dispute entre frère et soeur CPMHK

Les chamailleries entre nos enfants, on n’aime pas ça…  Mais comment (bien) gérer une dispute entre frère et sœur ? « Maman, il m’a pris mon jouet ! » « Jeanne, on ne prend pas les jouets des autres. » « Mais Maman, je l’avais avant lui ! » « Papa, Marcel il est pas gentil avec moi ! » « C’est lui qui a commencé ! ».

Au parc, à la maison, si une bagarre éclate, on se précipite pour régler le problème. « Tu prêtes tes jouets ! » ; « Tu lui laisses, il l’avait avant ! » ; « Tu arrêtes d’embêter ton frère ! » ; « Qu’est-ce qui se passe ici ?! »…

Nous intervenons pour protéger le faible, gronder le plus fort (ou les deux), mais surtout pour faire cesser la dispute. Est-ce rendre service à nos enfants que d’intervenir ainsi ? Cela les aide-t-il à gérer leurs relations aux autres ? Alors, comment bien gérer une querelle ou une dispute entre frère et sœur ?

Plus nous intervenons dans une dispute entre frère et sœur, et plus nos enfants abusent de la sonnette d’alarme

On a beau le savoir, les rivalités entre frère et sœur sont normales ! Avoir des tensions et des sujets de désaccord est tout simplement humain ! À la manière de jeunes lionceaux qui se bagarrent, nos enfants se cherchent… pour se confronter, apprendre à se défendre, déployer leur capacité à sortir des tensions !

En intervenant systématiquement pour régler le conflit et rétablir la justice (punir, défendre, etc.), ne les incitons-nous pas à venir nous chercher plutôt qu’à se défendre seul ? Ne rentrons-nous pas dans une sorte de jeu où celui qui est en difficulté fait exprès de crier un peu plus fort (voire de jouer la comédie) afin de nous faire réagir ?  C’est vrai, pourquoi nos enfants se donneraient-ils la peine de gérer le conflit eux-mêmes, si un policier/juge, à leur service 24h/24, accourt au moindre chouinement ? Plus nous intervenons, plus ils deviennent dépendants, car nous ne leur laissons pas la place d’apprendre à trouver ensemble des solutions.

En bref, plus on insiste pour qu’ils s’aiment, et moins ils s’apprécient ! 

Prendre parti dans le conflit, c’est compliquer leurs relations à l’avenir

Intervenir, c’est semer les graines de la colère

Si l’on sanctionne le plus fort ou le plus âgé, il y a de fortes chances pour qu’il trouve cela injuste. Il aura sans doute un peu raison, les torts étant bien souvent partagés. La victime aura trouvé un moyen de pression (je crie et mon parent intervient et gronde mon frère. J’ai gagné !).

De même, si l’on opte pour la solution de confisquer l’objet de la dispute (« Si c’est comme ça, je supprime le camion de pompier »), l’un des deux y verra sûrement une injustice, convaincu d’être lésé, car « ce n’est pas lui qui a commencé ».

Ce sentiment de frustration ne favorise pas la remise en question. Au contraire, il alimente la rancœur de l’un envers l’autre (« Papa le défend, parce qu’il le préfère »). Quant au plus faible, l’intervention des parents, même en sa faveur, ne lui permettra pas non plus d’apprendre à régler ses problèmes seul (ici, on parle d’enfant en âge de parler et de se faire comprendre bien sûr). Bref, en intervenant, nous risquons de semer les graines de la discorde avec un florilège d’émotions (jalousie, animosité, injustice ou du sentiment d’inégalité) peu propices à la coopération et à la complicité… Et plus globalement, ce n’est pas ainsi qu’ils trouveront leur équilibre. Bref, intervenir en mode arbitre peut régler le problème à court terme, mais pas à long terme !

Si on intervient, privilégier l’écoute et la médiation

Par contre, la médiation où l’on prend le temps d’écouter la version de chacun, et de les aider à communiquer ensemble, pour développer des solutions est évidemment la posture idéale… mais loin d’être évidente quand les émotions s’en mêlent !

 

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Alors, que faire en cas de dispute entre frère et sœur  ?

Pourquoi ne pas les laisser régler leurs problèmes eux-mêmes ? C’est d’ailleurs ce que préconisent Adèle Faber et Elaine Mazlish dans le passionnant best-seller « Frères et sœurs, sans rivalité« ) : « Ignorer les chamailleries des enfants leur permet d’apprendre à régler eux-mêmes leurs différends ».

