« TU m’agaces ! » « À CAUSE DE TOI, on est TOUT LE TEMPS en retard. » « JE n’en peux plus de TES CAPRICES ! » Ça vous arrive aussi que vos mots dépassent votre pensée ? La Communication Bienveillante est une « technique de communication » qui vise à nous apprendre à nous exprimer avec plus de respect et d’empathie. Également appelée Communication Non Violente ou CNV, son objectif, comme son nom l’indique : « communiquer avec bienveillance » pour créer au sein de la famille une ambiance sereine et propice à la coopération ! 

Caroline, maman, belle-maman et grand-maman de 4 enfants, nous parle de la Communication Bienveillante, fruit de ses recherches pour une relation tranquille, joyeuse et respectueuse au sein de la famille.

Pourquoi utiliser la Communication Bienveillante en famille ?

Je ne sais pas pour vous, mais en règle générale, peu d’entre nous avons été élevés dans un mode de communication non violente. Jusqu’à récemment (l’avènement et la compréhension des neurosciences comportementales), l’éducation classique, (et la communication qui en découle) avait tendance à privilégier les ordres et prônait l’obéissance, dans un rapport soumission-domination. 

Marshall Rosenberg, le père de la communication non violente, a travaillé sur une autre voix, respectueuse des deux interlocuteurs : soi et l’autre. 

L’objectif de la communication est de changer le paradigme : au lieu d’accuser l’autre d’être la cause de nos maux, ce processus nous invite à reprendre notre responsabilité. Ce n’est pas l’autre qui m’énerve, mais ce que fait l’autre qui réveille quelque chose en moi. (“Donc, ce ne serait pas mon fils qui a décidé de construire une tour de kapla -devant la porte- à l’heure du départ qui m’agace, mais ma peur d’être en retard au travail ?! ) 

Le but n’est donc pas, dans l’immédiat, d’obtenir ce que nous voulons de l’autre, mais d’instaurer des relations basées sur l’empathie et la sincérité qui satisferont les besoins de chacun. Beau programme, non ?!

En intégrant cela dans nos échanges avec nos enfants, cela nous permet de prendre un petit pas de recul et de formuler différemment nos propos, sans les agresser. 

Les bénéfices d’une Communication Bienveillante 

La communication non violente utilisée avec nos enfants -et même généralement dans toutes nos relations- a trois intérêts majeurs :

1- C’est l’occasion de braquer la caméra sur nous avant de nous adresser à l’autre : qu’est-ce que je ressens ? Y a-t-il un besoin qui n’est pas satisfait pour moi ? De quoi j’aurai besoin dans cette situation ? 

2- Moins se sentir agressé par les propos de l’autre. En comprenant que l’autre est différent de moi et qu’il a, lui aussi, des émotions et des besoins qui ne m’appartiennent pas, cela permet de moins réagir à ses propos de l’autre comme une agression, mais de comprendre qu’un besoin n’est pas satisfait chez lui.

3- En montrant l’exemple d’une communication empathique et bienveillante, on augmente les chances que notre enfant soit capable de déployer cette compétence plus tard dans ses échanges avec les autres. 

Si la théorie est facile à comprendre, la mise en pratique, elle, n’est pas toujours aisée. Car quand nous sommes sous pression, difficile parfois de passer par les différentes étapes de la communication bienveillante 😋.

D’ailleurs, vous pourrez retrouver plein de cas concrets sur “comment adopter une communication bienveillante, quand notre enfant ne fait pas ce qu’on lui demande…! dans notre  pack “comment le faire coopérer (sans crier) !”. Indiquez votre mail ci-dessous, nous vous l’envoyons gratuitement… 👉

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Voici les 4 étapes de la Communication Non Violente…

Les 4 temps de la Communication Bienveillante

Pour pouvoir faire le petit pas de côté, la Communication non violente préconise 4 temps. 

