Avoir un deuxième enfant

Avoir un deuxième enfant, ou un troisième, quatrième, peut être est un vrai chamboulement pour l’enfant précédent, surtout si celui-ci est rapproché. Cependant, la jalousie de l’aîné envers le bébé est loin d’être une fatalité. Voici quelques astuces qui peuvent faire une vraie grande différence dans la famille, comme ils l’ont fait dans la mienne à l’arrivée du deuxième enfant, puis de notre troisième. Bien évidemment, le tempérament de notre aîné joue aussi, mais notre attitude a un vrai impact. 

En avant pour les astuces !  

Évitons que le deuxième enfant lui « pourrisse » la vie avant même qu’il soit né

Plutôt que « je ne peux pas à cause du bébé », expliquons les choses autrement

Avant d’avoir un deuxième enfant, une amie m’avait prêté un livre expliquant la grossesse et la naissance du futur petit frère à la grande sœur. J’ai été scotchée par ce bouquin qui racontait que Maman était très fatiguée à cause du bébé, qu’elle ne pouvait plus venir jouer au parc à cause du bébé, qu’il ne fallait pas crier près du ventre, etc. Bref, l’histoire de « Comment ton futur petit frère te pourrit déjà la vie, alors qu’il n’est même pas encore né ». Il parait qu’il y a des enfants qui donnent même des coups dans le ventre de leur maman…

Ce comportement ne pourrait-il pas être évité si nous faisions attention à ce que la grossesse ne soit pas synonyme de contrainte et d’interdiction pour l’aîné/aînée ? Par exemple, en essayant de trouver des alternatives pour expliquer les choses, sans faire reposer toute la faute sur le futur
nouveau-né. par exemple « Tu as sacrément grandi et tu es devenu lourd. Je ne peux plus te porter. Demande plutôt à papa qui est plus fort » plutôt que « Je ne peux pas te porter à cause du bébé ».

Stop aux recommandations pour le futur

Imaginez-vous accueillir un collègue, et que votre boss et tous vos collaborateurs vous disent toutes les semaines pendant 6 mois : « Tu sais, ta nouvelle collègue va bientôt arriver. Il faudra bien prendre soin d’elle et lui présenter tout le monde. Et aussi, lui prêter ton poste de travail si elle en a envie. Tu es content, n’est-ce pas ? » Euh… Franchement, non !

Alors, imaginons ce que cela peut faire à notre aîné quand papa, maman et l’entourage lui expliquent « alors, t’es content ? Tu vas avoir un petit frère ? Faudra être gentil avec lui ». Forcément, il ne sera pas facile pour notre premier enfant d’attendre avec joie l’arrivée de bébé. Cela peut être un brin agaçant, voire stressant. Surtout si nous lui rabâchons sans cesse qu’il faudra être gentil, sage, ne pas faire ceci, se comporter comme cela, etc. Comment peut-il se réjouir de l’arrivée de ce deuxième enfant ?

Au contraire, présentons-lui cette arrivée de façon positive, afin de l’aider à accueillir ce nourrisson dans la joie et la bonne humeur, plutôt que de déjà faire naître une jalousie : « Tu vas être sœur, c’est super ! Tu voudras faire quoi avec ton frère quand il naîtra ? Tu voudras lui donner le biberon ? Et quand il sera plus grand, tu voudras jouer au ballon avec lui ?». Le mettre mot : lui transmettre notre joie et notre enthousiasme de l’arrivée de ce deuxième enfant.

Évitons ensuite que son arrivée soit uniquement source de contraintes

Une fois le deuxième enfant arrivé, c’est la même chose. Comment aimer un enfant qui s’accapare vos jouets, devient le centre de l’attention de Papa et Maman, et casse toutes vos petites habitudes et vos rituels en famille ? Globalement, si on arrive à faire en sorte que notre premier enfant « y gagne » sur cette nouvelle arrivée plutôt qu’il y « perde », ce serait l’idéal. « Grâce à l’arrivée du bébé, je suis en congés maternité. Du coup je vais pouvoir venir te chercher à l’école ! Papa va être à la maison pendant un mois, on va pouvoir plus jouer avec toi !» .

