Sanctionner sans punir

« Sanctionner sans punir » : vaste sujet… Est-ce vraiment possible ? Vous vous le demandez peut être quand vous avez l’impression que votre enfant vous teste, que vous avez la sensation que personne n’écoute ou que les bêtises se répètent. Quelles sont les solutions ? Comment faire pour accompagner nos enfants vers l’autonomie, le respect et l’épanouissement.

Je laisse la parole à Clémentine, maman de Romain 4.5 ans et Vincent 2 ans.

Romain vient encore de taper son frère, Vincent renverse la trousse de feutres après lui avoir déjà dit trois fois de ne pas les jeter par terre. Nous avons tous vécu ce genre de situation qui nous exaspère et nous font parfois sortir de nos gonds. Pas facile dans ces cas là de trouver une autre réponse que  “va au coin c’est vraiment pas gentil ce que tu as fait” ou “file dans ta chambre je ne veux plus te voir”. Comment pouvons nous sanctionner sans punir ?

Prenons quelques situations fréquentes où l’on pourrait avoir envie de punir son enfant et essayons de voir les alternatives, cela pourrait nous aider pour une prochaine fois 😉

Sanctionner  sans punir quand nous avons le sentiment qu’il nous teste :

Vincent joue pour la énième fois avec les boutons du four. Il allume, éteint, met en grill. La lumière brille puis ensuite le four est noir. Bref il est subjugué et moi je suis énervée …! Je n’ai qu’une envie: sanctionner cette attitude en l’éloignant rapidement de l’objet convoité.

Pourquoi punir aurait été contre-productif :

Dans le cas présent, je jouerais un peu sur les mots : est ce qu’il teste ou est ce qu’il NOUS teste. Un enfant a besoin d’explorer aussi bien son environnement que la manière dont réagissent les gens. Explorer, tester sont nécessaires à leur construction. 

Si notre enfant est en phase d’exploration, le refréner constamment risque de lui couper sa curiosité. Cela serait dommage puisque nous savons que c’est en faisant qu’on apprend 

Si notre enfant teste nos réactions, le punir lui montrera que son attitude nous fait réagir, ainsi il y a de grandes chances pour qu’il recommence

Alternatives :

La première des choses à faire est d’expliquer pourquoi ce qu’il fait n’est pas autorisé : “Tu trouves cela rigolo de tourner les boutons du four, c’est vrai que ça fait de la lumière. Mais regarde, il n’y a rien à cuire, le four va chauffer pour rien”. Mettre des mots sur une action permet à l’enfant de se sentir compris. 

Détourner l’attention est un bon moyen de faire passer une situation sans se cristalliser, ni entrer en conflit : “viens allons voir si l’on ne peut pas tourner autre chose dans tes jeux”. Un peu de patience avec le temps la période d’exploration diminue et change de forme. 

Dans d’autres cas, il est possible de supprimer pour une temps l’objet de l’exploration. C’est ainsi qu’à la maison, la plante verte s’est retrouvée sur un meuble, en attendant que Vincent cesse de transformer notre salon en jardin improvisé !

 

Sanctionner sans punir pour une bêtise :

J’arrive chez une amie pour le week-end. En hôte hyper accueillante et qui pense à tout, elle nous propose quelque chose à boire après la route. Ni une, ni deux le choix de Romain se porte sur un jus de fraise bien rouge. Les verres sont servis et il ne faut pas une minute à Romain, surexcité d’être arrivé, de renverser l’intégralité de son verre sur le tapis. 

Autre situation, Vincent arrive avec un grand sourire, me tire par là main et m’entraîne vers la porte de la chambre de son frère où il vient de faire un joli gribouillage rose. Ce dessin, je le savais, était à la fois l’expression d’une exploration nouvelle des feutres mais aussi une manière de dire sa colère sur le fait que son frère venait de fermer la porte et de lui interdire d’entrer.

