mon-enfant-ne-mange-pas-CPMHKChaque soir, c’est la même chose. Mon enfant ne mange pas ses légumes, ne finit pas son assiette, ou mange au ralenti… Comment le faire dîner sans s’arracher les cheveux ?

Le repas ne doit pas être un conflit.

Transformer chaque repas en petite guerre aura souvent tendance à empirer le problème. Il ne doit pas manger pour nous faire plaisir. Il doit manger pour lui. Simple à dire, mais plus compliqué à appliquer…

Que faire si mon enfant ne mange pas ce soir, alors qu’il a normalement un bon coup de fourchette ?

Ce n’est pas grave ! Il est peut-être fatigué. Il a peut-être juste besoin d’être couché. Ou bien il ne se sent pas très bien. Peut-être encore qu’il a trop mangé au goûter, et n’a tout simplement pas faim. Rien ne sert de le forcer ! Vous avez peur qu’il se réveille plus tôt le lendemain matin, mais rassurez-vous, ça ne sera sans doute pas le cas. Comme nous, il leur arrive d’avoir moins faim, et cela pendant plusieurs jours d’affilé. Si tout le reste va bien, rassurez-vous : il n’y a aucune raison qu’il se laisse « mourir de faim ». Mieux vaut le laisser tranquille pendant cette période, plutôt que de transformer le repas en moment de conflit.

Pourquoi vouloir à tout prix qu’il finisse son assiette ?

Si ce n’est pas lui qui a décidé de la quantité qu’il y mettait, pourquoi lui demander de finir ? Pourquoi vouloir à tout prix qu’il mange cette fameuse « dernière cuillère » ? Parce que l’on veut avoir le dernier mot, ou parce que cette dernière cuillère est vraiment importante pour son organisme ?  Si à chaque repas, on insiste lourdement pour qu’il mange encore une dernière cuillère, manger deviendrait alors synonyme de ‘contrainte’. Et la prochaine fois, si pour quelque raison il est remonté contre nous, refuser de manger ne sera-t-il pas un bon moyen d’exprimer de montrer son mécontentement, puisque cela semble si important pour nous ?

Mon enfant ne mange pas sa purée. Je l’envoie directement au lit ou je lui donne quand même un dessert ?

Doit-on priver son enfant de dessert parce qu’il n’a pas fini son plat ? Chacun  réagira comme cela lui parait le mieux. Personnellement, il m’arrive moi-même de ne pas finir mon assiette car on m’a servi une trop grosse quantité, et de quand même manger mon dessert. Alors pourquoi nos enfants n’auraient pas également le droit de le faire, s’ils ont mangé une bonne partie de leur assiette ? D’autres parents leur donneront même la liberté de manger d’abord le dessert et ensuite le plat. Mais est-ce à condition qu’il mange le plat ensuite ? Chacun fera comme il le souhaite. À la maison, nous considérons les légumes importants pour la santé, donc les enfants doivent prendre l’habitude d’en manger à chaque repas. À moins qu’ils ne soient malades, nous ne les autorisons pas à ne manger qu’un dessert.  À vous de fixer votre règle !


Quand l’enfant commence, de façon classique, par le plat et termine par le dessert, la façon de présenter la chose est importante ! On ne doit pas en venir au chantage : « Si tu ne manges pas ton plat tu n’auras pas de dessert. », qui donne l’impression que l’on veut tout contrôler, ou que l’on cherche à le faire manger sous la menace. Présentons-le plutôt sous forme de liberté : « C’est pas grave si tu n’as pas faim, tu n’es pas obligé de manger, on peut aller tout suite se laver les dents. Tu es sûr que tu n’auras pas faim après ? » Il a le droit de ne pas avoir très faim. Et s’il demande le dessert : « Le dessert, c’est après le plat. Tu manges d’abord ton plat, et après tu pourras passer au dessert. » Ce n’est pas présenté comme une menace, ni comme une sanction, mais comme un fait. Une petite astuce peut être de créer ensemble un tableau décrivant en détail chaque étape de la soirée, et de l’afficher dans la cuisine (à voir dans un prochain article).

Mon enfant ne mange pas et dit « J’aime pas ». Je fais quoi ?

S’il n’aime pas, c’est autre chose. D’abord, le mieux est de le faire goûter car « Tu ne peux pas savoir si tu aimes si tu n’as pas goûté. Goûte une bouchée, et après tu me diras si tu aimes ou pas ». Combien de fois, notre fille a trouvé cela trop bon après avoir goûté… Alors certes, cela peut être très compliqué de réussir à la faire goûter, mais il faut essayer !

Sinon, n’hésitons pas à faire preuve de créativité, et à négocier : « Allez exceptionnellement, je te mets un petit raisin sec sur la cuillère, OK ? Ou je te mélange un fromage frais dans ta purée, ou un peu de gruyère râpé par-dessus, tu es d’accord ? »

Idéalement, il faut que cela reste exceptionnel, histoire de garder un tour dans sa manche les jours où ça coince 🙂

Aussi,  il est beaucoup plus facile de faire manger des légumes à un enfant qui a l’habitude de manger des légumes, qu’à un enfant qui mange des pâtes tous les jours. À la maison, par exemple, nos enfants mangent toujours des légumes à l’heure du déjeuner, et des féculents (petit pois, riz complet, lentille, blé, quinoa) mélangés à des légumes le soir. Pâtes au blé complet une fois par semaine. Exception faite si on va au restaurant, chez des amis, ou que l’on a des amis à dîner.

