enfant qui crie

Mais pourquoi mon enfant crie-t-il au lieu de parler ? À la maison, chez les amis, au restaurant, à peine notre enfant est-il entré dans une pièce que le volume sonore augmente sensiblement… Qu’il s’agisse de cris de joie, d’excitation, à l’inverse de hurlements de colère ou de protestation, ou bien tout simplement une manière de s’exprimer sur un ton étonnamment élevé, cela peut vite devenir insupportable pour son entourage, surtout lorsque l’on rentre d’une journée de travail épuisante et que l’on rêve de calme et de sérénité !

Comme il n’y a malheureusement pas de bouton pour baisser le volume, il va bien falloir trouver d’autres solutions 😉. Pour gérer un enfant qui crie, je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur 4,5 ans et Tristan 2,5 ans.

« Mon fils de 2 ans crie tout le temps ! »

Un enfant, ça crie, ça court, ça pleure, ça rit aux éclats… Bref, ça fait du bruit ! J’habite juste en face d’une école et certains jours, à l’heure de la récré, l’intensité sonore est digne de celle d’un concert de hard rock ! (Si si, rien que ça ! 😉) La majorité des enfants ont besoin de s’exprimer haut et fort, et il n’y a pas vraiment de raison de les en priver, à condition que cela soit au bon moment, au bon endroit, et surtout que cela ne soit pas au détriment de leur entourage. Heureusement, ils sont, pour la plupart, tout à fait capables de moduler l’intensité de leur voix… Mais comment faire si notre enfant semble ne pas pouvoir s’exprimer autrement qu’en criant ? Comment lui apprendre à baisser le ton ? Heureusement, il existe quelques astuces 🤫.

Bien sûr, je ne parlerai pas ici des bébés qui hurlent (ils ne peuvent pas faire autrement) ni du cas de l’enfant qui fait une colère ponctuelle, mais de l’enfant qui crie un peu tout le temps, sans raison apparente… En d’autres termes, celui qui nous « casse les oreilles » pour un oui ou pour un non !

Pourquoi mon enfant crie-t-il ?

Il est possible que notre enfant crie pour s’amuser, mais si notre enfant crie sans arrêt, il n’est pas inutile d’essayer de comprendre pourquoi.

Un problème d’audition ?

Quand un bébé crie fort, il peut être intéressant de chercher à écarter un éventuel problème auditif. Un enfant qui n’entend pas bien aura tendance à parler plus fort pour entendre sa voix.  Si on a l’impression que c’est le cas, il ne faut pas hésiter à en parler à notre pédiatre qui nous orientera ou non vers un ORL.

Mais s’il n’a pas de souci d’audition, d’où ce besoin de crier peut-il venir ?

Pour attirer l’attention ?

Deuxième point, si bébé crie pour s’exprimer, cela peut être une manière d’attirer l’attention. Peut-être notre enfant a-t-il le sentiment de ne pas être écouté lorsqu’il s’exprime « normalement » ? Dans ce cas, il me paraît utile de nous demander si cela est fondé. Lorsqu’il nous parle, sommes-nous vraiment attentifs ? Ou est-ce que l’on profite généralement de son « bavardage » pour lancer une machine en même temps, faire cuire les pâtes ou même répondre au téléphone ? Parfois, on peut avoir l’impression de consacrer du temps à nos enfants, alors qu’en réalité nous sommes distraits par les contraintes du quotidien. Et cela, ils le sentent. Ainsi, peut-être notre enfant croit-il tout simplement que seuls ses cris font réagir les adultes ? Et c’est peut-être le cas depuis qu’il est nourrisson : déjà à l’époque, nous intervenions dès qu’il hurlait alors que nous nous en occupions moins lorsqu’il était calme…

Et du côté de l’environnement ?

Une autre explication peut venir de son environnement. S’il fait partie d’une grande fratrie, peut-être ressent-il le besoin de « parler plus fort que les autres » pour être entendu ?

Prenons le temps d’un regard (ou d’une oreille) sur nos habitudes familiales. Quelles sont les nuisances sonores dans la famille ? Avons-nous l’habitude de parler fort ? De monter le son de la télévision ? D’écouter la musique à fond ? Notre enfant agit alors sans doute par imitation.

