communication-non-violente-CPMHK-705x399Voici quelques phrases que la communication non violente n’aime pas trop : « Tu as encore tapé à l’école !» ; « Combien de fois faudra-t-il que je te dise de fermer la bouche quand tu manges » ; « Comment peux-tu être aussi maladroit ? » ; « On ne peut pas te faire confiance, tu ne tiens jamais tes promesses » ; « Il va falloir que tu fasses un effort pour enfin ranger ta chambre le soir ».

Rabaisser et critiquer notre enfant l’aide-t-il à s’améliorer ?

Pour répondre à cette question, faisons preuve d’empathie. Imaginez que vous recevez un texto de votre boss du type « TU as ENCORE fait des fautes ! Ce n’est pas correct, il y a TROP de choses qui ne vont pas ! » ou un mail du genre : « Mais TU ne peux pas faire attention ? Cela fait COMBIEN de fois que je te dis … ?! » ; « TU as ENCORE monopolisé la parole en réunion ! ». Que ressent-on lorsque l’on est ainsi humilié ? On se vexe. On se décourage. Et si ce genre de remarques se répète quotidiennement, il est fort probable que l’on commence à perdre confiance en soi, à se dire qu’on ne vaut rien, qu’on n’est pas fait pour ce métier. Il est alors plus difficile de trouver la force de s’améliorer. La peur de mal faire peut même justement nous amener à multiplier les erreurs.

Pour notre enfant, c’est la même chose, les critiques le découragent plus qu’elles ne le motivent, et trop de critiques peuvent lui faire perdre confiance en lui, ce qui se traduit par des comportements négatifs.

Enfin, quand quelqu’un a l’habitude de vous juger, vous n’allez généralement pas lui confier vos problèmes. De la même façon, à force de critiques et de petites phrases blessantes, on abîme la relation de confiance avec notre enfant. Il se confiera alors moins à son parent, qui aura alors d’autant plus de mal à le comprendre. On risque alors de rentrer dans un cercle vicieux.

Bref, en tant que parents, essayons autant que possible d’éviter les critiques.

Les menaces sont également à éviter, on a fait une vidéo à ce sujet : « Adieu les menaces, hello la communication positive ! »

Mais cela ne signifie pas qu’il faut tout laisser passer. Car il est possible de remplacer nos critiques par d’autres expressions moins humiliantes.

1/ On peut déjà dire les choses avec plus de légèreté. Par exemple, au lieu de dire : « Tu as encore laissé ta serviette par terre », on peut le dire en un mot « La serviette, loulou », pour lui faire penser à la remettre. Cela veut dire la même chose sans le côté rabaissant. À condition de le dire sans une once de reproche ! Juste un mot enlève le côté ‘ordre’ de la phrase « Gaspard, tu peux enlever tes chaussures s’il te plait ».

 

2/ On peut formuler la phrase différemment. Un des points essentiels de la communication non violente : éviter de dire à notre enfant qu’il est nul, mais plutôt lui dire que c’est le résultat de ce qu’il a fait qui nous embête. On évite les mots blessants qui utilisent le jugement comme « encore », « trop », « toujours ». On évite de s’attaquer à sa personnalité en employant le « ‘tu’ accusateur » mais on essaye plutôt de décrire la scène ou notre ressenti par rapport à celle-ci. Côté boulot, pour nous, cela donnerait : « J’ai un peu peur que le client ait l’impression que l’on ait bâclé sa proposition en voyant toutes les fautes ». Et côté enfant, par exemple, on peut remplacer : « Tu es fatiguant, tu ne veux pas arrêter non ? », par « S’il te plait, est-ce que tu peux aller crier dans ta chambre plutôt, cela me gêne et j’ai envie de me reposer.». Remplacer « Tu as encore mis du bazar partout ! » par « Cela ne me fait pas plaisir de voir la maison aussi mal rangée ». Remplacer tout simplement « Tu as mis tes chaussures à l’envers » par « Tes chaussures sont à l’envers », et « Tu as encore laissé ta serviette par terre », par « Je crois qu’il y a une serviette par terre… ».

