Hier, je discutais avec un papa des colères de nos enfants.
Il me parlait de son petit dernier, qui à l’époque faisait d’énormes colères… et cela tous les soirs.
Il allait le chercher à l’école à 18 h, et une fois rentrés, il fallait prendre la douche pour ensuite dîner à 19 h, afin de ne pas se coucher trop tard — au risque d’être fatigué le lendemain, levé à 6 h 55.
Son fils faisait colères sur colères. Il refusait de prendre sa douche. C’était une bataille, des tensions, de l’énergie dépensée — ou plutôt gaspillée —, des nuques tendues, des mâchoires serrées, des pleurs, et ce goût amer de ne pas avoir profité, une fois de plus, de la soirée.
Et puis, ils ont déménagé en province.
Une maison, un jardin, de l’espace.
Une école qui se termine à 15 h 30, avec des activités sympas organisées par la Mairie, où chaque enfant peut choisir de faire celle qui lui plaît. Puis “la garderie”, de 16 h 30 à 18 h 30 : les enfants qui ont des devoirs y consacrent un quart d’heure (car ils en ont peu) puis peuvent jouer librement avec leurs copains.
Les parents viennent les chercher à l’heure qui les arrange.
Olivier, lui, le récupère à 17 h 30.
Son fils a alors du temps le soir. Il peut jouer dans le jardin, parler avec son papa, lire, prendre son temps…
Il ne fait plus de crise pour la douche.
Olivier me disait que cette vie plus douce avait changé le comportement de leur fils. Il était nettement moins sous pression, et faisait tellement moins de colères. Et cela a, du coup, changé la vie de toute la famille.
Les problèmes que nous rencontrons avec nos enfants, pour les dépasser, relèvent souvent d’une meilleure compréhension de la situation, d’un ajustement dans notre façon de faire. Soit d’une recherche de solutions pour que chacun se sente mieux.
Mais cette meilleure compréhension entraîne parfois un changement du cadre de vie, afin de mieux l’adapter à l’épanouissement de chacun. Cela peut passer par de petits ajustements accessibles à tous — à condition parfois de “sortir du cadre” ou de remettre en question les pressions sociales et les habitudes sociales.
Par exemple, s’autoriser à ce que son petit enfant, qui ne transpire pas, ne se lave qu’un jour sur deux, voire un jour sur trois. Pour être transparente, c’est le cas des miens quand ils sont petits ; puis, dès qu’ils deviennent préados, c’est tous les jours (car sinon, ils puent 😅).
Et puis parfois, ce sont aussi des changements plus importants.
Parfois, la solution pour adoucir le rythme, c’est de déménager, de changer de métier, etc. Mais aussi dans bien des cas, le “cadre” nous dépasse. Les solutions sont compliquées — faute de moyens personnels, ou à cause de décisions collectives (horaires de l’école, périscolaire, équipes encadrantes, manque d’espaces pour les enfants dans le quartier…) qui ne permettent pas à notre enfant de s’épanouir pleinement.
C’est pourquoi, si nous voulons que chacun puisse accéder à une parentalité plus joyeuse, nous devons mettre de l’énergie à évoluer individuellement — sortir de la culture de domination et aller vers plus de compréhension des situations —, mais devons-nous pas aussi œuvrer pour que les choses évoluent collectivement ?
Car l’environnement social, l’organisation du travail et de la famille ne jouent-ils pas un rôle essentiel dans la vie de chacun ?
Si beaucoup de choses sont en notre pouvoir, tout ne l’est pas. Surtout, nous ne sommes pas tous à égalité dans nos situations. Parent solo, parent d’enfant en situation de handicap, parent en situation de précarité, parent sous pression, etc.
Alors, en gardant cela en tête — l’environnement n’est pas toujours adapté à notre enfant — on peut parfois se montrer plus empathique envers un enfant qui fait une crise. On comprend alors que cette crise n’est pas celle d’un enfant “horrible”, mais d’un enfant dont le cadre ne lui convient pas (et c’est évidemment pas toujours la raison du problème).
Nos combats individuels ne doivent pas nous faire oublier nos combats collectifs.
Et toi, quel est ton combat individuel en ce moment ? Ce que tu aimerais voir évoluer ?
Et quel est, selon toi, le(s) combat(s) collectif(s) qu’il serait important de mener ensemble ?
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