caprice enfant CPMHKLe « caprice » d’enfant n’est pas une nouveauté. Ils font une colère pour un malheureux bonbon. Ils refusent de rendre un jouet. Ils tapent le copain qui les a traités de « bébé »…Comment éviter ces situations grotesques, et les aider à mieux maîtriser leurs émotions dès aujourd’hui, mais aussi dans le futur ? Car finalement, savoir gérer ses émotions, savoir les exprimer, contribuera grandement à la qualité de leurs futures relations avec leur conjoint ou leurs amis, et leur permettra de mieux gérer leurs frustrations.

Caprice enfant : l’explication

D’abord, il est important de connaitre l’explication scientifique du caprice de l’enfant. Les recherches en neurosciences ont montré que la partie du cerveau appelée  « lobes temporaux et frontaux du néocortex » (à vos souhaits !) qui nous permet de réguler nos émotions, n’est pas encore développée chez le nourrisson*. Lors des 5 premières années de vie de l’enfant, cette partie du cerveau va se former, pour arriver à maturation vers l’adolescence. On aura beau leur dire d’arrêter leur caprice d’enfant, de se calmer, de se raisonner, cela n’aura pas beaucoup de résultats. Non pas parce que nos enfants ne veulent pas nous écouter, mais parce que leur cerveau ne leur permet pas encore de se raisonner !

Mais, bonne nouvelle, nous allons pouvoir les aider à développer cette partie de leurs cerveaux, et à maîtriser davantage leurs émotions, pour qu’elles ne se transforment plus en grosse colère, tapes, morsures, jets d’objets et autres…

La 1ère étape pour que notre enfant puisse contrôler ses émotions, c’est qu’il prenne conscience de ce qu’il ressent.

C’est d’ailleurs aussi vrai pour nous, adultes. Le caprice de l’enfant, son mauvais comportement, peut être dû à une émotion dont il n’a pas pleinement conscience. Oui, cela nous arrive aussi ! Par exemple, on peut être énervé contre un collègue, lui parler avec un brin d’agressivité, sans être vraiment conscient de la raison. Et puis si l’on se pose, que l’on y réfléchit, on comprend que l’on est énervé contre lui car on le trouve par exemple trop intrusif, ou parce que l’on n’a pas aimé l’une de ses réflexions. C’est en faisant ce premier pas de prise de conscience des émotions négatives qui nous traversent que l’on va pouvoir prendre du recul et réagir moins impulsivement.

C’est d’ailleurs la méthode (faire prendre conscience à l’enfant de son émotion) que la maîtresse de ma fille a adopté devant le « caprice enfant » d’une de ses camarades.

Résultat : retour au calme immédiat. Voici l’anecdote.

Un papa s’apprêtait à lire une histoire à 5 camarades, dont sa fille, avant de partir travailler. La petite fille arracha le livre des mains de son père, et ne voulut pas le rendre. Le père évidement gronda sa fille, et tenta de la raisonner : « Le livre est à tout le monde, tu le rends. Sinon je ne lis pas d’histoire ». Sa petite fille éclata en sanglots, et serra le livre d’autant plus fort « Nooon ! ». La maîtresse intervint : « Je crois que ce n’est pas le livre que Juliette ne veut pas prêter, mais son papa qu’elle ne veut pas partager. Tu aimerais que ton Papa ne lise une histoire que pour toi, c’est cela ? ». Elle avait vu juste. Juliette se calma instantanément. Elle se sentit comprise.