Si l’on comprend mieux l’origine de ses cris, il me semble plus facile d’accompagner notre enfant à s’exprimer autrement.

Mon enfant crie : comment lui apprendre à baisser le ton ?

Une fois qu’on a essayé de comprendre pour notre fils ou notre fille s’exprime en criant, on peut essayer de l’aider à comprendre qu’il doit apprendre à faire autrement… Et pour cela, on sort notre attirail de cool parents : le jeu et l’apprentissage par imitation (vous savez, les neurones miroirs…).

D’ailleurs, dans un autre registre, si vous cherchez des astuces pour jouer la coopération en famille, éviter les bras de fer et faciliter le quotidien, on vous a réservé une sorte de dossier de secours. C’est le PACK « OUI PAPA OUI MAMAN » : Toutes les clefs pour les faire coopérer (sans crier) ! Une mine d’infos et d’idées sur le sujet. Pour le recevoir gratuitement, n’hésitez pas à renseigner votre email ci-dessous : on vous l’enverra alors directement dans votre boite mail.

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Parler soi-même doucement 🤫

Donc, on s’en doute, évitons de vociférer plus fort que lui pour le faire taire (même si c’est parfois très tentant il faut l’avouer 😉) : «  PARLE MOINS FORT ! » , « NE CRIE PAS COMME ÇA ! », ou « MAIS TAIS-TOI ENFIN ! » ! Ça, je garantis à 100% (oui, oui, j’ai essayé) que ça ne marche jamais ! Ou alors cela fonctionnera cinq minutes, peut-être même dix… avant que l’enfant ne se remette à s’époumoner de plus belle !

Au contraire, essayons dans la mesure du possible de baisser nous-mêmes le ton… Nos enfants apprenant en grande partie par imitation. Il y a de grandes chances pour que notre petit, à son tour, descende le volume sonore d’un cran. Dans les écoles Montessori, pour obtenir le calme dans les classes, les éducatrices parlent tout bas. Et cela fonctionne !

Jouer à la petite souris 😉

Plutôt que des sanctions et punitions qui n’ont fait leurs preuves qu’à court terme, le jeu (comme souvent !) peut être d’un grand secours pour apprendre à notre enfant à baisser le ton. Outre le très célèbre « roi du silence » (mais qui, avouons-le, ne permet d’obtenir qu’un silence ponctuel et finit souvent en bruyants éclats de rire), on peut inventer mille jeux autour de la voix, qui aideront notre petit à comprendre que crier n’est pas la seule option. 

Voici un jeu tout simple que je faisais avec Arthur, mon aîné lorsque son frère était bébé, qu’il dormait et que je ne voulais pas qu’Arthur le réveille. Parce que clairement, le « ne parle pas trop fort pour ne pas réveiller ton frère » avait systématiquement l’effet inverse avec un enfant de 2 ans ! Je lui disais en chuchotant le plus doucement possible : « maintenant, nous allons devoir parler comme les petites souris. Je crois qu’il y en a une dans la maison et il ne faut pas parler trop fort pour ne pas lui faire peur »… Cela amusait beaucoup Arthur. Et cela marche encore avec Tristan quand j’ai besoin qu’il baisse le ton.

Bon, bien sûr, on n’est pas à l’abri qu’il se prenne vraiment au jeu et veuille nous montrer l’étendue de ses talents d’imitateur, en se mettant par exemple à rugir comme un lion, mais au moins on aura eu du calme quelque temps 😉.

Fixer des règles claires

Même si cela ne changera sûrement pas tout du jour au lendemain, il n’est peut-être pas inutile d’expliquer à notre enfant pourquoi ses cris nous dérangent et l’effet que cela produit sur nous. Lorsque l’un de mes fils se met à hurler, je dis souvent : « Tu sais, lorsque tu cries, cela ne me donne pas du tout envie de t’écouter. Cela me donne très mal à la tête. J’ai envie de me boucher les oreilles et de quitter la pièce » (pour encore plus d’efficacité, on peut mimer la scène). Et bien sûr, on n’oublie pas d’ajouter « Par contre, si tu me parles doucement, je t’écouterai toujours ».

