ForumCatégorie: 2-6 ansFille 4 ans difficile
Laetitia demandé il y a 4 ans

Bonjour, 
Je suis maman de 2 petites filles, une de 4 ans et une de 2 mois.
Ma fille de 4 ans et très difficile. Tout d’abord en ce qui concerne l’alimentation, ça  a toujours été compliqué. Elle a toujours été difficile en refusant certains aliments, notamment la viande mais jusqu’à ses 3 ans elle allait chez la nounou et mangeait quand même un peu.
Depuis son entrée à l’ecole elle va à la cantine. Elle fait des colères au moment d’y aller et ne mange que du pain, des fruits et ded yaourts. Depuis l’arrivée de sa soeur je suis à la maison et elle ne veut plus manger que des biberons de lait au chocolat. Nous avons arrêté de lui en donner car elle ne mangeait rien d’autre mais du coup ses repas se résument à des croquettes de poisson ail et fines herbes et des bananes. Elle reclame beaucoup de gateaux et de bonbons et se nourrirait exclusivement de ça si elle pouvait.
De plus elle est toujours sur la défensive, se met en colère dès que nous lui demandons quelque chose ( bain, brossage de dents…).Elle est très insolente et a réponse à tout, nous parle très mal et parfois lève la main sur moi. Elle est capricieuse et veut toujours que nous lui achetipns des jouets oi des bonbons.
Depuis le debut de l’été elle fait pipi et caca dans sa culotte et dort assez mal.
Nous essayons de lui parler, d’être bienveillant mais les journées sont longues et elle use notre patience, et la nous faisons tout ce qui est contre productif  ( cris, menaces).
Je suis désemparée et parfois même je lui en veux même si je sais que ce n’ai pas sa faute.
Je ne sais plus comment faire avec elle, nous sommes allées voir un microkiné mais pour l’instant pas de changement…
 

11 Réponses
Thibault répondu il y a 4 ans

Le repas, c’est quand même souvent un moment qui cristallise les conflits. Quels sont vos objectifs et inquiétudes en fait ? Quelles valeurs voulez vous transmettre ? Face à ce genre de situation, il peut être bon de lâcher prise sur ce qui finalement n’est pas essentiel pour se concentrer sur ce qui l’est.
Vous parlez de l’arrivée de la soeur, c’est peut-être aussi le noeud du problème. A 4 ans, on est grande. Quand on recommence à vouloir se nourrir de biberon, c’est un moyen de redevenir un bébé. Tout comme faire dans sa culotte. Pour le coup, l’aide d’un pédopsychiatre pourrait être utile, ne plus être le centre unique de l’intérêt de ses parents, mais être mis en concurrence avec un petit être qui prend énormément de place, c’est difficile…
Mais c’est peut-être aussi le moment de lâcher un peu prise sur le reste. Par exemple, est-ce vraiment grave que votre fille n’aime pas la viande ? Mon fils n’a jamais aimé la viande rouge – il mange du poulet, du poisson, des oeufs, au niveau de la santé c’est largement suffisant. Finalement, on a le droit de ne pas aimer la viande rouge, ça fait partie des goûts de chacun, et ça ne pose pas de problèmes de santé. Par contre, ne manger que des gâteaux tout le temps, oui.
Qu’en pense le pédiatre ? Est-ce que sa courbe de poids est normale ou y a-t’il une cassure ? Si l courbe est bonne, c’est que tout va bien… Sauf problème vraiment grave, un enfant ne se laisse pas mourir de faim. Et les enfants sont généralement encore régulés par l’instinct – en d’autres termes, si elle manque d’un nutriment, elle va être attirée par les aliments qui l’apportent. Le risque d’avoir un repas très conflictuel, c’est que les émotions paralysent l’instinct. 
Au niveau de la nutrition, il y a beaucoup d’angoisse dans notre société et ça peut rejaillir sur les enfants et transformer le repas en champs de bataille. Il faut se rappeler les fondamentaux. Un enfant ne se laisse pas mourir de faim (sauf anorexie, mais ce n’est pas le cas ici). L’équilibre alimentaire ne se joue pas sur le repas ou même la journée, mais sur la semaine – en d’autres termes, si votre enfant fait une fois par semaine un repas entièrement constitué de bonbons ou de chocolat, il ne va rien lui arriver de mal. Et nous sommes des omnivores, ce qui veut dire qu’on peut avoir de nutriments depuis de nombreuses combinaisons – il n’est pas nécessaire de manger de la viande, le poisson ou les oeufs vont très bien par exemple.
Par contre, l’interdit peut provoquer l’attirance. Et si l’interdit est associé à des exceptions, du type « les bonbons sont interdits mais si je fais une crise, j’en ai », ça peut devenir ingérable. Par exemple, plutôt qu’interdire les bonbons, instaurer qu’on a le droit d’avoir un bonbon à chaque repas, mais que c’est un dessert et donc qu’on le mange dans le cadre du repas et pas au milieu de la journée, et, comme tout dessert, à la fin et si on a encore faim. Finalement, si le bonbon est banalisé, il finit par devenir un aliment comme un autre. Et l’enfant peut préférer un fruit au bonbon qui finalement sera toujours là demain…
Sur l’alimentation, je vous encourage à lire les livres du Dr Zermati – c’est avant tout destiné aux gens qui ont des problèmes de poids, mais c’est un éclairage intéressant sur l’éducation à l’alimentation. A savoir que notre rôle est peut-être plus à apprendre à l’enfant à écouter son instinct que lui transmettre une série de contraintes alimentaires voire de tabous.

