Que faire face à un enfant ‘colérique’ ? Les 4 clés indispensables !

enfant colerique

Ça y est ! C’est la grosse colère : il crie, il pleure, il se roule par terre… Mon enfant sort de ses gonds. C’est à se demander si je n’ai pas un enfant ‘colérique’. On aimerait tellement qu’il s’arrête ! Ça peut même nous paraitre inadmissible : se rouler par terre parce qu’on veut un bonbon ; hurler parce que l’on n’a pas eu un troisième tour de manège. Comme gérer ce type de comportement ?? On aurait bien envie que cette colère qui nous paraît si exagérée cesse… et TOUT DE SUITE.

Parfois, on en vient à se poser la question : ai-je un enfant colérique ou un enfant en colère ? Et surtout, comment réagir ? Comment gérer la situation pour qu’il se calme ? Lui ordonner d’arrêter immédiatement son cinéma ? Élever la voix ? L’enfermer dans sa chambre ? Le passer sous la douche ? L’ignorer ?

Quand on a essayé d’être gentil, de le raisonner, et que rien n’y fait, on est vite tenté de passer à la bonne vieille manière forte face à un enfant colérique… Et pourtant, c’est souvent le modèle qu’on a eu mais pas sûr que ce soit le plus efficace !!

Il y a quand même de quoi s’énerver, non ?!

Nous parlons ici des vraies crises de colère. Il n’est ni fatigué, ni malade. Tout va bien… A priori !  Il nous a demandé un troisème bonbon, on lui a gentiment répondu que ce n’était pas possible. On lui a même expliqué pourquoi, on lui a même proposé une pomme à la place… Et malgré tout, il se met à hurler, crier et à taper des pieds. Bref, il pique une colère noire qui ressemble à une crise de nerfs.

Pas de chance ! Mais assez normal d’après les dernières en neurosciences, l’enfant n’est pas capable avant 5-7 ans de gérer ses émotions (voir l’article “Caprice d’enfant, la meilleure façon de les comprendre et de les gérer“)

Face à un enfant en accès de colère, rappelons-nous notre objectif !

Profitons de ne pas être dans cette situation pour prendre du recul. Le but du jeu est finalement assez simple :

1/ qu’il se calme,

2/ qu’il comprenne que ce n’est pas une façon de s’exprimer, afin que cela ne se reproduise pas.

Il est bien sûr plus complexe d’y parvenir. On est souvent tenté de s’énerver, d’élever la voix, de lui faire comprendre qu’il a dépassé les bornes, de lui ordonner d’arrêter tout de suite de pleurer, de le punir, etc.

Quand la colère accueille la colère, il y a peu de chance pour qu’il se calme

Mais dites-moi, est-ce que quelqu’un a un jour réussi à calmer son enfant ‘colérique’ de cette façon ? De mon observation, dans la plupart des cas, cela ne fait qu’accentuer la crise. Au lieu d’être concentré sur l’objet de sa colère, il risque de se braquer et vouloir rivaliser avec notre autorité. Cette défiance peut aussi remplacer sa colère (si l’on a réussi à prendre le dessus sur lui, en l’écrasant) par de grosses larmes de tristesse.

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Il existe peut-être des gens qui ont une autorité naturelle, mais malheureusement, je n’en suis pas. En revanche, j’ai déjà vu des parents qui étaient suffisamment craints ou exerçaient une menace suffisamment forte pour que l’enfant arrête effectivement de hurler. Mais pour moi ça ne s’appelle pas de l’autorité, mais de l’autoritarisme : une forme de violence qui vise à écraser et, frustrant l’enfant, le pousse à provoquer ses parents, encore et encore.

Et franchement, comment apprendre à son enfant ‘colérique’ à maîtriser ses émotions, si on s’énerve soi-même ? Nous le savons, les enfants apprennent avant tout par imitation, donc si on résout le problème à celui qui crie le plus fort, il y a des chances qu’il devienne meilleur que nous !

