crise de colère

Face aux crises de colère de notre enfant, nous nous sentons souvent désemparés… Il se met dans un état pas possible, va jusqu’à nous frapper ou à jeter des objets, et on ne sait pas comment réagir. Ça nous agace, ça nous met hors de nous.  Vous avez envie de hurler “CA SUFFIT MAINTENANT !” ou carrément de lui donner une fessée ou de le passer sous la douche froide car il dépasse vraiment les bornes… Comment faire pour éviter ce genre de dérives et ramener le calme à la maison ?

Nous pouvons parfois, sans le vouloir, être à l’origine de ce type de comportements colériques. Mais parfois, ce n’est pas le cas, et cela nous échappe complètement…

Crise de colère : comment garder son calme

Quoi qu’il en soit, l’objectif est de garder son calme, même si c’est pas toujours simple. Vous vous en doutez, la surenchère est souvent stérile, voire contre-productive. D’une part, parce qu’en étant dans une énergie négative, on la transmet à son enfant. D’autre part, parce que nos enfants apprennent par imitation : réagir aux crises de colère de notre enfant par la colère revient à leur montrer l’exemple. Enfin, parce que même si une réaction “forte” (type douche froide ou hurlement) peut calmer l’enfant dans l’immédiat, c’est un leurre de croire que cela “dissipe” sa colère. Cela ne fait que l’enfouir… et celle-ci ressortira plus tard, à d’autres occasions, plus grosse encore.

On a tous entendu ce type de phrases de la part d’une grand-mère : “Moi, de mon temps, les enfants étaient moins colériques. Aujourd’hui, où va-t-on ? Quand je vois comme les enfants se comportent dans la rue…

Je pense que cette remarque est assez juste dans sa première partie : il est possible que nos propres grands-parents aient eu des enfants moins colériques.

Je me suis rendue compte que les adultes qui se mettaient en colère étaient souvent d’anciens enfants très sages. Non pas qu’ils ne ressentaient jamais de la colère étant petits, mais ils n’étaient simplement pas autorisés à l’exprimer, via des phrases du type “Tu baisses les yeux, tu ne me réponds pas”. Toute cette colère ravalée enfant ne demande qu’à ressortir une fois adulte ou même adolescent.



Voilà pourquoi, mieux vaut éviter de réprimander un enfant qui exprime sa colère en lui interdisant de l’extérioriser. Face à une crise de colère, mieux vaut l’aider à revenir au calme dans un premier temps, puis l’aider à gérer ses émotions dans un second temps. Et cela ne peut être fait que si nous arrivons nous-mêmes à rester calmes, positifs et réconfortants. 

Evidemment, cela demande beaucoup d’efforts de notre part et les dérapages sont fréquents, il arrivera que l’on laisse alors échapper un gros “CA SUFFIT MAINTENANT !” (ou pire 🙂 ).

Pour essayer d’éviter cela, je vais partager avec vous une expérience vécue avec ma fille, entrée dans une crise de colère, voire même d’hystérie ahurissante. J’ai réussi à rester zen (on a droit de se féliciter de ses réussites, oui oui !) et en 10 minutes environ, le calme est revenu à la maison.

Je vous dresse le tableau : c’était l’heure de se coucher, Joy était fatiguée mais voulait encore faire de la pâte à modeler. Je refusai et l’envoyai au lit. Erreur de ma part : zéro empathie ! J’aurai pu montrer que je la comprenais, utiliser la “technique du rêve” ou réagir avec humour. Mais tout cela est passé à l’as, et elle s’est mise dans une énorme colère.

Tapes, cris, pleurs…

En réagissant ainsi, on peut parfois avoir l’impression de s’être “laissé faire”, de s’être fait marcher sur les pieds. Cependant, plusieurs choses me laissent penser que dans la mesure du possible mieux vaut essayer de ne pas s’énerver.