Laetitia répondu il y a 4 ans

Merci pour votre réponse.
Je m’aperçois en vous lisant que j’ai beaucoup axé ma question sur l’alimentation alors que ce n’est pas l’essentiel du problème.
En fait nous avobs un peu tout essayé, bous avons même été très cool là dessus pendant un moment car nous ne voulions pas que la nourriture devienne un moyen de pression pour elle à notre encontre.
Le medecin ne s’était pas inquiété lors de notre dernière visite mais là le poids stagne à voir lors de la prochaine visite.
Il est evident que ce n’est pas très grave si elle ne mange pas de viande, mais j’avoue que mêmesur une semaine je ne suis pas sur que tout ses besoins soient comblés.
Ce qui m’inquiète surtout c’est cette colère que je sens en elle, et qu’elle n’arrive ni à expliquer ni à gérer.  Comment l’aider ? 

Thibault répondu il y a 4 ans

Clairement, vous êtes dans la zone des grosses colères, c’est un passage, comme l’âge du non. L’enfant a des attentes, des envies, et a beaucoup de mal à se maîtriser quand les contraintes viennent contrarier ça. C’est aussi un âge où ils peuvent prendre des choses extrêmement à coeur – je viens de me payer un demi-heure de larmes par qu’on lui a expliqué que dans son école pour la rentrée, il faudra laisser un doudou en permanence.
C’est finalement un peu normal – être un enfant, c’est frustrant, on a des avis et des envies, mais pas les moyens de les faire valoir ou de les satisfaire. Et en plus quand ça ne va pas, les émotions débordent et la grosse couleur arrive et elle est impossible à maîtriser.
Est-ce que vous avez essayé les livres sur la colère ? J’en avait trouvé un qui l’a pas mal marqué, où une grosse colère rouge sortait de l’enfant et cassait les jouets. C’est une image impressionnante, mais qui lui a parlé, parce qu’effectivement, leurs colères leur échappent vraiment. Ca lui a permis de mettre des mots dessus, de discuter sur comment la calmer. On lui a donné une boite à colère, pour pouvoir la ranger dedans quand elle a terminé. On lui a expliqué ce qu’était la colère, pourquoi il est parfois normal d’être en colère (face à une injustice notamment) et comment utiliser cette colère. Plus il peut mette des mots dessus, plus il dispose d’outil pour exprimer la colère de manière contenue, plus ça lui permet de gérer ça. Quitte à lui expliquer qu’on arrive pas à le comprendre quand il hurle pour l’inciter à expliquer calmement. La base, c’est qu’on ne peut pas faire taire la colère, ce n’est de toute façon pas sain, mais on peut lui apprendre à l’exprimer de manière acceptable. Mais ce n’est pas un déclic, c’est un processus sur plusieurs mois.
Je pense qu’il est aussi important de leur laisser du pouvoir de décision. Par exemple en discutant à l’avance du menu – quand ils sont calmes et pas trop fatigués bien sûr. En expliquant que les parents aussi ont des envies et en cherchant à établir un compromis.

