Enfant “lent” : faut-il lui apprendre à accélérer ou nous à ralentir ?

enfant lent

“Dépêche-toi !” “Allez, hop !” ” Mais accélère enfin !! Combien de fois dois-je le dire?” Ces injonctions vous parlent ? Combien de parents sommes-nous à avoir l’impression de répéter cela à longueur de journée ? Dans nos vies à 100 à l’heure, ces différences de tempo entre nous et nos enfants peut vraiment compliquer la vie quotidienne ! Pourtant, si l’on passe notre temps à lui demander d’accélérer, on culpabilise toujours un peu de ne pas être en mesure de respecter son rythme. Alors, comment faire pour concilier les besoins de notre enfant avec notre vie trépidante ? Faut-il lui faire accélérer la cadence ou apprendre nous-même à ralentir ?
Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur, 4,5 ans et de Tristan, 2, 5 ans.

Au programme :

 

Histoire d’un “enfant lent” (comme tant d’autres )

  • « Arthur, mets tes chaussures, nous partons. »
    Cinq minutes passent, Arthur est assis par terre, il regarde par la fenêtre, les chaussures sont toujours  bien rangées côte à côte dans le meuble de l’entrée.
  • « Arthur, tes chaussures… » (je prends les chaussures et les pose devant Arthur.)
    Cinq autres minutes, mon enfant ne bouge pas, les chaussures non plus.
  • « Arthur, s’il te plait, peux-tu mettre tes chaussures ? Nous allons être en retard. »
    Après un temps de réflexion, Arthur finit par attraper une chaussure, esquisse un mouvement du pied, puis s’arrête.
  • « Oh, non, mon chéri, ne t’arrête pas en si bon chemin, tu étais si bien parti ! »
    Arthur reprend la chaussure (je suis alors pleine d’espoir), puis lui vient une question « Maman, qu’est-ce qu’ils font les astronautes, pendant la journée ? »
  • « Arthur, tes chaussssssures !!! » (je suis alors proche du désespoir)
    Arthur tente enfin d’enfourner son pied dans l’objet qui résiste (les scratch n’ayant bien entendu pas été défaits) tout en continuant à regarder ailleurs. J’ai maintenant mon manteau sur le dos, mon sac sur l’épaule, le petit frère habillé et chaussé dans la poussette, et plus une minute à perdre.
  • « Arthur, nous partons ! Mets tes chaussures, MAINTENANT !!! »
    Rien à faire. Exaspérée, je finis immanquablement par saisir les chaussures, les enfiler à mon fils, avant de lui mettre son manteau en quatrième vitesse et claquer la porte.

C’est pareil tous les matins, ou presque. J’ai parfois le sentiment d’être une mauvaise mère à force de « harceler » sans cesse mon fils pour qu’il se dépêche. Mais j’ai aussi l’impression que plus je lui laisse de temps, plus il en prend…Et souvent, je me demande comment font les autres parents, surtout ceux qui ont trois ou quatre enfants à déposer à l’école à 8h30 précises, avec ou sans chaussures.
Alors, suis-je condamnée à chausser mon fils tous les matins jusqu’à ses 18 ans ? A lui répéter 253 fois par jour et sur tous les tons « dépêche-toi ! » ?

A bien y réfléchir, je ne crois pas .

Entre lenteur et pression, il n’y a qu’un pas !

Dans une société qui valorise l’immédiateté, la rapidité et la performance, la pression du contre-la-montre est permanente ! Et nos rythmes de vie effrénés laissent souvent peu de temps, sinon à l’oisiveté, tout au moins… au temps.

Plus ou moins consciemment, nous nous retrouvons souvent à mettre la pression à nos chers enfants pour qu’ils accélèrent le rythme… (Et une fois adultes, nous sommes nombreux à cheminer de cours de médiation en stage de pleine conscience, pour apprendre à retrouver le charme et la légèreté de l’instant présent !

Pourquoi mon enfant est-il si “lent” ?