D’abord parce que le retour au calme est plus rapide (qui je pense aurait même été plus court si j’avais été plus empathique), et qu’une crise entre nous aurait sans doute pris plus de temps… sans compter l’ambiance qu’elle aurait provoqué dans toute la maisonnée !

Je pense que c’est plutôt en cédant soi-même à la colère que l’on finit par se sentir vaincu : “OK, je lui ai donné une fessée, elle sait qui est le plus fort de nous deux… mais elle a réussi à me faire sortir de mes gonds, c’est donc moi qui ai “perdu” !”

De toute façon, y a-t-il vraiment un »gagnant » dans une dispute ? On gagne lorsqu’on arrive à apaiser son enfant et à faire revenir le calme en restant serein, ce qui n’est pas simple.

En exprimant d’elle-même “Je suis en colère à cause de toi”, le message est clair : elle sait que ça n’est pas bien de se mettre dans un tel état, de taper et de crier, mais elle n’arrive pas à se contrôler. Je n’ai pas besoin d’en remettre une couche en lui disant “Ce n’est pas bien de faire une colère”. Elle le sait et lui répéter ne ferait que lui mettre le nez devant son comportement inadmissible, la faire se sentir mal, honteuse (voir cet article), et nourrir finalement ce sentiment de rancune qui induirait d’autres comportements inadaptés.

Mais venons-en à la question primordiale que je voulais aborder ici : qu’est-ce qui m’a fait tenir ici ?

Qu’est-ce qui a fait que j’ai gardé la tête froide et une attitude totalement zen ?

Non je ne suis pas un zombie de maman parfaite zen en toute circonstance, j’ai des astuces, des convictions, et quand je les ai en tête, cela m’aide beaucoup.

  1. J’ai pensé à son cerveau immature. A l’âge de 4 ans, la partie émotionnelle du cerveau de notre enfant est très développée, et la partie rationnelle beaucoup moins. La grosse fatigue aidant, elle a du mal à gérer sa colère. C’est scientifique.
  2. Je me suis mise à sa place et me suis dit que cela pouvait en effet être frustrant : “Je veux juste jouer à la pâte à modeler, je ne veux rien faire de mal. On me l’interdit, je suis frustrée”.
  3. J’ai repensé à toutes ces personnes dont j’avais lu les commentaires sur le forum, et qui n’avaient pas pu exprimer leurs colères étant enfant. Je me suis dit qu’il était plutôt sain que “ça sorte”.
  4. J’ai eu de la peine pour elle, car lorsqu’on n’arrive plus à se contrôler, on a une image très négative de soi-même. D’ailleurs, après avoir dit “Et voilà, maintenant je suis énervée”, elle s’est mise à pleurer, probablement de honte. La réconforter m’a semblé être la chose à faire pour lui montrer que je l’aimais de toute façon et que cela ne faisait pas d’elle une “enfant colérique”, loin de là.

J’espère que ces pensées vous inspireront. Evidemment ce n’est pas l’unique façon de réagir, à vous de trouver celle qui vous correspond !

Prenez soin de vous et de vos enfants.

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Commentaires

Commentaires

17 réponses
  1. Laura
    Laura says:

    Bonjour, article très vrai mais quand on a l’impression que le faite de restez zen ne marche plus ! Pour un enfant de moins de 5ans ok la gestion des émotions est compliquée,le cerveau n’est pas encore assez mature mais quand cela perdure encore a 7ans a la moindre frustrations des crises de colères (hurlements qui peuvent durer plus de 1h même lorsqu’on opté pour l’option zen réaction!) Voire hystérie comme si l’enfant n’est plus la! Que faire?

