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On a beau lui dire 100 fois de venir à table, de ne pas faire n’importe quoi dans la rue, de se tenir « correctement » dans les transports, etc. Notre enfant ne nous écoute pas. Vous avez déjà eu cette désagréable impression de « [email protected]#ser dans un violon… » ?  Et si on prenait un peu de recul, pour se rappeler « l’évidence », que l’on a pourtant tendance à vite oublier dans notre quotidien… Alors, comment bien réagir face à un enfant qui n’écoute pas (et faire qu’il écoute… (euh) plus) 😜 ? Comment faire pour qu’il applique les consignes ?

Quand le silence est d’or…

Avez-vous compter le nombre de recommandations, de conseils, de mises en garde que nous faisons à notre enfant ? Parfois 5,10, 20… et ce en moins de 10 minutes ! En concluant par un dernier petit : « Tu m’écoutes quand je te parle ? » 😅

Ceci m’avait particulièrement sauté aux yeux, lors de notre dernier week-end. Nous sommes allés visiter une chèvrerie en famille. L’endroit rêvé des enfants. Au milieu de nulle part, une grande étable avec des enclos à chèvres et du foin que les enfants peuvent leur donner à manger.

À côté de moi, une maman accompagne son fils d’environ 3 ans : « Jules, fait attention, tu vas te faire mordre…  Regarde la petite fille à côté de toi comme elle fait bien… Ne lui mets pas la paille dans l’œil ! … Regarde ! Tu mets de la paille partout !… Non, ne tire pas l’oreille de la chèvre ! … Jules ! Ne t’assois pas par terre, c’est sale !… Bon, c’est bon, celle-là a assez mangé, tu pourrais en donner à une autre… Allez, on s’en va Jules ! Allez viens ! Dis au revoir à la chèvre Jules ».

« Au revoir la chèvre ».

Tout cela n’a pas duré plus de 4 minutes, montre en main. Et du point de vue de la maman, elle trouvait que son enfant avait tendance à ne pas l’écouter.

Des scènes comme celles-là, on en vit plus qu’on ne le croit. Elles sont bien sûr plus faciles à remarquer chez les autres que chez soi.

Trop d’infos tuent l’info

Il y a quelques jours, j’attendais à un feu rouge, à côté d’une maman de deux petits garçons. 6 réflexions en seulement 20 secondes, parfois on bat des scores en tant que parent ! « Ne tire pas la manche de ton frère…  Tiens bien la poussette… Fais attention à ne pas faire tomber le livre… Arrête de sautiller… Regarde où tu marches… Tiens la poussette !».

Évidemment, tous ces conseils sont justifiés et partent d’une bonne intention. On ne veut pas qu’il se fasse mal, qu’il ne blesse quelqu’un, qu’il se salisse… Mais est-il vraiment possible pour un enfant d’enregistrer 10 ordres à la minute ? Il peut peut-être exécuter 3 consignes à la minute (une sorte de pantin télécommandé), mais écoutera-t-il véritablement la quatrième ? Probablement pas. Et on lui rétorquera un fameux « Tu m’écoutes quand je te parle ? ».

Qu’aura-t-il retenu de cette litanie d’injonctions et de mises en garde ? Qu’il ne peut pas agir comme il veut, qu’il n’en ait pas capable, raison pour laquelle son parent est derrière lui non-stop pour le surveiller.

D’ailleurs, si vous souhaitez avoir plus d’astuces pour ne pas avoir à répéter 4 fois les choses (et finir par crier), ou encore savoir comment gérer quand vous êtes à « bout », vous pouvez télécharger le PACK « OUI PAPA OUI MAMAN » : Toutes les clefs pour les faire coopérer (sans crier), en renseignant votre email ci-dessous : je vous l’enverrai alors gratuitement dans votre boite mail.

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Mais revenons à nos biquettes 😜.

Se sentir responsable, un bon moteur pour écouter

Comment se sentir libre, profiter du moment présent, et apprendre par soi-même, quand on sait que l’on a quelqu’un sur le dos en permanence ?

Comment prendre plaisir à nourrir une jolie petite chèvre quand notre père/mère jacasse sans cesse derrière nous ? La petite fille à côté de lui, celle qui « fait bien » justement, n’a pas ses parents sur le dos. Elle parle aux chèvres, s’imagine des histoires. Bref, elle vit sa vie. 