Pourquoi punir aurait été contre-productif :

Dans le premier cas, Romain était très gêné, j’ai tout de suite vu qu’il était désolé. Je me suis mise à sa place. Imaginons que ce soit moi qui ait renversé le verre, comment me sentirai-je si mon amie me disait : “oh mais mince alors, tu ne peux pas faire attention ! Bon assieds toi là et ne bouge plus”. Oups, je crois que je me serais sentie très humiliée et encore plus honteuse. Ainsi, il me semble que le punir aurait surtout mis en avant sa maladresse ou intensifier son échec. Le sentiment de honte ressenti aurait certainement pris le dessus sur la prise de conscience de son erreur.

Dans le deuxième cas, Vincent était très content de son “oeuvre”. Cela lui avait permis d’exprimer sa colère et il ne semblait pas vraiment avoir conscience de sa bêtise. Le punir aurait vraiment était en décalage par rapport à son ressenti et lui aurait certainement paru injustifié. 

Alternatives

Nous pouvons tout à fait lui demander de nous aider à nettoyer. Si nous le faisons avec bienveillance et que nous l’accompagnons dans cette démarche, nous lui montrons que faire une erreur ou être maladroit n’est pas forcément si grave. L’intérêt est double car en réparant sa bêtise, il y a fort à parier qu’il se sentira mieux ensuite. Cela a été vraiment le cas pour Romain

Pour Vincent, le faire nettoyer m’a permis de prendre le temps de lui expliquer que son acte était une bêtise et je pense qu’il a mémorisé ainsi que dessiner sur les murs avaient des conséquences ! Surtout quand il faut frotter des heures…

 

Sanctionner sans punir quand il s’est mal comporté avec quelqu’un :

Nous rentrons à la maison après avoir mangé au restaurant avec Vincent et avoir récupéré Romain chez les grands-parents. Les deux sont contents de se retrouver mais deux minutes plus tard j’entends Vincent hurler. Je vais voir et je découvre Romain qui vient d’exploser le ballon de baudruche que Vincent avait eu au restaurant. 

Pourquoi le punir aurait été contre-productif

Le punir dans ce cas ne m’aurait pas permis de comprendre la cause du “mauvais comportement” et ma réponse aurait certainement été déconnectée du contexte émotionnel de Romain. Je pense dans le cas présent que son geste était davantage une manière d’exprimer sa jalousie.

Le punir ne lui aurait pas permis de verbaliser son ressenti mais aurait certainement renforcé sa colère, “il aurait été puni à cause de son frère” , soit “Maman le préfère” , et du coup cela aurait intensifié sa colère / jalousie responsable de ce mauvais comportement… Bref : l’inverse de mon objectif. 

Alternatives

Lors d’un conflit ou dans une situation de « crise » nous pouvons lui demander de chercher des solutions où personne n’est perdant. S’il n’en trouve pas lui-même, nous pouvons jouer le rôle de conseiller en soumettant des idées, en suggérant notre point de vue. L’objectif est d’orienter, sans imposer et de l’amener à réfléchir. Nous l’amenons à trouver des solutions acceptables pour chacun ou des moyens alternatifs pour exprimer sa colère. Cela prend parfois un peu de temps mais c’est un outil puissant pour l’avenir et dans tous les domaines !

 

Sanctionner sans punir quand il fait une « crise » ou « une colère »

Ce matin encore Romain râle parce que j’ai mis le lait avant le cacao dans son bol (ou l’inverse à force je ne sais plus dans quel sens le faire !). Pour lui c’est hyper important, du coup la journée démarre dans les cris, les pleurs… La tension monte….

Imaginons si nous commandons une pizza au restaurant, on salive d’avance sur les champignons et le fromage et le serveur nous apporte une calzone au chorizo. Il y a de quoi être frustré voire en colère.Si le serveur nous dit « oh madame je suis désolé j’ai inversé le plat, je me suis trompé, j’ai mal pris votre commande » il y a de forte chance que nous soyons plus indulgents et que nous retrouvions notre calme. A l’inverse s’il vous dit « oh madame c’est quasiment la même chose, de la pâte, des tomates, prenez ça et puis c’est tout, maintenant c’est fait » Je pense que le ton serait tout de suite moins cordial et notre colère aurait décuplée. 

