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« Crise des deux ans », « terrible two » : les mots pour qualifier la période que traverse nos enfants autour de 24 mois ont de quoi nous inquiéter… et pour cause !

Hier encore il souriait à tout bout de champ, ne bronchait pas alors qu’on décidait de tout pour lui, nous regardait comme si nous étions la 8e merveille du monde, et voilà qu’un jour, comme si des cornes de diable lui avaient poussé sur la tête, on ne le reconnait plus : il dit non à tout, pique une crise à la moindre frustration, tape, mord, boude…!

Comment réagir ? Quelle attitude adopter pour aider notre tout-petit à traverser cette période sans y laisser nous-même trop de plumes ? Je laisse la parole à mon amie Caroline, maman d’Arthur, 3 ans et demi, et de Tristan, 22 mois.

 

Il y a quelques jours, j’étais au parc avec mon petit Tristan, 22 mois, et nous jouions tranquillement dans le bac à sable quand tout à coup il lève la tête et me réclame sa tétine. Je lui réponds que je ne l’ai pas apportée et lui rappelle que de toutes façons, ce n’est pas l’heure (chez nous, il y a une règle : la tétine c’est pour dormir, et uniquement pour dormir). Il me regarde, fronce les sourcils, et retente : « tétine ! tétine ! » plusieurs fois. Je lui répète que ce n’est pas possible, alors il se met à pleurer, hurler, et taper furieusement du pied. La crise a duré une bonne vingtaine de minutes sans que je réussisse à le calmer ni par mes mots, ni par mes câlins, encore moins par mes tentatives pour détourner son attention…rien à faire, il voulait sa tétine un point c’est tout ! C’est vrai que j’aurais pu commencer par lui dire que je comprenais qu’il avait besoin de sa tétine. Un peu plus d’empathie aurait pu réduire l’intensité de la crise. Mais on est pas parfait 😉 ! 

 

La « crise des deux ans », est-ce si terrible ?

Bon, d’abord, rassurons-nous : non, Mister Hyde n’a pas détrôné notre gentil Docteur Jeckyll, cette « crise » des deux ans -parfois plus tôt ou plus tard- est en fait simplement une étape normale du développement de notre enfant, et elle est même paraît-il tout à fait saine (ouf !) ☺

Plus ou moins prononcée selon les enfants (elle peut même passer inaperçue), elle correspond à l’âge vers lequel notre enfant prend conscience qu’il est une personne à part entière, une personne unique, et éprouve le besoin de l’affirmer. Ce qui passe avant tout par l’opposition. En d’autres termes, s’il refuse systématiquement de faire ce qu’on lui demande ce n’est pas pour nous embêter, ni par « caprice », mais  pour exprimer le besoin d’exister.

En refusant sa tétine à Tristan, je ne l’empêchais pas seulement d’avoir ce qu’il voulait, je lui refusais surtout le droit de décider.

D’autre part, le cerveau immature de notre enfant ne lui permet pas encore de contrôler ses impulsions et ses gestes, ni de traiter correctement toutes les informations, ce qui explique ces réactions si violentes, ces crises si impressionnantes.


Enfin, comme il ne parle pas encore très bien, il n’a pas les mots pour exprimer ses émotions et ses désirs, ce qui provoque encore plus de frustrations et de crises … et explique pourquoi il tape, pousse, ou se met si violemment en colère !

Alors, que faire ? Faut-il « céder » à toutes ses exigences ou au contraire, poser des limites ? Ce jour-là, au parc, aurais-je dû rentrer à la maison chercher une tétine pour satisfaire le besoin de mon petit garçon, ou ai-je bien fait de rester ferme et de maintenir ma position ?

