manger-enfant-cpmhk« Oui il a très bien mangé ». Comment est-ce possible que la crèche parvienne à faire manger mon enfant et que cela soit une tannée à la maison ?

Pour percer ce secret, Cool Parents Make Happy Kids a interviewé pour vous la responsable pédagogique du groupe Babilou

 

Secret n°1 – faire manger son enfant : S’arranger pour qu’ils aient faim !

Oui cela paraît évident et pourtant on l’oublie souvent. Les enfants à la crèche ont généralement faim.  Ce qui n’est pas toujours le cas à la maison quand notre enfant doit dîner après  avoir englouti des biscuits deux heures auparavant…

Mais comme ils n’ont pas toujours faim à l’heure pile ou le repas est proposé, dans certaines crèches, ils poussent le vice encore plus loin.

Des organisations différentes de « l’heure du repas » sont expérimentées dans plusieurs crèches : soit en 2 services soit à la demande des enfants. Une table est installée au sein de l’espace de jeux, et les enfants viennent d’eux-mêmes s’installer à  table lorsqu’ils ont faim. Chaque assiette est servie au fur et à mesure de la demande. S’ils sont trop occupés pour avoir tout de suite envie de déjeuner, ou qu’ils n’ont pas encore faim, ce n’est pas grave ! Ils s’installeront 30-45 minutes plus tard, le temps de coucher les premiers. De cette manière, le repas n’est pas perçu comme une contrainte qui les obligerait à quitter leur activité préférée …. C’est en autre la déclinaison pratique du respect du rythme individualisé de chaque enfant.

 

Secret n°2 – faire manger son enfant : Faire du repas une découverte !

Non, la purée de chez Babiblou n’a pas une plus belle couleur que la nôtre et ils ne prennent pas non plus le temps de la décorer, mais…ils présentent le repas dans un plateau de 3 à 5 cases : l’entrée, le plat, le fromage, le dessert et le pain. Une présentation qui plaît beaucoup à nos petits explorateurs. Et oui, on l’a vu dans l’article « les bêtises de nos enfants » à cet âge les enfants sont câblés pour découvrir, alors autant en profiter ! Ce plateau apparaît comme rempli de surprises et donne ainsi à l’enfant envie de s’y intéresser ! Étonnement, les enfants ne mangent pas que le dessert et le fromage.

Les plateaux sont d’ailleurs tous blancs ou d’une couleur unique. D’une part pour éviter l’erreur du débutant de proposer des couleurs différentes au risque que les enfants ne se les disputent  (oui, ne l’oublions pas, si on a l’habitude de faire des repas collectifs à la maison, on sort le service UNI ce qui évite parfois bien des jalousies !). D’autre part,  l’attention de l’enfant est  axée uniquement sur la nourriture et non pas sur le dessin de Barbapapa. Dire que l’on a dépensé une fortune dans ces assiettes et que l’on nous conseille de les mettre de côté…

La façon dont les morceaux sont découpés peut aussi rendre la dégustation plus ou moins ludique et agréable. Comme les quartiers de pomme, intentionnellement découpés en petites tranchettes, qui permet une prise en main facile ! Il suffit de voir le succès des pommes pot’ versus compotes traditionnelles ou le succès des carottes en bâton versus la carotte entière pour comprendre que la prise en main de l’aliment motive plus ou moins sa dégustation !

 

Secret n°3 : éviter les contraintes

Faire du repas un moment de découverte signifie également qu’on les laisse manger avec les mains, tremper leur fromage dans leur purée ou inversement leur purée dans leur fromage… Pour qu’au final, ils se rendent compte peut-être que ce n’est pas si bon, ou qu’une fois l’expérience faite et refaite, ils trouvent moins d’intérêt à l’expérimenter de nouveau. Car oui, c’est aussi parfois le fait d’interdire à notre enfant de mettre de la purée dans son verre qui lui donne davantage envie de le faire ! Quant à la cuillère, en lui montrant parfois l’intérêt, il se rend compte de lui-même que c’est pratique, surtout pour manger sa purée !

Et bien entendu moins il y aura de contrainte, plus il prendra de plaisir !

Mais cela ne veut pas non plus dire qu’il n’y a pas de règle ! L’éducation positive ne rime pas avec laxisme. A la crèche, LA Règle est : on sort de table une fois seulement que l’on a fini. Finalement n’est-ce pas la règle la plus importante pour éviter le chao du repas ? Surtout si on veut transmettre notre culture nationale, du repas à table et convivial.

D’ailleurs en parlant de frustration, la directive pédagogique de Babilou conseille de ne pas faire patienter l’enfant et faire en sorte que le plat soit déjà à table quand l’enfant arrive ou qu’il n’ait pas besoin d’attendre plus de 10 secondes. L’enfant est difficilement capable de patienter Ce serait dommage d’avoir une crise avant même que le repas n’ait commencé.

 

Secret n°4 : faire que le repas soit bon

Là aussi, à force de vouloir que notre enfant mange sainement, c’est-à-dire des légumes, sans sel, ni trop de matière grasse, on en oublie de faire quelques efforts pour rendre le tout appétissant… Babilou a bien compris et au sein de la « commission diététique », retire ou fait modifier avec les fournisseurs, les plats qui ont peu de succès pour de nouvelles recettes plus adaptées.

 

Secret n°5 : jouer sur l’effet miroir

Dans l’installation, on met chaque enfant en face d’un autre. Pourquoi ? Pour jouer sur les neurones miroirs (dont nous avons parlé dans l’article Quels impacts avons-nous sur nos enfants, selon les neurosciences ?). L’enfant fait beaucoup de choses par imitation ! C’est l’un de ses propres d’apprentissages préférentiel. On sait bien que c’est en voyant un autre enfant jouer à la poussette qu’il va justement avoir envie de faire de même (alors que cela fait 2 heures que la poussette est libre … ). On sait également que nos enfants mangent tellement mieux lorsqu’ on est en train de manger à la même table qu’eux. Bref c’est en voyant son copain d’en face dévorer son plat qu’il va lui aussi avoir envie d’y goûter !

 

Secret n°6 : Si l’enfant ne mange pas

Evidement ce n’est pas ‘magique’ non plus, certains enfants sont moins intéressés que d’autres par la nourriture et ont besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire. Les auxiliaires ont alors une deuxième cuillère pour lui enfourner quelques dizaines de grammes de purée ou répondre à un enfant affamé qui n’arrive pas encore seul à calmer sa faim suffisamment rapidement. Cette technique de la « double cuillères » permet de répondre au besoin de chaque enfant, ni vu ni connu, tout en lui laissant la possibilité de faire de même avec sa propre cuillère.

 

Secret n°7 : Ne pas être leurs parents

Il faut bien le dire, tout n’est pas qu’une question de méthode et d’organisation… L’avantage pour l’auxiliaire c’est de ne pas avoir le même lien d’affectivité que l’enfant a avec son parent. Et que bien des problèmes rencontrés par les parents en fin de journée viennent du fait que l’enfant a envie de se confier, d’exprimer la colère de sa journée, l’envie de nous voir plus que de manger, etc. C’est parce que la famille est le lieu intime de l’enfant qu’il s’autorise à exprimer à déposer toutes ses émotions. Bref, c’est plus facile pour une personne extérieure que pour nous et c’est bien normal !

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