Avez-vous remarqué comme nos enfants, après avoir été bridés un bon moment, se mettent à faire n’importe quoi ? Un peu comme ce petit Paulin, qui attendait au feu, et qui après s’être pris 6 remarques en 20 secondes, s’est mis tout à coup à courir à l’autre bout de la rue, sous les yeux effarés de sa maman. Peut-être juste une envie de liberté ? On pourrait appeler ça la théorie de l’élastique. On tire, on tire, on tire… et puis ça pète !

Mais pourquoi cette tendance à être toujours sur le dos de nos marmots ? Ne préfère-t-on pas un enfant qui déambule dans le couloir du train, que celui qui finit par hurler parce que son parent n’a pas cessé de le brider pour qu’il reste sagement assis sur son fauteuil ? Trop de limites, trop de règles, trop d’ordres, en font des cocottes-minute prêtes à exploser. Finalement, on peut comprendre que « notre enfant n’écoute pas » ! On en ferait autant, non ?

Alors comment se faire entendre d’un enfant qui n’écoute pas ?

On voudrait tellement éviter qu’ils ne se blessent, qu’ils ne se salissent, qu’ils n’embêtent leurs voisins…

On peut alors choisir la solution que les parents de la petite fille d’à côté avaient adopté. À l’entrée de l’étable, ils se sont posés avec leur enfant, et se sont mis à sa hauteur pour lui donner la règle.  « Quand tu donnes à manger aux chèvres, il faut bien mettre la main à plat pour ne pas te faire mordre les doigts. Comme ça. D’accord ?». Ils sont restés un peu à côté d’elle pour être sûrs qu’elle avait bien compris, lui ont répété deux ou trois fois, et ont pris un peu de distance pour lui laisser de la liberté, avec en effet « les petits risques que cela encourt ». Quand, il n’y a pas de vrai danger, c’est l’expérience qui est de loin le meilleur apprentissage. En se faisant (un peu) mal, l’enfant peut comprendre ses limites et mieux appréhender les dangers. Face à une chèvre, quel est le risque ? Au pire, l’enfant se fera pincer les doigts par des petites dents plates et inoffensives… Une bonne occasion de lui laisser faire ses propres expériences (voir l’article « Colères de bébé : comment les gérer ?»).

Pareil, quand on s’apprête à traverser la rue. On peut prendre 20 secondes pour se mettre à la hauteur de nos enfant, et les prévenir : « Les enfants, nous allons traverser la rue, donc vous tenez la poussette. On fait bien attention aux voitures, d’accord ? ». On a ainsi beaucoup plus de chances que cette règle soit respectée que la phrase « Tiens la poussette » noyée dans 10 ordres lâchés en rafale.

Bref, on essaie de faire avec nos enfants comme le ferait un bon manager. On donne la consigne, on vérifie qu’elle est comprise, et on laisse faire en gardant un œil bienveillant de temps à autre.

Et puis tant pis pour le reste !

Allez, on lâche un peu la bride ! Tant pis si la paille va dans l’œil de la chèvre. Tant pis s’il tire la chemise de son frère… Laissons-lui plutôt vivre les conséquences de ses actes, qui lui apprendront davantage que nos multiples observations. Tant pis si son pantalon est sale, car comme dirait Petit Bateau « A quoi ça sert d’avoir des vêtements si on peut rien faire dedans ! ». Tant pis s’il court à l’autre bout de la chèvrerie, il n’y a pas danger dans cet espace. Voilà une belle occasion pour que notre fils/fille prenne confiance en lui/elle ! Voir aussi l’article : Mon petit enfant ne respectent pas les interdits.

On ne peut pas les télécommander, il/elle ne peuvent pas tout assimiler. Laisser notre enfant faire ses expériences n’est en rien une attitude laxiste. Et il a aussi besoin de se sentir « libre », de vivre pleinement. Et bien sûr, crier ne donne pas plus de poids à nos consignes, surtout si ce mode d’expression est devenu une habitude ! Plus nous gardons nos consignes pour ce qui est vraiment important, plus notre enfant aura tendance à nous écouter. C’est ainsi que nous mettrons toutes les chances de notre côté pour qu’il prenne en compte nos conseils…

Donnons-leur la liberté de s’épanouir.