Il y a des enfants qui n’aiment pas certains aliments. N’hésitez pas à les leur présenter sous d’autres formes ! Gratin ou crumble de légumes, soupe (mélangée avec du fromage frais ou du lait de coco), cru, cuit, etc. Si ce n’est vraiment pas bon (soyons honnêtes, il nous arrive de nous planter sur une recette !), on peut lui proposer un autre légume si celui-ci est déjà prêt dans le frigo, et qu’il n’y a plus qu’à le faire chauffer au micro-ondes. Attention, ça doit rester simple pour vous. Et en faisant cela, on prend aussi le risque qu’il nous demande à chaque fois à changer de plat…  Mais on n’échange pas un légume avec un féculent. Il faut garder en tête que notre rôle n’est pas de les faire manger, mais de les faire manger sainement. Car, à moins de traverser des difficultés personnelles, ou d’avoir des problèmes de santé, un enfant mangera toujours par lui-même.

Pourquoi mon enfant ne mange pas ?

Il est toujours intéressant d’essayer de comprendre pourquoi notre enfant ne veut pas manger. À moins d’avoir des problèmes de santé, il peut aussi :

–          Traverser une période compliquée. Un de ses parents n’est pas là, par exemple. Dans ce cas, il faut éviter de rentrer dans le conflit, essayer d’être à l’écoute, faire preuve de compréhension, jouer avec lui (RDV dans un prochain article ! ), et consulter si cela persiste.

–          Ne pas avoir besoin, morphologiquement, de manger en grande quantité. Rien ne sert de lutter en vain contre sa nature, à moins que cela ne devienne un problème médical.

–          Être en conflit avec la personne qui le fait manger (notamment parce qu’elle l’oblige à manger, ou parce qu’il sait que cela l’agace s’il ne mange pas), c’est donc un cercle vicieux. Rien ne sert de continuer à insister, relâchons la pression, et pourquoi ne pas opter plutôt pour le jeu.

–          Il n’a pas vu son parent de toute la journée, donc il ne pense qu’à une chose : jouer ! Donc dans la mesure du possible, commençons par jouer. Ou alors transformons le dîner en un vrai moment de détente.

–          Être lent, tout simplement ! Evitons, dans ce cas, de lui rappeler de manger toutes les 3 secondes. Proposons-lui de l’aide. On peut aussi utiliser les techniques ci-après pour écourter le repas.

–          Ne pas avoir encore faim si l’horaire ne lui convient pas. Cela arrive, et c’est propre à l’organisme de chacun. Aussi le goûter est-il peut-être trop copieux, pensons alors à le réduire. Mais ce point-là n’est pas simple à gérer. Tout serait beaucoup plus simple si les enfants étaient complètement autonomes et capables de manger à l’heure de leur choix !

Dans ce cas, on peut essayer d’inverser les étapes : les mettre en pyjamas, jouer, ou leur lire une histoire, et ensuite dîner.

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Commentaires

Commentaires

9 réponses
  1. EliseR
    EliseR says:

    C’est dommage que vous n’evoquiez la période de neophobie alimentaire qui rend les repas soudainement plus difficile entre 2 et 7 ans. Il me semble également important de rappeler qu’il existe des enfants qui présentent un vrai trouble alimentaire, appelé Trouble de l’Oralité Alimentaire et qu’il est important alors de consulter (pediatre, orthophoniste, etc) et de se faire aider au plus vite pour éviter la majoration du trouble.

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  2. Nathalie
    Nathalie says:

    Super article ! Merci !
    En effet, restons à l’écoute de nos enfants : leurs besoins, leur humeur, leur état de fatigue, etc.
    Les repas doivent rester des moments de plaisirs et de partages en famille.

    Je rajouterais que lorsqu’on fait goûter un aliment à un enfant, il faut lui faire regoûter à chaque fois car il faudra parfois qu’on le lui présente de nombreuses fois pour qu’il finisse par l’aimer. Mais ne les forçons jamais 😉

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    • Anne-Charlotte, CPMHK
      Anne-Charlotte, CPMHK says:

      Très juste Nathalie, s’il dit ne pas l’aimer une fois ne veut pas dire qu’il ne l’appréciera pas plus tard 🙂
      Bonne journée à vous

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  3. meli
    meli says:

    parfois notre fils, pourtant bon mangeur, est trop fatigué certains soirs par exemple manger sa soupe, recueillir la soupe dans sa cueiller, la porter a sa bouche sans renverser recommencer. . c est trop d efforts pr lui a ce moment de la journée et il s arrête vite même s il aime bcp la soupe. notre astuce. . la paille ! il est ravi de boire la soupe a la paille car ca lui coute moins d effort et que ca rappelle le moment festif dans lequel on utilise généralement la paille ( ex le goûter avec les copains..) très efficace chez nous !

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