les enfants et les écransTélévision, ordinateur, tablette, jeux vidéo, smartphone … difficile aujourd’hui pour nos enfants d’échapper aux écrans ! Dès le plus jeune âge, ils sont fascinés par ces outils qui leur ouvrent des possibilités infinies, mais comportent aussi des dangers qui effraient très souvent les parents. Ils peuvent alors être source de beaucoup d’inquiétudes, de questions et de tensions à la maison.

Dès lors, quelle attitude adopter avec nos enfants et les écrans ? Peut-on permettre à nos petits de bénéficier des technologies tout en les protégeant des risques, et comment ?

Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur, 4,5 ans et de Tristan, 2, 5 ans.

A la maison, les garçons ne regardent presque jamais la télévision, et en leur présence nos tablettes et smartphones sont généralement éteints (bon, sauf pour faire des photos d’eux :-)), ils ne jouent pas avec, et ne connaissent même pas l’existence des jeux vidéo… Pourtant parfois je m’interroge : est-ce que cela n’est pas « trop peu » ? Ne seront-ils pas un peu « largués » plus tard, quand leurs copains manipuleront avec aisance ordinateurs, internet et autres smartphones ? Est-ce qu’ils ne seront pas mis à l’écart parce qu’ils ne connaissent pas le superhéros du moment, le dernier jeu vidéo à la mode ?

  • Nos enfants et les écrans : adapter la durée et le contenu à chaque âge

Comme souvent en matière d’éducation, tout est affaire de mesure et de bons sens. Si mes deux petits de 2,5 et 4,5 ans n’étaient pas prêts pour un film d’une heure et demi, regardé passivement et sans accompagnement, un enfant de 7-8 ans le supporterait beaucoup mieux. Idéalement, il faut pouvoir adapter le temps et le mode de « consommation » d’écran à chaque enfant selon son âge, voire sa maturité. Quel est le bon dosage pour chaque âge ? Quels contenus privilégier ? Selon les sources auxquelles on se réfère, on entend différents son de cloches. Personnellement j’ai choisi de m’en tenir au fameux 3-6-9-12 préconisé par Serge Tisseron, qui a le mérite d’être limpide !

  • Avant 3 ans : pas d’écran du tout, le cerveau du tout-petit n’ayant pas la capacité à prendre du recul sur le flot d’images qu’il reçoit. Eventuellement, on peut utiliser avec lui une tablette, mais avec parcimonie toujours en étant présent.
  • Entre 3 et 6 ans : on peut introduire les écrans, à condition que ce soit des programmes de qualité, adaptés à leur âge, et on les accompagne le plus possible. On fixe des règles précises, on évite la console de jeu personnelle, on regarde les écrans dans un lieu de passage (pas dans la chambre) et il est préférable d’interdire internet.
  • Entre 6 et 9 ans : on peut autoriser la console de jeu, mais toujours avec des règles claires.
  • De 9 à 12 ans : Internet autorisé, mais à condition que l’enfant soit accompagné, et en le mettant en garde sur les dangers. Pas de réseaux sociaux avant 12 ans.

De manière générale, l’idée n’est pas de bannir les écrans de nos vies, et d’en priver à jamais nos petits, mais de leur apprendre à s’en servir de manière raisonnable et à terme, à s’autoréguler. Dès que possible, il me semble tout à fait approprié de fixer avec l’enfant lui-même la durée, le moment de la journée (de la semaine, ou du mois…) où il sera autorisé à regarder, et bien entendu le contenu.

  • Pourquoi mettre des limites aux écrans ?

Sans vouloir diaboliser les écrans, on ne peut pas nier qu’ils comportent des risques.

On ne compte plus études mettant en évidences les effets négatifs liés à leur surconsommation, en particulier pour les tout-petits. Problèmes de concentration, troubles du langage, troubles du sommeil, difficultés dans les interactions sociales, risque d’obésité… la liste est longue !

Récemment, j’ai pu vérifier (à mes dépens !) l’un des effets pervers de la télévision sur le comportement des enfants. Nous étions chez des amis et pendant que les adultes déjeunaient, j’ai laissé exceptionnellement mes fils regarder un film d’animation d’une heure et demi avec leurs copains. Histoire de ne pas les frustrer et je l’avoue, d’avoir un moment de tranquillité (reconnaissons-le, c’est souvent la raison qui nous pousse à tolérer les écrans !). Sur le moment, ça a eu l’effet escompté : immobiles, muets, les yeux rivés sur le poste, je les avais rarement vus aussi sages ! Et puis, quand le film a été fini et que j’ai dit « vous pouvez jouer maintenant !», j’ai cru qu’ils allaient me sauter à la gorge ! Ils se sont mis à grogner, pleurer, et taper du pied en suppliant « encore, encore la télé ! ». J’ai eu un mal fou à les calmer, ils ne voulaient plus de leurs jouets, et ont mis un temps infini à s’endormir au moment de la sieste … Est-ce parce qu’ils ne sont pas habitués, ou qu’ils étaient tout simplement en « overdose » ? Chacun pensera ce qu’il voudra mais cela ne m’a pas donné envie de renouveler trop souvent l’expérience 🙂

  • Nos enfants et les écrans : et la « vraie vie » dans tout ça ?

