parler des attentats aux enfants CPMHKTriste, révoltant, inhumain … Comment avec notre cœur en miette, peut-on parler des attentats aux enfants de vendredi 13 novembre à nos enfants ? Faut-il leur en parler ?

Entre la peur de nier, et l’angoisse de les traumatiser, notre attitude va dépendre de leur âge.

Concernant les petits enfants (en-dessous de 6 ans, en fonction de leur maturité) peuvent-il comprendre tout cela ? Malheureusement pas. Alors est-il bien nécessaire de leur en parler ? Oui. Car si le sujet nous préoccupe, si on en parle devant eux, ils vont ressentir nos émotions négatives, et il ne faudrait pas qu’ils s’imaginent que nous sommes dans cet état à cause d’eux…

Expliquons-leur la raison de nos émotions, avec simplicité : « Nous sommes tristes parce qu’il y a des gens qui en ont tué d’autres, cela nous fait beaucoup de peine ». Pas besoin d’aller dans les détails. Ils auraient du mal à comprendre, et cela risquerait de leur faire peur plus qu’autre chose.

Pour les plus grands (vers 6 ans en fonction de sa maturité)  le sujet va être abordé à l’école, à commencer par leurs camarades. Ils sont davantage attentifs à nos discussions, alors oui, il est important de leur expliquer. Même nous devons utiliser des vrais mots (« morts », « tués »), ce n’est pas une raison pour les mettre devant la télé, et les traumatiser.

N’oublions pas que nos enfants sont plus fragiles que nous, et ont moins de recul, ils ont besoin d’être rassurés.

L’histoire racontée par nous, sans les images de la télévision, ou les témoignages radio, leur fera surement moins peur, tout en gardant sa véracité.

« Il y a des personnes qui ont pris des mitraillettes et qui ont tué d’autres personnes. Ceux qui ont fait cela ont beaucoup de colère en eux. Et nous, nous sommes très tristes pour tous les morts et les blessés. C’est horrible de tuer et c’est interdit. D’ailleurs, en France, c’est aussi interdit d’avoir des armes, pour éviter cela. Heureusement la police est là pour les arrêter, et veiller sur notre sécurité. »

Oui, nos enfants pourraient vite en déduire que ces terroristes peuvent débarquer à la maison, et tuer toute leur famille. Pour parler des attentats aux enfants, il est important de trouver les mots pour qu’ils se sentent en sécurité.

Chacun racontera les choses à sa façon. Mais un petit conseil : évitons de parler de « fous » ou de personnes de telle religion, ou de tel pays (d’ailleurs on en sait rien), car nos enfants risqueraient de mettre une étiquette sur toutes ces personnes-là.

Et puis pour les encore plus grands, c’est l’occasion d’échanger sur des sujets de fond « Les terroristes font cela pour nous faire peur, alors comment devons-nous réagir ? », etc.

Après la journée à l’école de lundi, pensons à débriefer avec nos enfants, de ce qu’ils ont auront entendu de leurs petits copains et de leurs enseignants.

Pensées de paix.

Sad Parents Pray for Paris.