Théorie de l’attachementLa théorie de l’attachement, vous connaissez ? Vous en avez peut-être entendu parler, mais sans vraiment comprendre de quoi il s’agit, ni quels impacts elle peut avoir dans notre quotidien de parents, ou plus généralement dans notre société…  Normal, car même si elle n’est pas toute jeune (elle date de 1969) elle est encore mal connue en France et ne suscite vraiment l’intérêt des professionnels de l’enfance que depuis récemment !

Alors, la théorie de l’attachement, qu’est-ce que c’est ? On va essayer de vous éclairer ! 🙂

Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur, 4 ans, et de Tristan, 2,5 ans.

La théorie de l’attachement : quèsaco ?

Pour faire simple, cette théorie élaborée dans les années 60 par le psychiatre et psychanalyste anglais John Bowlby, affirme que tout bébé a un besoin fondamental, inné, de créer un lien émotionnel solide avec une personne privilégiée -sa figure d’attachement- qui prendra soin de lui et lui permettra de se sentir en sécurité en cas de détresse.

Pour répondre à ce besoin vital, le bébé a toute une gamme de comportements destinés à créer ou renforcer l’attachement : pleurer, s’accrocher, sourire, sucer… La qualité de l’attachement dépendra alors de la rapidité et de la manière dont l’adulte va répondre aux signaux envoyés par l’enfant. On appelle ça le « caregiving », le fait de donner des soins. Le processus d’attachement se fait dans les 9 premiers mois (seulement !) de la vie du bébé, mais il aura des répercussions pour l’enfant tout au long de sa vie.

  • Qui sont les figures d’attachement ?

La figure d’attachement principale est celle qui s’occupe du bébé le plus souvent, le plus durablement et avec le plus de régularité dans les premiers mois de sa vie : la mère, le père, ou toute autre personne qui joue ce rôle (nounou, grand-parent…). Mais un bébé peut avoir plusieurs figures d’attachement, une principale et d’autres secondaires.

  • Cet attachement, à quoi sert-il ?

En situation de détresse (la détresse, pour un bébé, pouvant être simplement une dent qui pousse ou une couche pleine !), le bébé envoie des signaux verbaux ou non verbaux à sa figure d’attachement. Celle-ci va alors le réconforter, lui apporter des soins, des solutions. C’est la régularité, la continuité et la cohérence des réponses qui créent alors un attachement sécure pour l’enfant.

Dans cette théorie, l’attachement est un besoin vital pour l’enfant, il va lui offrir la base de sécurité qui lui permettra ensuite d’explorer le monde avec confiance, et de gérer les situations de stress. En fait, la figure d’attachement est un peu comme un porte-avion, qui permet le décollage de l’enfant !

Un enfant qui aura connu un attachement « sécure » aura (d’après les experts) une bonne estime de soi et une bonne capacité à réguler ses émotions. Il sera plus actif et plus autonome car il saura qu’il pourra toujours se tourner vers sa figure d’attachement en cas de danger.

La théorie de l’attachement : et en pratique, qu’est-ce que cela implique ?

La théorie c’est bien joli, mais pour nous parents, qu’est-ce que cela implique ? Comment répondre de manière adéquate au besoin d’attachement de notre bébé ?

Cette théorie, il me semble, nous aide d’abord à mieux comprendre les comportements de nos bébés, et même plus tard de nos enfants, et nous aide à les accompagner … en écartant d’emblée certains préjugés !

Etre attentif aux besoins d’un bébé risque-t-il de faire de lui un enfant gâté, incapable de gérer ses émotions ? Bien au contraire, dit la théorie de l’attachement : c’est lui fournir des outils pour gérer les frustrations et situations de stress.

Répondre systématiquement et rapidement aux attentes d’un bébé ne va pas faire de lui un enfant puis un adulte craintif, collé à nos basques, incapable de se débrouiller sans nous ? Là encore, c’est tout l’inverse 🙂 Un bébé sécurisé à plus de chance de devenir un enfant et un adulte épanoui, capable d’affronter seul la nouveauté, et capable de faire face aux difficultés.

Un bébé ou un petit enfant qui pleure dès qu’est séparé de sa mère n’est-il pas un enfant qui a un « problème » ? Et non… C’est un enfant qui manifeste simplement le manque de sa figure d’attachement, dont il a besoin pour se sentir soutenu et encouragé, ce qui ne l’empêchera pas de retrouver ses jeux et continuer à explorer le monde sereinement dès le retour de celle-ci ! 🙂

Bref, la théorie de l’attachement nous invite à favoriser, pour nos tout-petits, les conditions d’un attachement sécure avec une (ou plusieurs) personne en particulier, qui répondront de manière cohérente, répétée, prévisibles et continue à leurs besoins. En les protégeant, en  les rassurant, et en leur offrant tous les soins dont ils ont besoin.

La théorie de l’attachement : comment surmonter les difficultés ?