Pourquoi le punir aurait été contre-productif

Dans le cas du cacao, le punir parce qu’il pleure ou crie pour quelque chose qui me semble futile, nous aurait coupé de toute communication. Le punir parce qu’il ressent une émotion et l’exprime ne va pas lui permettre de la verbaliser au contraire, il y a fort à parier que sa colère soit renforcée et la crise amplifiée.

Alternatives

Ce sont ses émotions qui parlent. Essayons dans ce cas d’être empathique (je l’avoue parfois c’est un peu compliqué vu que pour nous ce n’est vraiment pas grave !). « Oh mon cœur je vois que tu es en colère, je n’avais pas bien compris que tu voulais prendre le cacao à la cuillère ce matin… etc ». N’hésitons pas à nous mettre à la place de notre enfant pour l’aider à passer le cap. 

Si vous voulez encore plus d’astuces pour l’aider à gérer ses colères rendez-vous n’hésitez pas à renseigner votre adresse mail ci-dessous pour télécharger le PACK ANTI COLERE

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Utiliser les conséquences logiques plutôt que la menace de la punition

Dans certains cas, nous avons besoin de réagir tout de suite avec ce qui vient de se produire. Ainsi au lieu d’utiliser une punition qui n’a pas de lien avec la bêtise ou le comportement de notre enfant, nous pouvons utiliser la conséquence logique. La “punition” prend un sens plus positif

Par exemple avec un enfant de deux ans au lieu de le mettre au coin parce qu’il a jeté un jouet, nous pouvons lui demander d’aller le chercher et de le reposer doucement à sa place. Je l’avoue parfois il faut s’armer de patience et insister un peu mais notre réaction ne sera pas perçue comme injuste ou disproportionnée puisqu’elle est en lien direct avec son geste. 

Avec un enfant plus grand par exemple : au lieu de lui dire « puisque tu ne veux pas prendre ta douche ce soir, tu seras privé de tablette », nous pouvons dire « Comme tu traînes un peu à prendre ta douche, ton temps de tablette ce soir sera plus court ». L’enfant ne vivra pas cette “privation” comme une punition mais saura d’où elle vient.

C’est un peu une gymnastique au début mais pour ne pas être pris au dépourvu, nous pouvons préparer quelques idées de conséquences logiques (parce que oui nous le savons c’est souvent les mêmes bêtises ou conflits qui reviennent !)

Pour résumer voici quelques alternatives à la punition :

  • demander à l’enfant de réparer sa bêtise, en l’accompagnant dans cette démarche
  • comprendre sa colère, être empathique et lui proposer une alternative pour l’exprimer. 
  • L’inciter à chercher des solutions pour régler un conflit
  • Verbaliser les émotions qu’il traverse
  • Utiliser les conséquences logiques pour réagir à un comportement ou une bêtise

Plus on sera en colère, plus il sera difficile pour nous d’appliquer toutes ces astuces, mais déjà essayons de les appliquer quand on n’est pas énnervé, ce sera un premier grand pas. Et ensuite, si vous souhaitez diminuer le niveau de votre agacement pour faire face à toutes ces situations avec plus de sérénité, n’oubliez pas qu’il y a tous nos coachings en ligne qui vous aiderons dans ce sens.

Prenez soi de vous,

Commentaires

Commentaires

2 réponses
  1. Sojo
    Sojo says:

    Pas mal l’article, et rassurant sur ce que l’on fait déjà, mais que faire quand votre enfants vous insulte pour la 5éme fois… alors que vous lui avez bien expliqué calmement que ça ne se fait pas, que ce mot n’est pas jolie etc… ou qu’il tape son frère pour la 12éme fois, alors qu’on lui a bien dit les 3 premières fois que ça ne se fait pas et pourquoi… car perso se sont les 2 seules raisons pour lesquelles je punie…

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