J’ai décidé de tester la méthode à la maison. J’entends, en passant devant la porte de la chambre de Joy, 2 ans et demi, et de son petit frère : « Non c’est à moi ! », suivi de gros pleurs de Léon. J’imagine que Joy venait de lui arracher son jouet. Je prends sur moi pour ne pas intervenir ni montrer ma présence… Après 15 secondes de pleurs, j’entends un : « Pardon Léon, je suis désolée. Tiens regarde, je te prête ça, tu peux jouer comme ça avec ». Retour du calme…

En l’absence des parents, on remarque que les enfants (sachant parler) s’arrangent souvent pour trouver une solution qui convienne à tout le monde, et éviter la dispute. (Ici, on ne parle pas des frères et sœurs qui ont déjà une relation conflictuelle). Si les parents n’interviennent pas, les enfants ont le temps de prendre conscience du mécontentement de l’autre, d’apaiser la situation et de trouver eux-mêmes une issue au conflit. C’est en trouvant eux-mêmes leur solution (même si elle ne nous paraît pas idéale) qu’ils trouveront l’équilibre de leur relation. Sans qu’aucune personne extérieure ne donne raison à l’un ou à l’autre, alimentant ainsi les jalousies.

En cas de comportement violent, les choses sont un peu différentes.

Bien sûr, il ne s’agit pas non plus de voir le conflit s’envenimer et de les laisser s’entre-tuer ! S’ils commencent à taper, mordre, insulter, arracher des mains, mieux vaut intervenir pour les stopper et leur donner le comportement alternatif qu’ils peuvent utiliser (il est important qu’ils expriment leur mécontentement).  Et un simple « Doucement les enfants » ou encore « Vous pouvez ne pas être d’accord, mais vous devez vous respecter ! », peuvent aussi permettre d’éviter un drame. 

La règle n’est cependant pas simple à appliquer, car de temps en temps la façon dont notre enfant s’adresse à l’autre n’est pas acceptable. Il lui donne des ordres, l’arnaque, lui raconte n’importe quoi… Et nous n’avons pas envie de le laisser agir ainsi ! Et bien, faisons comme nous aurions fait devant une dispute d’amis : on ne prend pas parti sur le coup au risque de décrédibiliser l’un devant l’autre, mais on échange avec lui plus tard sur ce qui s’est passé. On l’écoute pour mieux comprendre pourquoi il s’est disputé avec l’autre, pourquoi il a agi ainsi, et on réfléchit avec lui à une façon de faire différente pour  la prochaine fois !

Conflits entre frère et sœur : évidemment, ce n’est parce que l’on prend l’habitude de ne pas intervenir que notre enfant va arrêter de nous demander de l’aide…

Bien sûr, développer des compétences pour gérer le conflit, apaiser les tensions et proposer des solutions gagnant-gagnant est loin d’être une évidence. D’autant que les adultes en charge de l’éducation ont souvent pris ce rôle d’arbitrage, et que nos enfants peuvent trouver plus facile de voir la solution imposée de l’extérieur. Mais gardons le cap !

« Maman ! Il ne veut pas me prêter son camion ! ». Au lieu d’intervenir pour régler le problème à sa place, conseillons-le sur la façon dont il peut réagir : « Et si tu te transformais en loup, pour lui faire peur et qu’il arrête de t’embêter ?! » ; « Propose-lui d’échanger avec un super autre jouet », etc. Donner des alternatives de comportement est très efficace pour apprendre aux petits à bien communiquer !

Et pour les plus grands, on peut s’appuyer sur la communication non violente, en parlant girafe et non chacal et leur proposer d’exprimer chacun leur point de vue et leurs sentiments. Si cela bloque, on peut reformuler : « Je comprends que toi tu penses cela parce que… et que lui, il pense ceci parce que… ». Ils se sentiront soulagés de se sentir compris.

Et surtout, la clé pour résoudre une dispute entre frère et sœur : FAISONS-LEUR CONFIANCE. « Je suis sûr que vous allez trouver une solution ». Oui, vous verrez ça marche souvent !

En conclusion, pour (bien) gérer une dispute entre frère et sœur 

Vous l’aurez compris, mettons de côté notre rôle de juge, intervenons le moins possible dans une dispute entre frère et sœur, et encourageons-les à régler leurs problèmes eux-mêmes ! C’est ainsi que nous éviterons d’alimenter leurs disputes, et que nous les ferons grandir. Et pour encore plus de complicité, et un peu moins de chamailleries, bien des réflexes intéressants (et pas forcément évidents) peuvent nous aider au quotidien.

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