Thomas enhco

Pour mieux comprendre quel rôle nous jouons dans le développement des talents de nos enfants, j’ai décidé d’interviewer quelqu’un de bien placé : Thomas Enhco. Ce pianiste, déjà reconnu à seulement 26 ans, est issu d’une famille dont les talents variés rayonnent depuis plusieurs générations.

Thomas Enhco est pianiste et compositeur de musique classique et jazz. Il est notamment le petit-fils de Jean-Claude Casadesus, un des plus grands chefs d’orchestre du monde. Il donne de nombreux concerts, en France comme dans le monde entier, et est régulièrement l’invité des chaînes de radio et de télévision françaises.

J’ai donc demandé à Thomas comment et pourquoi tous les Casadesus devenaient si talentueux et comment ses brillants amis du monde de la musique avaient, eux aussi, réussi à percer, sans pour autant venir d’une lignée aussi prestigieuse que lui. Voici sa réponse.

L’impact de l’environnement sur le développement des passions de nos enfants

« Ma mère est cantatrice [NDLR : Caroline Casadesus], mon père est pianiste amateur passionné et à 4 ans j’eu comme beau-père Didier Lockwood [NDLR : violoniste de renommée mondiale]. Quand j’étais petit, mon père jouait tous les jours du piano. Moi, ce que j’aimais c’était me mettre dessous et – en même temps que je jouais aux Lego – j’étais transporté par ce son très chaud, très rond, qui résonnait sous ce grand piano à queue. Je regardais ses pieds qui bougeaient sur les pédales et il me racontait une histoire en même temps qu’il jouait. « Ecoute, tu entends le petit faon qui se balade joyeusement ? Il n’a pas encore vu le loup… » sur des airs de Beethoven ou de Mozart.
Dès le plus jeune âge, mes parents nous emmenaient, mon frère et moi, à de très nombreux concerts, notamment ceux de notre famille, qu’importe s’il y avait école ou non le lendemain. C’est lors des concerts que l’on sent toute la puissance de la musique, le silence de la foule, la tension, le trac. C’est clairement tous ces moments qui m’ont donné le goût de la musique. »

Nos enfants apprennent par imitation

Selon les neurosciences, nous en avons déjà parlé ici, nos enfants apprennent avant tout par imitation. Nos enfants apprennent à marcher en nous regardant marcher (les fameux neurones miroirs), nos enfants s’imprègnent aussi mieux de la musique en regardant quelqu’un jouer.

Plusieurs études montrent que le pouvoir de l’imitation est bien plus puissant quand nos enfants regardent quelqu’un de « réel » que quand ils écoutent un CD ou regardent la télé.

L’importance d’avoir l’opportunité de pratiquer pour découvrir ses affinités

« Ma mère avait très envie que nous acquérions le niveau suffisant pour savoir si, plus tard, nous voudrions faire de la musique notre métier ou pas, continue Thomas Enhco. Si nous n’apprenions pas la musique, il serait difficile pour nous de savoir si nous l’aimions. D’autre part, si nous ne l’avions découverte qu’à 15 ans, il aurait été trop tard pour faire une belle carrière. La musique classique est un peu comme le sport de haut niveau, la danse ou le chant d’opéra : cela nécessite une énorme technicité, beaucoup d’entraînement et si tu n’en as pas fait petit, tu pourras devenir bon, mais pas atteindre un niveau professionnel.

Donc à 3 ans et demi, ma mère me mit un violon dans les mains.

A partir de 6 ans, je suivais chaque semaine un cours de piano classique, un autre de piano jazz, un cours de solfège, un cours de violon classique, un cours de violon jazz et un atelier de Jazz de groupe (nous étions un petit groupe d’enfants dans lequel nous jouions tous d’un instrument différent). De même pour mon frère, de 2 ans mon aîné, à la différence qu’il avait choisi de ne jouer que d’un seul instrument.

D’ailleurs, dans cette volonté de ma mère de nous donner le choix, elle avait accepté que je prenne des cours de ce qui m’intéressait. Raison pour laquelle j’ai eu aussi l’opportunité de tester le poney, la danse, le théâtre, la piscine, les arts martiaux, l’escrime, etc.