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  2. Louison
    Louison says:

    Bonjour,
    Merci pour votre article qui a eut le mérite de me calmer 👌.
    Mon p’tit homme de 2 ans et demi est en pleine phase de colère et plus je m’énerve ou plus je tente d’être stricte, plus il en rajoute… Je ne donne pas de fessée, je suis contre mais je m’emporte autant que lui 😔. Au point qu’aujourd’hui, je crains ses crises…

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  3. Romain F.
    Romain F. says:

    Bonjour!
    Merci pour cet article, très intéressant 🙂
    J’ai eu des soucis avec ma première, c’était… compliqué (= un enfer) à gérer à la maison. Ca en devenait tellement pesant que ça jouait fortement sur le moral de ma femme. Sur conseil d’une amie j’ai suivi une méthode qui m’a clairement aidé à faire remonter la pente à toute la famille. Je vous partage ça, si ça intéresse : bit.ly/MonEnfantCrises D’ailleurs on l’applique également au petit deuxième qui a rejoint la famille depuis, et bah on n’a pas vécu le même calvaire la seconde fois!
    Courage aux parents (et futurs parents), ça en vaut la peine!

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  4. Sofie
    Sofie says:

    Alors j’ai brun lu la totalité de l’article et je ne suis pas convaincue… Non pas de la méthode qui est une première approche mais parce que ça ne donne pas de solutions concrète.
    Par exemple peut on réagir de cette façon quand les colères ont lieu plusieurs fois par jour ?
    Quand il y a des frères et sœurs plus âgés qui n’en peuvent plus eux non plus ?
    Quand les colères sont entremêlés de chamailleries ou d’appels ‘maman, maman, maman’ 50 fois de suite en 2h…
    Qui arrive à rester zen Dans ces moments là ? Quelle réaction doit on avoir. Perso j’hésite entre me cacher sous ma couette ou partir en vacances prolongée…. 🤔

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  5. bbjo
    bbjo says:

    Bonjour,
    Super article, il est malheureusement difficile de savoir quel attitude adopter lorsque notre enfant fait une crise, pleurs etc… On essaye de faire au mieux et surtout de prendre sur nous pour rester le plus calme possible pour gérer cette situation (surtout en public).
    Personnellement, j’ai voulu remédier à tout cela et j’ai tout de suite penser que je devais faire et agir autrement, mais j’avais besoin d’aide et de conseil pour cela.
    Je me suis tourné vers cette méthode audio téléchargeable que j’ai trouvé : bit.ly/methodepourenfantquifaitdescrises
    et franchement je ne regrette pas du tout, je suis ravie, cela m’a permit d’appréhender différemment les évènements et les crises de mon petit. J’ai adopter une autre attitude avec mon enfant et lui aussi avec moi. Maintenant tout va bien, plus de crises ni de pleurs !
    Bonne journée à vous

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  6. Maxime R.
    Maxime R. says:

    Bonjour, très bon article plein de bon conseils ! Toujours un contenu de qualité pour nos enfants !
    Perso j’ai réussi à stopper quasiment totalement les crises de colère de mes deux petits grâce à cette méthode : bit.ly/StopAuxCrises
    On nous y explique comment bien accompagner ses enfants dans leurs crises sans pour autant trop les materner …
    Vraiment très utile en complément des conseils de cet article, je vous le conseille fortement.

    Bon week end à tous !

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  7. Nathalie
    Nathalie says:

    Ohlalala, je reconnais ma grande de 4 ans qui a toujours exprimé ses émotions de manière intense. J’ai par contre de mon côté de plus en plus de mal à garder mon calme, surtout avec une petite sœur de 10 mois que les cris de sa grande sœur effraient. Pour moi, on a le droit d’être en colère, mais les cris ne sont plus tolérés : on tape sur un coussin, on va crier dans un coussin… mais clairement, je sens que j’arrive à mes limites. J ai été une petite fille très très sage selon mes parents et je sens par contre aujourd’hui que ses émotions me submergent et qu’elles me mettent dans un état de colère complètement disproportionné.