3/ Utiliser l’humour ! En communication non violente, on parle sur le ton de l’humour et non sur le ton de la moquerie. Côté boulot : « Oh, il y a juste une petite trentaine de fautes, à part ça c’est nickel ! ». Côté enfant : « Ah mais tu as cru que c’était l’été… C’est pour ça que tu n’as pas mis ton manteau ! »

4/ Si on est arrivé au point d’être agacé de toujours répéter la même chose, au lieu de lui reprocher, on peut aussi choisir de ne rien dire si le problème le concerne directement. L’enfant qui a oublié son goûter, s’en rendra compte à 16heures, il a mis ses chaussures à l’envers tant pis, il s’en apercevra peut-être par lui-même, ou pas et alors ?). (Voir l’article : « Oui, il est possible de moins lutter contre nos enfants tout en les éduquant ! »)

5/ Remettre les choses dans un contexte positif. Côté boulot : « Le document est nickel, bien contextualisé par rapport aux enjeux du client, c’est juste dommage qu’il y ait des fautes car ça gâche un peu la qualité du document ». Côté enfant : plutôt que « Vous avez mis le bazar partout ! », préférer « Je vois que vous avez super bien joué ! Je compte sur vous pour ranger aussi bien que cela l’était ». Remplacer par exemple « Regarde tu en as mis partout ! » par « C’est très gentil de m’avoir fait un dessin, cela me fait très plaisir, en revanche je suis déçue qu’il y ait des tâches partout »

6/ Et comme toujours en parentalité positive : on se concentre sur l’action ou la solution. Côté boulot : « Comment pourrait-on faire pour qu’il y ait moins de fautes dans tes docs ? » (Vous remarquerez que j’ai évité le ‘tu’). Côté enfant : « Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour t’aider à ne plus manger la bouche ouverte ? » (Un panneau, le rappeler en début de repas, mettre un miroir devant toi ?). Le fait de chercher une solution ensemble va davantage inciter l’enfant à accepter la remarque, et être motivé pour s’améliorer.

Communication non violente : conclusion

Quand on prend un peu de recul, cela semble évident : la critique n’est pas le meilleur moyen pour aider quelqu’un à s’améliorer.

Sans compter qu’en critiquant, on apprend à notre enfant à critiquer. Et il risque, une fois adulte, de reproduire le même schéma (voir l’article « Voici le meilleur moyen pour influencer le comportement de nos enfants »). Et si au contraire nous apprenions à nos enfants, par notre exemple, à ne pas utiliser le langage de celui qui sanctionne, juge et corrige, mais celui du bon équipier, présent pour aider l’autre à progresser, à trouver des solutions et à l’encourager !

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Commentaires

Commentaires

7 réponses
  1. Karine
    Karine says:

    Merci cela me fait du bien de lire cet article… J ai la critique facile et j essaie vraiment de changer cela car je vois bien que mes paroles blessent Ét découragent parfois mes enfants… 😃

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  2. Ludivine
    Ludivine says:

    Bonjour Léa. Si tu tapes « dans le cerveau d’un ado isabelle filliozat » sur google, tu devrais trouver des choses intéressantes 🙂

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  3. Ludivine
    Ludivine says:

    Merci pour cette synthèse sur l’utilisation de la CNV avec nos enfants. C’est clair et straight to the point 🙂 L’essentiel reste l’intention d’élever son enfant et pas de le rabaisser, et souvent, le ton fait toute la différence.

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  4. neoseya
    neoseya says:

    Merci, merci et encore merci Charlotte pour tous vos précieux conseils qui aident les parents du 21e siècle à progresser dans l’éducation positive envers nos bambins !

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  5. Léa
    Léa says:

    Bonjour, vos articles sont super, merci pour vos précieux conseils. Je voulais savoir si vous pouviez me donner le nom d’un site similaire au votre mais concernant les adolescents ?
    Merci par avance.

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    • Charlotte CPMHK
      Charlotte CPMHK says:

      Coucou lea , malheureusement cela n’existe pas encore ( dites nous si vous en trouvez-vous un ) , c’est d’ailleurs dans nos projets . Si vous avez des idées de problématiques que vous aimeriez y avoir aborder , cela nous aiderait bien ! Belle journée

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    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonjour Léa, Ludivine (un peu plus haut dans les commentaires) vous a répondu en vous conseillant, je ne sais pas si vous l avez vu 🙂

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