Le développement d’un talent passe par du travail, et particulièrement pour la musique classique. La musique classique requiert beaucoup de travail et d’assiduité. Ma mère nous disait : « Travailler ton piano ou ton violon tous les jours, c’est exactement pareil que prendre ta douche ou de te brosser les dents. Même si un jour tu n’as pas envie, c’est normal : il faut le faire, c’est une hygiène de vie ». La musique nous a clairement appris la persévérance et nous a donné une méthode de travail.

Et puis la grosse récompense de tout ce travail, c’était de pouvoir faire des petits concerts dans le village avec notre groupe. Comme quand tu joues au théâtre et que tu répètes ton jeu de scène, la représentation finale est ta récompense ; ou quand tu fais beaucoup d’entraînements de sport pour ensuite avoir le kiff de passer des concours ou faire de la compétition. Toute cette gratification a été une bonne motivation pour travailler. »

L’exemple de Mickael Jackson

Dans la famille Jackson, le père faisait suivre à ses 9 enfants un entraînement quasi militaire en danse et en chant et ce dès l’âge de 3 ans. C’est grâce à ce type d’entraînement (dont la dureté reste évidemment critiquable) que tous ses enfants ont développé des aptitudes en danse et en chant. Ensuite, les prédispositions génétiques de chacun ont joué dans leur succès.

Reprenons l’exemple des Jackson Five : Michael, de loin le plus talentueux et – dans une moindre mesure – Janet, ont connu un succès indéniable alors que les autres firent nettement moins parler d’eux (tout est relatif…). Mais il y a fort à parier que sans cet environnement ultra stimulant, Michael ne serait peut-être pas devenu la star mondiale que l’on connaît.

Thomas Enhco le confirme : « Ma mère et ses frères et sœurs n’ont pas été aussi poussés que nous l’avons été. Résultat : ma mère a décidé de faire une carrière de cantatrice à 27 ans, ce qui fait que, malgré son talent, elle ne peut pas faire une carrière comparable aux chanteuses d’opéra qui ont commencé la musique dès l’enfance.
Mon frère a su assez tard qu’il voulait faire une carrière de musicien professionnel, cela n’était pas une évidence pour lui. S’il avait été dans une autre famille, il aurait peut-être fait autre chose. La stimulation de l’entourage familial a certainement joué un rôle important dans le fait qu’il choisisse d’en faire son métier. Et heureusement, car il est très bon et très heureux dans ce qu’il fait ! »

L’impact de la vision de l’entourage sur la carrière qu’on envie de faire.

« Depuis 7 ou 8 générations, quasiment tous les membres de la famille sont dans les arts, nous explique Thomas Enhco, et notamment les arts de la scène. Musiciens, chefs d’orchestre, comédiens, réalisateurs, décorateurs de théâtre, peintres, etc.

Pour des enfants qui ne baignent pas dans cet environnement, et dont les parents sont dans des métiers plus bureaucratiques, devenir comédien ou musicien peut paraître quasi-impossible. Et pour les parents c’est parfois inenvisageable. Alors que chez nous, ce n’est pas tant que cela nous parait possible, mais plutôt cela nous parait “normal”. Donc quand à 15 ans je m’embêtait à l’école [J’étais dans une école à horaire aménagé pour pouvoir faire de la musique], pour ma famille c’était une évidence qu’il fallait que j’arrête l’école et que je fasse de la musique. Je ne suis plus allé à l’école et j’ai eu mon bac en candidat libre 3 ans plus tard.

D’ailleurs, au final, je pense que j’ai mieux réussi mon bac du fait que je n’allais pas l’école. Parce que j’apprenais à ma façon et à mon rythme à partir de bouquins. Le problème à l’école c’est qu’il y a un rythme général appliqué à tout le monde. Pour certain c’est trop rapide, pour d’autre c’est trop lent. Par exemple, en maths j’apprenais beaucoup plus vite tout seul, car la façon d’expliquer du prof ne correspondait pas forcément à ma logique.

A l’inverse, ma demi-sœur adorait monter à cheval, c’était sa passion, elle en rêvait jour et nuit. Pour mon beau-père, (lui-même musicien professionnel !) une carrière dans l’équitation n’était pas trop envisageable, pour lui ce « n’était pas un métier ». Sa mère, elle, était à fond. Résultat, elle ne s’est vraiment lancée qu’après sa première année d’études supérieures. C’est là où la vision de l’entourage sur le fait que ta passion puisse devenir ou non un métier est importante.

