Quand notre enfant trouve que “c’est pas juste !”

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C’est l’heure de déjeuner : pommes de terre sautées maison ! L’aîné n’est pas content « C’est pas juste, Simon en a eu plus ! » On en rajoute alors un peu… C’est au tour de Thomas de s’exclamer : « Maintenant Simon en a plus, ce n’est pas juste » ! Lassés de ces discussions, on tente de clore le débat par le populaire dicton « On ne regarde pas dans l’assiette du voisin, ça suffit !» . 

Des scènes comme celles-ci, on peut en vivre des dizaines par jour. Ça nous épuise, voire ça nous pousse à bout. Et on craque « Et puis, vous savez-vous quoi ? LA VIE EST INJUSTE ! Donc arrêtez de me faire [email protected]#$!… ! » (oui, parfois la situation peut partir en cacahuète !!)… Bref, que faire pour accompagner notre enfant face à ce sentiment d’injustice ? Comment surmonter le “c’est pas juste”, ou l’aider à le transformer ? 

Laisser notre enfant avec son sentiment d’injustice, est-ce vraiment la solution ?

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Mettons-nous à la place de nos enfants. Imaginons que je suis commerciale en entreprise. Mon manager ne me “refile” que les comptes à faible potentiel et transmet tous les bons prospects à mon collègue. En fonction de mon tempérament, je peux ressentir de l’injustice évidemment. Si je décide de l’exprimer, mon manager ne recevra pas forcément très bien la chose et pourra tenter de se justifier « Non, je suis désolé. Tes prospects ont autant de chance d’être signés que les siens. Simplement, ton collègue est plus expérimenté dans les grands comptes, et toi les petits. Il faut juste que tu te bouges davantage plutôt que de râler ». Une telle justification ne va pas forcément m’aider à accepter la situation. Je ressens de la colère, de l’humiliation. Bref, je suis dans un état d’esprit négatif, je râle et je m’enferme dans cette vision négative de la situation : mon manager fait TOUT pour me défavoriser !

Nos enfants réagissent exactement de la même manière. Si l’un nous dit « ce n’est pas juste », et qu’on balaye cela d’un revers de la main, il peut avoir l’impression de compter pour du beurre, d’être défavorisé, voire moins aimé que l’autre. Il va peut-être nourrir de la colère, de la rancœur… 

Vous me direz qu’il y a une différence d’échelle entre ne pas avoir la place du milieu en voiture et ne récupérer que de mauvais comptes dans son job de commercial. Mais finalement pas tant que ça. Car ce qui blesse au fond, ce n’est pas tant d’être à droite dans la voiture ou d’avoir tel ou tel client, mais c’est bien le déséquilibre, l’injustice, le sentiment d’être défavorisé par rapport aux autres qui pose problème. D’ailleurs, c’est bien l’expression « C’est pas juste ! » qui sort en premier ! 

Que faire quand notre enfant trouve que “c’est pas juste” ?

1/ Nous ne sommes pas tous égaux face au sentiment d’injustice

Peut-être avez-vous déjà entendu parler des 5 blessures de Lise Bourbeau ? Parfois, certains enfants naissent avec un sentiment d’injustice plus fort que d’autres. Quand nous ne sommes pas “faits comme ça”, on peut avoir du mal à comprendre cette réaction qui peut nous paraître disproportionnée. Et pourtant, face à ce sentiment, essayons d’accepter qu’il puisse ressentir cela (tout comme face à l’émotion d’un autre adulte d’ailleurs). C’est beaucoup plus constructif que de le juger pour son ressenti. 

Dans mon exemple au travail, si quand j’exprime mon sentiment d’injustice à mon manager, celui-ci fait preuve d’écoute, je me sens soulagée. S’il me dit : « Je comprends ce que tu veux dire, je n’avais pas conscience que tu te sentais lésée. De mon côté, mon intention était plutôt de (…) », même s’il ne change pas forcément d’avis, de 1/  je me serai sentie  comprise, et non jugée pour mon ressenti, et de 2/ j’aurais mieux compris son intention derrière cette façon de faire, ou tout du moins sa non-intention de créer de l’injustice.

2/ Expliquer et proposer une alternative

Parfois, prendre le temps d’expliquer la situation, et essayer de trouver une solution avec notre enfant peut débloquer le problème.

