Charge mentale

Tâches ménagères, gestion de la maison, gestion des tâches parentales, de la vie sociale de la famille… on entend de plus en plus parler de la fameuse « charge mentale » qui pèse sur les femmes, c’est-à-dire cette responsabilité qui leur incombe « d’avoir à penser à tout » pour assurer la bonne marche de leur foyer, de leur travail, et de leur couple. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Quels sont les risques que cette charge devient surcharge ? Et surtout, peut-on l’alléger pour retrouver un peu de sérénité ? Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur 4,5 ans et de Tristan, 2,5 ans.

Lancer une machine. Acheter des couches pour Tristan et de nouvelles chaussures à Arthur. Passer à la pharmacie prendre du Doliprane et au pressing récupérer la couette déposée il y a un mois. Prendre rendez-vous chez le pédiatre pour le petit et le dentiste pour le grand. Faire les courses pour le dîner. Préparer le dîner. Répondre à l’invitation de nos amis pour le weekend prochain. Rendre les livres empruntés à la bibliothèque. Acheter un cadeau pour la filleule (de monsieur !) dont c’est l’anniversaire dans deux jours. Recoudre le doudou d’Arthur et réparer le camion cassé de Tristan.

Ça, c’est ma « to do list » du jour… Ça vous rappelle quelque chose ? 🙂

J’ai beaucoup de chance, car je travaille à mon compte. Je pourrai donc jongler à ma guise dans la journée entre mon travail et ces tâches domestiques. Pourtant parfois, j’en ai la nausée… alors je n’ose imaginer ce que ressentent les milliers de mères qui, depuis leur bureau, attendent l’heure « décente » pour filer accomplir leurs devoirs avant que tous les magasins ne soient fermés, les médecins rentrés chez eux, et leurs enfants couchés !

C’est cela, la charge mentale. Toutes ces petites et grandes tâches (ingrates) auxquelles on pense, sans arrêt, parce que nous en sommes (officieusement, mais très certainement) responsables et pour lesquelles il faut sans cesse s’organiser afin que notre petit monde continuer à tourner à peu près rond.

Charge mentale… ou surcharge ?

Le terme de charge mentale ne date pas d’hier mais a été récemment mis en lumière par la dessinatrice Emma sur sa page Facebook, avec une bande dessinée qui illustre tellement bien ce que nous vivons presque toutes au quotidien : une femme est en train de faire manger ses enfants tout en préparant le dîner pour les adultes, quand tout à coup la casserole déborde. Le compagnon s’exclame « Fallait me demander, je t’aurais aidé ! ». Et la dessinatrice résume « Quand le partenaire attend de sa compagne qu’elle lui demande de faire les choses, c’est qu’il la voit comme responsable en titre du travail domestique. C’est donc à elle de savoir ce qu’il faut faire et quand il faut le faire. »

Depuis, de nombreux articles ont été écrits, et on commence à prendre conscience à quel point cette charge mentale peut être pesante pour celles qui la portent. (Remarque : on parle ici des femmes car, même si les mentalités évoluent, d’après l’Insee, 64% des tâches domestiques sont encore assurées par les femmes et 71% des tâches parentales).  

Plus récemment, une maman blogueuse a créé le compte Instagram @taspensea (T’as pensé à ?) pour permettre aux femmes de s’exprimer et sur lequel on trouve quelques pépites : « Pour moi la charge mentale, c’est quand après quatre ans de parentalité il me demande encore la recette du biberon », par exemple 🙂

En fait, ce qui nous pèse, ce n’est pas simplement la répartition inégale des tâches mais le fait d’être responsable de leur planification. Devoir penser à tout, pour tout le monde, tout le temps.

Alors bien sûr, on peut rétorquer que nous ne sommes pas « obligées » de faire tout ça. Que l’on pourrait demander plus d’aide. Mais dans les faits, comme nous sommes (si si :-)) des femmes et des mères responsables, il nous est difficile de dire « tant pis ! ». Tant pis si les enfants mangent pour la cinquième fois des pâtes cette semaine. Tant pis si la couette reste au pressing un mois de plus. Tant pis si la panière est sur le point de succomber sous le poids du linge sale. Tant pis si l’aîné a des chaussures trop petites et son frère un camion cassé. Bien sûr, on pourrait rayer plusieurs lignes de nos to do list quotidiennes… On pourrait, oui, mais on n’en a pas vraiment envie, n’est-ce pas ? Au risque de finir toutes nos journées épuisées, ou en colère, et de le faire finalement subir à notre entourage… Au risque de frôler souvent le burn-out.

Alors, quelles solutions ? Comment alléger cette charge mentale qui pèse souvent trop lourd ?

Charge mentale : comment l’alléger ?