Si, au moment où Juliette arrachait le livre, son papa avait verbalisé les émotions de sa fille, sans jugement (« Tu ne veux pas que je lise une histoire à tout le monde, tu préférais que j’en lise une pour toi toute seule, c’est ça ? »), elle aurait sans doute été plus à l’écoute. Ce n’est qu’ensuite que l’on aurait pu la guider vers une recherche de solution du type : « Comment fait-on ?! Il y a plein d’enfants dans la classe et on ne va pas mettre une barrière pour ne pas les laisser passer :-). Si je te lis une histoire dans la classe, on ne peut pas empêcher les autres de venir l’écouter. Donc soit on ne lit pas d’histoire, et je t’en lirai une ce soir, soit je t’en lis une maintenant et tant pis s’il y en a d’autres qui écoutent. Et je t’en lirai une 2ème ce soir rien que pour toi… Tu préfères quoi ? ». Et Juliette aurait probablement choisi l’option de continuer la lecture.Vous aurez d’ailleurs remarqué que l’on arrive à la même conclusion dans les deux cas : « Si tu prends le livre, je ne te lis pas d’histoire ». Mais dans l’un, on part dans l’opposition, dans le jugement, on considère la réaction de notre enfant comme « inacceptable » ; et dans l’autre, on comprend ce qu’il ressent, on l’aide ainsi à comprendre lui-même sa réaction a priori irrationnelle. Et au final, on parvient à le raisonner et à continuer l’histoire !

Vous me direz : cela prend du temps ! C’est sûr. Cependant, si on fait le calcul, il est souvent plus rapide de prendre le temps de chercher à comprendre ce que notre enfant ressent et lui formuler, que de gérer un drame qui ensuite nous échappe.

Comprendre notre enfant, et mettre des mots sur ses émotions peut nous sauver de situations grotesques ! Comme celle-ci …

Un matin, ma fille s’empara d’un petit dessin qu’une de ses camarades avait offert à la maîtresse, et ne voulait pas le rendre. Devant l’attente normalement pressante de l’autre maman, qui voulait accrocher le fameux dessin au mur avant de partir, je tentais de raisonner ma fille, sans succès,  et finis par employer la force : « Bon, je vais devoir te le prendre des mains, c’est dommage. ». Bien sûr, cela se termina en drame…

Après coup, je ne me suis pas reprochée de ne pas avoir une fille plus docile, mais plutôt d’avoir oublié d’être empathique !

« Je comprends que tu veuilles le garder. Tu aurais aimé, toi aussi, offrir un dessin à la maîtresse. C’est cela ? ». Redescente de la pression garantie ! Elle aurait compris cette jalousie qu’elle ressentait, dont elle n’avait peut-être même pas conscience, et elle se serait senti comprise !  Et j’aurais ainsi pu trouver une alternative : « Tu sais, c’est très gentil de ta part de toi aussi vouloir faire plaisir à ta maîtresse. Si tu veux, ce soir, on lui fera un super beau dessin et tu pourras lui donner demain ! On n’oubliera pas, d’accord ? ». Et elle nous aurait laissé reprendre le bout de papier. Et j’aurais vraiment gagné.

En utilisant la force, je n’ai fait qu’alimenter sa colère intérieure. En utilisant la compréhension, j’augmente d’abord mes chances d’arriver à mes fins (qu’elle rende le dessin), et ensuite que la prochaine fois, au lieu de s’emparer du dessin, elle exprime ses émotions

(car elle aura appris à mettre des mots dessus). « Maman, moi aussi j’aimerais bien faire un dessin à la maîtresse ! ». Et on évite ainsi que l’émotion s’exprime à travers un mauvais comportement.

Pourquoi ne parvenons-nous pas adopter facilement cette attitude ?

Certes, ce n’est pas simple à appliquer ! D’abord parce que dans notre vie effrénée, on est souvent pressé, et que l’on ne prend pas le temps de dire les 3 phrases qui pourraient justement nous en faire gagner.

Et puis parce qu’il faut avoir l’esprit suffisamment ouvert et attentif au moment présent, pour chercher à comprendre notre enfant, plutôt que de se focaliser sur l’étape d’après.

Donc prenons soin de nous, faisons des pauses, afin que, lorsque nous sommes avec notre enfant, nous le soyons à 100%.

Enfin, malgré tout cela, il n’est pas toujours simple de comprendre notre enfant, car peut-être que dans l’enfance, personne ne nous a appris à être empathique (= savoir détecter les émotions des autres). On apprend beaucoup par mimétisme (voir l’article « Voici le meilleur moyen pour influencer le comportement de nos enfants »), et les gens qui nous entouraient à l’époque ne l’ont pas forcément été avec nous.

