enfant qui boude

L’enfant qui boude…. Il laisse perplexe, il exaspère, et il nous laisse souvent démuni ! Je lui avais dit “Attends deux secondes, je finis de parler et je suis à toi”, et, vexé par ma réflexion, il est parti bouder…. C’est vrai que j’avais formulé ça un peu sèchement, en l’écartant d’un revers de la main.

“Excuse moi Loulou, je ne voulais pas te vexer. C’est juste que j’ai du mal à parler à deux personnes en même temps, mais maintenant que j’ai fini ma discussion, je suis tout à toi.”

“ C’est trop tard !”

“Comme tu veux, en tout cas, sache que si tu as besoin de moi, je suis là”.

Mais pourquoi notre enfant se met-il à bouder ? Parfois, il est vraiment vexé par la situation et plutôt que de verbaliser, il préfère bouder pour montrer son mécontentement. Si on comprend les raisons de sa réaction, une bonne chose à faire est simplement de lui expliquer le sens de notre attitude (“Ce n’est pas contre toi, mais j’ai du mal à parler à deux personnes en même temps”), et de s’excuser si on lui a fait de la peine, car tel n‘était pas notre intention (“Excuse moi loulou, je ne voulais pas te vexer”). Enfin, lui dire que nous sommes là s’il veut parler ou faire un jeu par exemple (“Sache que si tu as besoin de moi, je suis là”).

Face à l’enfant qui boude : L’IMPORTANT en tant que parent est de ne PAS culpabiliser !

Notre intention n’était pas négative, notre enfant aussi a le choix de réagir en boudant ou pas. De notre côté, on a fait du mieux que l’on pouvait à cet instant, on s’est excusé de l’avoir fâché car tel n’était pas notre intention, on lui montre que l’on est ouvert à la discussion. Le fait que notre enfant boude ne fait pas de nous un mauvais parent !

Le truc à éviter (je parle d’expérience), c’est de se plier en 4 pour que l’enfant arrête de bouder. Honnêtement, quand je fais la tronche, ce n’est pas en me disant “Allez, arrête, souris !” que je vais arrêter ! Au mieux, le supplier d’arrêter va empirer sa mauvaise humeur. Au pire, ça va lui faire comprendre l’efficacité du stratagème pour obtenir ce qu’il veut. Pas bête, la guêpe !

Il boude, soit. On s’est excusé, on a expliqué. Il a le droit de s’exprimer. On le laisse donc si c’est ce qu’il souhaite, et on revient pour prendre la température, et pour l’aider à trouver une issue à cette mauvaise humeur, on peut tenter une approche après quelques minutes : “On commence un jeu avec ta soeur, tu veux venir jouer avec nous ?”. Et si c’est non, c’est non. On n’en fait pas un fromage.

La situation dépend aussi du tempérament de l’enfant qui boude. Avec notre aînée, c’est différent. Les rares fois où elle boude, elle a plutôt tendance à le faire de façon volontaire/réfléchie pour obtenir quelque chose de notre part. J’aime alors utiliser l’humour, la regarder droit dans les yeux et lui faire des mimiques qui la font exploser de rire ! Une façon pour moi de lui dire “Je sais que cela ne te ressemble pas de bouder, je t’ai démasquée, allez on arrête, et on joue ensemble !”. Avec elle, ça marche bien. Mais attention à ce que votre enfant ne prenne pas la mouche : certains trouveront que vous ne les prenez pas au sérieux, ce qui risque de les blesser encore davantage.  

L’enfant qui boude : une façon de montrer son mécontentement

Les plus grands qui boudent le font souvent parce qu’ils ont l’impression que le dialogue n’arrangera rien à leur affaire, ou que de toute façon ses parents ne l’écouteront pas, ou ne seront pas ouverts à la discussion. Bouder, c’est alors montrer son mécontentement… et aussi un peu embêter ses parents !

Notre enfant a besoin de se sentir écouté, de sentir que ses parents prennent en compte ses besoins et lui veulent du bien. Or parfois, quand on refuse une demande à notre petit (“Je n’ai pas le temps de jouer avec toi”) ou à notre grand (“Tu ne sors pas ce soir”), on ne prend pas le temps d’expliquer notre décision. C’est l’incompréhension qui crée la frustration.Cela vaut alors le coût d’ouvrir le dialogue pour mieux comprendre pourquoi notre enfant ressent cette frustration, et pour donner plus de sens à nos refus, que lui peut vivre comme une injustice.

T’es pas content parce que je ne t’ai pas permis de sortir ? Pourquoi cela t’embête autant que cela ?

Parce que moi j’ai rien fait de mal et je vois pas pourquoi j’ai pas droit de sortir, tous mes copains, ils sortent ! C’est injuste…

Je comprends, c’est vrai que nous sommes inquiets de te voir sortir tout le temps, on ne sait pas trop ce que tu fais, et on a peur que cela devienne une habitude. Ce n’est pas parce que l’on a envie de t’embêter. Mais discutons-en, on pourrait peut-être trouver une solution ensemble.

Parfois, l’enfant qui boude le fait car il pense simplement qu’on ne l’écoutera pas. C’est alors le moment de l’écouter pour de vrai, c’est-à-dire de pratiquer l’écoute active !