Les enfants talentueux qui ne sont pas dans une famille de musiciens peuvent-ils aussi devenir brillants ?

L’avis de Thomas Enhco : « J’ai des copains qui sont des supers musiciens pro, leurs parents ne le sont pas mais sont des fous de musique. Un de mes amis – un des meilleurs pianistes français – est le petit-fils d’un grand amateur de jazz et de vieux film. Il lui faisait écouter plein disques, l’emmenait à des concerts, lui faisait regarder des films. Il a 24 ans et il a exactement les mêmes passion aujourd’hui. De même, pour mon père qui est éditeur de livres : ses 3 fils sont de grands lecteurs. Une passion a beaucoup plus de chance de naître chez un enfant si ses parents la lui transmettent et l’immergent dans cette passion.

J’ai quelques copains qui sont musiciens et sortis de nulle part. Ils pratiquaient un instrument, ont rencontré à l’école d’autres copains, ont monté un groupe… et le hasard a bien fait les choses. Mais ce ne sont pas des musiciens “classique”, la musique classique est tellement exigeante techniquement qu’il faut la commencer très tôt… comme le sport à haut niveau.

Mon amie est fille d’une peintre et d’un journaliste. Mais elle a commencé le violon vers 4-5 ans, en même temps que son père, qui d’ailleurs l’emmenait régulièrement à des concerts, dans des musées, voir des spectacles. »

Les 4 ingrédients pour développer le talent artistique de votre enfant.

Vous l’aurez compris, si votre enfant a un talent artistique, le meilleur moyen de lui permettre de le développer est une combinaison de ces quatre ingrédients :

  • Le baigner dans un environnement où il puisse REGARDER, ECOUTER, S’IMPRÉGNER de cet environnement artistique : musées, spectacles, concerts, théâtres, etc.
  • Lui donner la possibilité tôt de pratiquer son talent, sans jamais oublier la notion de plaisir : cela doit rester ludique
  • S’il a une passion ; le pousser à travailler sa passion. Il n’y a pas de recette magique, pour développer son talent, il faut travailler.
  • S’il veut en faire son métier : le soutenir dans cette voie.

Facile à dire, moins facile à faire …

Oui mais, il y a des voies où c’est compliqué de gagner sa vie, où c’est très bouché.

Par méconnaissance de certains domaines, on pense souvent que seul un nombre infime de personnes peut gagner sa vie dans l’art. On ignore parfois l’étendue de ces milieux-là.

Pour la musique, selon Thomas « ce n’est pas compliqué d’être bon en musique pour pouvoir gagner sa vie avec. La musique ne se résume pas à être un grand pianiste solo. Tu peux aussi être compositeur de musique de pubs, de films, orchestrateur, arrangeur pour d’autres artistes, professeur, accompagner des chanteurs ou d’autres artistes solo dans leur groupe, etc.. La musique il y en partout, les métiers sont nombreux. »

  • Peinture / Dessin : les métiers qui s’y rapportent sont encore plus nombreux : décorateur de théâtre, peintre de fresques murales, BD, illustrateur, dessinateur de dessin animé, directeur de galerie d’art, conseiller en art, restaurateur d’œuvres d’art, etc.
  • Comédiens/Théâtre : comédien pour les pubs, “YouTuber”, animateur de radio, doubleur de voix de film, chroniqueur, metteur en scène, réalisateur, etc.
  • Cuisine : restaurateur, YouTuber cuisine, inventeur de recettes pour l’agro-alimentaire, restaurateur spécialisé pour les crèches, être l’associé de Marlette ou Michel et Augustin, etc.

Oui mais ce n’est pas simple de savoir si notre enfant a du talent ou pas dans cette voie là…

La réponse de Thomas Enhco : « Si l’enfant se prend de passion pour un art, en évoluant dans ce domaine il sera forcément en contact avec des gens plus expérimentés qui l’encourageront ou non et vous diront s’il est doué, s’il est prometteur, s’il faut l’aider à aller plus loin (professeurs, artistes, amis…) »

D’accord, mais comment parvenir à ce que notre enfant trouve le domaine artistique qui lui convient le mieux ?

Les projets innovants qui permettent d’initier nos enfants à autre chose que la danse classique, le piano et le judo sont nombreux !

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