Poser des limites

poser des limites CPMHKPoser des limites à son enfant et les faire respecter est un job usant. D’autant plus compliqué que j’habite dans un appartement avec un escalier,  une cuisine ouverte, etc Bref, pas un appartement « kid proof » … A partir du jour où ma fille a su marcher à 4 pattes, je suis passée en mode « maman bionique » avec des yeux derrière la tête pour tout surveiller à 360°. Etre constamment en alerte et faire respecter les interdits : notre défi quotidien !

 Je me suis amusée un jour à compter le nombre de limites que je posais dans une journée… J’ai arrêté : ça m’a fait peur ! « Non, ne joue pas avec la porte, tu vas te coincer les doigts » ;  « Non, ne  descends  pas l’escalier en chaussettes,  tu vas tomber » ;  « Non, ne touche pas au verre, tu vas le casser » « Non, ne met pas ça dans la bouche, tu vas t’étouffer »…

Vous êtes bien placés pour le savoir : ça n’est pas toujours facile de se faire obéir, et encore moins de faire respecter les interdits une fois le dos tourné.  Surtout à l’âge où minimôme  soit disant « teste les limites » (voir l’article : Mon bébé ne respecte pas les interdits). Une fois sur deux, dire « non » mène tout droit à la crise, avec un parent énervée et un enfant brimé…   (voir aussi l’article : Comment lui dire non sans lutter ?)

Le jour où poser des limites, m’a fait passer pour une idiote

La solution, c’est ma fille qui me l’a donnée. Je venais de lui répéter une Nième fois « Ne descends pas l’escalier en chaussettes, tu vas tomber ». Des amis arrivaient pour le dîner. Profitant que j’aille leur ouvrir la porte, Joy descend l’escalier (en chaussettes, bien entendu !). En me retournant, je tombe nez à nez avec elle qui me dit dans un grand sourire « « moi pas tombé maman ! Moi grande ». Et dans ses yeux, je pouvais lire « Tu as pensé que j’étais trop nulle pour descendre les escaliers sans me faire mal, mais tu vois, j’y suis arrivée ! Je suis plus forte que tu ne le croies ! ». Je lui disais « tu vas tomber », comme si ça allait forcément se produire. En fait, j’avais simplement peur qu’elle tombe. Alors… pourquoi ne pas lui dire tout simplement : « J’ai peur que tu tombes si tu descends en chaussettes ». Pourquoi avoir choisi d’interdire plutôt que de lui faire prendre conscience du danger, et la responsabiliser.

L’idée est de lui faire prendre conscience du danger et de lui faire confiance, plutôt que de la persuader qu’elle n’y arrivera jamais. Lui faire assimiler le danger plutôt que  d’interdire.

 Et si nous leurs expliquions plutôt que de leur interdire ?

J’ai donc essayé de tenter cette nouvelle stratégie d’expliquer à ma fille en détail pourquoi c’est dangereux et de responsabiliser minimôme dans la plus part des situations.Mais ce n’est pas facile à appliquer !

A chaque fois, plutôt que de lui interdire de faire ci ou ça, je prenais le temps d’expliquer en détail le danger. Je ne pensais pas que minimôme comprendrait aussi bien les nuances ! Je me suis aussi rendue compte qu’il y avait beaucoup de choses que j’interdisais pour un soi-disant danger qui n’en n’était pas vraiment un.

Par exemple, nous avions interdit de toucher au four, en se disant que parce que l’on avait posé cette limite, elle serait ainsi protégée le jour où le four serait chaud. Cela n’a finalement fait qu’augmenter sa curiosité d’aller jouer avec le four quand nous avions le dos tourné ! Et difficile de justifier l’interdit puisqu’en effet le four éteint ne brûle pas. Depuis que l’on a arrêté de lui interdire de toucher le four, et qu’on lui a expliqué le danger quand celui-ci était allumé, et qu’on lui a fait confiance, elle va plus toucher le four pour nous provoquer, et fait en revanche attention quand celui-ci est chaud.