Sans le savoir, il arrive parfois que nous provoquions nous-mêmes les colères de notre enfant, et il existe aussi d’autres types de colères plus fréquentes… J’ai rassemblé tout ce que vous avez besoin de savoir dans le PACK ANTI-COLÈRES : Le dossier ultime pour gérer ‘caprices’ et autres crises, bourré de conseils et autres idées… Si ça vous intéresse, pour le recevoir (gratuitement, bien sûr), rien de plus simple : renseignez votre email ci-dessous et je vous l’envoie directement dans votre boite.

Enfant ‘colérique’ : que faire pour qu’il se calme ?

Lui faire sentir notre désaccord

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai remarqué que quand on n’est vraiment en colère, on n’entend rien. Cela ne semble donc pas le meilleur moment de tenter de le raisonner ou de lui expliquer quoi que ce soit. Pour autant, pas question non plus de laisser faire sans rien dire : on peut lui montrer que nous ne sommes pas d’accord sur le mode d’expression, mais à l’écoute de son émotion.

La solution qui semble le mieux marcher, c’est de rester calme et de se détacher de la situation. De lui expliquer qu’on comprend bien sa frustration et qu’il a le droit de ressentir ça, mais que l’on n’a pas envie de se faire agresser pour autant ! Que l’on n’est pas content et qu’il pourra nous appeler quand il se sera calmé. Puis quitter la pièce ou vaquer à nos activités sans lui prêter attention. Selon l’âge de l’enfant, on peut le laisser seul quelques instants à quelques minutes, mais pas 2 heures dans sa chambre. Il ne s’agit pas qu’il interprète “quand j’exprime mes émotions, on m’abandonne !” 

Cette solution est bien sûr plus simple à mettre en œuvre quand on est seul dans une grande maison, plutôt qu’en train de dîner avec des amis dans un appartement mal insonorisé. Bonjour l’ambiance !

On peut aussi lui proposer d’aller chercher son coussin de la colère ou sa boite à colère pour décharger cette tension.

Aider l’enfant à réguler son émotion

Quand ils sont petits ou que la colère est très violente, il est possible que l’enfant n’arrive pas à se calmer seul. N’y voyons pas un caprice ou une forme de chantage. Il est normal que l’enfant ait besoin de l’adulte pour apprendre à accueillir et traverser son émotion (voir aussi la sécurité affective et la théorie de l’attachement). Se sentir compris (empathie) et pas jugé (bienveillance) est souvent bien plus efficace et constructif qu’une punition.

On peut revenir vers lui pour l’aider à se calmer « Aller, on fait un câlin et on arrête de pleurer ». Ou si c’est trop tôt pour lui, on peut simplement lui dire que nous sommes à sa disposition pour le prendre dans les bras “De quoi tu as besoin pour t’apaiser ? Est-ce que tu voudrais un câlin ?” C’est souvent très réconfortant pour un tout petit de se sentir contenu.

Eh oui ! Notre enfant n’est pas un méchant ! Ce n’est pas parce qu’il fait des colères que c’est un enfant colérique, c’est simplement que, petit, il est très difficile de maîtriser ses émotions. À nous de l’y aider.  Il est fatigué ? Couchons-le.

Demander une médiation extérieure

Une autre solution qui marche bien est de faire intervenir le conjoint, qui est extérieur au conflit.

Vu qu’il n’a pas participé à la lutte, il aura le calme nécessaire pour faire redescendre la colère. Cela donne une chance à l’enfant de s’en sortir la tête haute. Ce sera plus facile pour cette deuxième personne d’être écoutée. De raisonner l’enfant, et de l’amener à dire pardon. L’idée, c’est de trouver une solution pacifique à la situation. En revanche, la deuxième personne qui arrive pour contraindre, punir ou donner la fessée, ce n’est pas vraiment une bonne idée pour calmer la situation. L’idée est de faire redescendre la pression, pas de la faire monter d’un cran…

Enfant colérique : que faire pour qu’il comprenne qu’il a mal agi et ne recommence pas ?

Une fois calmé, lorsqu’il revient vers vous, l’accueillir avec gentillesse est très important. Il ne doit pas avoir peur de se faire gronder.  Félicitons-le déjà de s’être calmé. Qu’attendre de lui après cette colère ?