Laetitia répondu il y a 4 ans

Merci pour vos réponses qui me sont très utiles.
Coralie vous pointez quelque chose qui me semble assez juste, en y réfléchissant je me revoie lui demander tellement de choses…
Thibault, merci pour vos conseils, je vais essayer les livres ( entre autre!)
C’est que je lui dit qu’elle a le droit d’être en colère mais qu’elle doit l’exprimer autrement… Peut-être que je ne lui donne pas les clés pour apprendre à le faire.
Je suis moi même très rarement en colère, j’ai un caractère très posé et du coup je n’ai jamais vraiment eu à gérer ce sentiment.
Du coup je ne sais pas gérer ma colère, je ne sais donc pas lui apprendre et en plus je suis forcément un mauvais exemple quand je suis moi même en colère…

Thibault répondu il y a 4 ans

Pour la colère, il est important de se rappeler que c’est une émotion et que les émotions sont toujours impératives et neutres.
En d’autres termes, on ne peut pas s’empêcher de ressentir de la colère – elle surgit, elle est là et ça échappe à notre contrôle. Par contre, on peut choisir ce qu’on fait avec cette colère. C’est une émotion très forte pour un enfant et assez inquiétante : ça surgit, ça les déborde et si ils tentent de la faire disparaître, ça ne marche pas. Parce qu’on ne peut pas faire disparaître une émotion – mais on peut guider sa résolution et choisir comment on la laisse s’exprimer. Apprendre à gérer ses émotions, ce n’est pas les faire disparaître, c’est leur donner un moyen de s’exprimer – par exemple par les mots plutôt que par les coups, en résolvant la source de l’émotion, par un dessin (c’est très puissant le dessin chez l’enfant, j’ai une série de « grosses couleurs » de mon gamin à la peinture rouge et noire, c’est assez évocateur).
L’autre point, c’est qu’ils raisonnent beaucoup en terme de gentil ou méchant à cet âge. L’idée que la grosse colère puisse être méchante, ça la rend très inquiétante et ça suscite une cascade d’autres émotions : peur, culpabilité… Une émotion, c’est forcément neutre. La peur, ça peut paralyser comme ça peut faire éviter un danger. La colère, ça peut être légitime – par exemple face à une injustice, un enfant qui se fait frapper… Et ça peut être utile, en donnant du courage, de la ténacité – beaucoup de combats justes commencent par une colère… Ca avait bien marché d’expliquer à mon fils que la colère n’était pas méchante mais qu’elle était un peu bête et qu’elle n’avait pas de bouche pour parler. Et qu’il fallait qu’il essaye de comprendre ce qu’elle voulait pour parler à sa place.
C’est aussi l’âge de la théorie de l’esprit – l’enfant a compris qu’on fonctionnait comme lui et il essaye d’imaginer l’intention derrière nos actions, avec ses moyens. C’est aussi l’âge où il commence à se projeter, à imaginer des scénarios pour des événements futurs. Il devient bien plus complexe qu’avant, avec des émotions et des pensées élaborés. Le problème, c’est qu’il se trompe encore souvent et qu’il se fait rapidement déborder par son imagination, ça peut les rendre très susceptibles et il peut y avoir des quiproquos massifs et les colères qui vont avec. Et en plus ça se cumule avec la fatigue de l’école ou du centre de loisir – je sais que le soir est particulièrement sensible en semaine par exemple.
Bon, après, c’est pas miraculeux. Gérer ses émotions, c’est un apprentissage sur la vie entière – beaucoup d’adultes ont encore des problèmes. Il a toujours de grosses colères de temps en temps avec le miens, mais au moins il verbalise beaucoup et on finit par comprendre les raisons profondes. C’est l’occasion de lever les quiproquos en expliquant ce qu’on voulait dire ou pourquoi on l’a dit.

