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Le rôle des parents n’est pas simple. Surtout quand il s’agit de dire non à un enfant difficile.

D’ailleurs souvent, l’enfant difficile est simplement un enfant moins ‘docile’ que les autres, et qui supporte mal l’autorité, ce qui n’a absolument rien d’inquiétant pour son avenir ! Voir l’article : « Faut-il que nos enfants soient obéissants pour vivre en société ? »

Il faut donc sortir de cette succession de luttes, où notre enfant ainsi bridé finit par exploser. Sans pour autant céder à toutes ses demandes, de peur que la crise n’éclate, au risque de lui enseigner que la meilleure façon d’obtenir ce qu’il veut, est de nous menacer de s’énerver. Nos enfants comprendraient vite la combine, et on rentrerait dès lors dans le même cercle vicieux.

Alors, la peste ou le choléra ? Heureusement que non, un peu de communication peut nous permettre d’éviter une crise face à un ‘enfant difficile’ ou pas.

Voici les 8 règles qui maximisent nos chances de mettre un peu de joie et un peu moins de conflits dans notre quotidien :

Règle n°1 : Prévenir de la règle

Si l’on dit à notre enfant : « Non ! C’est fini le pain, tu en as assez mangé ! », il y a peu de chance pour qu’il accepte sans histoire. Il risque plutôt de commencer à chouiner ou à insister, surtout s’il a faim et qu’il est fatigué. Alors que si on le prévient au premier morceau de pain : « D’accord je veux bien t’en donner, mais il n’y en aura pas d’autres après, car on va bientôt dîner, d’accord ? », et qu’il accepte explicitement cette règle avec un « Oui » droit dans les yeux, il y a de forte chance qu’il ne nous en demande pas de nouveau. Surtout si l’on a laissé entendre au timbre de notre voix que l’on tenait à ce que la règle soit suivie.

Pour eux comme pour nous il est beaucoup plus facile de respecter une règle quand on a été prévenu à l’avance, et d’autant plus si on l’a acceptée. C’est l’histoire du magasin qui indique sa fermeture à 19h, et qui finalement vous interdit de rentrer à 18h45.

Règle n°2 : L’explication

Il n’est pas d’accord avec la règle ? On se pose avec lui pour lui expliquer précisément pourquoi cette règle est bien pour lui ou pour les autres. Se focaliser sur la raison (si possible extérieure à nous) évite que le problème devienne une lutte d’ego entre lui et nous.

Règle n°3 : Donner une alternative

Proposons-lui si possible une alternative pour satisfaire son besoin autrement. Pas toujours facile d’avoir quelqu’un qui vous empêche constamment de faire ce que vous voulez, alors faisons-le en douceur …

«Si tu veux tu peux commander ce jouet pour ton anniversaire», « On avait dit un seul morceau de pain. Si tu veux tu pourras manger un morceau de pain après ton repas » ou « Si tu veux tu peux manger une carotte en attendant » (s’il a faim).

Sur ce sujet voir aussi l’article Que faire face à un enfant turbulent ?

Règle n°4 : Instaurer des règles constantes

C’est un bon moyen pour éviter toute opposition. « Pas plus d’une vidéo par semaine » ; « On ne mange jamais entre les repas » ; « Un seul gâteau par goûter », etc. Quand l’enfant n’a jamais connu les choses différemment, il a moins d’espoir de les modifier en chouinant, c’est tellement plus simple ! Alors que si l’on change d’avis en permanence, il est bien normal qu’il tente sa chance et essaye de nous faire changer d’avis.

Règle n°5 : Changer de sujet

Pour minimiser encore davantage les risques d’objection, utilisons la bonne veille technique que nous connaissons tous : passer du coq à l’âne. Sans même lui laisser le temps de réfléchir à notre refus, on part sur un autre sujet tellement plus intéressant … « Dis donc tu en as déjà eu une glace aujourd’hui. Tiens, tu as vu le pigeon ? Viens, on court lui faire peur !» ; « Tu as déjà regardé une vidéo cette semaine, mais on pourra en regarder une autre la semaine prochaine. D’ailleurs, est-ce que tu sais comment on crée un dessin-animé ? ». Bref, la technique classique dont il  faut user… et abuser.


