Intolérance à la frustration

Il crie, il tape, il pleure à la moindre contrariété … Eh oui en tant que parent on peut avoir l’impression que notre enfant est “intolérant à la frustration”. Comment faire pour aider mon enfant à gérer la frustration en restant dans la bienveillance et surtout sans perdre patience, ni lâcher les règles importantes.

Je laisse la parole à Clémentine, maman de Romain 5 ans et Vincent 2.5 ans

“Les enfants, nous allons bientôt partir du parc” – Phrase anodine, quasi quotidienne, pourtant d’un coup, Romain se lève, jette du sable, lance son seau en hurlant “je n’ai même pas eu le temps de jouer, je ne veux pas partir, tu m’énerves maman”. Quoi?! pas le temps, mais ça fait 2h que nous sommes au bac à sable. Cette réaction violente me dépasse et devant tant de colère, je ne sais plus trop comment réagir, je réfléchis à toute vitesse aux différentes options :

  • Je cède : “Ok tu ne veux pas partir, nous n’avons qu’à rester” => je vais peut-être en faire un tyran et il pensera qu’il obtient ce qu’il veut en hurlant ? Sans compter que c’est l’heure de préparer le déjeuner…
  • Je négocie : “Bon je vois que tu aimerais rester, je fais 3 pâtés avec toi et après on rentre” – Cette solution passe, bien que j’ai un peu l’impression de tolérer son attitude et que pour que la négociation fonctionne, il faut qu’ensuite il parte du parc sans râler et ça c’est pas gagné !
  • J’exige : “ Ecoute, tu n’as pas le choix, on y va, et puis c’est tout” – je deviens un peu une maman autoritaire 

 Vous l’aurez compris, il n’y a pas de réaction parfaite (ce serait trop facile) mais je vous donne quelques pistes :

L’âge et l’intolérance à la frustration vont-ils de pair ?

Soyez rassurés, aucun enfant n’apprécie la frustration (comme nous adulte d’ailleurs). Tous les enfants passent par des phases où cette frustration sera plus difficile à gérer. 

C’est aux alentours de 2 ans que l’enfant prend conscience qu’il peut décider de certaines choses, qu’il existe indépendamment de nous. Il s’affirme, il commence à avoir des envies et des avis,  et c’est bien normal. Il n’est pas rare de voir un petit de 2 ou 3 ans exprimer sa frustration en se roulant par terre, en criant ou en jetant ce qu’il a sous la main (la fameuse période du terrible two). N’oublions pas que leur cerveau immature ne lui permet pas de gérer ses émotions, raison pour laquelle ses frustrations prennent beaucoup plus d’ampleur que chez les adultes (et encore, on est aussi nombreux à se laisser emporter par notre colère 🙄). Sans compter que petit, ils ont du mal à s’exprimer, du coup c’est encore difficile d’exprimer son mécontentement autrement que par des cris ! Ensuite vers 4 – 5 ans, l’expression sera plus verbale. Essayons durant cette période de construction émotionnelle d’être disponible pour accueillir toutes les émotions, mais ne pas autoriser tous les comportements. Nous pouvons accueillir avec empathie leur ressenti sans que cela change pour autant notre décision.

Les enfants de 2 à 5 ans n’ont pas la partie rationnelle du cerveau encore suffisamment développée pour comprendre la raison qui se cache derrière nos décisions, nos interdictions, ce qui rend la frustration d’autant plus grande.  Nos enfants vont peu à peu mieux comprendre et accepter les règles de vie. Plus l’enfant grandit, plus sa compréhension de l’autre, du monde, et son empathie vont se développer, plus son intolérance à la frustration va s’atténuer.

Donner un cadre rassurant pour contenir la frustration

J’aime assez l’image d’un cadre. Il y en a des petits, des grands, des longs ou des hauts, à chacun de trouver celui qui convient à sa famille. J’aime aussi l’idée que le cadre contient et quand un enfant est contenu, il se sent en sécurité et devient détendu. Un cadre n’entrave pas la liberté d’un enfant car il peut grandir à l’intérieur de ce cadre. Ce “contenant” évoluera doucement, avec lui, selon son âge et ses capacités.