C’est aussi une question de communication, en évitant de dire que l’on ne peut pas faire ça ou ça à cause du deuxième enfant. Par exemple, à la question « Maman, tu viens jouer au Loto avec moi ? », le simple fait de répondre « Non, je donne le biberon à ton frère » peut agacer le grand. Lui répondre « Oui, prépare le loto et j’arrive » évitera de faire grandir ce sentiment de jalousie qu’il peut déjà ressentir.

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Des astuces pour passer du temps avec le grand, malgré le deuxième enfant

Même quand le bébé est « facile », cela prend du temps de s’occuper de lui. Et ce temps, on pouvait le consacrer au grand « avant ». Et l’attention de papa  et/ou maman, c’est extrêmement important aux yeux d’un enfant (voir aussi la théorie de l’attachement). Ce manque de disponibilité (du point de vue du grand) peut participer grandement à faire naître et grandir la jalousie chez notre aîné. Un bon moyen d’éviter cette jalousie, c’est d’impliquer l’aîné, de faire équipe avec lui face à ce bébé.

Lui demander son avis

– « Dis donc, il pleure ce bébé. À ton avis, qu’est-ce qu’il a ? »
– (enfant)« Peut-être qu’il a faim Maman ? »
– « Tu as sûrement raison. Je vais essayer de lui donner la tétée / un biberon ». 

Notre aîné se sent alors utile, et ça change tout. Et mieux, c’est lui qui est alors moteur du fait que l’on va le nourrir, ce qui fait une vraie différence avec « Attends Loulou. Tu vois bien que bébé pleure, il faut que je le nourrisse. »

L’impliquer dans certains choix 

« Viens avec moi, on va choisir ses habits ensemble ! Tu crois qu’on lui met quoi ? Un pantalon ou une robe ? Penses-tu qu’il lui faut un body pour qu’il n’ait pas froid ? » On installe un marche-pied près de la table à langer pour que l’aîné puisse regarder et participer (s’il le souhaite et selon son âge) « Tu veux essayer de lui mettre sa chaussette ? » « Oulàlà, il n’a pas l’air content qu’on lui enfile son body !  » «Il est pas trop mignon, comme ça ?!  »

Bien sûr, il ne s’agit pas de mettre notre grand en responsabilité de choses qui le dépasse (lui faire surveiller son frère/ sa sœur sur la table haute, etc.). Il s’agit plutôt de rendre les moments avec le bébé ludiques, et d’impliquer notre grand, pour qu’il se sente utile et « grand », fasse équipe avec nous. On partage avec lui notre enthousiasme. Un peu comme si on jouait à la poupée avec notre aîné tout simplement, sauf que c’est nous qui tenons la poupée 😉. Ça peut aussi être l’occasion de lui parler de lui/d’elle quand il/elle était bébé.

Occuper l’aîné pendant qu’on allaite/donne le biberon

  • Souvent, quand on allaite et que le grand nous sollicite, ce n’est pas évident de gérer les deux. Voici une idée que mon aîné avait adoré : coller des gommettes sur les vêtements du bébé pendant que je le nourrissais ! Activité que mon aînée avait d’ailleurs elle-même trouvé : elle collait des gommettes roses sur la jambe droite du pantalon, bleues sur la jambe gauche. Et elle trouvait cela très drôle !
  • On peut aussi lire des histoires au plus grand, ou encore lui faire préparer un jeu « alors, moi je vais être les voitures jaunes. Est-ce qu’un garagiste peut mettre de l’essence dans mes voitures ? Je suis bloquée ! Merci Monsieur, mais je crois que je suis en panne. Pouvez-vous faire avancer ma voiture ? »
  • On peut aussi régulièrement lui proposer de participer (s’il le souhaite) à donner le biberon, ou de le consoler, ou de nous aider en allant chercher le bavoir, en mettant de l’eau sur les cotons, etc. Cela nous permet que l’aîné se sente utile en même temps que l’on s’occupe du bébé. Et c’est valorisant, il a l’impression de faire partie de l’équipe !

