Aider notre enfant à surmonter les méchancetés de la cour de récré

méchanceté enfantine

La cour de récré ou le square, c’est parfois la jungle :  insultes, disputes, bagarres ou simplement comportements et mots blessants. Nous en avons tous un souvenir plus ou moins vif, mais les méchancetés de la cour de récré sont une réalité ! Les enfants ne sont pas tendres entre eux, et c’est parfois difficile à supporter pour notre petit -et pour nous.

On lui a dit “T’es plus mon copain”, on a refusé de lui dire au revoir, on a déchiré son dessin, il se sent rejeté à l’école, etc. Ces petites choses peuvent véritablement le blesser. Comment l’aider à surmonter les méchancetés de la cour de récré…

En priorité, prendre soin de l’enfant rejeté

Face à une situation si classique, toute la subtilité est justement de ne pas rentrer dans le triptyque victime-bourreau-sauveur.

Pour autant, plutôt que d’agresser l’agresseur pour rétablir la justice, prenons soin de l’enfant blessé s’il a besoin d’aide pour se détacher de la situation. Si les autres enfants lui ont dit “Toi, tu joues pas avec nous”, on peut lui proposer de faire un super jeu ensemble pour qu’il s’amuse, qu’il pense à autre chose, et qu’il oublie la méchanceté de l’enfant dont il vient de faire les frais. On peut aussi…

Lui apprendre à prendre du recul sur la colère des autres

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Il est essentiel d’apprendre à l’enfant à se détacher de la situation douloureuse qu’il est en train de vivre, et de lui faire intégrer que l’on n’est pas responsable de la colère de tout le monde. (Bien contrairement à ce que tout les enfants ont tendance à croire.) Il peut arriver qu’on soit mis de côté, ou agressé verbalement ou physiquement mais ça n’est pas forcément en lien avec nous. Essayons d’apprendre à notre enfant à ne pas faire de supposition (il ne joue pas avec moi = il ne m’aime pas), quitte à demander des explications claires et directes.

En tant qu’adulte, il peut nous arriver de nous retrouver dans le même type de situation :par exemple, on pense faire plaisir en complimentant une collègue sur sa coiffure. Et finalement, elle le prend mal et s’emporte contre nous (“Pourquoi tu me dis ça, tu me trouves mal coiffée d’habitude, c’est ça ?”). Ça n’est pas de notre faute. On peut s’excuser de l’avoir blessée, sans pour autant culpabiliser ! On n’est pas responsable de sa colère.

Si elle répond de cette façon, c’est peut-être qu’elle est stressée ou énervée pour d’autres raisons. Dans tous les cas, nous n’avons pas à prendre pour nous sa mauvaise humeur.

Tu rentres pas, t’es qu’un bébé !

L’autre jour au parc, Joy montait dans une tour que deux grandes occupaient : “Non, tu n’as pas droit de rentrer, t’es un bébé et nous on est des grandes, dégage !”… Ce qui piqua Joy, qui se mit en colère : “Non, je ne suis pas un bébé, et j’ai le droit de rentrer !”

Je pris Joy à part :

“- Tu as l’air d’être blessée par ce que ces petites filles t’ont dit”.
Oui !! Elles ont pas le droit de m’interdire de rentrer. C’est à tout le monde, et je ne suis pas un bébé !
Tu ne trouves pas juste qu’elles t’interdisent de rentrer et tu te sens vexée qu’elles te traitent de bébé, alors que tu n’en es pas un.”

Comme d’habitude, on essaye de mettre des mots sur les émotions ressenties par l’enfant. En reformulant ce que notre enfant dit,  il se sent écouté, compris, et cela contribue à faire redescendre une partie de sa colère, voir l’article “la magie de l’écoute active”).

– Tu sais, si ces petites filles te disent des choses méchantes, c’est qu’elles ont de la colère en elle, pour une raison que l’on ignore. Et la colère, elle fait dire n’importe quoi. Exactement quand toi, tu me dis : “T’es méchante Maman, je suis plus ta petite fille”, est-ce que tu le penses ?
Non.
Tu vois, toi aussi, la colère te fait dire des mots qui peuvent être très blessants. Pour ces deux grandes filles, c’est la même chose. C’est la colère qui les fait agir ainsi. Il vaut mieux t’en aller faire autre chose, le temps que leur colère s’évacue. Ou l’autre solution sinon c’est de leur répondre avec humour et détachement, par exemple :  “Oui je suis un gros bébé, je viens de boire mon biberon et m’approchez pas trop sinon je risque de vous vomir dessus ! ” ”

Face aux remarques ou attaques des autres, plutôt que de choisir la fuite, le rabaissement ou la colère, réagir avec humour et détachement demande de l’entraînement, mais est souvent un très bon moyen pour que les autres ne viennent pas nous embêter de nouveau !

“T’es plus mon copain !”

Autre situation : notre enfant revient en pleurant, nous racontant qu’à la cour de récréation son meilleur ami lui a dit “T’es plus mon ami, je vais te jeter dans le camion poubelle”.

