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L’hyperémèse gravidique, le calvaire de la grossesse

hyperemese gravidique

L’hyperemesis gravidarum ou hyperémèse gravidique (HG pour les intimes) est la forme sévère des nausées et vomissements de la grossesse. Cette maladie hormonale touche environ 3% des femmes selon les données actuelles et les symptômes sont plus ou moins sévères en fonction des personnes. 

Rendue célèbre par Kate Middleton, cette maladie reste pourtant énigmatique pour la plupart d’entre nous. Voici un témoignage de Lucie, maman de 2 enfants ayant souffert de HG pour ses deux grossesses. Elle raconte les 2 formes de HG qu’elle a traversées, mais surtout rappelle deux choses importantes : l’intensité de la maladie dépend des personnes, dépend des grossesses et surtout, si vous êtes concernée par cette maladie, vous n’êtes pas seule.

Les symptômes de l’hyperémèse gravidique

En général, l’HG génère une perte de poids importante, une incapacité à boire et à s’alimenter, une fatigue extrême, des nausées constantes, des vomissements incontrôlables, le tout pouvant mener à l’hospitalisation. Cette phase peut durer 3 à 9 mois. Première grossesse : la version facile de l’HG

La première fois que je suis tombée enceinte, je ne savais pas comment mon corps allait encaisser la grossesse. J’avais espoir que cela se passe bien et que je sois épanouie. Puis, au bout de quatre semaines de grossesse, tout a commencé du jour au lendemain par des nausées. Des nausées équivalentes à celles que l’on a avec une gastro. Bloquée sur mon canapé, en boule, j’ai cru que cela serait passager et que ” demain ” ou ” après-demain ” ça irait mieux. Mais malheureusement, cela a empiré.

Une semaine après les nausées, les vomissements sont apparus à leur tour et ça a continué. J’ai enduré deux mois entiers de nausées et vomissements du matin au soir avec l’impression d’être sur un bateau qui tangue en pleine mer. Impossible de manger ou de boire de grandes quantités… De toute façon, je pouvais essayer, tout ressortait illico.

Pour ma première grossesse, j’ai donc été en arrêt maladie deux mois et j’ai perdu six kilos. Mon gynécologue m’a expliqué que je souffrais d’hyperémèse gravidique, une maladie hormonale difficile, mais qui la plupart du temps se calme au bout de trois mois. Les médicaments classiques donnés par mon gynéco m’ont aidé vaguement. J’étais sonnée, mais je me suis vite remise de ces deux mois de cauchemars.

Après tout, ce n’était que 2 mois, c’était ma première grossesse et je n’avais pas d’enfant à charge à ce moment-là… Le “round two” a été d’un autre niveau.

L’hyperémèse gravidique pendant ma seconde grossesse : l’une des épreuves les plus dures de ma vie

Pour ma seconde grossesse, j’avais encore une fois l’espoir que tout se passe bien. Après tout, une première grossesse est stressante, car c’est l’inconnu et mon gynéco m’avait dit que les peurs majoraient les nausées et vomissements. Mais là, j’étais sereine dès le début. Je pensais donc m’en sortir, avec au pire, un mois de désagréments de la même intensité que pour mon premier enfant… mais la vie en a décidé autrement.

Au bout de deux semaines de grossesse à peine, les nausées et vomissements sont arrivés. Je me suis dit ” hey, je connais déjà… ça va être dur, mais on va y arriver “. Puis l’intensité des nausées et des vomissements a augmenté rapidement et fortement. Au bout de 4 semaines de grossesse, je ne pouvais plus me lever de mon lit et vomissais jusqu’à 10 fois par jour.  Dans l’impossibilité de manger ou de boire de grandes quantités, alitée toute la journée, j’ai commencé à fondre. Au bout d’un mois, j’avais déjà perdu 5 kg. Le plus long jeûne a été cinq jours entiers sans boire une seule goutte ni manger une seule miette. Je finissais par vomir du sang, il ne pouvait y avoir rien d’autre dans mon estomac de toute façon. Les seuls moments de répit étaient quand je dormais. Je rêvais de nourriture, de boisson, de bien-être… mais à la seconde où j’ouvrais les yeux, le bateau qui tangue était de retour et je ne tardais pas à vomir. 

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L’absence de nourriture et d’eau prolongée a fini par me créer des problèmes de foie. J’avais le teint gris, les joues creusées et au bout de quatre mois, je commençais à perdre un peu mes cheveux. Je devais faire des prises de sang tous les 15 jours pour contrôler certains paramètres ( mon foie notamment ). Les médicaments classiques ne fonctionnaient pas et mon gynéco m’avait expliqué que, si mon état ne s’améliorait pas, je devrais être hospitalisée voire même, dans le pire des cas, interrompre ma grossesse.

Les jours passaient et l’amélioration ne venait pas, je commençais à avoir peur pour moi et pour mon bébé. Heureusement mon gynécologue a fini par me donner un nouveau médicament qui m’a soulagé : les vomissements ont enfin commencé à s’atténuer. 

Au bout de 4 mois et demi de grossesse, je commençais à pouvoir me réalimenter un petit peu. J’ai perdu 12 kg en 4 mois sachant que je n’étais pas en excès avant ma grossesse. Il a fallu attendre le 5e mois pour pouvoir arrêter les médicaments, manger des quantités qui me permettent de reprendre du poil de la bête et retourner au travail doucement. Les nausées étaient encore un peu là, certains aliments ne passaient plus du tout, mais je commençais à m’en sortir.