Ne lui demandons pas de tout partager tout de suite

On pourrait se dire qu’il faut qu’il sache qu’il n’est pas le roi, et qu’il doit partager. Mais, non seulement, il partage sa poussette ou sa chambre, mais aussi sa vie, sa maison et ses parents avec ce nouveau petit être. Et c’est déjà beaucoup ! Pourquoi ne lui laisserions pas le temps d’apprendre petit à petit à partager ses jouets. En attendant, faisons plutôt le contraire : le bébé adore son grand frère, ou sa grande sœur, et accepte de lui prêter tous ces nouveaux jouets, et ces peluches ! « Bien sûr que ton petit frère te prête sa nouvelle peluche ! ». Et au lieu d’accentuer la jalousie de l’aîné, cela peut plutôt faire l’effet inverse.

Concernant les choses qu’il va forcément devoir partager avec le « petit », comme la chambre et la poussette, la façon de présenter la chose est essentielle. Ne trouvez-vous pas qu’il y a une différence entre dire « Le bébé dormira dans ta chambre, il ne faudra pas faire de bruit » et « On va préparer le lit du bébé ensemble et c’est toi qui vas choisir où on le met dans la chambre » ?  L’impliquer dans la décision en lui laissant le « choix » peut être une bonne solution.

Ce serait tellement dommage de le gronder à cause de son petit frère

Le meilleur moyen pour créer de la jalousie, c’est de gronder l’aîné à cause du bébé. Et c’est encore pire quand il n’y a pas de mauvaise intention de la part du grand. Par exemple, lui faire des remontrances parce qu’il lui fait un câlin trop fort. Quel dommage de le freiner dans ses gestes d’affection ! Mieux vaut lui expliquer, l’inviter à regarder comment réagit son petit frère « regarde son visage, il est content là, tu crois ?». Encore aujourd’hui, je prends sur moi pour ne pas ordonner à ma fille d’arrêter de taper son petit frère pour jouer, et je lui demande plutôt « Tu ne crois pas que tu lui fais mal, là ? ». Trois fois sur 4, elle me répond « Non, regarde, il rigole ! ». Et elle a raison… D’ailleurs, quand ce n’est pas le cas, cela se termine en général par un « pardon bébé, pardon » et un autre câlin… moins fort.

Ce n’est pas drôle d’être grand

Je me souviens de quelques phrases que nous disions pensant bien faire : « Toi, tu es grande, donc tu peux manger toute seule » ; « Toi, tu n’es pas un bébé, donc tu ne pleures pas » ou « Toi, tu es grande. Donc tu n’as plus de biberon » ou encore « Lui, c’est un bébé. C’est normal, s’il pleure.».

Même si la plupart des enfants ont envie d’être grands, si on leur explique qu’être un bébé apporte des « privilèges », ils vont tout faire pour qu’on les considère aussi comme des bébés. Et entre autres, pleurer. Donc pour minimiser cela, c’est déjà bien d’éviter de dire « parce que c’est un bébé », et de privilégier plutôt « il pleure parce qu’il a faim. Et quand les bébés ont faim, ils ont mal au ventre. Toi, tu as mal au ventre ? ». Et de temps en temps, bien sûr, l’aîné aura envie de se faire chouchouter comme le petit. Alors quand on voit « qu’il fait le bébé », pourquoi ne pas lui proposer de jouer au « bébé » pour de faux ? Lui permettre de jouer le bébé pour de faux, de lui aussi se faire cocooner, c’est drôle. Et quand le jeu sera fini, il ne sera plus un bébé ! Et cela évite justement de créer une jalousie sur quelque chose que notre grand n’arrive pas à obtenir.

Même si la jalousie est en partie liée au caractère de l’enfant, tous ces petits gestes peuvent grandement améliorer les choses ! Et pour aller plus loin, la communication non violente et l’écoute active peuvent être de fabuleux outils pour aider à mieux comprendre et accueillir les émotions de nos enfants.

Prenez soin de vous.