 

On respire ! Et on essaye de faire preuve d’empathie et de patience…

Lorsque mon premier enfant, Arthur, est entré dans les « terrible two », j’avais tendance à me fâcher souvent et à vouloir « maîtriser » ses crises. Je pensais qu’il cherchait à attirer l’attention après la naissance de son petit frère (Arthur avait 23 mois quand Tristan est né) et je ne mesurais pas vraiment ce qu’il traversait. Alors je faisais les gros yeux, je haussais le ton, mais le résultat était rarement à la hauteur de ce que j’attendais… Heureusement, avec le temps et l’expérience, je me suis un peu améliorée ☺

Si cette fois-là ça n’a pas marché, en général l’humour et l’affection fonctionnent plutôt bien avec Tristan. Par exemple, l’autre jour, il jouait avec ses voitures et refusait catégoriquement de venir prendre son bain. Alors, tout à coup, je le prends dans mes bras et je dis avec une voix de sorcière : « Ha ha, tu sais ce que je leur fais, moi, aux petits garçons cra-cra qui ne veulent pas se laver ? Des guilis ! Plein de guilis ! » et je me mets à le chatouiller et à l’embrasser, ce qui le fait inévitablement éclater de rire et oublier ses voitures. On peut aussi lui faire faire l’avion, en prétextant que l’aéroport est dans la salle de bain, ou n’importe quel jeu pourvu que cela détourne l’attention et détende l’atmosphère : à chacun de trouver ce qui fonctionnera le mieux avec son enfant !

 

Crise des deux ans… ce qui n’empêche pas de poser des limites

Etre patient et bienveillant ne signifie évidemment pas tout accepter. Dans le cas de la tétine, pour moi il n’était pas question de céder (ce qui aurait été nettement plus simple en fait !) car j’attache beaucoup d’importance à cette règle. Qu’aurais-je fait, la fois suivante où il me l’aurait réclamée ? Céder à nouveau ? Et si son grand-frère avait réclamée la sienne à son tour ? Par ailleurs, je ne voulais pas faire passer le message : « En pleurant, en criant et en tapant du pied, on obtient ce que l’on désire ».  

Dans tous les cas, il est utile d’expliquer à son enfant que crier et taper du pied n’est pas la meilleure manière d’obtenir ce que l’on veut… et de lui montrer comment exprimer ses besoins. En lui apprenant à dire « s’il te plait », en lui expliquant qu’on ne peut pas arracher des mains, mordre ou taper. Enfin souvenons-nous que nos enfants nous imitent et que nous sommes leurs meilleurs modèles. Si nous hurlons, il hurlera…  Même si ça n’est pas toujours facile, dans la mesure du possible, restons donc zen devant leurs coups d’éclats ☺

 

Crise des deux ans : on choisit ses batailles

Donner des limites, poser un cadre, c’est important. Mais lorsque c’est possible on peut aussi faire preuve de souplesse, surtout pendant la crise des deux ans. Il veut mettre l’affreux sweat « Cars » offert par Mamie (celui qu’on avait pourtant pris soin de planquer sous la pile…) et non pas le joli pull qu’on a sélectionné avec sa tenue du jour : est-ce bien grave ?

En plus de diminuer les conflits et de répondre à ce besoin d’exister, le laisser décider renforcera à terme sa confiance en lui. Au quotidien, il y a mille occasions de lui laisser faire des choix : « Tu veux le verre avec Elmer ou celui avec les Barbapapa ? », « Pour le dessert, tu préfères une clémentine ou du raisin ? », « Tu mets le T-shirt jaune ou le bleu ? », « On enfile d’abord les bottes ou le manteau ? ». L’idéal étant de proposer des choix restreints, ou mieux encore, de poser des questions simples qui l’amènent à réfléchir : « Il pleut dehors, on met les chaussures ou les bottes ? »

 

On l’aide à comprendre ses émotions

Enfin, puisque notre tout-petit est assailli par des émotions qu’il ne maîtrise pas, pourquoi ne pas l’aider dès maintenant à mettre des mots dessus ? « Tu es triste parce que ton frère ne veut pas te prêter son ballon », « Tu es en colère parce que ce petit garçon a cassé ton camion ». N’hésitons pas également à nommer les émotions positives : « Tu es content parce que nous allons au parc », etc.

Il existe aussi de nombreux livres pour parler des émotions avec nos tout-petits, comme Grosse colère, de Mireille d’Allancé, Le livre en colère, de Cédric Ramadier ou encore La couleur des émotions, de Anna Llenas.

Enfin, on peut trouver du matériel ludique et souvent très utile, comme la super roue des émotions créée par CPMHK !