C’est souvent la confiance en soi qui va beaucoup aider notre enfant à prendre de la distance par rapport à ce type d’agressions ou d’insultes. En fait, bien réagir face aux réactions des autres se situe souvent au niveau de la confiance en soi. D’ailleurs, si le sujet vous intéresse, vous pouvez découvrir mes conseils avec le PACK “CONFIANCE EN SOI” – Tout pour que nos petits croient fort en eux. Je vous ai rassemblé toutes mes réflexions, conseils et idées d’activités pour aider notre Kid à se construire petit à petit… Pour le recevoir, inscrivez simplement votre email ci-dessous, et je vous l’enverrai gratuitement.

Pour revenir à notre situation, on peut essayer de l’aider à comprendre ce qui a mis son meilleur copain dans une telle colère : “J’ai caché son pull pour jouer et il a m’a insulté”. On reformule “Donc toi, tu as voulu faire une blague. (Pour bien accueillir les émotions et reformuler efficacement, voir aussi notre article sur la communication non-violente). Mais lui, il a peut-être cru que tu cachais son pull pour être méchant avec lui ou lui faire de la peine. Ou il a eu peur de se faire gronder par sa maman. Et ça l’a mis en colère contre toi. Qu’en penses-tu ? Ce qui est sûr, c’est que c’est sa colère qui a pris le dessus. Et parfois, ça fait dire n’importe quoi, même des choses qu’on ne pense pas pour de vrai. Peut-être que pour faire redescendre sa colère, tu peux lui expliquer que c’était une blague et que tu es désolé si cela lui a fait de la peine, et que tu ne voulais pas le blesser ?”

Pour ce qui est des disputes, où les enfants se font mutuellement de la peine, je vous invite aussi à lire cet article “Comment bien gérer les disputes entre enfants”.

Quand les mots dépassent la pensée…

Expliquer que la colère nous fait exprimer n’importe quoi l’aidera à comprendre les autres, mais aussi à se comprendre lui-même : “quand je dis à maman que je ne l’aime plus, ça ne veut pas dire que je suis méchant. Mais que la colère me fait dire des choses méchantes”.

Lui faire comprendre que la colère de ses camarades n’est pas dirigée contre lui, et n’en fait pas quelqu’un de méchant, sera beaucoup plus efficace que de lui dire “Tu as raison, ton copain n’est vraiment pas gentil !”. Surtout que cela peut lui faire de la peine que l’on parle ainsi d’un de ses bons copains. Il ne faut pas oublier que le principal est de l’aider à surmonter les méchancetés de la cour de récré… et d’ailleurs. Une corde à son arc utile pour maintenant, mais pour toute sa vie ! 

Se détacher de la colère de l’autre peut aussi lui être très utile dans sa relation avec nous, ses parents !

Quand c’est nous, les parents, qui sommes en colère, c’est exactement la même chose. Nous sommes responsables de notre propre colère, même si c’est notre enfant qui a appuyé sur le bouton déclencheur.

Si on s’est énervé après son enfant, on peut en reparler le soir : “Je suis désolée d’avoir crié tout à l’heure. J’ai été agacée quand j’ai vu encore tes chaussures trainer dans le salon et que tu n’as pas voulu venir les ranger. Ça a déclenché ma colère. Mais elle n’était pas dirigée contre toi. Je me suis énervée car je suis très fatiguée en ce moment, (ou encore : “je suis énervée, car tu sais j’ai beaucoup de mal à supporter le désordre”). Mais ça n’est pas toi qui est méchant.”

Car oui, qu’on se le dise, dans la même situation, un autre parent n’aurait peut-être pas du tout été dérangé par ces chaussures qui trainent. Il les aurait peut-être, machinalement et tout simplement, mises sur le côté. Bref, chacun est responsable de sa colère. Ce mode de raisonnement peut aussi être très utile pour vers face à des grandes personnes ‘moins bienveillante”, voir cet article : Que faire face aux personnes qui critiquent ou rabaissent notre enfant ?

Apprendre à l’enfant à faire la part des choses est essentiel, que ce soit pour surmonter les méchancetés de la cour de récré ou pour la vie. C’est un beau cadeau de l’aider à comprendre qu’il n’est pas la cause de la colère des autres (en particulier quand lui-même n’avait pas l’intention d’embêter son copain ou son parent, ou de l’énerver). Cela l’amènera à prendre du recul et à beaucoup mieux vivre les disputes du quotidien avec les copains, comme avec ses parents.

Recul que nous aimerions nous aussi parfois avoir .

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Commentaires

0 thoughts on "Aider notre enfant à surmonter les méchancetés de la cour de récré"

  1. Sandrine dit :

    Quel superbe article. Je vais me le garder dans les favoris pour l’éducation des enfants. Il va sûrement beaucoup servir car pour moi aussi il m’aide et j’en ai beaucoup appris en le lisant, malgré que je sois une adulte. Merci beaucoup pour cet article 😀😀

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