Attention pas de panique, et surtout pas de culpabilité (si si, on la sent déjà pointer…)! Si la théorie de l’attachement incite à créer les conditions d’un attachement sécure, en répondant le plus rapidement et de la manière la plus juste aux besoins d’un bébé, cela ne signifie pas que l’on est un mauvais parent parce qu’on l’a laissé pleurer 3 minutes, qu’on l’a confié à une nounou pour la journée ou qu’on lui a changé sa couche trois fois avant de comprendre que s’il pleurait, c’est parce qu’il avait faim 🙂

Car bonne nouvelle : on a le droit de se tromper, de se corriger, et de laisser parfois d’autres que nous s’occuper nos bébés (qui peuvent donc avoir d’autres figures d’attachement, on le répète). L’important est avant tout que notre attention, notre présence et nos soins soient cohérents et réguliers. Lorsque mes garçons étaient des nourrissons et qu’ils pleuraient sans que je comprenne pourquoi, je me rassurais en me disant « ce qui compte c’est qu’il voie que je ne suis pas indifférente à ses pleurs et que je fais de mon mieux pour l’aider ». Je le leur disais d’ailleurs ouvertement : « je vois que quelque chose ne va pas, et je vais faire tout mon possible pour trouver une solution ». Parfois ces simples mots suffisaient à stopper les larmes…

Enfin, on peut aimer profondément son enfant, et pour autant ne pas savoir du tout répondre à son besoin d’attachement. Lorsque l’on éprouve des difficultés, pour des raisons personnelles, matérielles ou autre, à apporter à notre bébé les soins et l’attention dont il a besoin, pourquoi ne pas se faire aider ?

 

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Commentaires

Commentaires

8 réponses
  1. Jul!e
    Jul!e says:

    Ok. 🙂
    Et comment ou par qui se faire « aider » ? Super Nani ?
    …parfois je suis complètement dépassée par les exigences affectives de mes enfants (4ans et 18mois)… Et mon désarroi, mon incapacité, me stresse tellement qu’ils redoublent de panique / colère / cris… Ce qui ne m’aide pas et nous rentrons inéluctablement dans ce cercle infernal. Comment en sortir ?
    Merci pour tout et tout ce que vous faites déjà ! 😉

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  2. Diane
    Diane says:

    On peut ajouter que le jeune enfant se permettra de faire sortir sa colère ou frustration de la journée auprès de sa figure d’attachement. Il se permettra de crier, dire non… alors qu’aupres de tiers, il se montrera co-operatif. Ce n’est pas que la figure d’attachement ne sait pas s’occuper de son enfant. La raison de cette différence de comportement : l’enfant osera exprimer tous ses sentiments auprès de sa figure d’attachement car il sait qu’il bénéficie d’un amour inconditionnel de sa part. Il peut donc arrêter d’etre dans le contrôle et l’effort, il sait que sa figure d’attachement prendra soin de lui, quoi qu’il arrive.

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    • Anonyme
      Anonyme says:

      Ah oui c’est exactement cela. Avec les autres çà se passe bien mais avec moi parfois c’est la misère. Je me rassure en me disant que c’est parce qu’avec moi elle n’a pas peur, qu’elle sait que même si elle chouine ou fait des caprices, et même si je peux la punir, je ne cesserai jamais de l’aimer. D’ailleurs je le lui répète chaise soir avant le coucher lors d’une seance bisous câlins qui dure au moins trois fois le temps qu’elle prend avec papa (le pauvre…)

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  3. Aurore
    Aurore says:

    Bonjour,
    En lisant votre article je m’identifie clairement comme la figure d’attachement principale de ma fille.
    Toutefois, cette situation est extrêmement frustrante pour mon mari, qui devient inexistant quand je suis là…
    Comment faire pour que toit le monde trouve son équilibre ?

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    • Maryline
      Maryline says:

      Ma fille aussi a agi comme cela. C’est clairement moi sa figure d’attachement. Ça n’a pas que des bons côtés d’ailleurs ! Avec son père c’est un amour mais avec moi…dur dur. Et quand je suis là, en effet, difficile pour papa de trouver sa place.
      Mais ça s’attenue avec le temps. Elle réclame désormais plus papa. Elle a 3 1/2 ans. Je reste son repère mais elle aime passer du temps avec son papa. Le tout est d’être patient. Et de ne pas s’imaginer qu’elle ne l’aime pas. Mon mari a eu bcp de mal. Il pensait qu’elle n’avait que faire de lui. Mais à force de persévérer à lui proposer jeux et amour, elle se tourne davantage vers lui maintenant. Aujourd’hui d’ailleurs elle sait très bien que si elle veut jouer avec tel ou tel jeu ce sera plutôt à papa qu’elle demandera de l’accompagner.

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      • Marie
        Marie says:

        Bonjour,

        Ce que je lis me rassure. Dès que je suis là papa est inexistant et ces derniers temps quand je partais c’était des pleurs et des cris même quand elle restait avec papa et je ne comprenais pas pourquoi. Son papa non plus d’ailleurs, il en souffre et s’éloigne pour se protéger. Du coup son éloignement fait que ma fille aussi s’éloigne pour se protéger, c’est un cercle vicieux, je ne sais plus comment réagir. C’est très difficile à vivre pour lui, pour elle qui veut voir son papa mais être dans les bras de maman et pour moi qui les vois souffrir. Elle a 2ans. Pourtant hier soir elle a trouvé une photo d’identité de papa et depuis elle ne l’a pas quitté (elle a dormit avec etc…) mais dès qu’il vient vers elle pour lui faire un câlin ou un bisous, ou même la sortir de la voiture elle lui dit non je veux pas c’est maman. J’espère qu’avec le temps ça ira mieux et que ça ne dégradera pas leur relation.

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