Vous avez sûrement entendu parler des enfants précoces, ou des enfants « zèbres ». Si la première chose qui définit les enfants précoces  ou à « Haut Potentiel Intellectuel » est leur QI, les enfants que l’on appelle « zèbres » n’ont pas toujours un QI hors normes, mais ont toutes les caractéristiques émotionnelles d’un enfant précoce : hypersensibilité, haut sens de la justice, créativité, grande maturité, ennui, etc. Un potentiel immense à exploiter, mais pas de tout repos pour les parents ! Sans compter que beaucoup d’enfants zèbres souffrent de leur différence. Le livre « Mon enfant pense trop – Comment l’accompagner dans sa surefficience », de Christel Petitcollin, est très utile sur le sujet !

Détectés tôt et bien accompagnés, l’enfant précoce ou petit zèbre a, avant tout, une immense richesse et un beau potentiel à exploiter ! Pour mieux les comprendre, pour donner aux parents des clés pour aider au mieux leurs petits zèbres à faire de leur différence une force, nous avons interrogé Anne Widehem, coach, elle-même précoce, maman de deux enfants précoces, et auteur du livre « Je ne suis pas un âne, je suis un zèbre !» (éd. Kiwi).

Les caractéristiques d’un enfant précoce

Pour pouvoir accompagner un enfant précoce, encore faut-il le comprendre. Mais alors au fait, c’est quoi un « zèbre » ?

  • Une intelligence « hors normes »

Pour que la précocité soit avérée, il faut d’abord que l’enfant ait passé un test de QI dans des conditions standardisées chez un psychologue clinicien. Ce sont les fameux tests statistiques de Wechsler, effectués selon l’âge de l’enfant : WPPSI-R (2 ans et 11 mois à 7 ans et 3 mois), WISC V (6 à 16 ans et 9 mois) et WAIS III (à partir de 16 ans).

On parle d’enfant surdoué ou de surdouement quand le quotient intellectuel est égal ou supérieur à 130.

Mais ce qu’il faut surtout comprendre, c’est qu’un enfant intellectuellement précoce (ou EIP) ne raisonne pas de la même manière qu’un autre enfant. Il a un raisonnement global, intuitif. On dit aussi qu’il a une pensée en arborescence, qui analyse toutes les possibilités en même temps, non pas une pensée linéaire.

« Imaginez un meuble à tiroirs, explique Anne Widehem. Un enfant précoce va voir tous les sous-tiroirs, les sous-sous-tiroirs, les sous-sous-sous-tiroirs, etc. ».

Cela explique aussi que « si vous posez une question toute simple à un zèbre, il va peut-être répondre complètement à côté, car il va chercher la subtilité là où il y en a pas ! ». Du coup, cette « précocité intellectuelle » peut mettre l’enfant en échec scolaire, non en raison de ses aptitudes, mais plutôt d’un fonctionnement cognitif différent.

Encore une fois il ne faut pas non plus s’arrêter au QI de nos enfants, pour identifier si celui-ci fonctionne émotionnellement comme un enfant que l’on appelle « zèbre »

  • Des apprentissages précoces

Un petit zèbre apprend et comprend très vite, et a une mémoire d’éléphant !

Bien souvent, ce sont des enfants qui font tout plus tôt que la moyenne : marcher, s’habiller, lire… Et concernant le langage, s’ils ne parlent pas nécessairement plus tôt que les autres. Par contre, dès qu’ils commencent à parler, leur langage est très vite élaboré, avec un vocabulaire riche : ils ne passent pas par l’étape « parler-bébé ».

Souvent, ils apprennent aussi à lire avant l’âge « normal » (5-6 ans) et dès qu’ils savent lire, ils dévorent des livres !