Pour illustrer, prenons un exemple : nous sommes lundi matin, 7:56. J’ai demandé à Noah, mon fils de 7 ans, de mettre ses chaussures (3 fois déjà en moins de 10 minutes 😉!). Il a décidé de construire une piste de lancement pour ses voitures dans le salon. J’ai un rendez-vous important pour le travail auquel je ne veux pas être en retard. Vous imaginez la scène ? 🤯

  • L’Observation des faits 🔍 sans jugement ni évaluation. À la manière d’une caméra, il s’agit de regarder objectivement ce qui se passe : “Noah n’a pas mis ses chaussures. Il a construit une tour pour ses voitures.”
  • L’expression des Sentiments 😨 où l’on essaie de mettre des mots sur nos ressentis : « cela me met en colère », « je me sens inquiète ».
  • Prendre conscience du Besoin 🔋qui n’est pas satisfait pour nous : « J’ai besoin d’être à l’heure à ma réunion. » 
  • Formuler une Demande 💬 ou proposer de trouver une solution ensemble qui satisfasse les besoins des deux participants :« est-ce qu’on peut laisser la tour jusqu’à ce soir et je t’aide à mettre tes chaussures ? ». Ça pourrait aussi être « quelle solution peut-on trouver ensemble par rapport à cela ? », mais là, je n’avais pas trop le temps 😉.

Bref, en prenant un peu de recul, j’ai pu formuler “Je vois que tu n’as pas mis tes chaussures et que tu as construit une super tour. Je me sens inquiète car j’ai vraiment besoin d’être à l’heure à mon rendez-vous. Tu crois qu’on peut mettre tes chaussures plus vite que l’éclair pour que je sois à l’heure ? On laisse la tour et tu la retrouveras ce soir ?!”. (Je vous rassure, il a fallu que je revive le scénario un certain nombre de fois pour réussir à réagir comme ça. Par contre, je peux aussi vous assurer que c’est beaucoup plus efficace et rapide qu’un coup de pied dans la tour > qui déclenche une crise > qui fait que Loulou ne veut plus bouger > qui fait que je crie > etc. 😨)

Si vous avez envie d’exemples de mise en pratique, n’hésitez pas à faire un tour sur notre article « 7 situations où la CNV a sauvé ma vie (et celle de mon enfant) ».

Et dans la communication, il y a “parler” (en mode CNV), et “écouter” ! Et pour cela, l’écoute active est un élément clé de la réussite !

Girafe et Chacal : comment mettre en place la communication bienveillante à la maison ?

Pour illustrer les deux modes de pensée d’une communication classique vs CNV, Marshall Rosenberg a choisi deux marionnettes : le chacal et la girafe. 

Le chacal

Le chacal représente la face classique de la communication. Il est persuadé de détenir la vérité, de savoir distinguer le vrai du faux. Il pense avoir raison et peut utiliser le chantage, le jugement ou la menace pour faire pression sur son interlocuteur. Le chacal s’exprime donc de manière péremptoire et n’estime pas beaucoup les sentiments. Le monde est donc manichéen : il y a des gagnants et des perdants.

La girafe

Marshall Rosenberg a choisi la girafe pour incarner la CNV car c’est l’animal qui a le plus gros cœur, et que son long cou lui permet de prendre de la hauteur. L’élan de communication de la girafe vient donc du cœur et de la volonté d’être en lien. Elle s’exprime avec bienveillance tout en étant tournée vers l’autre. 

Elle est attentive à reconnaître ses émotions et ses besoins, comme ceux de son interlocuteur. La girafe est consciente que derrière chaque émotion* et sentiment se cachent des besoins fondamentaux non assouvis. Cela lui permet de ne pas se sentir personnellement mise en cause quand le chacal s’adresse à elle. 

* étymologiquement, une e-motion vient de e-movere, « mettre en mouvement », « ébranler » : elle est donc là pour nous donner de l’élan pour avancer ! 

Alors, envie de prendre un peu de recul et d’essayer d’aller vers plus de communication bienveillante avec votre enfant/vos enfants ? Personnellement, j’ai appris tout doucement à l’utiliser : au début, ce n’est pas naturel (un peu comme quand on apprend à conduire, il faut penser aux pédales et au changement de vitesse), et petit à petit, à force d’essayer, on prend de plus en plus le pli (bref, on passe en conduite automatique). Et cela a permis de beaucoup apaiser les tensions dans ma famille : chacun se sent pris en compte et responsabilisé, et ça, c’est déjà beaucoup ! Après, bien sûr, comme tout le monde, parfois,  je rate, je trébuche, j’explose… Rien de grave, c’est l’occasion de faire le point, de s’excuser et de s’appliquer à faire mieux. 🤗

Car la seule certitude, c’est que « si on ne change rien, rien ne changera ». 😉

Des livres aller plus loin :

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