Commentaires

Commentaires

49 réponses
« Anciens commentaires
  1. Laila
    Laila dit :

    Bonjour,
    Je me reconnais enfin notre quotidien dans tous vos témoignages.
    Mon fils a 3 ans et demi et est en moyenne section.
    L’année dernière nous avons vécu un enfer, l’instit, la directrice, la psy scolaire, l’orthophoniste. Tout y est passé.
    Un peu immature ou précoce personne ne sait.
    Cette année nouvelle maîtresse, meilleure communication, elle essaye, elle fait, mais son bon comportement n’aura duré que 2 semaines.
    Le punir a l’air de ne servir à rien.
    Il me craint et dit qu’il ne m’aime pas puis s’excuse.
    Il dit que tout le monde n’arrête pas de lui faire des reproches mais que ce ne sont que des petites bêtises.
    A 29 en classe, impossible pour la maîtresse de faire la police tout le temps.
    Du coup il est sans arrêt puni, il ne veut pas faire les ateliers seul, et du coup prend du retard dans son apprentissage.
    A la maison, c’était mais ça n’est plus compliqué. Cet été il a compris que je ne rigolais pas.

    Mais à l’école c’est la cata.

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  2. Somsom
    Somsom dit :

    Je vis la.meme choses avec mon fils de 3ans et demi en plis des cris à longueurs de temps des désobéissance continue et j’en passe je n’en peux plus… comme vous je n’ai plus de joie de vivre plis de plaisir à sortir ou même à manger en famille j’ai l’impression de survivre et de subir ma.vie sans vous parler de mes autres enfants qui en souffre aussi car du coup il on une maman débordé et fatigue temps physiquement que psychologiquement j’ai 4 enfants 2 olis grand que lui et 1 plus petit et jai bien peur que le petit dernier le suive car il copie tout ce qu’il fait.
    Comment faire je suis épuisé et j’ai mal au coeur car il ne comprend pas que ses actes on des conséquences sur toute la famille

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  3. Laura
    Laura dit :

    Ça fait 5 ans que j’essaie de faire comprendre à mon fils d’arrêter de courir. 5 ans !!!!!!!! J’ai tout essayé, 3 voisins sont partis à cause de lui, dont 1 qui a porté plainte contre nous… Je répète des centaines des fois « arrête de courir,.arrête de taper les pieds » … 2 mins plus tard il repart en courant et la petite le suis aussi en courant du coup. J’ai essayé la méthode douce, explicatives, punitives. Les hurlements, la peur, les menaces… Rien ne fonctionne et on va finir par être expulsés de chez nous si il continue ainsi. Y’a des jours j’ai envie de le terroriser de peur pour qu’il se calme juste 5 minutes histoire de pouvoir souffler 5 mins sans devoir crier « arrête de taper des pieds » juste pendant 5 petites minutes. Je travaille à la maison je suis moins productives et j’ai une énorme perte de salaire parce que j’ai un gamin de 6 ans qui n’écoute rien de rien ! Taper des pieds et courir c’est le haut de l’iceberg mais il tape sa soeur sans arrêt, il crie et chouine pour rien. On ne sais plus quoi faire de lui… On en peux plus, on a pas de vie de famille, aucun plaisir de passer du temps avec lui et ça me brise le coeur en plus de m’épuiser physiquement et psychologiquement. Même cuisiner est devenu un calvaire alors que j’aimais tant ça avant. Entre l’épluchage et le coupage de l’oignon je suis interrompu 8-10 fois parce qu’il cours, cries, tape sa soeur, chouine pour rien ou insiste pour que je regarde un truc. Au lieu de me réclamer un verre d’eau et d’attendre 30 secondes pour l’avoir il me le réclame 5 fois en 30 secondes … Ça me fait péter les plombs d’avoir la pression comme ça systématiquement. Je ne sais plus quoi faire.

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    • Anonyme
      Anonyme dit :

      C’est bien gentil le passage de se mettre à sa hauteur et lui expliquer les consignes avant de caresser les chèvres. Je pense que la plupart des parents y pensent mais on sait bien que ce n’est pas aussi simple et que les enfants n’écoutent plus rien une fois sur le moment. En tout cas il y a des enfants pour qui cette approche ne marche pas.

