MATERNAGE , Cododo

Accoucher à la maison, allaiter longtemps, ne pas laisser pleurer bébé, porter son enfant en écharpe, partager le lit en co-dodo… De plus en plus de parents font le choix du “maternage proximal”. Pourtant, même quand on ressent au fond de nous que cette attention particulière est “juste”, le regard de la société, l’entourage, voire la famille parfois, ne sont pas toujours très compréhensifs. Je laisse la parole à mon amie Caroline qui avait envie de nous en parler.

Entre la maman qu’on a eue, celle qu’on voudrait être et celle que les autres voudraient qu’on soit… Pas facile de trouver sa place ! J’ai vu ma copine Marie avoir envie, hésiter et puis enfin oser le mettre en place avec son mari, et s’épanouir, comme beaucoup d’autres mamans, dans le maternage ! Et j’ai eu envie d’écrire cet article, non pas pour pousser quiconque, mais juste pour aider les mamans -et les papas- qui n’oseraient pas, à se dire que leur manière d’être parent n’appartient qu’à eux, en dehors des regards d’approbation ou de désapprobation des “autres”.

Mais, au fait, qu’entend-on par maternage ? Quels sont ses bienfaits ? Y a-t-il des limites ? Est-ce qu’il convient à toutes les mamans ? Quelle place pour le Papa ou les autres membres de la famille ? Et comment trouver l’équilibre entre cette “attention de tous les instants” et une vie professionnelle ? Petit tour d’horizon.

C’est quoi, en fait, le maternage ?

Dans sa stricte définition, il s’agit de “l’action de materner”, ce qui, finalement, peut revêtir autant de définition que de parents. 

Parfois appelé maternage proximal ou intensif, les contours restent assez flous. Pour les mamans -et les papas- qui le pratiquent, l’idée est de rester le plus possible à l’écoute des besoins de leur nourrisson, afin de pouvoir y répondre avec la conviction que cette grande proximité permettra de créer la sécurité affective, qui permettra plus tard la confiance en soi et l’autonomie. Car, en fait, non, un enfant n’a pas seulement besoin de manger et dormir.

En occident, le maternage prend sa source dans les travaux du psychiatre et psychanalyste anglais, John Bowlby, qui a développé la théorie de l’attachement. Ses travaux, devenus incontournables en pédopsychiatrie, pointent le besoin primaire d’attachement de l’enfant au même titre que manger et dormir. Cette sécurité intérieure permet, plus tard, une meilleure capacité à devenir autonome et à gérer ses émotions. Le “mouvement” s’appuie également beaucoup sur les travaux de William, pédiatre et Martha Sears, tous deux auteurs de l’expression “attachment parenting”. Ces parents de 8 enfants (!!) ont développé le concept de maternage intensif, ensuite repris et diffusé par des canaux tels que la Leche League.

D’ailleurs, on parle souvent des mamans-maternantes, mais notons qu’en-dehors de l’allaitement, les papas sont souvent partis prenante dans le maternage.

 

Suis-je fait(e) pour le maternage ?

Pourquoi ne pas simplement faire confiance à chacune pour être exactement la mère qu’elle souhaite être ?

Au maternage proximal, on oppose souvent le “maternage distal”, où l’on cherche à “mettre de la distance”. C’est un peu le mode d’éducation “à l’ancienne” où il est conseillé de laisser pleurer le bébé pour “lui développer les poumons”, ou encore pour “éviter de lui donner de mauvaises habitudes”.

En fait, dans les deux cas, l’objectif est de rendre le bébé plus autonome. Dans l’approche “maternante”, on permet à l’enfant de choisir son rythme, d’avancer quand il se sent près.

N’y a-t-il pas un juste-milieu entre “l’élevage à la dure” et “l’enfant roi” ? Est-ce qu’être à l’écoute de son enfant le rend nécessairement moins autonome ? Et si, en terme d’éducation, l’important était simplement de suivre notre instinct de parent.

Pour certains, être à temps plein avec leur enfant, c’est juste une évidence. Pas parce qu’ils ont peur de laisser leur petit, mais parce qu’ils aspirent profondément à pouvoir l’accompagner pas à pas dans chaque étape. Et c’est super !

Et inutile de tout amalgamer, on peut être “hyper maternant” sans être névrosé, et comprendre qu’on n’agit pas avec un nouveau-né comme avec un enfant de 2 ou de 5 ans !

Mais à l’inverse, inutile de culpabiliser si on n’a pas envie d’allaiter ou de quoi que ce soit d’autre ! Il n’y a pas de “package bonne maman”. On n’est pas une “mauvaise mère” pour autant. En fait, ce qui compte vraiment, c’est d’être en phase avec soi-même. Parce que c’est ça que notre enfant ressent au final ! Donc autorisons-nous, aussi, à nous écouter vraiment. Quitte, au besoin, à passer le relai.