Par exemple, pour reprendre l’histoire de la voiture, si Paul entend son papa lui dire « C’est vrai que je t’avais promis la place du milieu, je ne savais pas que le père de Jacques allait y mettre son fils. Je suis vraiment désolé. Le problème, c’est que maintenant on ne va pas redéménager tout le monde. Je suis embêté, qu’est-ce que l’on pourrait trouver comme solution ? Tu iras au milieu au retour, cela te va ? ». Même si on ne peut pas faire autrement, notre enfant a besoin de comprendre que l’on ne lui voulait pas de mal, qu’on le comprend et que l’on est désolée pour cette injustice qu’il ressentit.

Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée ce week-end. Nous allions voir un petit cousin à qui nous n’avions toujours pas offert son cadeau de Noël : un « micro-ondes » pour sa mini-cuisine. En me voyant faire le paquet, Joy se mit dans tous ses états : « C’est pas juste que mon cousin ait un micro-ondes et pas moi ! C’est le même que chez Juliette. Moi je voulais un micro-ondes pour Noël, ce n’est pas juste que je n’en aie pas eu ! ». 

Ce jour-là, j’optais pour l’option dont je viens de vous parler, à savoir d’abord accepter son sentiment d’injustice, je lui ai donc répondu “Je suis désolée. Je ne savais pas que tu voulais un micro-ondes, si on avait su on t’en aurait offert un à Noël. Écoute, si c’est vraiment le cadeau que tu voulais avoir, on peut le mettre sur ta liste d’anniversaire, d’accord ? ». 

Nous sommes allés chez son cousin et lui avons offert le cadeau. Ils y ont joué toute l’après-midi, et on n’en a plus jamais entendu parler. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, ce n’était pas tant d’un micro-ondes dont elle avait besoin, mais de ne pas se sentir lésée. Le simple fait que je lui dise que je voulais bien lui en offrir un à elle aussi a suffi à ce qu’elle ne sente plus lésée ni frustrée. Alors que si je lui avais dit « Toi, tu as déjà eu tes cadeaux de Noël » ou pire ; « Ce n’est pas bien d’être jalouse» , elle aurait pu avoir l’impression que son cousin était le « chouchou » et qu’on portait moins d’attention à elle. Et cela aurait d’ailleurs renforcé son sentiment de jalousie

3/ Égalité ou équité ?

C’est vrai que nous avons parfois l’impression d’être justes (équitable) et que notre enfant peut nous trouver injustes parce qu’il n’a “pas pareil”.  Alors, plutôt que de monter dans les tours pour que notre kid cesse de crier au scandale (ou de lui demander de refouler son émotion), essayons de lui expliquer notre intention.

Par exemple, faut-il faire la même assiette de pommes dauphines à notre ado de 17 ans, qu’à notre loulou de 4 ans ? En fait, l’équité, c’est la justice, et l’égalité, la similitude…

Autre exemple, il m’arrive sur un coup de cœur de trouver un petit cadeau pour l’un des enfants, sans chercher à tout prix à équilibrer dans l’instant. Expliquer que cela peut être chacun son tour et que nous sommes équitables sur la durée, cela peut être une bonne base pour l’avenir. “Tu sais, là, j’ai trouvé une super jolie barrette pour ta sœur. Parfois, c’est à toi que je vais penser en voyant une petite voiture… Mais je ne vais pas ramener une barrette à tout le monde, si ? Tu imagines papa et toi avec une jolie pince dans les cheveux ?”

 

Finalement, comme nous, nos enfants ont parfois juste besoin de se sentir « considérés ».

D’ailleurs, notre manière de gérer l’égalité joue beaucoup sur l’entente de nos enfants entre eux… Alors, si vous cherchez des astuces pour aider à faire de nos enfants une équipe… (ou en tous cas, éviter de voir le salon se transformer en ring de boxe ),  pour construire un quotidien avec moins de jalousie, plus de partage et une complicité accrue, sachez que nous avons préparé un Pack “Fratrie unie, pour éviter les rivalités entre frères et sœurs” : un dossier complet (et gratuit) truffé de pistes et des clés pour qu’ils s’entendent mieux au jour le jour. Pour le recevoir gratuitement dans votre messagerie, laissez-nous simplement votre email ci-dessous .   

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