Ce matin, j’ai crié comme mon fils qui ne voulait pas mettre le pantalon que j’avais préparé la veille. Un peu plus tard, contre son frère qui ne voulait pas manger ses céréales. Et finalement, contre leur père qui finissait de s’habiller en regardant la scène sans lever le petit doigt… Le plus dur, je crois, c’est lorsque malgré tous nos efforts pour que tout se passe bien, rien ne se passe comme prévu… Or avec des enfants, les choses se passent rarement comme prévu ! Il faut donc que l’imprévu ne nous empêche pas d’être heureux 🙂

Bien sûr, il n’y pas de solution miracle. Mais tout de même, voici quelques pistes pour rendre le « fardeau » plus léger :

  • Savoir être égoïste de temps en temps (et pas trop rarement !)

Si si, j’ai bien dit égoïste ! C’est-à-dire savoir faire des choses pour soi, et uniquement pour soi. Du sport, du yoga, un déjeuner avec une copine, lire un bouquin, peu importe. Et surtout le faire en ne pensant A RIEN D’AUTRE ! (oui je sais, facile à dire… combien de fois je me suis retrouvée chez le coiffeur ou au sport, en train de réfléchir à ma liste de courses, au dîner du soir, à l’organisation des vacances…).

  • RAYER de la liste TOUT ce qui peut l’être.

J’ai bien dit TOUT. Le cadeau pour la filleule de monsieur ? Qu’il s’en occupe. Réparer le camion ? Plus tard (dans une autre vie, donc). Laver le linge ? A moins que plus personne n’ait de quoi s’habiller le lendemain, on reporte. Et ainsi de suite. On ne garde que ce qui est essentiel, et surtout ce qui tient dans le temps qui nous est imparti. Cela signifie aussi accepter qu’il y a des choses que l’on ne fera sans doute jamais…

  • Demander de l’aide, et déléguer.

Oui, DE-LE-GUER, sans culpabiliser. Pas seulement les tâches en question, mais aussi leur organisation! Reconnaissons-le, beaucoup d’entre nous avons parfois du mal à laisser les autres faire à notre place. C’est pourtant, à mon avis, le plus important. Lorsque l’on est épuisées, c’est qu’il est temps de redéfinir les rôles avec notre conjoint (« Fallait le demander ! » : ok demandons !), et de trouver dans notre entourage un maximum de bonnes âmes pour nous soulager.

Car finalement, mieux vaut une maman de bonne humeur et un camion cassé qu’un jouet tout neuf et une mère exténuée… Mes fils peuvent témoigner ! 🙂

Mais peut-être avez-vous du mal à penser à vous ou vous n’osez pas de demander de l’aide ? C’est vrai que ce n’est pas facile de faire différemment de d’habitude, même si on comprend que c’est important pour nous… Surtout quand on vit à 1000 à l’heure…

 

Si vous avez besoin d’aide pour surmonter cette charge mentale, sachez que nous proposons régulièrement des programmes d’accompagnements, comme notre coaching « Osez vivre pleinement votre vie » que vous pouvez découvrir ICI !

Commentaires

Commentaires

9 réponses
  1. Suzie
    Suzie says:

    Bonjour,

    Merci pour cet article, bien que je ne sois pas d’accord avec sa conclusion. Étant mère et travailleur indépendant je me suis reconnue de suite dans la to-do-list, jusqu’au cadeau pour la filleule, que j’ai également eu à gérer il y a quelques jours. Le commentaire de l’internaute nommée « Céline » est très juste. On parle souvent d’aide, de « demander de l’aide »et je trouve cela de plus en plus aberrant dans notre société dite moderne, qui prône l’utopie d’une égalité homme-femme. Demander de l’aide ne fonctionne pas, ou très peu. Le problème vient de l’éducation, du vécu et des mentalités qui malgré tout n’évoluent pas assez vite. Dans une maison qui vit, les adultes en capacité de leurs moyens ne devraient pas attendre de l’autre que les choses dont il a besoin pour vivre soient gérées par un tiers, toujours le même. Pour se faire une idée de la hauteur de sa contribution à la vie d’un foyer, chacun devrait, au lever, se poser la question suivante pour tout ce qu’il consomme ou touche: quand est-ce que je m’en suis occupé la dernière fois? On se lève, on touche une lampe: quand est-ce que j’ai fait la poussière pour la dernière fois? changé l’ampoule? acheté une ampoule? On pose le pied à terre: quand est-ce que j’ai lavé le sol pour la dernière fois? On enfile un peignoir qui sent bon le propre: à quand remonte ma dernière lessive? et la fois où j’ai acheté de la lessive? étendu le linge? repassé le linge? rangé le linge? Passage aux WC pour le pipi du matin: quand est-ce que j’ai nettoyé (à fond) cette pièce toujours propre? acheté du papier? ne serait-ce que changé le rouleau de papier?! Direction la cuisine pour le petit déjeuner: qui a fait les courses? lavé la vaisselle? nettoyé la table? trié les déchets? sorti la poubelle? Il y a en une analyse de 5 minutes des dizaines de questions qui sont généralement prises en charge « naturellement » par une seule personne dans le foyer, homme ou femme, a fortiori pour les parents solo qui vivent cela au quotidien. On n’est pas censé « aider » son partenaire, mais simplement se conduire en adulte responsable à qui on ne devrait pas avoir à dire les choses, ni envers qui on devrait se comporter « en égoïste » lorsqu’on est proche du craquage nerveux pour simplement profiter d’instants de repos bien mérités.

