punition positiveOn a beau être des parents positifs, la punition nous semble parfois être la seule manière de réagir. Existe-t-il des punitions positives ? Est-il possible de sanctionner tout en restant bienveillant ?

Nous étions en train de prendre le café chez une amie avec Joy. Nos deux filles jouaient, quand je vis avec horreur Joy froisser un dessin de son amie Juliette et le mettre à la poubelle, visiblement fière de son fait. Juliette alla le chercher et fondit en larmes “Le beau dessin que j’avais fait pour maman ! Tu l’as tout abîmé !!”. J’étais estomaquée et honteuse de voir ma fille se comporter ainsi :

  • « Mais Joy, pourquoi tu as fait ça ?!  Regarde, Juliette est trop triste ! Tu te rends compte, si une de tes copines prenait le beau dessin que tu avais fait ce matin et le déchirait et le mettait à la poubelle ? Tu serais bien triste, toi aussi !
  • Oui bah justement ! Ce matin, ma copine Luce elle a pris mon dessin, et je sais pas ce qu’elle en a fait et je suis trop triste, car maintenant je l’ai plus et elle m’a même pas dit pardon !
  • Je comprends que tu sois triste, ce n’est pas drôle. Mais toi, ça ne te ressemble pas de faire une chose pareille, alors tu peux dire pardon à Juliette.
  • Oui, mais je ne savais pas que c’était son dessin ».

Mauvaise foi, fausse excuses, une vérité mal exprimée ?

Comme je l’ai expliqué dans cet article Faut-il forcer notre enfant à demander pardon ?, forcer à un enfant à dire pardon est bien souvent contre-productif. Je décide donc de reporter la discussion avec Joy à plus tard, et prend sur moi pour assumer le rôle de la mère indigne qui ne punit pas sa fille suite à un comportement aussi cruel.  

Joy boude, devient désagréable et commence à faire une crise pour un malheureux bonbon. Il est temps de partir…

Le soir, on reparle de ce qu’il s’est passé :

  • « Qu’est-ce qui s’est passé tout à l’heure avec Juliette ? Cela ne te ressemble tellement pas ce genre d’attitude. Généralement, toi, tu n’as pas envie de faire de la peine à tes copines.
  • Mais je ne savais pas, je voulais faire ça pour rigoler.
  • En fait tu voulais faire une blague, et tu te rendais pas compte que tu allais faire de la peine à Juliette ? Et une fois que tu t’en est rendu compte, tu avais trop honte ?
  • Oui.
  • Ça arrive arrive à tout le monde de faire de la peine sans faire exprès. Mais comment  vas-tu faire maintenant pour consoler Juliette ? Elle avait l’air tellement triste que tu détruises son beau dessin !»

Elle réfléchit. Pas de réponse…

Je n’insiste pas davantage, les enfants, comme nous, ont parfois besoin de “digérer” avant de passer à l’action.

Le lendemain matin :

  • « Alors, tu penses que tu vas faire un petit truc pour te faire pardonner ce matin ?
  • Oui, je pourrais peut être lui faire un petit cadeau »

Pourquoi la punition est peu positive

J’ai repensé à cette scène qui, il faut bien l’avouer, était en apparence choquante de « cruauté ». Au moment où Joy a montré le dessin écrabouillé à Juliette et l’a mis dans la poubelle, en effet, elle l’avait pas l’attitude de quelqu’un qui voulait faire de la peine à sa copine, mais clairement son petit rire reflétait plus l’attitude de quelqu’un qui voulait faire une blague. Certes, de très mauvais goût. Et quand vous voulez faire une blague à quelqu’un et que la personne le prend mal, vous vous sentez juste nul. Surtout si tout le monde est choqué par votre attitude : vous êtes vexé d’être ainsi pris pour un “méchant”, alors que vous n’aviez pas de mauvaises intentions (vous savez, la sensation du mec qui enlève la chaise d’un ami juste ‘pour rire’). Et dans ce cas, où l’on se sent seul contre tous, on peut avoir envie de de bouder et de justement  tout mal faire. L’enfant peut même chercher à embêter les autres (« puisque c’est comme ça, je jette le jouet par terre ! »). Il ne fait alors qu’endosser la mauvaise image qu’on lui reflète, et se trouve empêtré dans un rôle qu’il n’a pas voulu.