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  4. Caroline
    Caroline dit :

    mais comment faire avec un enfant qui hurle, court partout de 3ans et demi ?
    un enfant qui ne respecte aucune consigne de jeu même des jeux comme « mon petit verger » accessible dès deux ans ?
    l’orthophoniste m’a parlé d’immaturité, comment faire dans un cas comme ca ?
    j’aimerais l’aider avant la rentrée en moyenne section, merci pour tous les conseils.

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  5. Honorine L
    Honorine L dit :

    Bonjour, alors oui les conseils sont bienveillants sans aucun doute. En revanche, avec mon garçon de 3 ans cela ne marche pas du tout. Pour lui liberté rime avec bêtises et provocation en rafale. La méthode plus « traditionnelle » ne fonctionne pas non plus. Les réprimandes, les punitions toujours plus créative ne servent à rien. Si quelqu’un a d’autres solutions je suis preneuse parce qu’en 2 semaines l’instit les atsem et psy de l’école m’ont dit clairement ne plus savoir comment s’y prendre avec mon garçon. ..de quoi se sentir impuissante. .

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    • les créateurs coaching
      les créateurs coaching dit :

      bonjour Honorine.
      pendant combien de temps avez essayer les conseils ci dessus?
      il se pourrai que certain comportement de votre enfant soit ancrer…
      il faut donc répéter l’opération sur plus long terme pour en voir les effet.
      bonne journée thomas

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  6. Nat
    Nat dit :

    Merci pour cet article qui me.rappelle l’ importance de prendre le temps . De prendre conscience de tous ces rappels à l’ordre incessant qui si nous les subissions nous ferai péter un câble Et Merci pour l’éducation bienveillante que vous representez bien là.

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  7. barbin
    barbin dit :

    Je ne comprends pas les commentaires négatifs ou qui jugent l’article trop permissif … Cet article nous aide a pousser notre enfant vers l’autonomie en le laissant vivant ses petites erreurs, ce qui lui laisse assez de place pour s’élever seul, et plus d’attention pour écouter les recommandation les plus utiles des parents.

    Merci de vos articles qui permettent de se recentrer si le vrai rôle de parent, accompagner nos enfant dans le respect de leur âge et leur niveau psycho moteur.

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  8. Jef
    Jef dit :

    En lisant ceci, j’ai plus l’impression qu’on cherche au final à croire que l’enfant aura plus écouté, même si au final on l’aura juste laissé faire.
    Ce n’est pas mon objectif.

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  9. David
    David dit :

    L’éducation permissive dans toute sa splendeur, avec pour résultats des enfants impolis, qui a 8 ans ne disent ni au revoir ni bonjour ni un merci, qui ne respectent meme pas leurs propres parents, qui développent une intolérence chronique a toutes formes d’autorité tout le reste de leur vie (maison, école, futur environnement professionnel). Meme si il ne doit pas etre noyé par les interdictions, un cadre est nécessaire, un enfant peut ne pas comprendre un interdit sur le moment mais l’intégrer plus tard en grandissant et en saisir le pourquoi. Mais non il faut qu’ils soient épanouis donc il est interdit d’interdire, car nos parents ont été si dur avec nous…(est-ce que vous vous pensez réellement si traumatisés par votre éducation? Vos parents/grands-parents ont ils été si mauvais avec vous?). Tous les parents qui ont choisi la voie de la permissivité autour de moi s’en sont mordu les doigts quand les enfants sont arrivés a l’age de 13/14 ans…trop tard pour revenir en arriere.

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    • Aourell Brillet
      Aourell Brillet dit :

      Bonjour David, pas sûre que le regret soit réservé aux seuls parents ayant choisi de ne pas reproduire l’éducation de leurs parents quand les enfants arrivent à l’adolescence ? ?. Ceci dit merci pour votre commentaire, le questionnement est intéressant, juste une précision importante, on cherche aussi notre épanouissement en tant que parents, en faisant en sorte de moins lutter sur trop de règles de moindre importance et se concentrant sur la règle la plus importante au bon déroulé de l’activité proposée ?.

      Répondre
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