Bien sûr, il peut y avoir des TOC, des causes pathologiques aux retards répétés, comme la dyspraxie ou des troubles de l’apprentissage… Chaque enfant a son propre rythme. Mais bien souvent, et dans la plupart des cas, il y a, je crois, de nombreuses raisons qui peuvent expliquer cette (soit-disante) lenteur. Essayer de les comprendre peut nous aider à être plus tolérants avec nos “petits escargots”…

  • Notre enfant est-il « rêveur », « dans la lune » ?
    Peut-être a-t-il une imagination bouillonnante, qui détourne son attention de la tâche à accomplir ? Par exemple, on voudrait qu’il mette ses chaussures, mais il regarde par la fenêtre et imagine qu’il est un astronaute en route vers une autre planète…
  • Il peut aussi avoir besoin de donner du sens à ce qu’il fait. Les tâches qu’on lui demande d’accomplir (mettre ses chaussures, se brosser les dents, tracer dix fois la même lettre sur une ligne) n’ont peut-être aucun intérêt pour lui ? Et finalement, ces petites tâches sont ennuyeuses et le coupent dans son activité (même si on ne voit pas toujours bien le sens ou l’utilité) !
  • Une autre explication peut venir de « la peur de rater » et d’un manque de confiance en lui. Certains enfants ont si peur de l’échec, de mal faire, qu’ils préfèrent s’abstenir ou attendre le dernier moment pour effectuer une action.
  • Est-il perfectionniste ? Au lieu de se lancer bille en tête dans la construction d’un château de sable, peut-être a-t-il besoin au préalable d’en imaginer la structure, prévoir le nombre de tours, la quantité de sable nécessaire… Peut-être est-ce un véritable ingénieur en herbe ?

L’appli du cool parent

Pour être accompagné tout au long de l’année dans ma parentalité

Peut-être, enfin, notre enfant est-il tout simplement un enfant, qui vit dans l’instant présent, et n’a donc pas la notion du « devoir à accomplir » ni du « temps qu’il reste » avant que la cloche sonne et que l’on se retrouve devant la porte de l’école fermée, les bras ballants .
Alors, quelle qu’en soit la raison, que faire pour ne pas s’arracher les cheveux quand à 8h27 il est toujours en train de compter une à une les pépites de chocolat dans ses céréales alors que l’on devrait avoir quitté la maison depuis dix minutes ?

“Enfant mou”, “deux de tension”… attention aux étiquettes !

Lorsque mon fils Arthur est entré en maternelle, il finissait souvent ses exercices en dernier. En grande discussion avec la maîtresse, nous cherchions les raisons de ces retards répétés… Puis je m’adressais à Arthur pour lui demander s’il savait ce qui bloquait pour qu’il soit toujours “en retard”. Il m’a regardé et m’a répondu d’un air entendu “Mais Maman, c’est normal tu sais. Je suis lent ! “

À 4 ans, il avait donc intégré comme un fait acquis, une évidence, qu’il était à la traîne ! Un peu comme une seconde nature, un élément de personnalité.

Nous avons donc mis en place une stratégie de contre-message pour que cette soit-disante lenteur ne soit plus une fatalité. Nous nous sommes appliqués à souligner tous les moments où il anticipait, répondait à l’appel, finissait avant les autres ! Et très vite, il a pu finir ses exercices avant certains camarades.

Car bien sûr, un enfant est rarement lent dans TOUS les domaines. C’est intéressant d’ouvrir notre regard. (Voir aussi notre article Timide, méchant, nul : comment éviter de mettre nos enfants dans des cases ?)

Respecter notre enfant et son rythme

Lenteur n’est pas synonyme de paresse, encore moins de manque d’intelligence ! Pourtant, c’est sûr, admettre que notre enfant a besoin de temps, de plus de temps que les autres, ce n’est pas toujours évident… Mais il me semble que nous avons beaucoup à gagner à le respecter tel qu’il est, et chercher des solutions pour adapter nos exigences à son rythme, quand c’est possible.
Le gronder, le rabaisser, lui demander sans cesse de se dépêcher n’aurait malheureusement pour effet que de lui faire perdre confiance en lui, donc de le ralentir…

Organiser notre planning pour respecter son rythme

Par contre, on peut tenir compte de son propre rythme dans notre quotidien, et des causes que nous avons identifiées, pour essayer de prévenir au maximum les conflits. Il met un temps infini à se préparer le matin ? Mettons le réveil plus tôt ! Il a peur de l’échec ? Aidons-le à prendre confiance en lui !