Si j’avais immédiatement puni Joy suite à sa bêtise  (« Qu’est-ce que tu as fait ? Ca va pas bien !? Tu vas au coin, et tu lui dis pardon ! »), elle se serait sentie aussitôt humiliée, idiote, méchante… bref, complètement nulle. La punition est rarement positive, car quand on perd  confiance en soi, il est très difficile de s’améliorer. Au contraire, on a plutôt tendance à s’enfoncer…

En plus de cela, le lendemain, à l’école, Joy aurait pu se sentir inférieure, en tant que méchante ; et son amie supérieure, puisqu’ayant eu la validation des adultes que Joy avait vraiment eu un mauvais comportement. En collant des étiquettes à nos enfants, on risque aussi  d’influencer, voire de déséquilibrer leur relation.

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Mais alors, que faire pour que notre enfant ne recommence pas ?

La meilleure chose qui aurait pu se passer dans cette situation, c’est que Joy n’ait pas honte de reconnaître ses torts et de demander pardon, tout en trouvant des solutions pour réparer sa bêtise.

Pourquoi ça ne s’est pas passé comme ça ?

Dans la scène qui vient de se passer, nous les parents, étions présents, et je n’ai pu m’empêcher d’intervenir « Mais qu’est-ce qui s’est passé? Ce n’est pas gentil !». Même en essayant de ne pas l’accuser, j’ai raté mon coup…. Gonflée d’ego et humiliée, Joy s’est braquée et a refusé de s’excuser.  En plus de cela, je ne lui ai même pas laissé le temps de prendre conscience de la situation.  Laisser son enfant subir les conséquences naturelles de ses actes (se retrouver seule dans une pièce avec son amie qui pleure), aurait été une meilleure solution. Quand j’entends les enfants jouer dans une autre pièce et que Joy prend un jouet de Léon qui se met à pleurer, ou a un différent avec une copine,  généralement Joy essayait de trouver une solution pour que son frère arrête de pleurer, ou que sa copine ne lui en veuille pas.  Car la plupart du temps, elle n’a PAS ENVIE de faire de la peine à son frère ou à sa copine.  Je suis persuadée que si nous, adultes, n’avions pas assisté à cette scène, Joy aurait tenté de réparer la situation d’elle-même.

Que faire si l’enfant ne cherche pas de lui-même à consoler son ami ?

Si regarder les pleurs de son amie ne suffisent pas à ce qu’elle cherche d’elle-même à la consoler, que faire ?

Parler de la situation à froid peut être intéressant. La discussion que j’ai eu plus haut avec elle a plusieurs avantage :

1/ Je la persuade que cela ne lui ressemble pas. Quand on se sens soutenu, on se sent bien plus fort pour ne ne pas recommencer.

2/ Elle ne perd pas confiance en elle, comprenant que mal agir arrive à tout le monde, et qu’il est possible de “réparer” ses erreurs. Se sentant soutenue et non rabaissée, elle n’a pas honte d’admettre et de réparer son erreur.

3/ Aussi, lui remémorer des moments où elle-même a vécu ce qu’elle venait de faire subir est assez efficace. D’ailleurs, en écrivant ces lignes je me souviens que quelques jours avant, Léon avait jeté à la poubelle un dessin de Joy accroché aux murs ! Sur le coup, cela ne m’avait pas marquée car il était mort de rire et absolument inconscient de ce qu’il faisait. Joy avait d’ailleurs dit à Léon «  Léon je suis très triste, j’avais mis beaucoup de temps à faire ce dessin, cela me fait beaucoup de peine ! » (oui oui, à force de prendre comme réflexe de s’adresser à notre enfant en exprimant ses sentiments, plutôt qu’en l’accusant, nos enfants prennent le plis de faire de même !). Dans un monde idéal, où les parents pensent à tout, les moments où notre enfant se sent blessé par un autre sont de bonnes occasions de lui faire prendre conscience de la situation pour qu’il ne la reproduise pas à leur tour : « Souviens toi bien de ce moment, pour que toi-même tu ne fasses pas de peine à quelqu’un d’autre en abimant un de ses jouets ou une de ses œuvres, et qu’il ne ressente pas la tristesse que tu ressens à l’instant ».

Vous pouvez aussi lire cet article : Eduquer sans punir : oui c’est possible ! Voilà comment.

Conclusion sur la “punition positive”

Nos enfants, qui encore une fois sont BEAUCOUP moins rationnels que nous, apprennent davantage en vivant une situation et des sentiments, qu’en écoutant des explications ; en s’imprégnant des conséquences directes de leur erreurs (son amie lui fait la tête),  plutôt qu’en subissant une punition « artificielle », le tout éclairé par des parents capables de mettre des mots sur toutes ces émotions vécues.

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