mon enfant dit des gros mots CPMHKÀ peine 4 ans, et déjà un riche vocabulaire peut parfois sortir de la bouche de notre enfant. L’autre jour, notre fille a lancé à son frère un « Bâtard ! Bâtard ! Bâtard !» sorti de nulle part… Quelques mois plus tard, nous avons eu droit à un naturel « Dis donc, c’est chiant ! » Mais la semaine dernière fut mémorable, avec un « Putain de merde ! » répété 10 fois de suite. Comment réagir face aux gros mots de notre enfant ?

Pourquoi mon enfant dit des gros mots :

  • Soit il les dit parce qu’il les a entendus, et comme notre enfant apprend avant tout par imitation, plus on les dira, plus il les répétera. Logique, il ne les invente pas.

  • Soit parce qu’il sait que « ce sont des mots interdits », et qu’il trouve très drôle de nous titiller en les disant, surtout s’il obtient une réaction directe de notre part. De quoi avoir envie de retenter, pour voir si maman va encore faire les gros yeux !

  • Soit, dans la même logique, il nous en veut pour autre chose (on l’a grondé, on ne lui a pas permis de faire ce qu’il voulait, il n’a pas apprécié que l’on joue avec sa petite sœur sans lui, etc.) et dire des mots interdits est sa façon à lui de riposter (voir l’article sur les rapports de force).

Alors très clairement, si l’on veut éviter que notre enfant dise des gros mots, la première chose à faire est de ne pas en dire devant lui.

Comme il apprend par imitation, lui demander de ne pas faire ce que l’on fait « car on est une grande personne et pas lui », est contre-nature.

Si on lâche par mégarde un « Putain, merde, fait chier ! » devant le petit enfant, le mieux est qu’il ne s’aperçoive pas que ce mot est mal élevé. Donc, ni vu ni connu, on reformule la même chose mais avec un « Zut de zut de zut ! ».

« – Maman, pourquoi tu as dit putain-merde-fait chier ?

– Je me suis trompée, je préfère dire « Zut de zut de zut », c’est beaucoup plus drôle ».

Ainsi, on évite d’insister sur le fait que ce mot est interdit, ce qui donnerait encore plus envie à l’enfant de l’utiliser. On insiste plutôt sur le fait que « Zut » est plus « drôle« ,  par exemple…

Quand c’est l’enfant qui « lâche » un mot mal élevé, on peut faire mine de ne pas comprendre :

  • – Bâtard, bâtard, bâtard !

  • Mais je ne comprends pas ce que tu dis à ton frère, cela veut dire quoi ?

  • Mais si, ça veut dire  » bâtard », Maman !

  • Mais où as-tu entendu ce mot ?

  • En fait, c’est au parc, c’est deux garçons, il y en a un qui s’appelle Bâtard, et l’autre, il s’appelle Bâtard aussi… Alors, ils s’appelaient comme ça : « Bâtard ! Bâtard ! Bâtard ! »

  • Ah bon…

Dans la mesure où elle n’a probablement pas réentendu ce mot depuis, et étant donné que nous y avons attaché peu d’importance, elle ne nous l’a plus jamais répété.

Même quand mon enfant dit des gros mots sans beaucoup d’insistance, ne pas relever reste la meilleur solution :

  • « C’est chiant, je n’arrive pas à faire mon dessin !

  • Tu es embêtée de ne pas arriver à faire ton dessin ?

  • Non, c’est chiant ! » Faire mine de ne pas comprendre et passer à autre chose…

Car oui, quand notre enfant répète un mot mal élevé avec insistance, c’est généralement que l’on lui a dit que c’était un mot interdit (on ne peut malheureusement pas maîtriser tout l’entourage), et qu’il cherche à provoquer une réaction chez nous. C’est ce qui arriva lorsque, la semaine dernière, notre fille m’a répété 10 fois de suite avec insistance « Putain de mer ! ». Au bout de la 4ème injure, je lui demande sur un ton qui feint l’incompréhension :

  • Mais pourquoi tu dis ça ? Cela ne veut rien dire.

  • Mais si, c’est Papa qui dit ça.

  • Ah, mais tu dois confondre avec « Poulain de mer »…

  • Non, Maman, c’est bien « Putain de mer » qu’il dit.

  • Ah bon, c’est bizarre…

Pas de chance, elle n’a provoqué chez moi aucune réaction, de quoi la démotiver de réitérer l’expérience ! Avec une réaction stone, je mets toutes les chances de mon côté de ne pas créer l’envie chez elle de le redire…

Et oui, il suffit parfois que nous le grondions pour avoir dit un gros mot, pour l’entendre le répéter indifféremment ! À moins de la gronder suffisamment fort pour l’en dissuader… Mais bon, régner par la peur n’est pas un principe hyper «positif».