Là aussi, j’ai envie de reprendre la formule de Serge Tisseron : « Cadrer et accompagner les écrans à tout âge, pour apprendre à s’en servir, et à s’en passer »

Là où la consommation d’écran devient pathologique, c’est lorsqu’elle en vient à remplacer la « vraie vie ». Un tout-petit qui préfère un dessin animé à ses jouets, un enfant qui préfère sa console aux copains, un ado qui fait du sport en ligne mais ne tape jamais dans un ballon…

Alors, pour que nos enfants ne soient pas « scotchés » aux écrans, encore faut-il leur proposer dès le plus jeune âge des alternatives excitantes (sport, sorties, activités manuelles, etc) et leur transmettre ce goût de la « vraie » vie !

C’est beaucoup une question d’habitude, aussi. Mon mari et moi n’avons pas plus d’énergie que les autres parents. Nous n’avons pas toujours le temps ni l’envie de jouer avec eux quand les enfants le réclament. Pour autant, nous avons jusqu’ici réussi à trouver des alternatives aux écrans, sans que cela ne nous coûte. Le petit se lève à 7h un dimanche matin et nous voulons gagner une demi-heure de sommeil ? Nous le prenons entre nous avec son biberon et des livres, et il est prié de les regarder en silence jusqu’à ce que nous émergions. Le grand ne veut pas faire la sieste alors que c’est le seul moment du weekend où nous pouvons régler nos factures ou organiser les vacances ? Lunii, la fabrique à histoires, fait des miracles !

Ils me sollicitent tous les deux, toutes les trois minutes, alors que je suis en train de préparer le dîner ? Un couteau (adapté) à chacun et on pèle les patates en famille !

  • Nos enfants et les écrans : et si nous leur montrions l’exemple ?

Je crois, pour finir, que nous sommes avant tout les meilleurs exemples pour nos enfants. Un enfant qui voit ses parents constamment sur leur téléphone ou devant la télé ne comprendra pas qu’on veuille lui en limiter l’usage… Bien sûr, ça n’est pas toujours évident;  mais dans la mesure du possible, éteignons la télévision, les ordinateurs, les smartphones, lorsqu’ils ne sont pas indispensables (et ils le sont rarement…). Et puis qui sait, nous pourrions peut-être nous aussi prendre goût à une vie moins connectée ? 🙂

 

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Commentaires

Commentaires

2 réponses
  1. aurore parentalité pasàpas
    aurore parentalité pasàpas says:

    Notre histoire avec les écrans n’a pas été si simple. Quand la première est née nous n’avions pas fait attention aux écrans du tout. On regardait beaucoup la télé. La petite avait son émission: peppa Pig! quand on a vu que c’était une crise de larmes à chaque fois qu’on voulait éteindre on a fini par prendre l’habitude de se mettre d’accord avec elle: « bon là c’est le dernier épisode après on éteint! d’accord, » et ça marchait super bien plus de larmes, de moins en moins longtemps sur les écrans. Il faut savoir que Papa est informaticien et travaille sur les écrans. Puis il y a eu novembre 2015, les attentats. On a vu beaucoup d’horreurs aux infos, et on ne voulait pas que notre fille voie ça. On a éteint la télé. Les infos on les a sur notre smartphone. Si nos enfants veulent voir la télé, on télécharge ( et oui désolée mais c’est ça) et on installe sur un disque dur relié à la télé. du coup on filtre énormément. Les enfants ne peuvent pas allumer la télé seuls, tout passe par notre téléphone. La tablette (un cadeau) est très limitée car on ne lui pas vraiment trouvé d’utilité. Et le temps devant la télé est limitée aussi, ils savent que c’est uniquement l’après-midi, moins d’1h et certains jours décidés avec eux, rien. C’est peut-être strict, c’est peut-être trop, mais on a décider de vivre comme ça et on est assez contents d’avoir éteint la télé, on se sent plus libre de choisir ce qu’on veut vraiment voir.

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  2. Notsil
    Notsil says:

    Coucou,

    Ici on a toujours eu une gestion des écrans ; pour l’ainée ça a été facile de faire 0 écran jusqu’à 2 ans. Mais quand elle a arrêté de faire la sieste du jour au lendemain et que j’avais besoin de temps pour coucher la seconde… c’est devenu le seul moyen de la faire « tenir tranquille ». Car demander à un enfant de 2 ans de rester silencieux 30 min sans venir voir ce qu’on fait c’est juste impossible ^^ Maintenant, je trouve qu’il y a une différence entre 20min de dessin animé pour un enfant qui ne sieste pas, et 6h d’écran par jour.
    Les 2 (3 et 5 ans) sont habituées maintenant à regarder de temps à autre les écrans (dessins animés de leur âge, ou rares jeux sur tablette – sons et graphisme). Je trouve qu’elles sont moins frustrées que d’autres au moment où on arrête. La limite est donnée en même temps que l’écran (1 ou 2 épisodes ; 1 dvd ; 15 min de jeu….). La mauvaise humeur en fin, c’est presque « normal ». Ici ça se résout avec un temps de câlin et 2 histoires lues.
    Je trouve en fait qu’il y a peu d’études qui comparent avec un temps « raisonné / accompagné ». C’est très souvent 0 écran / 6h par jour et peu de latitude entre.
    Mes filles sont capables de jouer pendant que j’écris rapidement un message sur l’ordinateur, sans même tourner la tête vers l’écran.
    De la même façon, si un programme TV m’intéresse en journée (compatible cependant avec leur âge – genre foot ou patinage), elles s’en désintéressent et partent le plus souvent jouer ailleurs.
    Donc je pense que l’équilibre est vraiment propre à chaque famille ^^ Qu’il faut être conscient des risques sans les diaboliser, et que non 1 dvd vu à 18 mois n’altèrera pas irrémédiablement l’enfant.

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