Alors oui, il nous arrive de comparer notre enfant. « Regarde : Gaspard, lui, il a fini toute son assiette ! » ou encore « Regarde : Gaspard, il mange trĂšs bien ses haricots verts ». Mais que cherchons-nous vraiment Ă faire quand on dit ce genre de phrase ? Est-ce que lâon cherche Ă activer chez son enfant un certain esprit de compĂ©tition pour quâil se dise « Mon copain ne peut pas ĂȘtre le fort et moi le nul, faut que je me dĂ©pĂȘche de manger » ?
Pourquoi comparer notre enfant (alors quâon dĂ©teste subir ça nous-mĂȘme) ?
Et nous, si au bureau notre boss nous disait, « Regarde Gilbert, il arrive bien Ă gĂ©rer 3 dossiers en mĂȘme temps ». Est-ce que ça ferait naĂźtre chez nous un instinct de compĂ©tition qui nous pousserait Ă faire aussi bien ?
Se battre pour ĂȘtre aussi bien que quelquâun, est-ce vraiment un challenge motivant ? Pas vraiment⊠Se faire traiter de plus nul quâun autre est au contraire plutĂŽt trĂšs dĂ©motivantâŠ
Si on veut motiver nos enfants avec de la compĂ©tition mieux vaut le faire avant que lâautre nâait dĂ©jĂ gagnĂ© ! Et mieux vaut aussi le prĂ©senter comme un jeu quâun truc sĂ©rieux : « Concours de ceux qui finissent leur assiette ! » Ă condition de ne pas trop en mettre dans lâassiette, que cela amuse notre enfant et que tout le monde puisse gagner Ă lâarrivĂ©e ! Donc Ă©viter aussi le « Câest le premier qui a fini son assiette qui a gagnĂ© ».
Car quand on y pense, lâobjectif dans la vie câest dâĂȘtre le plus fort ou dâatteindre lâobjectif que lâon sâest fixĂ© ?
On sait pourtant que ce nâest pas en se comparant aux autres que lâon peut ĂȘtre heureux. Il y a toujours quelquâun qui est « mieux » que nous, alors nâest-il pas trop dommage de chercher Ă ce que notre enfant se compare aux autres ? PlutĂŽt que de comparer nos enfants et ainsi leur apprendre Ă chercher Ă ĂȘtre mieux que les autres, ne devrions-nous pas plutĂŽt leur apprendre Ă atteindre leur propre objectif (sport mis Ă part) ? Et parfois, ce sera au dĂ©triment dâun autre, mais ce nâĂ©tait pas lâobjectif en soi.
Comparer n’est pas gagner

Et puis parfois, ce nâest pas tant pour faire naĂźtre un esprit de compĂ©tition que lâon lui demande de regarder son camarade, mais plus pour prendre lâautre en exemple « Regarde, comme la petite fille fait bien attention quand elle nourrit les chĂšvres », ai-je entendu un jour une mĂšre dire. La fille regardait alors Joy, dĂ©pitĂ©e. La formulation a alors son importance. Si votre boss vous dit « Regarde Gilbert, comme il fait des rapports de qualitĂ© ». Vous allez vous sentir un peu nul et avoir lâimpression que votre boss prĂ©fĂšre Gilbert. En revanche, sâil vous dit : « Demande Ă Gilou des exemples de rapports quâil a fait, son intro et sa mise en page sont pas mal ». Vous allez vous dire « Tiens câest intĂ©ressant de regarder comment lâautre fait ».
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Montrer le bon geste plutĂŽt que de comparer avec un autre enfant
Quand nous comparons nos enfants, câest la mĂȘme chose ! Lui dire de regarder l’autre parce qu’il fait beaucoup mieux que lui, cela peut vite ĂȘtre dĂ©motivant ! On risque de se prendre un « Maman, si tu prĂ©fĂšres lâautre, adopte-le »⊠Comment pallier cela ? La PRĂCISION !
Plus nous expliquons Ă notre loulou ce quâil y a dâintĂ©ressant Ă regarder dans le geste de lâautre, moins il aura lâimpression que câest lâautre que lâon trouve meilleur que lui. Il comprendra que câest son geste quâil peut ĂȘtre intĂ©ressant dâobserver. «Regarde la main de la petite fille (et non la « petite fille », (lĂ on est au top du langage) , elle la met bien Ă plat. Comme ça, la chĂšvre ne risque pas de la mordre ». On sâen fiche de la petite fille en soit, elle sert juste de support pour montrer un geste.
Câest vrai que le pouvoir de lâimitation chez lâenfant est important, mais faisons attention Ă ne pas prĂ©senter lâautre comme « il fait mieux que toi. »
Idem, plutĂŽt que de donner lâexemple de Gaspard qui, lui, mange ses haricots, on peut tout simplement faire jouer le pouvoir de lâimitation en demandant Ă Gaspard « Tu aimes bien les haricots verts ? » et notre enfant pourra sâimprĂ©gner de la rĂ©ponse de Gaspard, sans que celui-ci soit non plus hisser sur un piĂ©destal.
Comparer mon enfant : lâimportant est au final notre intention.
Si en disant « Regarde : tout le monde a fini ! » Notre intention est de le remettre dans le rythme du groupe pour quâil puisse ensuite aller jouer avec les autre. Lâeffet sera plus positif que que si notre intention est quâil prenne exemple sur le bon comportement des autres.
Bref, essayons dâĂ©viter de comparer nos enfants entre eux, on risque plus de les dĂ©motiver, de les pousser Ă ĂȘtre lâautre quâils ne sont pas.
Optons pour les motiver autrement, le jeu est par exemple un trĂšs bon moyen (voir cet article) ! Ou encore insistons sur le geste prĂ©cis quâil peut observer chez lâautre, mais sans jamais chercher Ă les dĂ©valoriser.
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