Je n’avais pas idée au début de mon rôle de parent de l’importance de ce cadre, pourtant aujourd’hui j’en prends conscience assez régulièrement (et ce après un deuxième enfant il n’est jamais trop tard !)

Je vous donne un exemple : A la maison les règles sont claires concernant les écrans : c’est un épisode de dessin animé quand le petit déjeuner est pris et que les enfants sont habillés. Or dès que Romain et Vincent vont à l’extérieur et que l’écran est davantage autorisé, nous faisons face à des colères pour éteindre ou des demandes incessantes pour allumer la télé. La frustration est plus difficile à tolérer puisque qu’il n’y a pas vraiment de cadre défini. Je sens dans ces moments là que les enfants sont beaucoup plus stressés, angoissés ou énervés car ils ne savent pas ce à quoi ils ont droit, ou pas. Du coup, ne connaissant pas la règle, ou pensant pouvoir réussir à la modifier,  ils essayent d’insister, et de pousser les limites.

Sans un cadre, l’enfant peut d’autant plus se sentir frustré : certaines choses sont parfois permises, d’autres fois elles ne le sont plus. Il se retrouvera donc plus souvent confronté à la frustration de manière inattendue. Dans ce cas, il y a des chances pour qu’il devienne plus intolérant à la frustration : “Mon parent me l’a permis hier, et aujourd’hui ce n’est pas possible, il y a de quoi être frustré !”

Le but de ce cadre n’est en aucun cas de frustrer pour frustrer mais surtout de montrer à notre enfant ce qui est permis ou pas car c’est quand même beaucoup plus reposant pour lui de connaître des règles à l’avance, et qui ne changent pas en fonction de l’humeur du parent. Je vous laisse lire aussi l’article sur la discipline positif.

Quelques astuces pour limiter les conflits liés à la frustration

Alors maintenant que l’on sait qu’en fonction de l’âge ou d’événements, l’enfant sera plus ou moins sensible à la frustration et qu’il est important de définir un cadre sécurisant pour qu’il apprenne à apprivoiser ce ressenti peu agréable, comment faire au quotidien pour limiter les conflits? Je vous donne quelques astuces à tester et vous pourrez en trouver de nombreuses autres dans le PACK Coopération en indiquant votre adresse juste ici :

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  • Prévenir lors de changements de situation : Les enfants sont parfois à 200% dans leur jeu et ne pensent pas au fait que l’on doive partir ou manger ou prendre sa douche. Prenons le temps de nous intéresser un instant à ce qu’ils font, indiquons leur ce qu’ils vont devoir faire et assurons nous qu’ils ont bien compris et entendu. Ainsi, au moment venu, il n’y aura pas de discussion possible, ils auront le temps de se préparer.
  • Essayons d’être le plus positif possible dans les consignes et dans les règles et valorisons les efforts. “C’est super je vois que tu as mis ton pyjama, il reste maintenant tes affaires à mettre dans le panier”
  • Donnons leur la possibilité de faire des choix tout en gardant en tête : petits choix pour les enfants, grands choix pour les adultes : “Alors, tu prends la trottinette ou le vélo pour aller acheter le pain”. Ainsi il décide de son moyen de locomotion mais pas du fait de venir ou non.

La frustration est un sentiment pas très agréable pourtant chacun doit s’y confronter. Mais en tant que parents on doit parfois imposer certaines choses et ce même si nos enfants ne sont pas d’accord avec nos choix et nos impératifs (nous ne voudrions pas qu’ils deviennent des enfants rois ;-)). En leur montrant avec bienveillance que nous sommes sûrs de notre décision, et en acceptant qu’ils ne soient pas d’accord, en ne niant pas pour autant leur émotion, nous leur permettons de grandir dans un cadre sécurisant. 

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