Le principe clé de l’education bienveillante

Ce jour-là j’étais de très mauvaise humeur. Aucune patience. Minimôme était tranquillement en train de se brosser les dents, quand soudain elle sortit de la salle de bain, la brosse à la main et du dentifrice jusqu’aux oreilles. Selon je ne sais quel principe, ce jour-là je voulais qu’elle reste dans la salle de bain. Et pour je ne sais quelle raison, elle, voulait absolument se promener dans sa chambre.

 “Je ne voulais pas discuter, je voulais qu’elle m’obéisse !”

« Tu te brosses les dents dans la salle de bain, s’il te plaît. » « Non. » « TU VAS DANS LA SALLE DE BAIN !» « NON ! ». Elle me rétorquait des « NON », tout aussi secs et déterminés que mes ordres. Et plus elle me tenait tête, plus je devenais autoritaire. Et plus je devenais autoritaire, plus elle me tenait tête. Elle finit par craquer. Elle fondit en larmes et alla se brosser les dents dans la salle de bain. J’avais gagné. Quoi ? Une belle bataille d’ego. On est bien loin de l’éducation bienveillante !

Quelle leçon tire-t-on du conflit ?

Quand c’est la violence qui prend le pas et que l’on gagne une bataille en rabaissant notre enfant, on peut se demander ce qu’on a vraiment gagner à plus long terme ?

Qu’il faut faire attention à ne pas salir la moquette ? Sûrement pas. Qu’il ne faut pas se balader avec sa brosse à dent ? Peut-être. Qu’il faut obéir aux ordres que je lui donne ? Sûrement. Est-ce vraiment le message éducatif  que nous voulons lui transmettre ?

A part le fait que cela nous arrange que notre enfant nous obéisse et que cela rend les choses beaucoup plus simples en théorie, est-ce cela lui sera utile dans sa vie future ? Est-ce que plus tard, dans ses relations amicales ou professionnelles, savoir obéir sans discuter, sans comprendre, juste par soumission, sera une qualité ? Dans un État totalitaire peut-être, mais là où elle est née, il n’y a pas d’intérêt à être soumis (voir aussi l’article Éduquer sans crier : comment être efficace et bienveillant ?). Au contraire, cela peut être utile qu’elle sache défendre son point de vue et sa liberté, qu’elle ne se laisse pas écraser par les autres, que ce soit par ses futurs camarades ou par son patron quand elle sera en âge.

Si on changeait de posture : se faire entendre (et comprendre) plutôt que se faire obéir

Bref, en éducation bienveillante, aussi appelée éducation positive, on essaie de développer le respect mutuel basé sur l’empathie et l’écoute de nos besoins mutuels. L’objectif est que l’enfant puisse apprendre l’autodiscipline parce qu’il a intégré le respect des autres, le respect des choses, et non qu’il obéisse aveuglement à des règles, uniquement parce que l’on les lui impose ou qu’il a peur d’être puni.

NOUVEAU

Charlotte Ducharme a sorti son nouveau livre

Notre conduite est-elle dictée par des lois ou pas notre bon sens ? Je n’ai jamais fait de droit. Je n’ai pas non plus lu les milliers de textes de lois, et pourtant je pense les respecter parce que je les ai intégrées grâce à mon éducation et mon bon sens.

« Vouloir qu’il obéisse parce qu’il est important de savoir obéir » est, je pense, une fausse raison éducative que l’on se donne pour justifier nos batailles d’ego. D’ailleurs, si vous êtes intéressé·e par cette parentalité positive ou bienveillante,  je vous ai rassemblé mes pensées, réflexions et astuces pour rendre le quotidien (un peu) plus cool… Laissez-nous votre adresse et recevez (gratuitement) votre “Pack éducation positive” ! Plus de coopération en criant moins, ça fait du bien .

En éducation bienveillante : ce n’est pas obéir qui est important ; c’est que notre enfant intègre la valeur éducative qu’il y derrière

Il s’agit en fait de voir l’intérêt de tous à moyen ou long terme : comment développer le respect mutuel ? Comment nourrir l’ambiance familiale de rires ou de douceur ? Comment aider notre enfant à développer son estime de soi et grandir en un adulte confiant et épanoui ? Est-ce que crier ou imposer ses vues va permettre à l’enfant d’apprendre à écouter ses besoins et à les exprimer sereinement ?

L’éducation positive va donc mettre l’accent sur la compréhension des contraintes externes. Petit à petit, l’enfant va apprendre à faire coïncider le respect des contraintes des autres et nos besoins propres… Donc, le respect des contraintes des parents en fait d’ailleurs parti (et on est bien loin de l’idée de laxisme que les détracteurs de la pédagogie positive craignent sans bien comprendre de quoi il en retourne).

