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Fausse couche, entre douleur et tabou. Comment l’accompagner ?

Saviez-vous qu’une grossesse sur 5 finissait par une fausse couche, qu’une femme sur 10 traversait cet événement dans la vie ? Oui, les chiffres font froid dans le dos. On l’a tout·e·s vécu de plus ou moins près. On connaît forcément une amie, une sœur, une collègue, un couple qui a traversé cet événement souvent traumatisant. Face à cette fin de grossesse prématurée, la médecine a tendance à banaliser et l’entourage oscille entre bienveillance et malaise… sans savoir comment accompagner ce coup du sort… 

La fausse couche : un événement fréquent, mais jamais banal 

Insouciante pendant ma première grossesse, l’attente de notre fille a été marquée par ma meilleure amie qui a « perdu » son bébé. Elle attendait son deuxième enfant. 5 mois de grossesse. Rupture de la poche des eaux précoces. Urgences. Diagnostic. Décisions. “Expulsion naturelle” comme disent les médecins. Une nuit à vivre avec un petit corps sans vie à l’intérieur de son corps blessé et de son cœur meurtri. L’enfant aura-t-il un prénom ? Une sépulture ? Une place dans le livret de famille ? 

Si on ne peut pas se préparer à devenir parent, comment se préparer à ça ? Comment enchaîner les réponses à ces questions douloureuses, alors qu’on est en larmes, au fond du trou et que la douleur étreint le cœur de chacun des parents ? 

Et pourtant, quand on libère la parole, combien de “moi aussi” ? Combien de petites vies trop vite interrompues ? Des vies si courtes, trop courtes. Et la solitude des parents qui sont pourtant nombreux à vivre cet événement. Je vous partage ici mes questionnements pour être “à la bonne place” pour l’autre, pour lui permettre de traverser cette épreuve en se sentant soutenu·e, autant que possible.

Un petit être qui avait déjà pris beaucoup de place 

Souvent, on se projette très tôt dans ce projet d’enfant… Ce “foetus” est déjà un bébé en devenir, une promesse d’avenir, de jeux partagés, de valeurs transmises, de lignées prolongées… Selon le contexte de la conception, ce petit être a bien souvent déjà pris une place dans le cœur de ses parents, et éventuellement dans la fratrie. Que ce soit à 6, 7 ou 8 semaines d’aménorrhée ou plus tard dans la grossesse, il n’y a pas de bon moment pour que cet événement soit moins douloureux. Pas de donnée objective. 

Comment accompagner une fausse couche ? Écoute, bienveillance et accueil… 

S’il n’est pas évident de trouver sa place avec un·e ami·e qui traverse cet avortement précoce, l’ignorer peut être encore plus blessant. Mon amie me disait “Beaucoup ne savent pas quoi dire, car ils ont peur de me rendre triste. Mais qu’ils en parlent ou non, la douleur est là et il peut m’arriver d’avoir les larmes qui montent sans prévenir…”

Exit les mots qui banalisent “tu en auras bientôt un autre”, “la nature sait ce qu’elle fait”, “heureusement, tu avais déjà un enfant !”. Rien n’autorise quiconque à diminuer ou nier cette douleur. Au contraire, permettons à la jeune mère/parent d’embrasser pleinement son deuil. On peut lui dire simplement que nous sommes là pour elle/lui et que nous ne savons pas très bien comment l’aider. C’est une belle manière d’ouvrir la porte et de l’aider, si nécessaire, à pleurer cette absence, à surmonter ce vide… 

Le “deuil périnatal”, comme les autres deuils, doit suivre son processus : le déni, la colère, la tristesse… La douleur de l’absence, la présence du vide en soi, les larmes qui montent alors que la main se porte sur le ventre par réflexe, comme une envie de téléphoner à cet autre qui nous a quittés. Rappelons-nous que si nous, entourage, n’avions pas encore investi ce petit être, si nous n’avons rien à raconter de ce que nous avons vécu, la douleur de la perte est néanmoins réelle.

Stop à la culpabilité

Il n’est pas rare qu’en plus du deuil, les mères/pères se questionnent sur la faute. “Qu’ai-je fait pour que cela m’arrive ? J’aurai dû…” 

S’il est important que les médecins puissent aider à identifier une éventuelle cause, cela ne signifie pas que les parents doivent s’accabler d’avoir “fait une erreur”. Chercher une éventuelle “faute” n’aidera pas à guérir et souvent, notre mode de vie n’y aurait rien changé… 

Pour le corps, les mêmes conséquences qu’un accouchement !

Le corps humain est simplement magique : dès la fécondation de l’œuf, il entame un processus de changements physiologiques et hormonaux pour préparer le corps à faire grandir ce petit être en son sein. Et même si la nature en décide autrement, ces changements ont bel et bien commencé. Une interruption de grossesse, accidentelle ou  non, c’est pourtant les mêmes transformations qui ont commencé pour le corps de la mère : ainsi la baisse d’hormones, la dépression post partum, etc. sont identiques à une grossesse à terme… Le deuil, la tristesse et la solitude en plus. 

Bien sûr, chacun·e va vivre cette étape à sa manière, parfois en la balayant d’un revers de main, parfois en prenant le temps de la parole ou de laisser les mots guérir l’âme… 

Quelle place donner à cet enfant non né ou mort ?

Quand on leur demande combien elles ont d’enfants, certaines femmes répondent : “vivant ou mort ?” Cela peut paraître violent et pourtant, on peut comprendre le besoin de donner une place, de reconnaître l’importance de ce petit être. Et ce n’est pas la gêne de l’entourage qui doit faire taire le parent, ni d’ailleurs le pousser à dire s’il ne le souhaite pas… 

En psychogénéalogie, on mesure les conséquences des fausses couches au sein d’une famille, d’une fratrie… Qu’il soit inscrit ou non à l’état civil, nombre de mères, de familles, ressentent le besoin de donner une existence à cet enfant. C’est aussi un moyen d’éviter de “remplacer” un enfant par un autre, de faire porter un tabou au cœur de la famille. 

Est-ce que taire cette fausse couche peut cacher la douleur ? 

Parfois, on ne sait pas parler, aborder la question, par peur de déranger ou de raviver la douleur. Mais la douleur et le deuil sont là, jour après jour, et il serait faux de croire que de ne pas en parler est une réelle aide pour les parents. Peut-être faut-il mieux simplement ouvrir la porte par un geste ou par un mot “je suis là si je peux faire quelque chose, si tu veux parler”. 

Une fausse couche n’est pas anodine, c’est important pour la mère / parents de ne pas rester isolé·e·s. Si la famille et amis peuvent être bienveillants, l’association SOS bébé accompagne au quotidien des familles. 

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