Raison de plus pour changer notre façon de réagir, et ne pas répéter le même scénario avec nos enfants.

 Essayons de chercher davantage à le comprendre qu’à le critiquer. C’est ainsi qu’il apprendra à se comprendre lui-même et à comprendre les autres. Si cela vous intéresse, et que vous avez envie d’explorer plus de pistes et d’idées pour mieux gérer les colères de votre petit, je peux vous envoyer un dossier complet sur le sujet. Dans ce « PACK ANTI-COLÈRES : Le dossier ultime pour gérer « caprices » et autres crises ! », vous trouverez plein de conseils utiles à essayer. Pour le recevoir (gratuitement, bien sûr), rien de plus simple : renseignez votre email ci-dessous et je vous l’envoie directement dans votre boite.

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Commentaires

Commentaires

10 réponses
  1. Sabrina
    Sabrina says:

    Bonjour,
    J’ai une question : peut-on demander à un enfant de 3 ans de ne pas pleurer, de « respirer », de se contrôler pour ne pas être submerger par ses sentiments (colère, frustration, douleur, peur …) tout en lui demandant ce qui ne va pas, qu’il nous explique pourquoi il est dans cet état ?
    Merci d’avance
    (un jour une personne m’a dit que ce n’était pas bien de lui dire de ne pas pleurer)

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  2. Nathalie Carne
    Nathalie Carne says:

    Merci!!!
    Vous me faite un bien fou!!!
    Je déculpabilise et je progresse !! Et ça marche!!!
    Merci de tout ce que vous faite!
    Sûrement que dans 30 ans mon fils vous remerciera aussi. Lol

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  3. elmaelle
    elmaelle says:

    Bonjour,

    J’aime beaucoup votre approche et essaye de l’appliquer avec ma fille de 16 mois qui commence à faire des caprices (cris, pleurs, obstination, trépigne, se jette même par terre) quotidiennement (généralement parce qu’elle veut quelque chose dans le frigo que je ne souhaite pas qu’elle mange) mais j’ai beau essayer la compréhension « J’ai bien compris que tu veux manger un cookie et que tu te sens très frustrée de mon refus, c’est dur la frustration », des alternatives (compote, pain, câlin etc.) et des diversions (je commence à lire un livre près d’elle ou autre), rien ne marche. Je finis souvent par l’enfermer dans sa chambre en attendant qu’elle arrête son épisode hystérique, par défaut, et par espoir que cela la dissuade à force de recommencer. Cela dit, cette situation me laisse assez frustrée moi-même. Des conseils??

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  4. Ingrid
    Ingrid says:

    Bonjour Charlotte, je vis en Italie depuis 6 and et j ai une petite fille de 2 ans avec un italien. Je peux vous dire qu’ici on est loin de l’education positive. Apres quelques crises de colere de Victoria, perdue, seule et desesperee par la situation, j ai atteri sur votre blog. J ai toute suite succombee a votre humour et au concept que dire: Grazie mille!! J ai a peine fini votre livre et j ai plaisir a penser que l’education positive n est pas seulement se sortir de situations personelles difficiles mais surtout d aller vers une Société meilleure. Merci encore

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  5. Chang ParentaliteZen
    Chang ParentaliteZen says:

    Dans le quotidien, pas toujours facile de ne pas réagir par réflexes. Mais c’est une bonne piste que d’analyser les émotions débloquer enfants, les messages cachés.

    Il fait aussi différencier les caprices et les vrais besoins. Parfois c’est juste de la manipulation (cela n’arrive qu’à partir d’un certain âge) mais parfois c’est l’expression de besoins fondamentaux (affection, soif, faim, etc)

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  6. Jenny
    Jenny says:

    Bonsoir, merci pour cet article. Il est vrai que dans mon cas, il n’est pas évident de chercher à poser des mots sur les mauvais comportements de mon fils de 3 ans mais plûtot le gronder ou avoir le dessus pour qu’il cesse immédiatement. Le trop pleins d’émotions de nos enfants est difficile à gérer calmement et avec empathie surtout comme l’article nous le dit.
    Merci pour les sujets que vous traitez avec beaucoup de bienveillance.
    Cordialement

