aîné et cadet : quelle responsabilité donner aux grands ?

Comme vous l’avez lu au travers de mes articles, je suis à 100% pour donner des responsabilités à nos enfants et ainsi les guider vers plus d’autonomie et de confiance en eux.  Les responsabiliser face aux petits dangers, les responsabiliser face aux décisions etc sont des évidences, mais faut-il les responsabiliser entre aîné et cadet ?

« Tu surveilles ton frère ? »

La réponse ne semble pas évidente,  je m’en suis rendu compte à plusieurs reprises. Un jour j’ai entendu un père dire à son aîné de 7 ans : «  Tu surveilles ton frère [qui ne sait pas nager et qui est sans brassard au bord de la piscine] et tu cries s’il tombe ». Un autre jour, j’ai vu un enfant de 8 ans accompagner dans la rue son petit frère de 3 ans qui, tout à coup, s’est précipité sur la route (peut-être avait-il vu un pigeon ?) ! Par chance, le motard qui arrivait a pu l’éviter, avant de se rétamer… Ou encore cette autre fois où une maman a dit : « Tu fais attention à ce que ton frère ne mette pas de graviers dans sa bouche ». Etc.

Dans ces cas où nous donnons à notre aîné la responsabilité d’un autre enfant, face à de tels dangers, si la situation tournait mal, a-t-on juste mesuré l’impact psychologique que cela pourrait avoir sur l’ aîné ? De quoi lui tuer sa vie à lui aussi…

Nous n’aurions pas l’idée de prendre un baby-sitter de 10 ans, alors pourquoi donnerions-nous ce rôle à notre enfant ?  Finalement, ne devrions-nous pas tout simplement confier notre enfant à un autre que si on estime que cet autre est en âge de faire du « baby-sitting » et aussi qu’il est d’accord pour le faire ?

Mais s’il n’y a pas de “vrai” danger, peut-on confier à l’aîné  la responsabilité des autres ?

Comme dans ce précédent article, dans le train, une mère demande à l’ aîné de surveiller que sa sœur reste à sa place le temps qu’elle aille acheter un sandwich. Peut-on confier cette responsabilité sans danger ?

L’inconvénient de créer une relation inégalitaire entre aîné et cadet.

Que va-t-il se passer si la petite sœur veut partir de son siège ? Le grand va chercher à faire respecter la règle. On crée alors une relation hiérarchique entre nos enfants, dans laquelle ils ne sont plus à égalité, mais où l’un « commande » l’autre. On peut le comprendre si un enfant a 1 an et l’autre 4 ans. Sauf que si dès le début on prend ce réflexe, ils risquent de garder cette hiérarchie quand ils auront 7 et 10 ans : le plus jeune se sentira “petit” et l’ aîné se sentira “responsable” de l’autre, ils ne seront pas à “égalité”. N’est-ce pas dommage quand, à 7 et 10 ans, ils pourraient avoir une relation plus égalitaire, former un binôme, une équipe ?

Si nos enfants ont deux ou trois ans d’écart, ne voudrions-nous pas au contraire qu’ils se sentent à égalité ? Qu’ils puissent jouer ensemble, sans que la parole du plus grand soit davantage « considérée », sans que le petit soit davantage « protégé » ?

Cela dépend aussi du caractère de chacun. Si l’ aîné se montre bienveillant envers le plus petit et sait faire respecter les règles avec “bienveillance”, on court moins le risque que le petit souffre d’être “surveillé” par l’ aîné. Mais si notre aîné prend goût à exercer son autorité sur le second, mieux vaut les traiter à égalité !

Pour éviter de créer une relation inégalitaire entre nos enfants, tout en me reposant parfois sur Joy pour “gérer” Léon, j’opte pour les responsabiliser ensemble, sans confier Léon à Joy : « Je vais chercher des sandwichs, je peux vous laisser là ? Vous venez me chercher s’il y a un problème. ». Joy sait ainsi que je ne suis pas là et, comme elle l’aurait fait avec un ami de son âge, elle me préviendra s’il y a un problème.

Au lieu de dire « Joy, accompagne Léon voir le groupe de musique », je dis : « Oui, vous pouvez aller voir les gens qui font de la musique, mais ensemble. » Chacun doit en quelque sorte prendre soin de l’autre, comme des amis pourraient le faire, ainsi Léon ne se sent pas “petit” et Joy ne se sent pas contrainte.


Si les enfants ont beaucoup d’écart peut-on les confier l’un à l’autre ?

Quand l’écart entre nos enfants est plus important, l’inégalité est plus présente de fait. Alors peut-on les confier l’un à l’autre ?

Bien sûr tout dépend de la façon dont l’ aîné gère le petit, car le petit n’appréciera peut-être pas d’avoir un troisième parent sur le dos qui lui dit ce qu’il doit et ne doit pas faire… Mais la situation peut aussi être difficile à vivre pour le plus grand ! Car si surveiller son petit frère lui semble contraignant et l’empêche de se plonger dans une activité, en faisant cela on ne l’incite pas à apprécier la présence de son petit frère !

Et pire, s’il gère mal sa mission et se le fait reprocher, on risque clairement de créer de la rancœur chez l’ aîné envers son petit frère. Tout cela ne joue pas en faveur de leur entente… Et puisqu’on parle d’entente dans la fratrie, si le sujet vous intéresse, sachez qu’il existe bien des petites astuces et habitudes à intégrer pour leur permettre une plus grande complicité. Ca vous parle ? Je vous propose de vous inscrire ci-dessous pour recevoir gratuitement un dossier complet sur le sujet. Dans ce Pack Frères/Soeurs, je vous donne des pistes et des clefs pour une fratrie unie.  Pour l’obtenir et les découvrir, rien de plus simple : indiquez votre mail et recevez le pack directement dans votre boite ! 

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Alors pourquoi ne pas tout simplement demander à l’ aîné s’il est d’accord pour nous rendre ce service plutôt que de le lui imposer ? « Cela ne te dérange pas si je te laisse Léon ? »

Finalement, tout cela n’est-il pas logique ? Ce sont des frères et sœurs et nous sommes les parents “responsables” ☺

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