  • Une curiosité insatiable

Et oui ! Les zèbres sont curieux de tout et ont une immense soif d’apprendre, qui a besoin d’être nourrie. Très tôt, ils s’intéressent à des sujets qui ne sont pas forcément de leur âge : la préhistoire (ah, les dinosaures !), l’espace, la mort… Ce sont des enfants « touche-à-tout », qui passent vite d’un sujet à l’autre, qui demandent sans cesse « pourquoi ? » et ne satisfont pas du « parce que c’est comme ça ! » ?. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux ne supportent pas l’ennui.

  • La maturité du raisonnement

« Les enfants précoces ont une maturité de raisonnement en avance sur leur âge, avec une grande capacité de déduction », explique Anne Widehem. Ce qui explique pourquoi ils apprécient tant la compagnie des adultes qui eux, ne comprennent pas toujours cet intérêt…

  • Un humour très développé

Assez tôt, les petits zèbres font preuve d’humour et utilisent – à bon escient – le second degré… Ce qui passe parfois pour de l’insolence alors que c’est simplement une manière de distancier la réalité.

  •  Une grande créativité

Non, les enfants à haut potentiel ne sont pas simplement des petits intellos passionnés par les chiffres ?. Ils sont aussi très créatifs et souvent doués pour les arts plastiques ou encore la musique… de vrais artistes !

Si ce tableau semble au premier abord idyllique, il y a cependant le revers de la médaille.

Car toutes ces facultés peuvent rendre les zèbres vulnérables. Leur très grande lucidité, leur sentiment de décalage par rapport aux autres, leur mode de fonctionnement si particulier engendre souvent de l’anxiété et parfois un manque de confiance en eux.  

De plus, comme l’explique Anne, « chez les enfants précoces, tout est exacerbé : ils ressentent et vivent tout puissance mille ! ». Et ça, ça ce n’est pas toujours facile. Du coup, les difficultés auxquelles l’ensemble des enfants sont confrontés, peuvent être d’autant plus prononcées chez les enfants précoces.

 

Les difficultés auxquelles sont confrontés les enfants précoces

Parmi les points communs que l’on rencontre chez eux, on retrouve souvent :

  • L’hypersensibilité

« Plus encore que les autres enfants, les zèbres vivent de véritables tempêtes émotionnelles » souligne Anne. Ils ont du mal à gérer leurs propres émotions, mais sont aussi très sensibles à celles des autres : ce sont de véritables éponges.

Les enfants précoces ont aussi fréquemment une hyperesthésie, c’est-à-dire un (ou plusieurs) sens très développés (toucher, ouïe, odorat…). Ils peuvent alors surréagir à certains bruits, certaines odeurs, ou tout simplement à un pull qui gratte ! Voir aussi notre article Enfant hypersensible : comment l’identifier, et bien l’accompagner ?

  • La dyssynchronie

Un autre point commun à beaucoup d’enfants à haut potentiel intellectuel (HPI) est le décalage entre, d’un côté, leur développement intellectuel précoce, et de l’autre leur développement psychomoteur, affectif ou relationnel, normal. Ils peuvent donc être maladroits dans certains domaines, ce qu’ils vivent difficilement et peut les conduire à baisser les bras.

De plus, on a souvent tendance à les traiter comme des enfants plus grands qu’ils ne le sont.

  • Un sens de la justice

« C’est pas juste ! » : les zèbres prononcent cette phrase très souvent ! Car ils ont un sens de l’équité extrêmement fort. Ou plutôt, il remarque encore plus que les autres, les situations qui ne sont pas équitables… Que ce soit pour eux-mêmes ou pour les autres, ils ne supportent pas l’injustice ni les règles incomprises.

  • Le perfectionnisme

« Les enfants précoces sont parfois d’une telle exigence avec eux-mêmes qu’ils se trouvent souvent nuls et n’ont pas du tout conscience de leur potentiel ! » affirme Anne. Un sentiment de ne pas être à la hauteur qui peut engendrer de la procrastination : ils préfèrent abandonner que de se trouver face à une difficulté qu’ils n’arrivent pas à résoudre rapidement.