Toutes les émotions sont OK, mais pas leur expression

On peut revenir calmement sur la situation pour qu’il comprenne que toutes les émotions sont justes, que toutes les demandes peuvent être entendues, mais que la manière de le faire n’est pas acceptable. Oui, il peut être en colère pour un bonbon (mais il y a beaucoup de chance que ce ne soit pas la vraie raison ! ). Oui, il a le droit de nous en demander un autre et on peut refuser. Par contre, il n’a pas le droit de faire mal, de mordre, de taper, de casser les objets, de hurler…

Apprendre à s’excuser

Si l’on sent qu’il a conscience d’avoir eu un comportement inadapté et qu’il est déjà honteux, ce n’est pas la peine d’en rajouter des tonnes. Pourquoi ne pas lui proposer de s’excuser ? Il ne s’agit pas de lui faire porter une culpabilité éternelle, mais d’apprendre à dire pardon. Il me semble que c’est l’une des plus belles choses que nous puissions lui enseigner pour son avenir. Combien d’entre nous aujourd’hui ont du mal à demander pardon avec sincérité ? Mettons-le donc en confiance, en le félicitant de s’être calmé, et invitons-le gentiment à reconnaître son erreur, sans nier son émotion :  « allez, on dit pardon pour avoir fait cette colère ? On fait la paix et on va jouer à autre chose ? » «  Tu essayeras de ne pas recommencer ? Je peux compter sur toi ? ». On lui pardonne, le sujet est clos.

Finissons par des encouragements pour l’avenir : «  Je sais que tu vas y arriver, car tu sais très bien te contrôler », et passons à autre chose.

Et si nous nous sommes mis en colère, que nous aussi nous avons élevé la voix et qu’on a le sentiment d’avoir dépassé les bornes, alors, nous pouvons aussi nous excuser ! (Voir aussi la magie des neurones miroir)

Maîtriser ses émotions prend du temps, mais avec du soutien c’est beaucoup plus facile

Grâce aux neurosciences, on sait maintenant que la maturité émotionnelle arrive de manière très très tardive (après 18 ans !). Donc nos petits ont besoin d’apprendre à comprendre leurs émotions et les exprimer. Et c’est un chemin que nous faisons souvent à leurs côtés !

Rappelons-nous aussi que, pour nous comme pour nos enfants, la colère est l’expression d’une frustration ou d’un besoin non rempli (voir aussi la communication non violente). Le tempérament colérique n’existe donc pas ! Par contre, au niveau neuronal, la colère appelle la colère. Donc, essayons d’être à l’écoute de notre kid, pour éviter qu’il n’explose… et à notre écoute aussi bien sûr.

 

Alors, courage et prenez soin de vous !

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Commentaires

12 thoughts on "Que faire face à un enfant ‘colérique’ ? Les 4 clés indispensables !"

  1. Emilie dit :

    Bonjour,
    J’aimerais réagir sur le commentaire de 2019. J’ai élevé mes deux premiers seul et pas plus de crises que ça de la part des mes enfants un peu plus avec mon deuxième mais ça pouvait aller. Mais là, mon dernier me pique des colères noires, n’aime pas le non répond tape etc et pourtant je suis encore avec le papa. Donc je peux vous dire que ça n’a rien à voir avec le faite que les parents soient séparé.
    À tout les parents solo bon courage en couple on a les même problème 😅

  2. D Anna dit :

    Super article
    J ai deux petits garçons de bientôt 4 ans ce n’est pas toujours facile
    J arrive à être zen et le prendre cool quand mon conjoint est là
    Mais quand il n est pas là et que j en ai un qui me fait une crise de colère c’est très très difficile pour moi à gérer alors que je sais ce qu’il faut faire mais mes nerfs prennent le dessus .. après je suis dans la culpabilité … heureusement cela n arrive pas tout le temps car je me sens vraiment comme une mauvaise mère …

  3. Eric dit :

    « Aller, on fait un câlin et on arrête de pleurer »

    Oui, ça a l’air facile dit comme ça. Tout le monde ne fait que répéter ça comme conseil. Et on fait quoi quand l’enfant se débat violemment pendant le câlin ? Pourquoi tout le monde suppose d’emblée que le câlin doit fonctionner ? Après s’être fait mal oui, si il est triste oui, mais je n’ai jamais vu ça pendant une colère. Je suis le seul ?