 

Ce n’est pas tricher que d’employer toutes ces petites astuces avec un enfant difficile ou non ! L’objectif est de leur faire comprendre les règles, et de les aider à les respecter en douceur. L’enfant n’ayant pas encore la partie du cerveau lui permettant de gérer ses émotions, comme nous le faisons.

Règle n°6 : Ne pas céder

Quand, malgré tout cela, il se braque devant un refus, il est important de garder le cap si la règle vous semble utile, et que vous ne souhaitez pas vous mettre en difficulté pour l’appliquer plus tard. Alors courage ! Nous avons tout bien fait, nous nous ne sommes pas énervés, nous avions expliqué la règle à l’avance, nous lui avons donné une alternative alléchante, nous avons été compréhensifs, nous avons même essayé de le distraire, et il se roule quand même par terre … Ce n’est qu’un mauvais moment à passer.  Il est peut-être tout simplement fatigué, allons le coucher, et aidons le à se calmer.

Règle n°7 : Dans le cas où l’on préfère céder face à un ‘enfant difficile’

Il existe des cas où ce n’est vraiment pas le moment de se battre. Si l’on est à deux doigts de louper son train, ou que l’on ne veut pas pourrir l’ambiance d’un dîner entre amis, ou si l’on risque de se faire sortir d’une salle d’attente, etc. Bref, dans certains contextes, il nous semble parfois plus approprié de céder, surtout si ce que nous lui refusons a finalement peu d’importance.

Proposons-lui alors de reformuler sa demande gentiment en lui donnant l’exemple : « Maman, c’est très important pour moi, est-ce que tu peux y re-réfléchir ? ». Cela lui apprend à demander les choses gentiment, et cela nous donne quelques secondes pour réfléchir à la contrepartie ou à la condition, qui va nous permettre de céder, sans nous décrédibiliser…  « Ok mais juste 2 min » ; « Ok mais juste un » ; «  Ok mais c’est exceptionnel, c’est parce qu’il y a des invités ». Ou encore, dans les cas extrêmes : « Ecoute, je ne suis vraiment pas d’accord. Fais ce que tu veux, mais on en reparlera posément » etc. (Et on en reparle pour de vrai). Ouf ! Nous avons trouvé un compromis, en minimisant le risque de l’inciter à crier pour nous faire céder.

Règle n°8 : Prenons soin de nous !

Cette petite recette,  facile à écrire, est moins facile à appliquer face à un enfant difficile les jours où l’on est pressé, de mauvaise humeur, ou tout simplement en train de penser à autre chose ! Donc un seul conseil, ménageons-nous, prenons soin de nous, pour savoir dire « non » avec tact et au pire, être suffisamment zen pour ne pas se laisser déstabiliser par une colère.

Tout le monde est dans le même cas ; alors courage ! Usons de patience et de tact ! Besoin d’un peu d’aide ? Si vous souhaitez découvrir d’autres clefs pour mieux communiquer avec votre enfant en bonne harmonie (et sans vous répéter ni trop crier, ce qui n’est pas la moitié d’un challenge 😉 ), je vous propose de renseigner votre email ci-dessous – je vous enverrai alors gratuitement le PACK « OUI PAPA OUI MAMAN » : Toutes les clefs pour les faire coopérer (sans crier) ! Vous y trouverez des conseils, des idées et des pistes qui peuvent réellement changer les choses à la maison – sans être trop compliqués à mettre en place.

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Commentaires

Commentaires

12 réponses
  1. Florence
    Florence says:

    Bonjour, merci pour cet article !
    Je suis avec attention vos conseils qui nous aident beaucoup.
    Il y a 3 semaines, nous sommes passés de 3 à 4 et ce n’est pas toujours facile avec notre aîné.
    Arthur a 3 ans, c’est un petit garçon plein de vie qui a besoin de son cadre et comprendre les choses. Depuis l’arrivée de son petit frère, il teste les limites très souvent et la fatigue n’aide pas beaucoup à rester calme surtout qu’on lui répète constemment la même chose : on ne joue pas au ballon dans le salon, on ne crie pas, on ne tape pas les meubles, les murs etc., on ne fait pas mal à son petit frère. Nous avons essayé les alternatives :
    – tu sais il y a des choses fragiles dans le salon, va jouer dans ta chambre, tu as ton panier de basket et de la place pour jouer au ballon
    – où est ce que tu as le droit de crier : dans un coussin, dehors, au parc… dans la maison ou dans l’immeuble c’est interdit car cela dérange tous les voisins
    – ton petit frère est très fragile, toi aussi quand tu étais bébé comme lui tu étais fragile et on disait à tout le monde de faire très attention pour pas te faire mal…
    Mais rien n’y fait nous devons répéter 50 fois les choses et on finit par se fâcher.
    Nous comprenons qu’il fait tout cela pour attirer notre attention car nous sommes moins disponibles surtout moi qui allaite. Mais comment l’aider dans cette phase très frustrante pour lui sans rentrer dans une spirale infernale de cri, de larmes et de coin ?

