaliser sur la Valeur qui se cacher derrière un ordre : Faut-il que nos enfants soient obéissants ?

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*Exemple tiré de Rudolf Hoss est tiré du livre d’Alice Miller « C’est pour ton bien: Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant »

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