Si on reprend notre histoire de la brosse à dent, il n’est pas essentiel pour l’avenir de ma fille de toujours rester dans la salle de bain pour se brosser les dents, si ?! (Et si cela vous choque, prenez alors un autre exemple ). En revanche, on pourrait le lui reprocher si elle salissait la moquette, car c’est important (pour moi) de respecter les choses. Alors, pourquoi ne pas insister sur la finalité, plutôt que de vouloir imposer encore une énième règle ? Si elle avait facilement accepté la règle, tant mieux. Mais si elle voulait absolument aller se brosse les dents dans une autre pièce, comme c’était le cas ce soir-là, j’aurais dû insister sur le fait que cela m’embêtait qu’elle risque de salir la moquette.  Elle aurait compris et m’aurait sûrement proposé « moi fais attention, pas salir, oui maman ? ».

Et là, que faire ? Céder ou ne pas céder ?

Surtout ne pas céder dirons certains ! Un « non », c’est « non ». Si tu cèdes tu n’as pas d’autorité.

À mon avis, l’important est de nous mettre au clair sur ce qui compte vraiment pour nous. Mon objectif ce n’est pas d’avoir de l’autorité (ou du respect). Ce n’est pas non plus qu’elle se brosse les dents dans la salle de bain. Mon objectif, c’est qu’elle ne salisse pas la moquette. Mais quand la tension monte, on a tendance à se crisper sur quelque chose qui n’est pas central (et d’ailleurs on se demande souvent pourquoi on en est arrivé là !  ).

Si j’avais abandonné l’objectif de me faire obéir, et que j’avais choisi de lui faire confiance, j’aurais dit « D’accord mais tu me promets que tu fais attention ?». Elle m’aurait répondu « Regarde fais attention, moi pas salir ». J’aurai évité une lutte inutile. Elle aurait été hyper vigilante pour me prouver qu’elle était capable. La moquette n’aurait pas été salie. Et cerise sur le gâteau, elle aurait retenu pour plus tard qu’il faut faire attention à ne pas salir la moquette y compris dans d’autres circonstances.

Expliquer au lieu d’interdire

Quelques jours après, j’ai voulu tester cet autre mode de communication, au sujet d’un bic que nous avions laissé trainer. Je ne voulais pas qu’elle l’utilise de peur qu’elle ne tâche son t-shirt et la nappe. Elle voulait absolument le prendre pour dessiner…  Je lui ai fait comprendre que cela m’embêtait vraiment, car elle risquait de tâcher la nappe. Je l’ai finalement laissé faire (cédé diraient certains ), car elle a su me convaincre qu’elle allait faire attention. Et j’ai eu raison de lui faire confiance. Elle a fait TRÈS attention, et a été très fière de ne pas avoir fait de tâche. J’ai même gagné sur le long terme. Je suis certaine que si plus tard, elle se retrouve face à un bic et que nous ne sommes pas là pour la surveiller, elle s’en souviendra et fera attention d’elle-même.

Donc finalement, essayons de mettre notre ego de côté, plutôt que de vouloir à tout prix que notre enfant nous obéisse. Voyons s’il n’y a pas la possibilité de responsabiliser notre enfant, de lui faire confiance (et au passage de l’aider à construire sa confiance en lui), plutôt que de le soumettre à une énième interdiction.

Responsabiliser est loin d’être le seul principe de l’éducation bienveillante, retrouvez d’autres exemples concrets à travers les articles du blog : “La discipline positive : le secret pour le faire ‘obéir“.

Apprenons à nos enfants à se responsabiliser plutôt qu’à nous obéir, faisons d’eux des enfants responsables plutôt que des enfants obéissants, c’est ainsi qu’ils deviendront grands.

L’éducation positive, un construction du cerveau à long terme

Bien sûr, aucun parent n’a l’intention de nuire ou d’être malveillant. Mais parfois, en reproduisant l’éducation que nous avons reçu, nous avons des comportements pas toujours très positif. Les neurosciences ont permis de mieux comprendre le développement du cerveau. Elles semblent donner raison à l’éducation bienveillante (voir notre article sur l’éducation grâce aux neurosciences). Les récentes études mettent en lumière que le stress, les punitions, humiliations, les violences éducatives ordinaires (verbales ou physiques) lorsqu’ils sont répétés tendent à créer un stress durable sur le cerveau. Et cela peut nuire durablement au fonctionnement du cerveau (troubles cognitifs ou comportementaux). A contrario, éduquer son enfant de manière respectueuse et positive, utiliser la communication bienveillante (voir aussi la communication non violente) lui permettra plus facilement de développer son plein potentiel et tout aussi important, de développer l’harmonie en famille. Et ça, c’est plutôt bien pour tout le monde, non ?

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