Quelques pratiques du maternage  

Si l’on considère que le maternage proximal est une présence et une attention particulière aux besoins de l’enfant, on peut alors retrouver nombres de pratiques allant de la manière de vivre la grossesse, la naissance et la manière d’éduquer son enfant. 

L’allaitement prolongé

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois minimum puis jusqu’à deux ans, voire plus. Car si l’allaitement offre toutes les qualités nutritionnelles, c’est aussi l’occasion de créer un lien de proximité et de sécurité particulier. Alors, pourquoi se priver de ce plaisir si c’en est un ? Mais là aussi, pas de pression. Ce qui peut convenir à l’une peut ne pas plaire à l’autre, alors, à chacune de faire ce qu’elle sent. Mieux vaut un biberon donné avec douceur, qu’une tétée inconfortable, non ?

Mon amie Marie a fait le choix de l’allaitement tardif (jusqu’à deux ans environ) pour sa petite dernière. C’est vrai que le regard des “passants” accrochent un peu en voyant sa puce courir vers sa mère pour soulever le t-shirt pour le goûter. Pour autant, choisir l’allaitement tardif ne doit pas empêcher de poser des règles qui conviennent à tous, et en particulier à la mère et à l’enfant. Le sevrage pourra se faire simplement, de manière naturelle, quand l’enfant en ressentira le besoin.

Dans la lignée, on peut également trouver la diversification menée par l’enfant (DME), où l’enfant découvre petit à petit les aliments, à son goût et à son rythme, sans passer par la case purée.

Le cododo

En France, le cododo, ou co-sleeping n’est pas toujours bien compris et parfois controversé. Pourtant, à travers les âges et à travers la planète, faire dormir les membres d’une même famille dans le même espace fait juste partie de la norme. L’idée est que l’enfant dorme dans la même chambre que ses parents mais cela peut être dans un lit à part, proche du lit parental ou encore accroché sur le côté. L’enfant est enveloppé dans sa gigoteuse, sur un matelas adapté, sans couette ni oreiller. Cela permet à la maman allaitante d’éviter les aller-retour et de prendre bébé dès qu’il donne des signes de réveil. Et ça marche aussi si bébé est au biberon. C’est aussi un bon moyen de garder une oreille attentive si nécessaire.

Là où il peut y avoir danger, c’est quand l’enfant dort entre ses parents. C’est là que les risques d’étouffement sont les plus importants, surtout si les parents sont très fatigués. Les médecins recommandent même d’éviter tabac, alcool et drogue… Sans blague 😏 !

Retrouvez ici un article sur le cododo et les bonnes pratiques à adopter. Petit à petit, l’enfant apprendra à s’endormir seul dans son lit et il pourra, toujours à son rythme, rejoindre sa chambre, sans être paniqué de ne pas voir ses parents à chaque réveil.

Le peau-à-peau et le portage en écharpe

Si le peau-à-peau est souvent recommandé dans les minutes qui suivent la naissance, ses bienfaits se prolongent jusqu’à 3 mois environ. En effet, ce contact chaud et rassurant permet de réguler le rythme cardiaque, de stabiliser la température du corps, mais aussi de favoriser l’allaitement et de diminuer les pleurs. Plus il grandit, plus ce contact en peau-à-peau va s’espacer, car l’enfant a également besoin de ressentir son propre corps.

Le portage en écharpe prolonge en quelques sortes ce contact et permet à bébé de sentir les battements cardiaques de son parent, tout en étant rassuré par son odeur. C’est aussi un moyen pratique et peu encombrant de déplacer l’enfant, et cela peut durer assez longtemps. Quand l’enfant grandit, on peut aussi préférer les porte-bébés anatomiques, plus pratiques, et varier les positions.

Bien sûr, tout est dans le juste-milieu. Si la proximité est rassurante pour l’enfant, il a aussi besoin, en grandissant, d’apprendre à se déplacer tout seul (voir aussi l’importance de la motricité libre dans l’acquisition des réflexes archaïques).

Communiquer en langue des signes

Et si l’enfant pouvait s’exprimer avant même de pouvoir parler ? Oui, c’est possible ! Il suffit de lui donner les outils. Car en fait, le langage parlé demande, en plus de la compréhension, de gérer le langage, d’intégrer les mots. Signer avec bébé lui permet d’acquérir des moyens d’expression simples. Il peut ainsi communiquer, demander… Génial, non ? Après, bien sûr, cela ne correspond pas à tous les enfants, ni à tous les parents ! (psst, si le sujet vous intéresse, c’est par .)

Autour de la grossesse et de l’accouchement

Pour certains, le lien d’attachement commence avant même la naissance. Normal donc, de retrouver certaines méthodes de préparation à la naissance comme le chant prénatal ou encore le yoga prénatal. Côté accouchement à proprement parler, on privilégiera les méthodes d’accouchement naturel, souvent lié à des projets de naissance.

Quelles limites au maternage ?

La première limite, c’est NOUS !