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  2. Ugo
    Ugo says:

    Petite astuce aussi : noter. Même les trucs les plus anodins. C’est pas parfait, mais ça permet de faire redescendre la charge du cerveau au papier. Le fait de ne pas avoir « peur d’oublier » change pas mal de choses.
    Et une remarque : peu importe que l’écrasante majorité de ceux qui portent la charge mentale soit des femmes, il serait bon d’inclure les hommes et donc de parler plutôt de « parents » que de « mères ». Imaginez ce que ça fait de prendre 2 minutes pour lire un article entre le biberon et le pressing, et de s’en sentir exclu juste à cause de son genre 😉

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    • Ugo
      Ugo says:

      Et autre astuce : on sépare clairement les tâches, et on sépare complètement. Le bain, c’est avec maman, j’y pense même pas. Elle ne pense pas aux repas car je m’en occupe. Chacun peut respirer à ces moments précis : on est dispo en cas de besoin, mais zéro charge mentale.

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  3. Céline
    Céline says:

    Merci pour cet article, mais il me pose problème à la fin.
    « Demander de l’aide, et déléguer » : c’est justement le problème de la charge mentale, et l’erreur notamment relevée par Emma après la publication de sa BD : on demande une fois de plus à la femme (ou au parent subissant la charge mentale) de faire / penser à.
    Dans cette optique, c’est encore à la femme de penser à tout et c’est juste dans l’exécution qu’elle pourrait être soulagée. On n’enlève donc pas la charge mentale.
    Et ce ne devrait pas être à la femme de déléguer ou demander de l’aide : ce devrait être au conjoint d’aller vers / de se poser la question de / de faire des listes, bref de prendre l’initiative et surtout les devants sans attendre que sa femme le demande.
    Il n’y a pas de solution miracle, mais changer cette vision est essentielle de mon point de vue car sinon on reste dans une perspective de charge sur la femme. Et aussi d’un sentiment de culpabilité qui pèse sur elle, car si charge mentale il y a, ce serait par sa faute car elle n’a pas demandé de l’aide.

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    • Joëlle
      Joëlle says:

      Ah oui carrement votre point de vue est très intéressant et complète bien cet article!!!! Et moi aussi ce qui me questionne c’est nos enfants…ma fille aura-t-elle aussi cette charge mentale à subir? Et mon fils saura-t-il également prendre sa part de charge mentale quand il sera adulte?

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  4. Charlotte - Enfance Joyeuse
    Charlotte - Enfance Joyeuse says:

    Merci pour ce super billet qui va déculpabiliser, j’en suis certaine !
    De jolis conseils à explorer… même si ce n’est pas évident : prendre du temps pour soi peut être salvateur !

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  5. Imen
    Imen says:

    Bonjour,
    j’aime beaucoup votre article parce qu’il est très parlant et parce qu’il a réussi à me faire rire par son ton un peu taquin.
    C ‘est vrai, la charge mentale est un vrai sujet d’actualité.
    Etant en congé maternité avec bientôt un sixième petit bout, j’avoue qu’il est essentiel de se préserver pour ne pas sombrer dans le burn out et ne pas négliger nos moments de bonheur. Etant très rigide de nature, j’ai appris à dédramatiser. tant pis si ma maison n’est pas impeccable comme avant, tant pis si mes repas ne sont pas tous les jours sophistiqués, quitte à ce qu’on se commande des pizzas quand nous sommes fatigués. Pour essayer d’alléger mon quotidien, je désencombre ma maison pour réduire le temps de ménage. Mon mari s’occupe du repassage en général et les enfants me donnent vingt minutes de leur temps pour aider. Malgré cela, je pense que c’est un réel état d’esprit que de savoir lâcher du lest pour parer à l’essentiel.
    En tout cas, merci pour vos conseils et votre blog que j’apprécie sincèrement.

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