    Merci d’avance !

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  2. Sandrine
    Sandrine says:

    Merci pour tous ces bons conseils. Je pense déjà les appliquer pour mon fils de 2 ans et demi mais dès que je dis non, il s’énerve tout de suite, crie, pleure. Bref, impossible de lui expliquer la raison du non pour éviter justement la crise. Je lui parle de cela après sa crise, mais cela n’empêche pas qu’il en fasse d’autres !

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    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonsoir Sandrine, merci pour votre gentil message 🙂 Ne perdez pas confiance en lui, ni en vous, les changements peuvent prendre du temps!
      Belle continuation et bonne fin de journée,
      Anne-Charlotte

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    • kinorah
      kinorah says:

      Il peut être intéressant de comprendre que la crise n’a pas à être évitée, votre enfant a simplement besoin de se sentir accompagné lorsqu’il est en crise, ça l’aidera à exprimer son émotion et à comprendre qu’il a le droit de se sentir en colère/triste/frustré etc. Une validation de ce genre aide généralement les enfants à trouver d’autres moyens d’évacuer leurs émotions, bien sur petit à petit,ça ne se fait pas en un jour. Je pense qu’il est important et libérateur de pouvoir crier, pleurer sans que personne ne nous détourne de cette émotion ! Les pleurs soulagent l’enfant, l’aide à guérir de ces petites frustrations pour repartir de plus belles vers de nouvelles aventures 🙂 courage à vous!

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  3. Émilie
    Émilie says:

    Bonsoir,
    J’ai le même souci qu’Emilie, Tina et Mélodie pour télécharger le pack « oui papa oui maman ». Merci pour tous vos précieux conseils!

    Répondre
    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonjour Emilie, merci pour votre message. Je vous apporte la même réponse que celle apportée dans les commentaires précédents, en espérant que cela fonctionnera ; vous devriez dorénavant pouvoir taper votre adresse mail sous le texte « votre email » ou à la place de ce texte, selon l’appareil sur lequel vous naviguez 🙂 Si cela ne fonctionne pas, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à l’adresse [email protected]
      Belle fin de journée,
      Anne-Charlotte, CPMHK

      Répondre
    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonjour Emilie !
      Vous devriez dorénavant pouvoir taper votre adresse mail sous le texte « votre email » ou à la place de ce texte, selon l’appareil sur lequel vous naviguez. Si cela ne fonctionne pas, vous pouvez m’envoyer un mail à l’adresse [email protected] 🙂
      Belle fin de journée,
      Anne-Charlotte, CPMHK

      Répondre
    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonjour Tina 🙂
      Vous devriez dorénavant pouvoir taper votre adresse mail sous le texte « votre email » ou à la place de ce texte, selon l’appareil sur lequel vous naviguez. Si cela ne fonctionne pas, vous pouvez m’envoyer un mail à l’adresse [email protected]
      Belle fin de journée,
      Anne-Charlotte, CPMHK

      Répondre
  4. Melodie
    Melodie says:

    Bonjour,

    Il n’est malheureusement pas possible de laisser notre mail afin de recevoir le pack « oui papa oui maman »

    Merci d’avance ☺️

    Répondre
    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Bonjour Melodie 🙂
      Vous devriez dorénavant pouvoir taper votre email sous le texte « votre email » ou à la place selon l’appareil sur lequel vous naviguez. Si cela ne fonctionne pas, vous pouvez m’envoyer un mail à l’adresse [email protected]
      Belle fin de journée,
      Anne-Charlotte, CPMHK

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