  • La distraction

S’il est capable d’une grande concentration quand un sujet l’intéresse, dès qu’il s’ennuie, un zèbre s’évade par la pensée (Comme tous les enfants finalement, mais en plus prononcé). On peut avoir l’impression qu’il écoute alors qu’en fait, il est ailleurs ! Cela peut être mal perçu ou fatigant pour son entourage, explique Anne.

  • La solitude et le manque de confiance en soi

Parce qu’ils sont « différents », parce que leurs comportements surprennent ou agacent, certains enfants précoces peuvent avoir du mal à tisser des liens et à s’intégrer dans un groupe d’enfants de leur âge, dont ils se sentent alors rejetés.

 

D’ailleurs, si vous vous voulez accompagner votre enfant à avoir plus confiance en lui, n’hésitez pas à laisser votre e-mail ci-dessous pour recevoir (gratuitement) tous les conseils de CPMHK dans le PACK « CONFIANCE EN SOI ». 

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Heureusement, tout cela n’est pas une fatalité ! Car, bien accompagné, un petit zèbre est avant tout un grand trésor !

Des pistes pour accompagner son enfant précoce

En tant que parents, que peut-on faire au quotidien pour aider son enfant précoce à s’épanouir et à développer son immense potentiel en étant heureux ? Finalement, la même chose qu’avec tous les enfants… 🙂  Voici quelques pistes (non exhaustives !).

L’écoute et la compassion

Pour Anne Widehem, ce sont les deux principales clés : « Un enfant précoce a avant tout besoin de se sentir soutenu et compris par ses parents. Il ne s’agit donc pas seulement de l’écouter d’une oreille distraite. Nous devons montrer que l’on est attentif à ce qu’il vit et l’aider à chercher des solutions concrètes pour se sentir mieux. Si l’on fait cela, on fait 90 % du chemin ! ».

Au besoin, les parents peuvent se faire aider, et notamment par d’autres personnes Haut Potentiel ou par des psychologues spécialisés, recommande Anne.

Accueillir ses émotions et l’aider à développer sa confiance en lui

C’est tout l’objet du livre d’Anne. Chaque chapitre traite une émotion (la joie, la tristesse, l’impuissance…) pour aider les petits zèbres à formuler ce qu’ils ressentent. Il l’accompagne pour apprendre à gérer cette émotion de façon ludique et bienveillante pour, au final, retrouver confiance en lui et estime de soi. Après une description de l’émotion et une courte histoire (inspirée de l’histoire personnelle de Anne), l’enfant est invité à faire de petits exercices, par exemple : 

  • écrire ou dessiner les raisons de sa tristesse et les attacher à un ballon qu’il laissera s’envoler dans les airs ;
  • découper dans des magazines ce qui lui fait envie et s’imaginer réaliser ses rêves ;
    ou encore crier face à un miroir « je suis fantastique et je le reconnais » !

Encourager la créativité

La créativité est l’une des grandes forces de beaucoup d’enfants (et souvent encore plus présente chez les enfants précoces). Elle permet d’exprimer leur talent, mais aussi, bien souvent, elle sert d’exutoire à leurs émotions. Il ne faut donc pas hésiter à l’encourager. Et cela peut prendre des formes très diverses : arts plastiques, musique, cuisine, jardinage, jeux divers… Les petits zèbres adorent s’amuser !

Un livre pour accompagner les enfants précoces : « Je ne suis pas un âne, je suis un zèbre !»

« Ce livre, je l’ai conçu comme un outil thérapeutique à l’usage des enfants précoces, mais aussi de leurs parents, qui sont souvent démunis, pour favoriser la confiance en soi et l’estime de soi. Je voulais transmettre ce que j’ai appris à de nombreuses personnes, pour rendre un maximum de gens heureux ! ».

Simple à utiliser, facile d’accès, il rappelle que pour être heureux, il faut avant tout se connaître et s’aimer tel que l’on est. ?

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