Je vous l’accorde, ce n’est pas toujours évident de faire mine que son injure ne nous atteint pas. Une autre option est de lui dire « Ces mots tu peux les dire, aux toilettes, ou dans le creux de l’oreille de tes amis, mais il ne faut pas que les grandes personnes les entendent ». Car on le sait, généralement interdire totalement quelque chose, donne envie à l’autre justement de transgresser l’interdit par compulsion. Surtout quand notre enfant ne comprend pas le ‘sens’ de l’interdit, « Les grandes personnes le disent bien, pourquoi je n’aurais pas le droit ? »

Mais il est certain que si notre enfant n’entend pas le mot à la maison, peu à l’extérieur (cela ne marche pas avec les enfants plus âgés), et qu’il n’obtient aucune réaction lorsqu’il nous le dit : il va vite perdre le réflexe de le dire !

Et vous, quelles sont vos astuces ?

Les rapports de forces entre parents et enfants, engendrent une atmosphère négative, des conflits à répétition. C’est alors un cercle vicieux, où tous dépensent une énergie considérable à lutter les uns contre les autres. C’est d’ailleurs aussi pour cela que j’ai conçu le PACK « OUI PAPA OUI MAMAN » : Toutes les clefs pour les faire coopérer (sans crier) !

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Commentaires

Commentaires

7 réponses
  1. Collignon
    Collignon says:

    Bonjour
    Je cherche, un peu en vain jusqu’à présent, des astuces pour mon garçon qui aura bientôt 3 ans. Il est entré dans sa phase « gros mot » il y a quelques semaines. Nous avons d’emblée choisi de jouer l’indifférence en répétant simplement les phrases dites avec des mots plus adaptés. Ça, c’était la phase un. Sauf que la technique n’est pas efficace, que le nombre de gros mots ne fait qu’augmenter et gagner en variété. Nous sommes très vigilants sur notre propre langage mais peu suivi par l’entourage. Bref, nous sommes passés en phase deux c’est à dire la punition systématique qui ne me convient absolument pas. J’ai beau être certaine que cela va passer, je trouve fatigant de passer des heures entières à n’entendre que des mots « bizarres » dans la bouche d’un enfant qui a en temps normal énormément de vocabulaire adapté. Je me demande donc si c’est juste sa façon à lui de s’affirmer ou s’il ne cherche pas à exprimer autre chose… Bref, petit help pour accompagner mon petit garçon que j’aime.

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  2. celiburg95
    celiburg95 says:

    Je cherche des solutions pour le fils d’une amie. Ce garçon a 3 ans et a depuis peu développé un langage bien fleuri (il va à l’école depuis la rentrée), sa mère a beau lui dire, le punir, rien à faire… Moi-même je lui dis (quand je vois que sa mère est au bout du rouleau), il répond « d’accord » mais en fait s’en fiche royalement… On va tenter certains trucs proposés ici, comme par exemple remplacer le gros lot par un autre mot qui y ressemble (putain / poulain)

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  3. Vie
    Vie says:

    Bonjour,
    Mon plus grand (10 ans) découvre depuis cette année tous les gros mots francais: on habitait à l’étranger jusqu’alors. Il a donc appris un francais en isolement total, celui de la maison. Maintenant qu’il est exposé à des adultes qui disent des gros mots regulierement (je m’en apercois apres 12 ans a l’etranger, beaucoup d’adultes me semblent vulgaires), il pratique de plus en plus et c’est dur dur de le voir prononcé tous ces mots). Des idées pour l’aider à digérer cette exposition brutale?
    Merci!

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  4. Mel
    Mel says:

    Merci pour cet article très intéressant, mais malheureusement mes enfants sont plus grands (11, 10, 7 1/2 et 5) je pense que ces astuces doivent être mis en place très jeune. Quelqu’un aurait-il des astuces pour les plus grands et plus spécialement sur les insultes que les enfants se disent entre eux dans la fratrie et qui me font beaucoup de peine. Je n’arrive pas à ne pas réagir.

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  5. Stefla92
    Stefla92 says:

    Chez nous on fait « régulièrement » la minute gros mots où les enfants peuvent dire tous les gros mots qui leur passent par la tête… De bon gros fous rires et c’est aussi l’occasion de mesurer l’ampleur du lexique de nos enfants en gros mots🤔

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  6. Anne-Claire
    Anne-Claire says:

    A la maison, les gros mots ont été clairement expliqués comme faisant de la peine à l’entourage, et les enfants (5 et 4 ans) ont été très sensibles à cet argument. Peut être est-ce parce qu’ils sont encore petits. Et si ils en entendent sortir de notre bouche (dur de se défaire des habitudes gasconnes de ponctuer les phrases, même anodines, d’un « con » ou « putain »… parfois ça échappe), c’est le seul cas où ils ont le droit de nous gronder. Ça leur plaît beaucoup comme règle !

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