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  8. Anonyme
    Anonyme says:

    Merci pour tous ces conseils mais parfois on s’énerve sans se rendre compte et en fait on énerve notre enfant encore plus, j’ai déjà essayé de me calmer et ça a marché mais il faut prendre sur soi et se calmer; dans tous les cas merci

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  9. Soph.
    Soph. says:

    Bonjour Charlotte, Je suis une maman qui s’énervait trop facilement et je suis vraiment heureuse d’avoir trouvé votre blog! Je vois vraiment la différence (comme avec Ariel!), j’arrive à rester beaucoup plus calme (sauf exception mais ça dure pas longtemps!) et l’ambiance dans la maison a changé. Mes enfants me font toujours des colères apocalyptiques mais j’ai l’impression que ça va mieux, que ça dure moins longtemps, mon compagnon aussi apprécie qu’on travaille sur notre façon de réagir, bref on continue, on se « forme » pour mieux savoir réagir aux situations difficiles! Merci beaucoup!!

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  10. Sandrine
    Sandrine says:

    Merci pour cet article qui invite à la réflexion. Je pense en effet que rester calme dans ce moment est le plus cadeau que l’on puisse faire à l’enfant en colère. Non seulement, cela lui donne l’exemple mais aussi cela lui permet d’être accepté dans ce qu’il vit.
    L’idée qui me gène dans l’article est « ce n’est pas bien de faire une colère ». La colère est une émotion et selon moi, nous n’avons pas de jugement à porter sur une émotion, ni pendant qu’elle est là, ni après. L’enfant est souvent, lui aussi, dépassé par cette émotion qui le submerge et c’est là qu’il est essentiel de pouvoir l’accueillir et même l’autoriser à vivre son émotion. Nous avons tous le droit d’être en colère quand on est frustré, quand cela ne nous semble pas juste, et il est bon de pouvoir l’exprimer. C’est à nous les adultes de montrer à nos enfants comment vivre sa colère sans la retourner sur les autres et dans un cadre sécurisant. Pour ma part, quand c’est possible et que j’y arrive, je propose aux enfants de taper dans un coussin et de crier « c’est pas juste, je suis faché, faché, faché » « oui tu peux être faché, vas-y, montre-moi comme tu es faché ». Souvent cela fait très vite retomber la pression. Et cela permet à l’enfant de se sentir entendu et accueilli dans ce qu’il vit.
    D’ailleurs cela est tout aussi bénéfique pour nous les adultes, essayez vous verrez 😉

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  11. Evan Boissonnot
    Evan Boissonnot says:

    Bonjour

    Je te remercie pour cet article.

    Le plus dur je trouve c’est quand, comme tu le dis, l’enfant commence à taper pour exprimer sa colère.
    En se documentant, on apprend que l’enfant exprime ainsi (en tapant) un besoin de contact.
    Nous avons alors trouvé des moyens pour qu’il exprime ça sans faire de mal : le jeu du pousse-pousse fonctionne bien par exemple 🙂

    Et puis, je pense qu’une dispute n’existe pas à 4 ans. L’enfant a juste besoin, selon moi, de relâcher le surplus d’énergie, il faut juste l’aider à le relâcher autrement que par la violence.

    Être en colère est sain, même quand on est adulte.

    Je ne pense pas du tout qu’un enfant qui exprime sa colère petit fera un adulte qui n’aura plus de colère.
    La colère est un sentiment naturel, et même un des sentiments les plus importants : il nous protège (je t’invite à aller voir sur mon blog l’article sur les émotions).

    Il faut juste apprendre à le canaliser, et l’exprimer autrement que par la méchanceté, la violence.

    Au plaisir
    Evan

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  12. JEanne
    JEanne says:

    MErci pour cet article interessant. En revanche je suis sure surprise quand vous dites qu’en 10-15 minutes est rapide. Lorsque la fille d’en trois passe en mode hystérique elle hurle si fort que c’est difficilement supportable. En général je lui propose de s´isoler jusqu’à ce qu’elle entrouvre son calme et de sortir lorsqu’elle s’en sent prête tout en lui proposant régulièrement des portes de sortie.C’est difficile de garder mon calme mais en général j’y arrive. Ce que j’accepte le moins c’est que son comportement prend en otage toute la famille (trois enfants entre 4 et 1 an), même si j’imagine que ça quelque chose à voir 😉

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