En plus de mes explications, je lui donnais des conseils pour éviter les risques « Tu peux mettre tes chaussures, cela glissera moins », « descendre sur les fesses c’est plus facile » « accroches toi bien aux barreaux » « fait bien attention avec le verre pour ne pas le casser », etc.

Mais l’explication ne suffisait pas pour qu’elle prenne pleinement conscience du danger.

Dans certains cas, c’était assez facile. Le feu, par exemple. S’étant déjà brûlée avec sa purée ou avec une bougie, elle connaissait déjà le danger de brûlure. Elle connaissait déjà cette sensation douloureuse et pouvait facilement comprendre que s’approcher trop près du feu pouvait faire mal.

Cela me paraissait plus délicat, en revanche, de lui faire prendre conscience des dangers « potentiels ». Ce n’est pas parce qu’il porte un verre en verre, qu’il va forcément le casser et se faire mal. Ce n’est pas parce qu’il descend les escaliers en chaussettes qu’il va forcement tomber, etc. Il a fallu prendre le temps de lui expliquer, mais surtout lui faire confiance et le laisser faire. Le laisser faire n’était finalement pas si insurmontable que cela, car si jamais j’avais vraiment peur qu’elle se blesse, je lui communiquais très facilement cette peur. Je lui communique bien ma peur des chiens, alors pourquoi je ne lui communiquerai pas celle aussi celle de courir sur un muret ? Evidemment, il faut soi-même se raisonner pour ne pas leur transmettre la peur de tout…Tout est question de mesure.

S’il n’y a pas de danger, et que l’on souhaite lui enseigner le respect des choses, il y a aussi des solutions comme celle décrite à l’article (Comment gérer face aux bêtises de nos enfants ?) qui consiste à exprimer mes sentiments, et cela fonctionne plutôt bien/

D’après mon expérience, le petit truc qui marche bien, c’est de leur faire comprendre qu’on a confiance en eux, et qu’ils portent la responsabilité. Exemple : « Bon d’accord, je veux bien que tu joues avec les petits cailloux mais tu me promets que tu ne les mets pas dans la bouche ? Je te fais confiance ? ». Et là, si j’ai obtenu un VRAI oui, et que je lui montre que je lui fais confiance, en faisant mine de ne plus la regarder, je peux être sûre qu’elle s’autocontrôle. Le fait que je ne fasse plus attention à elle après lui avoir communiqué la peur du danger la met face à ses responsabilités. Elle ne peut plus faire sa bêtise par provocation, ni se reposer sur la présence d’une grande personne, elle retrouve seule face au danger, conscience que si elle n’agit pas bien, elle risque de se faire mal.

Conclusion, tout le monde y gagne!

Aujourd’hui je suis impressionnée par la responsabilisation de ma fille de 2 ans. L’autre jour, je l’ai surprise qui revenait des toilettes en marmonnant « moi peur coincer doigt ». Jamais je ne lui avais expliqué que l’on pouvait se coincer les doigts en rabaissant la cuvette, mais elle avait assimilé le danger du coincement de doigt, et avait su le transférer sur une nouvelle situation. Je suis persuadée que le fait de la responsabiliser l’amène à  faire davantage attention et réfléchir par elle-même, car elle sait qu’il n’a pas de garde du corps derrière.

Aussi, elle ne dit plus aux invités « non touche pas à ça, t’as pas droit, c’est interdit » mais « attention, à pas brûler toi ».

Certes, à lui faire confiance, nous nous sommes exposés à quelques coincements de doigts, et autres petits incidents, mais c’est rien comparé à ce que nous avons gagné sur le long terme.  J’ai l’impression que de l’avoir responsabilisée, de lui avoir donné la possibilité de faire ses propres expérience tout en l’encadrant de nos conseils, et en lui communiquant notre peur, on lui a donné la meilleure des sécurités.

Aujourd’hui je le laisse sans problème être au premier étage quand je suis au deuxième, je la laisse circuler en toute liberté dans toute nouvelle maison, je la laisse jouer toute seule dans sa chambre en présence de son petit frère. Non seulement, on s’économise le rôle de garde du corps, mais en plus on évite beaucoup de luttes. Tout le monde gagne à avoir une atmosphère plus cool.

Cool Parents Make Happy Kids

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