Un isolement douloureux

Si physiquement ce fut déjà hyper difficile, le pire à été le psychologique: avec cette foutue maladie, j’étais isolée et trouvais le temps terriblement long. Au fond de mon lit, j’étais tellement mal que c’était impossible de regarder un film ou une série. Comme parler me faisait vomir, je n’avais pas vraiment de conversation avec mon mari ou d’autres personnes par téléphone. Et le plus dur, ce fut la séparation que cela à entraîné avec mon fils : impossible de m’occuper de lui, âgé de 20 mois à ce moment-là. Son odeur de bébé, si chère à mes narines en temps normal, me donnait une forte envie de vomir ( comme à peu près toutes les odeurs en fait … ). Impossible de jouer avec lui, impossible de lui lire une histoire. J’ai eu le sentiment d’être coupée de lui et il m’a tellement manqué ! Cette douleur là, elle a été la pire.

Passé le 5e mois, j’ai renoué avec la vie, j’ai renoué avec mon fils et la suite de ma grossesse a pu être enfin supportable. Je me suis accrochée, gardant en tête que ce n’était pas de la faute de mon nouveau bébé mais que, pour sûr, ça sera mon dernier enfant car ça fait trop mal.

Cependant, malgré la tempête que j’avais vécue, ce fut très touchant de voir tout le soutien que j’avais reçu de la part de mon mari et de ma famille. Cela a renforcé nos liens. Mon mari a également pris le relais pour les tâches du quotidien et, aujourd’hui encore, il est plus impliqué qu’avant. De plus, et c’est ce qui m’émeut le plus, j’ai constaté que mon mari et mon fils se sont rapprochés lors de cet épisode qui a impacté nos vies à tous les 3. Leur complicité s’est renforcée et mon fils a, par la suite, été moins demandeur de “ maman ” uniquement. J’ai ainsi constaté qu’il y a du positif qui a pu ressortir de cette épreuve difficile sur plusieurs plans. 

Un manque de reconnaissance qui existe encore

L’incompréhension des uns et des autres face à ce que je vivais a été également très dure à encaisser. Cette maladie est encore peu connue et si j’ai pu trouver du réconfort sur certains blogs, le reste des gens ne réalisaient pas que c’est  une maladie. Ils ne mesuraient pas l’intensité des symptômes et beaucoup pensaient que ce qui m’arrivait était psychosomatique :

– ” Mais c’est normal de vomir pendant la grossesse … “

– ” C’est parce que tu stresses trop ! “

–  “ Des nausées ? Oui, ben comme toutes les femmes enceintes ! “

– “ On arrête pas de travailler pour des vomissements et des nausées quand on est enceinte quand même ! “

Je suis allée à l’hôpital un soir et même le médecin présent m’a dit ” rentrez chez vous, 5 kg de perdus ça reste raisonnable. Détendez vous pour votre grossesse, prenez du gingembre et du coca, ça aidera ! “. J’ai eu l’impression que personne ne voyait ma détresse.

Comment aider quelqu’un atteinte d’HG?

Les besoins des femmes atteintes de HG sont variés et il peut y avoir plusieurs façons de les aider en fonction de leur besoin. Souvent, tous les stimulis majorent les nausées et vomissements : la lumière trop forte, trop de bruit, les odeurs. Parfois, la contrariété peut aussi renforcer les symptômes.

Dans mon cas, ce qui m’a aidée pendant la maladie, ce fut la venue de mes parents pour me soutenir moralement quelques jours. Le soutien de mon mari aussi. Comme je me sentais isolée parce que je ne pouvais pas vraiment ni parler, ni me distraire, leur présence a été précieuse. 

Autre aide incroyable, mon gynécologue qui a été à l’écoute, sans jugement. Merci à lui de m’avoir apporté de la reconnaissance en me disant que 10% de ses patientes avaient les mêmes symptômes que moi et de m’accrocher car c’était affreux. Il m’a recommandé de consulter une psychologue quand mes forces seraient un peu revenues. Ce fut une excellente idée car cela m’a aidé à mettre des mots sur cette épreuve que j’avais vécue et parlé à mon bébé jusqu’à la fin de ma grossesse de ce qui c’était passé dans mon corps et ma tête.

Enfin, je ne le savais pas à l’époque, mais il y a des associations pour l’accompagnement des personnes atteintes de cette maladie comme “ 9 mois avec ma bassine ” ou encore “ Association HG ” qui peuvent être d’un grand soutien également. 

L’isolement, la fonte musculaire, le mal-être… cette maladie fut vraiment mon parcours du combattant et je salue et encourage les femmes qui le vivent (dans des proportions bien pires que moi pour certaines). Je partage donc ici que si vous traversez cela, vous n’êtes pas seule. Et si je peux vous donner de l’espoir, sachez que le plus beau des cadeaux que j’ai eu à la fin de tout ceci, c’est un beau petit garçon et une belle petite fille en pleine santé dont les regards à la naissance m’ont rappelé que cette bataille en valait mille fois la peine. Alors tenez bon!

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