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  7. Marie Sophie
    Marie Sophie says:

    Bonjour tout le monde ,
    J adore votre livre et votre façon d éduquer vos enfants , vs êtes un vrai exemple …
    malheureusement je n arrive pas toujours à mettre à l œuvre ce que vs m apprenez …
    je fus très coléreuse dans mon enfance et surtout l adolescence et j ai peur de vivre ça avec la fille . ( j ai vu la formation que vs faisiez sur 4 mois et songe à m y inscrire) .
    Actuellement ma fille a 18 mois et de temps en temps il y a des tentions … dès que je souhaite lui mettre un manteau pour sortir ou autre chose qu elle ne veut pas elle se met à hurler en disant « aïe »!
    Je ne sais pas d ou cela vient et j avoir qu au début j en ai rigolé car elle ne dit que papa maman et cracotte …
    je ne sais pas pourquoi elle dis ça et surtout elle se met à crier à taper des pieds et essayer de me taper … j essais de garder lon calme absolument ( malgres les’jugements de ma famille et entourage qui disent que je me fais manipuler par mon enfant …) mais il m est arrivé à mon grand regret de crier environ 5 fois déjà et fort et de m en vouloir terriblement a en pleurer après tellement j avais honte car ma fille pleuré encore plus et finissait par vouloir que je La prenne dans les bras … je souhaite ne jamais donner une fessée à mon enfant mais j ai peur un jour avec l impulsion de le faire . Je lui parle beaucoup et je lui explique tout ce qui est bénéfique mais pas toujours car je sais bien qu elle est si petite . Aussi quand je dois partir au travail , faire une course Ou la déposer chez la nounou , ce sont des pleurs et hurlements et elle m appelle «  maman maman » ? J ai l’impression qu elle croit que je l abandonne car je suis resté sa première Année tous les jours avec elle ) alors je file en douce pour pas qu elle me voit partir et je ne suis vraiment pas fière de cela . A part cela on a une relation très « collée »je dirais car elle veut je etre dans Le Bras quand je suis La ou avec moi … je suis très sensible à ses pleurs mais aussi à eux des autres enfants … j arrive pas à ne pas ressentir de tristesse quand un enfant pleut alors qu avant j étais absolument transparente de cette émotivité qui m empoisonne un peut mon quotidien .. je n arrive pas à laisser pleurer ma fille c est plus fort que moi .
    Voilà j ai avant tout écrit ce msg par rapport aux pleur et cris excessifs de ma fille quand elle ne veut pas manger sur une chaise haute ou mettre j’ Manteau , chaussures etc… j aurais vraiment besoin d un avis ,
    Je vous en remercie de tout mon cœur.
    Bien à vous
    Marie Sophie

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  8. Vip18
    Vip18 says:

    Bonjour,

    Je vous rejoins et je souhaite vraiment mettre en pratique une éducation bienveillante envers mon enfant.
    Mais petite question, illustrée par un exemple. Le matin ma fille ne veut pas s’habiller. J’ai bien compris qu’elle ne veut pas aller à l’école. Mais lorsque je dis: »tu n’as pas envie d’aller à l’école je vois que tu préfèrerais rester à la maison », elle ne décolère pas. Et né s’habille pas…
    Que faire?
    Bonne continuation et merci pour votre site.
    Vio.

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    • Elodie
      Elodie says:

      Bravo pour votre belle volonté d’améliorer les choses. N’hésitez pas à tenter plusieurs méthodes : écoute active, jeux, aide pour l’habiller le matin. Vous pouvez d’ailleurs lire à ce sujet mon dernier article sur les matins difficile comment gérer au mieux la préparation des enfants : http://www.coolparentsmakehappykids.com/matin-difficile-preparation-enfant/
      Si le soucis persiste n’hésitez pas à en parler sur le forum pour que tous les parents qui sont passé par là puisse vous donner leurs « trucs ». Je vous souhaite une très belle soirée

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