punir un enfant CPMHK« Tu arrêtes ou tu es puni ! » ; « Bon allez, au coin ! » ; « Puisque c’est comme ça on n’ira pas au manège » ; « Tu as encore tapé dans la cour de récréation ? Qu’est-ce qu’on t’avait dit ?! Bon, tu es puni. Tu vas dans ta chambre et tu seras privé de vidéo dimanche ! »

Punir un enfant, est-ce un moyen d’améliorer le comportement de nos enfants ?

De marquer le coup pour qu’ils arrêtent de faire ce que nous n’aimons pas qu’ils fassent ?

Prenons un exemple et mettons-nous à la place de notre enfant.

Imaginons qu’un pédagogue joue le rôle du parent, et nous celui de l’enfant. Le pédagogue veut nous faire arrêter de donner des fessées à notre enfant, de la même manière que nous voulons que celui-ci arrête de taper ses camarades.

 

 

Scénario 1 : Vous êtes puni

A la première fessée que vous donnez, le pédagogue vous dit d’un ton sec : « On ne tape pas les autres, même les enfants. Vous ne recommencez plus jamais ça ! Ce n’est pas gentil ! ». A la deuxième fessée, c’est déjà trop : « Qu’est-ce que je vous avais dit ? Vous arrêtez de donner des fessées. Vous comprenez ? Bon, allez dans votre chambre réfléchir à tout ça, et écrivez 100 fois « Je ne donnerai plus de fessées ! » ». Ce qui revient à punir un enfant.

Que se passe-t-il à ce moment-là dans notre tête ?

En fonction de votre tempérament, vous pourriez vous dire : «  Mais pour qui il se prend, celui-là !? J’éduque mes enfants comme je  veux ! Et puis mon enfant m’a provoqué, il fallait bien que je lui donne une fessée pour le calmer. Ça me met hors de moi que quelqu’un m’ordonne de rester enfermé dans une pièce ! ». Bref, vous seriez remontés contre lui, énervés, et peut-être auriez-vous même envie de vous venger. Ce qui est sûr, c’est que la prochaine fois que vous donnerez une fessée, vous ferez tout pour que le pédagogue ne le sache pas. Bien qu’il vous ait bien expliqué que « Ce n’était pas gentil », vous restez convaincus qu’« une fessée n’a jamais fait de mal à personne ».

Bref, ni le quart d’heure seul dans la chambre, ni les 100 lignes de copie, ne vous ont appris à ne plus donner de fessée.

D’autres, au tempérament inverse, pourraient être amenés à penser « Je dois vraiment être méchant, et nul pour ne pas savoir faire autrement que de donner des fessées. Je ne dois vraiment pas être fait pour être parent ».

Vous perdez confiance en vous, et l’estime de vous-même s’effondre.

La punition a plus d’inconvénients sur le long terme que d’avantages sur le court terme, pour comprendre ces conséquences cachées voir l’article. Raison pour laquelle  nous ne l’utilisons plus en entreprise, et qu’elle est remise en cause dans notre société.

Et même si dans un monde idéal, vous étiez d’accord avec le pédagogue, vous auriez peut-être du mal à changer votre façon de faire, n’imaginant pas bien d’autres manières d’agir face à la provocation de votre enfant.

Comprenez ici pourquoi la méthode « file dans ta chambre dans 1…2…3 » n’est pas vraiment bénéfique non plus : voir l’article.

Scénario 2 : : Vous n’êtes pas puni

Si le pédagogue optait plutôt pour l’empathie, les choses se passeraient bien différemment.

Il vous dirait qu’il comprend, que c’est difficile pour vous de ne pas donner de fessées parce que vous-même en avez reçues petits, que cette façon de communiquer est guidée par votre éducation, et que vous ne savez pas faire autrement. Il vous expliquerait pourquoi, quand on tape un enfant, on lui apprend à taper à son tour. Et il vous dirait : « J’ai confiance en vous, il faudra du temps, mais vous allez y arriver. ». Il vous ferait réfléchir à une autre façon de faire. Il vous proposerait même d’assister à des ateliers de mise en situation pour tester d’autres façons d’agir. Quand la situation se représenterait, il vous ferait remarquer que vous avez très bien su faire différemment,  et discuterait avec vous de tous les bénéfices que vous avez obtenus en agissant ainsi. « Cela vaut le coup de continuer ! Allez, encore quelques mois, et votre maison sera pleine de joie ! ».

S’il opte pour cette deuxième méthode, non seulement il a 100 fois plus de chance d’arriver à nous faire changer de comportement, mais en plus nous le ferions par conviction, et non par soumission.

Nous tâcherons alors d’éviter de donner des fessées, même si le pédagogue n’est pas là pour nous « surveiller ». Enfin, nous n’aurons pas créé de relation conflictuelle entre lui et nous. Nous aurions peut-être même établi une relation de confiance. Nous ne le verrions non pas comme un juge, mais comme une personne qui est là pour nous aider, et ainsi nous serions davantage prédisposés à écouter ses conseils, et lui confier nos difficultés.

Et bien punir un enfant, c’est la même chose. Au lieu de modifier son comportement dans le bon sens, la punition peut provoquer une sorte de violence en lui. Et en fonction de son caractère, le soumet davantage qu’elle ne l’influence. On rentre dans le cercle vicieux, et en prime on esquinte la relation que l’on a avec lui.

Exception

Bien sûr, si la punition est présentée comme une conséquence de ce qui a été fait, ou si elle est la conséquence d’une règle établie ensemble, elle est tout à fait justifiée. Par exemple :

– « Tu ne peux malheureusement pas regarder a TV, car il faut que tu finisses tes devoirs et après il sera trop tard. » La façon dont on le présente est importante, il ne s’agit pas de dire « Puisque tu n’as pas fait tes devoirs, tu seras privé de TV ! »

– « Tu te tiens à l’écart, car ce que tu fais, dérange les autres. »

– « Je veux bien que tu sortes, mais si tu rentres après l’heure dite, selon compte double. Tu ne ressors pas le lendemain. » Différent de « Si tu rentres après l’heure limite, tu seras privée de sortie pendant une semaine »

– « La réparation coûte vraiment trop cher, il faudrait que tu participes avec ton argent de poche. »

Conclusion sur punir un enfant

Sauf si la punition est présentée comme une conséquence de la bêtise de notre enfant, ou il s’agit d’une règle que nous avons établi ensemble et qu’il accepte, ou que notre enfant est d’accord pour la mériter, il y a toutes les chances pour qu’elle soit subie, et vu comme une soumission au bon vouloir de son parent.

Alors avant tout,  écoutons-le, amenons-le à trouver des alternatives à ses mauvais comportement, entraînons-le par le jeu à les adopter, et ayons confiance dans le fait qu’il va y arriver ! Voici un exemple concret de la façon dont on peut gérer autrement, dans l’article Ce jour où j’ai décidé de ne pas la punir

N’oublions pas qu’un enfant qui ne se comporte pas bien, c’est une enfant qui ne va pas bien, trouvons plutôt ce qui ne va pas, et cherchons à l’influencer, plutôt qu’à le dominer.

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