Cecile répondu il y a 4 ans

Bonjour,
un autre petit conseil serait du prendre du temps seul avec elle  » comme avant » et comme vous le faites a pèsent avec sa petite sœur.
J’ai aussi beaucoup lu et entendu que jouer regulieremtn avec son enfant lui permettait de s’exprimer à sa façon ( Papa/Maman, maitresse… pas les jeux de société où les histoires qui sont aussi utiles mais plutot pour tisser du lien). Pas besoin d’imagination, en général ils nous dictent tout ce que nous devons faire et dire. Et la « j’obéis » elle exerce aussi son pouvoir à ce moment là. ma fille avait de grosses difficultés pour s’endormir, depuis que nous jouons avec elle 15min à deux seulemt saNS distraction à côté Ca s’est nettement amélioré. De plus dans les périodes difficiles, on passe au moins un bon moment à cet instant là et Ca m’aide à tenir le coup.
enfin j’ai trouvé chez nature et découverte « les cahiers  d’Isabelle Fillozat » il y en a un sur la colère pour aborder le sujet autrement!
Et bien sure, prenez du temps pour vous et votre couple, sinon rien ne fonctionnera car vous ne pourrez pas avoir le soutien, le recul et la patience nécessaire!!!
bon courage  

Evan répondu il y a 4 ans

Bonjour
 
On parle du Terrible Two, mais on oublie très souvent de parler du Terrible Four.
Nous vivons la même chose chez nous au sens que notre enfant affirme de plus en place qu’il est.

Et c’est par moment difficile à gérer. Dès que l’on amène une idée qui entre en confrontation avec notre enfant, il se bloque et refuse.
Dès qu’il a envie de quelque chose, et qu’il le veut énormément, il va devenir très dur.
Ne parlons même pas quand il est malade.
 
Et pourtant, j’ai trouvé des techniques qui fonctionnent, pas tout le temps, pas à chaque fois, mais à force petit à petit, je vois le changement, les améliorations.
 
Par exemple dès que j’entre en confrontation, je m’écoute, et je sens et j’entends ma voix qui change.
Je reprends la voix du papa qui donne un ordre, ce que je n’aime pas du tout .. 

Du coup, je fais une pause, et je souffle un bon coup.
Et puis j’arrête de parler à mon enfant, mais je reste à côté de lui.

Au début il me refuse, c’est normal … Il sent de l’énervement, qu’il ne sait pas encore tout contrôler.
Je commence alors à jouer avec lui, soit en le poussant gentillement, soit en l’attrapant le pied, etc …

Et puis, j’essaye de deviner pourquoi la colère, pourquoi les cris, ou la voix forte que mon enfant avait :
je lui pose des questions : c’était pour ceci que tu voulais cela, .. ?
Ou alors, je tente aussi le : 
je m’excuse, et je viens t’écouter.

Au plaisir
Evan, un papa patron.

Laetitia répondu il y a 4 ans

Merci à tous pour vos réponses. J’essaies de mettre tous vos conseils en pratique… c’est un entraînement quotidien !

saf répondu il y a 4 ans

Bonjour,
    je vais moi aussi tenter de mettre en application ces conseils. Laeticia, est ce que vous pourriez nous dire ce que ça a donné pour vous de suivre tous ces conseils ?
Bonne continuation à tous et bon courage !

Aurélia répondu il y a 2 ans

Bonjour
Merci pour ces conseils
J’ai particulièrement aimé le « je m’excuse, je viens t’écouter »… les émotions associées à la colère, la théorie de l’esprit… ça explique beaucoup de choses.
Pas facile de gérer ses émotions même adulte comme vous le dites…

Delphine répondu il y a 3 semaines

Bonjour

Je vois que ce poste date de quelques années mais je tente ma chance au cas où.
Notre fille a 4 ans et je la reconnais bien dans la description de la votre.
Elle est bien éveillée, comprend bien et s exprime bien depuis toute petite. Elle est curieuse et volontaire. Mais elle est aussi tres exigeante (et également voire plus avec elle même ), autoritaire, sur la défensive voire agressive verbalement. Elle a beaucoup de mal a gerer ses colères et s’emporte très faiblement. A l’école elle dit qu’elle tape, griffe et fais mal aux autres parce quelle arrive pas a se calmer. Elke est en moyenne section et nous avons jamais eu de plainte des professionnels mais elle se met tout de même une pression.

Si par hasard vous avez ce message, j aurai voulu savoir si votre fille a pu s’apaiser niveau comportement ? Et si vous avez des conseils à nous donner.

Merci beaucoup.

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