D’autres enfants, souvent plus grands, boudent de façon “chronique”. Ils ne se sentent pas écoutés, ou ont l’impression de se faire critiquer lorsqu’ils s’expriment. Une façon de dire “Et bien puisque personne n’en a rien à faire de moi, ou trouve que ce que je dis est nul, je ne parle plus !”. Derrière cette attitude mutique se cache peut-être le désir que ses parents viennent vers lui pour lui dire : “Tu sais je t’aime beaucoup, et je vois qu’il y a quelque chose qui ne te rend pas heureux. Je suis disponible pour en parler avec toi, et voir ce que l’on pourrait faire pour que cela aille mieux”

Faisons de notre mieux, et il appartient à notre enfant d’accepter l’écoute que nous lui proposons, ou de continuer à bouder. A nous l’accepter 🙂

Commentaires

Commentaires

7 réponses
  1. lenou
    lenou says:

    Bonjour, article intéressant mais quand l’enfant boude dans le cadre d’une séparation entre les parents..que faire ? Moi j’essaye d’aller beaucoup vers mes filles et les pousser à verbaliser (elles n’ont que 3 ans et demi) mais je ne veux pas non plus leur mettre des choses en tête qu’elles n’auraient pas, par peur qu’elles ne puissent pas s’exprimer/sentir qu’elles peuvent s’exprimer. Qu’en pensez-vous? c’est une situation de bouderie particulière mais bon!

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  2. La Snoopette
    La Snoopette says:

    Coucou !
    Je te remercie pour cet article très intéressant 🙂
    J’ai une fille de 4 ans et demi et cette fameuse phrase « je finis de parler et je suis à toi » ne passe toujours pas !
    Je vais tenter l’approche décrite dans l’article 🙂
    Bisous

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  3. Charlotte - Enfance Joyeuse
    Charlotte - Enfance Joyeuse says:

    J’aime beaucoup la conclusion de cet article : il revient à l’enfant de choisir de continuer ou non de bouder mais c’est à nous adultes d’accepter sa décision ! 🙂

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  4. Dany Touré
    Dany Touré says:

    Juste une remarque, mais il me semble l’avoir déjà lu dans un de vos articles. Cependant, comme je n’en suis pas sûre, je mets mon petit grain de sel. Je fais depuis des années des ateliers avec les enfants qui tou.tes ont envie que l’on prenne en considération leurs besoins, qu’on en reconnaisse l’existence immédiatement et pour lesquels commencer en leur demander d’attendre (peu importe le laps de temps) est ressenti comme une sorte de camouflet insupportable, la preuve que leurs besoins passent après ceux des autres, aussi la formulation “Attends deux secondes, je finis de parler et je suis à toi” ne passe pas. Pendant longtemps je n’ai pas su quoi faire par rapport à cela qui mettait les émotions des enfants en ébullition et après il était dur de faire tomber la pression. Et un jour j’ai remarqué qu’avec des enfants extrêmement demandeur/ses le simple fait d’inverser les propositions calmait le jeu et évitait les crises de colère et autres bouderies (qui me faisaient tout aussi mal que les crises parce que je ressentais vivement la souffrance refoulée de l’enfant devant le manque de prise en considération de son besoin qu’i.elle percevait comme un rejet de sa personne). Maintenant – et depuis suffisamment longtemps pour que cela ait fait preuve quand je suis occupée avec une autre personne (adulte ou enfant) quand un enfant me demande urgemment de m’occuper de lui/elle, je lui réponds : « je vais m’occuper de toi tout de suite, mais d’abord il faut que je finisse de faire ça, tu veux bien ? » Et à ma grande surprise la première fois, l’enfant se calme et patiente (pas trop longtemps non plus, il ne faut pas exagérer mais si cela prend plus de temps que prévu on peut demander à l’enfant que l’on a privilégié de patienter un peu ce qu’i.elle accepte relativement bien en général. J’ai beaucoup réfléchit à la raison émotionnelle de cela et j’ai fini à tort ou à raison par en déduire que le fait de dire à un enfant que l’on va s’occuper de lui tout de suite calme ses cerveaux archaïque et émotionnel et lui permet d’entendre et d’accepter la deuxième partie de la phrase alors que dans le sens inverse ces deux cerveaux si importants pour la survie immédiate auraient fait blocage. L’important, par ailleurs néanmoins est que l’enfant ait la certitude intime que la parole de l’adulte est fiable et qu’i.elle ne va pas négliger l’enfant. Quand il arrive que je doive prendre plus de temps que prévu je le dis à l’enfant et je demande à l’autre s’i.elle veut bien patienter un peu le temps que je prenne en considération la demande de l’enfant « délaissé ». En fait, c’est un peu une question de feeling car les enfants ont un sens aigu de la justice et se sentent mal à l’aise d’être trop privilégié.es. C’est très subtil mais on peut le percevoir si on se met vraiment à l’écoute de ce que l’on aurait pu ressentir soi-même à la place de chacun.e des enfants : dans les relations humaines, il peut y avoir des trucs qui s’ils sont utilisés de manière sensible et attentionnée « fonctionnent » mais pas de recettes car tout peut basculer si on laisse passer le moment où les émotions de l’enfant, le sentiment de ne pas être reconnu dans l’urgence de son besoin le/la déborde.

    D’un autre côté c’est ce qui rend les relations avec les enfants si passionnantes.
    Euh !? C’est une remarque plutôt longue….

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