comportement-de-mon-enfant-cpmhkQuand le comportement de mon enfant n’est pas acceptable, comment je réagis ? Quand nous parlons de notre enfant à des copains lors d’un dîner, que disons-nous de lui ? Est-ce qu’il nous arrive de lancer, même avec humour : « Il est insupportable », « Le relou », « Un vraie petite peste » ?

Car même si ces mots sont dits avec « légèreté », ils reflètent quelque peu l’image que nous avons de nos enfants, tout du moins à l’instant où nous le disons. Et cela a son importance, car comme dirait ma grand-mère, nous avons tous tendance à incarner l’image que les autres ont de nous…

On endosse l’image que les autres ont de nous.

Je me souviens d’une discussion avec ma grand-mère (qui incarnait la sagesse et l’altruisme), à propos de sa copine Jacqueline qui venait passer chaque année une semaine dans la maison familiale. Un été, je lui ai dit que je trouvais Jacqueline beaucoup plus rayonnante que les autres années, qu’elle prenait davantage la parole à table, qu’elle était devenue drôle. Ce à quoi elle m’a répondu : « C’est normal, toute la famille a fini par l’accepter, votre façon de l’accueillir a changé. Quand une personne se sent acceptée, elle montre le meilleur d’elle-même. »

Cela rejoint ce qu’une de mes collègues me disait à propos de son frère : « C’est incroyable, mon frère, quand il faisait de la prospection chez son ancien employeur, ça se passait hyper mal. Ils n’étaient pas contents de lui, il avait du mal à atteindre ses objectifs, puis il a été embauché par le concurrent pour le même job. Ils l’ont reçu comme le messie, le considéraient hyper compétent et il a cartonné ! Juste une histoire de confiance en lui, d’image que nos propos donnaient de lui et qu’il endossait. »

Même si, dans l’absolu, l’idéal est d’avoir suffisamment confiance en soi pour ne pas se soucier du regard des autres, il est difficile d’atteindre ce niveau de sagesse, même pour un adulte. En tout cas, nos enfants sont loin d’avoir la maturité suffisante pour y arriver. Ils ont une forte tendance à se conformer à l’image que nos paroles donnent d’eux.

Si on considère notre enfant comme nul en musique il est peu probable qu’il devienne fort, car il n’a pas la confiance nécessaire pour prendre du recul et se dire qu’il peut progresser. Il se pense nul car c’est ce qu’il entend ses parents dire de lui.

Idem quand on dit et répète à un enfant qu’il est insupportable (ou qu’on lui fait comprendre par notre attitude). Il aura tendance à se conforter dans cette image de petit diable et aura beaucoup de mal à se voir comme un enfant sage et donc à en adopter le comportement.

Mes paroles influencent le comportement de mon enfant.

Si on dit à un enfant : « Tu n’es pas prêteur », on le convainc qu’il n’est pas prêteur. Quand une copine de Joy vient me voir pour me dire : « Charlotte, Joy elle ne veut pas prêter son camion », je lui réponds (sachant que Joy m’entend) : « Oh t’inquiète pas, connaissant Joy, je suis sûre qu’elle va te le prêter. Demande-lui quand elle voudra bien te le passer ». Je suis pratiquement certaine que Joy finira par prêter son camion.

Si la maîtresse se plaint du comportement de mon enfant, que je suis convaincue qu’il est effectivement insupportable et que je lui tombe dessus le soir même pour lui dire : « Je ne suis pas content, il paraît que tu es insupportable avec Madame Patin, va falloir que cela change », je le mets directement dans une case et il sera difficile pour lui d’en sortir. Alors qu’en lui demandant : « Il paraît que cela ne s’est pas bien passé avec Madame Patin. Cela m’étonne, toi qui a toujours envie de coopérer… Que s’est il passé ? Cela ne te ressemble pas, je suis sûr que ça va mieux se passer demain », il devient beaucoup plus motivant pour lui d’essayer de changer. En lui montrant une image de lui positive, on lui donne la force de changer et d’aller vers cette attitude positive.

Un jour, quelqu’un nous a fait remarquer que Léon boudait de temps en temps. Nous n’avions jamais eu cette image de lui et pourtant en y faisant attention, c’était vrai. Le fait de ne pas avoir cette image de « Léon boudeur » nous permet de réagir positivement lorsqu’il commence à faire la moue. Une petite grimace, une blague et on désamorce facilement la situation. Si nous avions cette image de lui, d’un Léon qui boude à tout bout de champ, nous réagirions certainement autrement. Avec des mots, même affectueux (« Léon, mon petit boudin, mon boudeur professionnel »), on lui colle une étiquette, on l’enferme dans ce rôle de boudeur.

Alors comment faire pour lui donner une image de lui positive ?

Avant toute chose, pour lui donner une bonne image de lui, il faut évidemment changer le regard que l’on porte sur son enfant.

Pour cela, on peut pratiquer une vraie petite gymnastique de l’esprit. Par exemple, en s’exerçant quotidiennement à relever ce que notre enfant a fait de positif, plutôt que de ne voir que les choses qui ne vont pas (voir l’exercice 30 minutes suffisent pour offrir à nos enfants d’être heureux jusqu’à 90 ans).

Ainsi quand la maîtresse m’aura reproché le mauvais comportement de mon enfant, quand on aura passé une journée difficile avec lui nous pourrons avoir le recul nécessaire pour se dire que, même si en ce moment notre enfant est difficile sur un point, il est globalement une très belle personne et qu’on a confiance en lui pour dépasser ce problème passager.

De plus, comme nous l’avions vu dans un précédent article, partons du principe que si le comportement de mon enfant est négatif c’est qu’il se cache derrière une cause plus profonde, un éventuel mal-être, ou une émotion négative qu’il nous faut comprendre. Plutôt que de soigner le symptôme, traitons la cause. Encore faut-il, pour cela, prendre le temps de la chercher et de la comprendre.

Ensuite, si on veut aider notre enfant à changer de comportement, à sortir de son statut « d’enfant pas prêteur » par exemple, observons toutes les fois où il prête et relevons ces gestes auprès de lui : « Regarde comme ça fait plaisir à Julie que tu lui prêtes ton jeu ! Tu sais, cela ne m’étonne pas de toi, je trouve que tu prêtes beaucoup en ce moment ». Renvoyons-lui une image « d’enfant prêteur » plutôt que l’inverse.

Imaginez que l’on vous a toujours dit que vous étiez égoïste et que vous arrivez dans un environnement où, en l’espace d’une semaine, trois personnes vous disent « C’est tellement sympa de ta part d’avoir fait ça, c’est tellement généreux de ta part » ou encore « C’est tellement agréable d’être reçu par quelqu’un d’aussi généreux et tellement rare ! », cela vous donnerait envie d’endosser et de persévérer dans ce rôle, non ?

Et enfin, faisons attention à la façon dont nous appelons nos enfants et évitons de lui donner des petits noms à connotation négative, même pour rigoler : « la tortue », « l’hyper actif », « la racaille », « le glouton », etc. Même si ça n’est pas dit méchamment, à force de le répéter ça enferme notre enfant dans un comportement négatif.

Et puis si nous, ses parents, ne croyons pas à la richesse de notre enfant, qui y croira ?

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