Parce que, oui, cela peut être super, riche et sécurisant pour notre petit, mais si nous sommes sur les nerfs, épuisé(s), à bout, il y a peu de chance que l’on arrive à donner le meilleur à notre enfant. Et plus l’enfant va grandir, plus le cercle “de sécurité” va pouvoir lui aussi s’élargir. Si Papa ne peut pas allaiter, il peut prendre un moment en peau-à-peau, ou un moment de massage… Ce qui m’amène à la deuxième limite.

Quelle place pour le Papa, la famille ou la Nounou ?

Les détracteurs du maternage se posent souvent la question de la place des autres dans cette relation “exclusive” entre maman et bébé. Pourtant, beaucoup de papas soutiennent, voire participent activement à ce mode d’éducation maternant. Et ils y trouvent tout à fait leur place. En dehors de l’allaitement, les papas peuvent eux aussi développer un lien privilégié. Après, c’est une question de concordance des vues sur l’éducation, donc cela reste important de discuter sur la manière de faire au sein du couple.

On peut aussi se poser la question de la manière d’intégrer des tiers dans la vie de notre enfant. Certaines choisiront trois années de congé parental et un collé-serré avec leur Loulou. Mais si ce n’est pas possible techniquement, ou simplement pas souhaité, mieux vaut anticiper la transition pour qu’elle ne soit pas trop violente.

Et puis, rappelons que nos enfants sont intelligents. Ils apprennent très vite les “modes d’emploi” des personnes et des lieux. Donc si Mamie a un point de vue différent, pour peu que cela ne nous heurte pas trop, gageons que notre Loulou(te) en prendra son parti, avec ses avantages et ses inconvénients !

Quel équilibre entre maternage proximal et travail ?

Reprendre une activité professionnelle, ça peut être un sacré challenge. Il faut réussir à ménager Vie de Maman et Vie Professionnelle. Pour le premier enfant, la durée du congé maternité est de 10 semaines. Seulement 2 mois et demi pour se consacrer à temps plein à son nouveau-né. Ensuite, c’est le rythme effréné. Ah bon ? Parce qu’à cet âge-là, il n’est pas encore autonome ? Il faut alors faire des choix, pas toujours faciles :

  • La première alternative consiste à prendre un congé parental. Mais c’est un choix qui n’est pas neutre au niveau financier. Et quand le congé se prolonge, les employeurs, et parfois aussi l’entourage, ne le voient pas toujours d’un bon œil.
  • En cas de reprise du travail, le choix du mode de garde, souvent entre crèche et nounou, reste à faire. Et bien sûr, si on opte pour une assistante maternelle, il faudra trouver LA personne à même de prolonger notre éducation.
  • Bien sûr, se pose la question de l’allaitement. Dans certains cas, il est possible de rejoindre l’enfant pour l’allaiter au sein, sinon, il faudra choisir entre tirer son lait ou compléter avec du lait infantile…
  • Certaines femmes envisagent leur grossesse et leur maternité comme l’occasion de faire le choix de l’entrepreneuriat au féminin en devenant leur propre chef. Cette nouvelle tendance de “mampreneuse” (maman-entrepreneuse) peut sembler être une bonne alternative, mais attention de ne pas se méprendre : ce n’est pas toujours facile d’être maman à domicile ET chef d’entreprise.

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Y a-t-il vraiment des risques au maternage intensif ?

Ah ! Les risques ! Est-ce qu’être à l’écoute des besoins de l’enfant est réellement dangereux ou met en péril son autonomie future ? Plutôt que de critiquer en masse, peut-être vaut-il mieux se poser la question au cas-par-cas, selon les enfants et les pratiques, s’informer et surtout, garder son bon sens et son libre-arbitre. Laissons à chaque parent l’occasion de sentir ce dont il/elle a envie, ce qui est juste pour le couple, ce qui semble bien pour l’enfant.

Alors, prête à vous écouter pleinement ? Pour ma part, j’ai adoré allaiter, pouponner, promener mes loulous en porte-bébé… Et j’ai repris le travail avec beaucoup de plaisir (et un peu de soulagement 😉😳). De son côté, mon amie Marie ne regrette pas un instant de ses trois ans passées avec ses deux enfants. Elle en a apprécié chaque moment et le referait sans hésiter ! Même si cela implique de ré – ré – expliquer à sa belle-mère pourquoi elle le fait… (En fait, elle a adopté un hochement de tête souriant, sans autre réponse car elle se fait pleinement confiance et ne cherche plus à convaincre.)

Pour conclure, “et si on se faisait confiance ?”. Autorisons-nous à suivre notre instinct maternel tout en restant à l’écoute de nous-même (c’est à dire faire ce que l’on sent et pas ce que l’on pense qu’on devrait faire…subtile non ?), de notre conjoint, de nos (autres) enfants, de nos proches. Il n’y a pas de juste ou de faux en matière d’éducation, chacun(e) fait comme il peut… Et surtout pour le mieux !

Sources

* Le Monde, “Plus près de toi, mon bébé”, Par Martine Laronche.  Publié le 16 janvier 2010.

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