Valoriser ses forces

Pourquoi ne pas voir dans cette lenteur une force, et l’aider à la cultiver ? Par exemple, si elle est due à une imagination débordante, pourquoi ne pas valoriser sa créativité ? S’il nous semble perfectionniste, pourquoi ne pas le féliciter d’être méticuleux et d’aimer le travail bien fait ?
Bien sûr, il y a tout de même des situations où nous n’avons pas le choix, car nous avons des obligations, des horaires à respecter, et l’on ne peut pas toujours s’adapter à notre enfant.

Comment aider notre enfant à accélérer la cadence ?

Il existe heureusement quelques astuces pour aider notre petite tortue à se transformer en lièvre, lorsque c’est nécessaire.

L’aider à prendre conscience du temps

Avant 4 ou 5 ans, les notions d’heure, de durée, de temps, n’ont absolument aucun sens pour les enfants… Et ce n’est qu’entre 6 et 8 ans qu’ils vont apprendre à lire l’heure ! On peut néanmoins les aider à prendre conscience de ces notions grâce, par exemple, à une « poutre du temps » Montessori, ou bien une grosse horloge sur laquelle on place des repères (l’heure du départ à l’école, du bain, du coucher etc), ou encore un tableau représentant sa journée, etc. 

Séquencer les tâches

Parfois, découper une action en plusieurs petites tâches peut nous donner confiance dans le fait que le but est atteignable. Plutôt que de lui demander de gravir l’Everest, commençons par mettre un pas devant l’autre !

Alors, si on l’aide à s’habiller, séparons les instructions, à la manière du grand méchant loup. “Loup, y es-tu ? OUI ! M’entends-tu ? OUI… Que fais-tu ? Je mets ma culotte…” Et hop, la comptine du matin pour faciliter le quotidien.

Le mo-ti-ver 

Lui donner envie d’accomplir telle ou telle tâche, et/ou donner du sens à cette tâche : « tu sais, dès que tu auras mis ton pyjama, nous lirons une histoire tous les deux ! » (c’est une conséquence logique, ce qui est très différent de la récompense si tu fais… tu auras”

« Lorsque tu sauras bien tracer les lettres sur ce cahier, tu seras prêt pour l’écriture ! »

Valoriser le travail accompli

(Plutôt que souligner ce qui n’a pas été fait) pour le motiver : « Tu as DÉJÀ mis le bas du pyjama ? Bravo. Il ne reste plus que le haut ! »

Transformer les tâches en jeu

Vous savez, l’effet Mary Poppins. C’est tellement plus simple d’introduire un maximum le jeu dans les tâches quotidiennes (somme toute souvent rébarbatives… qui trouve très excitant de se laver les dents ?!).  Proposer des petits challenges fonctionne en général assez bien chez nous : « Qui sera le champion de l’enfilage de pyjama ce soir ? Arthur ou Tristan ? » (on veille bien sûr à ce que ce soit pas toujours le même gagnant…).

D’ailleurs, si vous voulez transformer les petites et grosses tâches du quotidien en moment de complicité, si vous avez envie de plus de jeux pour ensoleiller le quotidien et éduquer vos enfants dans la bonne humeur, parfait ! On vous a concocté un PACK CADEAU DE JEUX RIGOLOS (aucun matériel requis !) pour que nos kids deviennent les champions de l’habillage, qu’ils adorent ranger leur chambre et que le brossage des dents devienne un jeu d’enfant. Pour le recevoir gratuitement, laissez-nous simplement votre email ci-dessous ! Plus d’actions en criant moins, ça fait du bien !

Donner un petit coup de main

Et oui, parfois, aider est -et reste- le moyen le plus rapide d’avancer. Alors, plutôt que d’y voir une opération machiavélique ou un manque de respect, on peut simplement donner un coup de pouce à notre loulou (sans culpabiliser) ! Ce n’est pas parce qu’on l’aide à mettre ses chaussettes à 3, 5 ou même 8 ans, qu’on en fera un assisté éternel. Mieux vaut un petit coup de main dans la bonne humeur que de commencer la journée par un bras de fer.