Pour ceux qui aiment « fixer les règles », pourquoi ne pas faire (en collaboration avec l’enfant) un petit tableau avec, d’un côté, une liste des lieux et situations où l’on a le droit de parler fort, de faire du bruit (le parc, le terrain de foot, la cour de récré, la plage…), de l’autre une liste des lieux et situations où l’on doit maîtriser le niveau sonore (en classe, à la maison, au restaurant, dans les magasins…). Savoir qu’il y a tout de même des endroits où l’on est libre de faire du bruit peut aider l’enfant à accepter les contraintes.

L’écouter attentivement

Si l’on pense que notre enfant crie pour attirer l’attention (tout comme l’enfant qui râle), offrons-lui ce dont il a tant besoin. Car lui, comme nous, avons tout à y gagner 😉. Lorsqu’il parle (même s’il nous raconte les aventures de la Pat Patrouille dont nous n’avons que faire ou le dernier jeu à la mode qui nous dépasse complètement), faisons l’effort de l’écouter vraiment, en le regardant dans les yeux, sans rien faire d’autre et en montrant un réel intérêt pour ce qu’il dit. (Comme on aimerait qu’on nous écoute en fait !) S’il est petit et a encore du mal à faire des phrases complètes, résistons à la tentation de les finir pour lui : voir que nous l’écoutons et que nous prenons le temps de le laisser aller au bout de sa pensée l’encouragera à poursuivre, et lui donnera confiance en lui.

 

Enfin, ne soyons pas trop exigeants non plus : n’oublions pas que c’est un enfant ! Attendre de lui/d’elle qu’il canalise tout le temps son énergie, à la maison, chez la nounou, dans le parc, etc., c’est prendre le risque de courir à une explosion de décibels ! Alors, laissons-le, quand c’est possible, rire aux éclats, chanter à tue-tête, ou même crier à pleins poumons… D’ailleurs, pourquoi ne pas se laisser tenter de temps en temps à jouer avec lui à “celui qui criera le plus fort” ? C’est tellement plus facile de rentrer dans les rangs quand on a eu un bon moment pour se défouler. Si si, ça fait du bien de temps en temps ! 

Commentaires

Commentaires

4 réponses
  1. Elise
    Elise dit :

    Un conseil d’une maman m’a changé la vie : utiliser des écouteurs, un casque audio ou même des boules quies ! C’est moi qui suis gênée alors qu’elles passent un bon moment ? > c’est moi qui trouve une solution pour moi-même !
    Elles ont l’habitude, elles savent que si elles veulent s’adresser à moi, il faut venir me voir et me toucher pour « déboucher les oreilles de maman ». Du coup, je travaille souvent dans la pièce de vie.

    Autre astuce, quand chacune parle de plus en plus fort pour se faire entendre : le bâton de parole et le minuteur. Chacune sait qu’elle aura son temps de parole, et qu’elle doit écouter sans parler pendant que celui qui tient le bâton s’exprime. On utilise un minuteur quand le temps est limité pour que tout le monde puisse s’exprimer, ou juste pour un premier tour, pour que tout le monde passe vite (les plus jeunes ont du mal à attendre), puis on refait un 2è tour pour les discussions plus approfondies (puis en général on oublie le bâton de parole, quand le calme est revenu).

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  2. Diane
    Diane dit :

    Mon fils de 4,5 ans est plein d’énergie et fait beaucoup de bruit, notamment en classe ce qui derange sa maitresse. Alors depuis quelques temps, le matin, avant de quitter la voiture pour le deposer à l’école, je demande à son grand frere de boucher les oreilles de mon petit dernier (oui, j’en ai trois mais celui du milieu est le plus bruyant et energique !) et je demande à mon fil de crier le plus fort possible ! Je lui explique que toute son excitation doit sortir par sa bouche pour rester dans la voiture et qu’il pourra la retrouver en rentrant le soir. Mais que dansla classe je prefere qu’il ne crie pas et qu’il reste calme. Au debut il etait surpris et n’osait pas crier à fond. Maintenant il adore ! Et j’ai l’impression que ça commence à faire son effet à l’ecole !

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    • Hafsa
      Hafsa dit :

      Très bonne idée. J’ai le même problème avec mon fils de 8 ans. Il déborde d’énergie et devient très agité ses derniers mois surtout en classe. D’ailleurs tout le corps enseignant m’a fait la remarque.
      Je ne sais si cela va faire effet vu son âge, mais je testerai.

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