Pour Arthur, j’avais acheté une grande affiche représentant une trentaine d’émotions avec les visages correspondant, et je lui demandais souvent « Et toi, comment te sens-tu ? ». A chacun de trouver ce qui réussira le mieux à son enfant !

Et puis, quand tout cela ne marche pas, quand nous sommes à bout de nerfs, gardons en tête cette petite phrase que m’a dite un jour une amie, et à laquelle je me raccroche bien souvent : « Il parait que plus la crise des 2 ans est forte, moins la crise d’adolescence le sera »… Rendez-vous dans 10 ans pour le verdict ! ☺

 

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Commentaires

Commentaires

7 réponses
  1. Max
    Max says:

    Bonjour,

    Je m’étonne de ne pas voir nuancé le propos sur la tétine avec la réponse « ce n’est pas possible »…
    L’enfant cherchait à exprimer un besoin, sa tétine.
    Il n’a pas à se le voir nié de la sorte… Ce dont il semblait avoir besoin à ce moment là serait que son besoin soit considéré, quand bien même il ne peut être assouvi.
    Je me suis étranglé plusieurs fois au cours de la lecture mais comme on le sait, chacun tente de son mieux !

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    • Aourell Brillet
      Aourell Brillet says:

      Bonjour,
      Oui c’est vrai que Caroline aurait pu davantage considérer son besoin de tétine. On va rajouter une phrase en ce sens.
      Merci pour votre commentaire!
      Belle journée à vous

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  2. Sam
    Sam says:

    Bonjour, merci pour vos articles.
    Nous avons l’impression d’être en plein dedans. Notre 2 ème petit bonhomme à quasiment 22 mois, depuis au moins 2 mois c’est très compliqué. Les repas sont une appréhension permanente. Soit il ne veut pas manger et nous devons trouver de nombreux subterfuges et s’armer de patience pour qu’il mange soit il mange tout seul et très bien. Mais en un coup alors que tout se passe bien il va tout jeter par terre que ça soit le midi ou le soir. Et ça peut être un jour sur 2, on a tout essayé, on lui a expliquer sans fin que ce n’est pas bien, on lui a fait ramasser en expliquant que ça ne se fait pas pour qu’il se rende compte qu’il y a des conséquences, on a grondé… rien ne change. Idem sur plusieurs sujets « anodins » mais qui répétés jour après jour rendent justes « dingues ». Exemple: la terre des plantes vertes mises systématiquement par terre, le verre d’eau de son grand frère (5ans) sur la table de nuit renversé systématiquement. On a beau se dire qu’il fait ses expériences, ça ne passe pas et on ne se rappelle pas que le grand faisait ca… des idées, conseils ?
    Merci d’avance

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  3. Noémie
    Noémie says:

    Bonjour,

    Merci pour tous ces articles et ces conseils bienveillants !

    Sur le sujet du choix : nous nous sommes retrouvés il y a 3 ans avec notre fils de 2 ans qui était justement très démuni face à la possibilité de choisir, alors que cela ne lui posait pas de soucis jusque là. Il était alors conscient que choisir un kiwi le faisait renoncer à une clémentine, changeait d’avis toutes les 20 secondes, s’énervait et finissait par ne plus rien vouloir du tout, au prix de larmes et de cris difficiles. Nous avons donc réduit la voilure sur les choix en lui proposant des alternatives plus faciles pour lui… pas facile cette période en tout cas 😉

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  4. Mazaryne
    Mazaryne says:

    Bonjour. Merci pour ces supers articles qui nous permettent de nous sentir moins seuls 😉
    La question que je me pose souvent c’est qu’il est très bien d’être à l’écoute de nos enfants, de tout vouloir leur expliquer, de leur laisser choisir, et j’en passe … mais ben faisons nous pas des enfants avec trop de confiance en eux ? A la limite de l’enfant roi ?quelles sont les alternatives à cela ?

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    • Melia
      Melia says:

      Ce ne sont pas des enfants-roi puisqu’ils ont des règles à suivre, et des limites ! On leur apprend à faire les bons choix au lieu de le leur imposer sans qu’ils comprennent avec ces méthodes. Donc normalement cela donne à l’enfant de la confiance en soi oui, mais aussi de la confiance en ses parents qui n’interdisent pas quelque chose sans raison. 🙂

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