Finalement, quel mal y a t-il à lui mettre ses chaussures, son blouson, ou à lui brosser les dents de temps en temps ? Cela nous laissera plus de temps pour le reste (lui expliquer ce que font les astronautes par exemple). Rappelons-nous qu’il a toute la vie pour grandir !

Ralentir nous-mêmes le rythme, quand c’est possible…

Finalement, il ne me semble pas inutile de nous demander si c’est vraiment notre enfant qui est lent, ou si c’est nous qui sommes parfois trop pressés… Dans un monde où tout va tellement vite (ce dont nous plaignons souvent d’ailleurs !), où nous zappons d’une chose à l’autre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, n’est-il pas agréable, parfois, de prendre son temps ?

Notre enfant, lui, vit dans l’instant. Il peut passer des heures à observer un papillon, ou à rêver qu’il s’envole vers la lune… Quand c’est possible, le week-end notamment, pourquoi ne pas prendre exemple sur lui ? Cela implique d’en faire moins, de ne pas surcharger nos agendas de mille rendez-vous et autres activités, de se donner le droit de flâner, de rêver, et même de s’ennuyer !

Il y a quelques temps, j’ai offert un joli livre (que je recommande vivement ) à mon fils « Arthur et les gens très pressés » (ed. Nathan Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey).  Une manière de lui dire que non, il n’était pas toujours obligé de se dépêcher…

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Commentaires

0 thoughts on "Enfant “lent” : faut-il lui apprendre à accélérer ou nous à ralentir ?"

  1. Gaëlle Roussel dit :

    Merci beaucoup pour le pack !

  2. Aurélie dit :

    Il existe également un autre livre “L’arbre de ne rien faire”

  3. Mélanie dit :

    Je retrouve tout à fait mon fils dans cet article. Ce matin encore j’ai louper mon train et ai dû prendre la voiture pour aller travailler car il a mis un temps infini à s’habiller. Il me dit qu’il veut s’habiller tout seul, donc ne me laisse pas l’aider mais à la place il danse, il joue, il se regarde dans le miroir et, alors que j’étais habillée, il n’avait pas encore mis son slip…
    C’est en effet épuisant de lui répéter tous les matins de ce dépêcher. J’essaie de passer par le jeu (on fait la course ?), par le challenge (je compte jusqu’à 10 pour chaque vêtement par exemple) mais rien n’y fait. S’il n’est pas décidé c’est impossible… Je ne sais vraiment plus quoi faire. Et j’ai beau avoir essayé de le lever plus tôt je crois même que c’est pire, on est encore plus en retard dans ces cas là… Je suis totalement pour lui laisser le temps de faire les choses quand on peut se le permettre (le week end notamment) mais le matin c’est impossible… On en vient à être à bout et on finit par crier alors qu’on aimerait vraiment s’en passer…

    1. Sam dit :

      Je suis entièrement d’accord je vis la même vie avec mes enfants seule c’est dur…

  4. Jennifer dit :

    Bonsoir, mes jumelles ont bientôt 3 ans. Je retrouve l’une d’elle dans cet article surtout l’enfanti qui vit ds le présent et n’a pas le sens du devoir à accomplir… Souvent l’habillage se termine devant la porte alors que sa sœur a déjà chaussures et manteaux. Nous avons essayé tableau des routines, sabliers, challenges… tout fonctionne mais seulement qq jours. La difficulté c’est q’elle refuse de se préparer (ou de se faire préparer) jusqu’à être au pied du mur… nous essayons de lâcher prise mais c’est un véritable défi quotidien

  5. Amélie dit :

    Je suis moi même une personne peu confiante et donc ralentie et qui fait tout à la dernière minute ! Ma fille est aussi rêveuse que moi et quand je vois les difficultés que ça engendre pour moi, je suis assez dure avec elle. Et de ce fait notre relation en devient difficile. Je passe par le jeu mais au bout d’un moment ça ne fonctionne plus, le tableau… elle retire la pâte à fixe derrière les étiquettes. J’ai en effet décidé de me lever plus tôt pour lui permettre de prendre un peu plus de temps dans la routine du matin. Nous avons également fait une petite réunion de famille pour réorganiser cette routine afin que tout le monde y trouve son compte…

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