    1. Delfosse dit :

      Quel bonheur de voir votre commentaire ! Non, vous n’êtes pas le seul…
      C’est compliqué de gérer !

    2. Nathanaelle dit :

      Bonsoir non vous n êtes pas le seul à avoir remarquer cela. Mais cela dépend aussi des enfants , ma fille par exemple acceptait ma présence et venait rapidement dans mes bras. Mon fils tout petit je devais le contenir car ces colères étaient très violente. Maintenant il explose toujours très fort, moins longtemps mais lui effectivement pas question de lui parler ou de le toucher, il le hurle clairement. Pour l instant la solution la moins pire c est de amener dans s chambre le temps que ça pose. On y retourne plusieurs fois avant qu il reaccepte notre présence. 5 ans et demi maus on galère. Actuellement j ai un grand sentiment d échec avec lui.

  4. Annabel dit :

    Quel bel article, j’adhère complètement… C’est difficile pour tout le monde les colères et effectivement la bienveillance fait des miracles même si cela demande beaucoup d’énergie et qu’on y arrive pas toujours ! Mais enfin des conseils autres que la carotte et le bâton, et la loi du plus fort !!

  5. Marion dit :

    Bonjour et merci pour ce super blog sur les enfants.

    Je suis une lectrice régulière depuis de nombreuses semaines, et j’apprécie la qualité des articles. Je suis maman d’une petite victoria. Pour moi, ce qui a bien fonctionné c’est une méthode pour calmer les enfants qui font des crises, qui s’appelle la méthode pour en finir avec les crises de mon enfant.
    Très efficace en complément de ton article.
    Je me permet de le poster ici car elle m’a permit d’en terminer avec les crises de mon enfant.

    A bientôt

  6. Fraj dit :

    Conseils totalement bidon vous n’avez certainement pas vécu ce genre de situation
    Faire intervenir l’autre parent c’est mettre l’enfant dans la situation de croire que l’autre est contre lui et pas celui qui intervient. Ne pas céder à un enfant colérique c’edt Lui faire comprendre que ce n’est pas lui qui dirige et décide et c’est ce faire respecté ce qui est primordial dans l’education Des enfants est qu’ils respectent leurs parents.

  7. Great Soul dit :

    Bonjour
    Je comprends vos inquiétudes et c’est normal et logique de se poser des questions face à un comportement excessif d’un enfant. Mais n’oubliez pas qu’un enfant est avant tout le reflet de ses parents en “bien” ou en “mal”. En d’autres termes NOUS SOMMES LA RÉPONSE aux problèmes comportentaux de nos enfants. Généralement les parents qui arrivent à gommer durablement leurs propres faiblesses transmettent à leurs enfants “de facto” les solutions pour mieux gérer à leur tour leurs faiblesses au moins pendant l’enfance et l’adolescence, ce qui est déjà pas mal !
    Patience, dialogue et amour (affections et bienveillance) car l’humain, petit ou grand est une boule d’émotion qui peut se solidifier si la boule est quotidiennement entretenue ou au contraire de délirer pour finir par se casser si on en prend pas soin.
    Dites vous que vous avez une famille merveilleuse et que c’est toujours mieux un enfant qui s’exprime qu’un enfant silencieux.

    Great Soul

  8. Mélissa dit :

    Bonjour,
    J ai un garçon de 6ans et demi qui fait des crises enorme minimum deux fois par jour; quand il se met en colère,il se jette par terre,claque la porte,jette ces jouets par tous,il cri de toute ses forces a un point que tous mes voisins l entendent ,il bloque sa respiration à un point de devenir tout rouge de fois je le frappe,ou je le met dans sa chambre là sincèrement j en peu plus je ne c est quoi faire ,cette situation me stresse énormément.

    1. Anonyme dit :

      Et oui il faut 2 autorité à l’enfant un Père et une mère Les problème d’éducation viennent de là Et avec l’augmentation des séparation de couples cela n’arrange pas la situation Il y a de plus en plus de problème avec les enfants Parlez en aux maîtres et professeurs eux voit bien cette évolution négative

      1. Zorglub dit :

        Comment savez vous que le père n’est pas là ? Et sa présence par magie réglerait tous les problèmes ? C’est ridicule,

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